Le petit monde de Cocotine

Que se passe-t-il dans la maison de Cocotine ?

04 juillet 2009

Du repos pour mon âme

26°. Il est temps pour moi de parier sur une pause pour me cultiver un mental d'acier. Vous avez vu un peu ce qui nous attend à la rentrée ? Moi, j'ai décidé de tout oublier pour me regarder le nombril en presque totale autarcie.

BONNES VACANCES,
PROFITEZ DE LA VIE,
MERCI POUR VOS VISITES ET VOS COM',
A BIENTOT.

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Posté par Cocotine à 21:54 - De tout et de rien - Commentaires [0] - Permalien [#]

L'herbe est plus verte ailleurs - saison 8

Pour ceux qui veulent réviser, la saison 7 se trouve ICI et finit comme ça...

C'est finalement empreinte d'une certaine sérénité que tu reprends ton vol Olympic Airways. La page grecque était restée en suspension. Elle vient de se refermer doucement et définitivement sur tout plein de souvenirs cruels et doux.

Ca vaut mieux. Depuis quelques temps, une idée  germe dans le cerveau bouillonnant de l'homme.

...

C'est qu'il est toujours à la recherche de la terre promise, le bougre. Et de ses rêves de voyages au long cours cap sur l'orient, il ne reste rien. C'est sur le plein ouest qu'il mise désormais toutes ses cartes... et les tiennes avec.

Québec, province francophone du Canada. C'est là que t'es désormais sensée t'implanter.

T'es pas contre. Même si ce n'est pas la porte à côté, ça te paraît tout de même moins hasardeux que d'aller survivre emprisonnée dans un nid d'expat' en Asie. Et depuis que t'as côtoyé toute la joyeuse bande du Casino de Montréal, t'y crois dur comme fer, au coup de la cabane. Incontestablement, d'après leurs doux récits de trappeurs, ce coin de la terre, c'est un vrai paradis.

Bon, évidemment, toute femme avertie en valant deux, tu vas chercher à en savoir davantage. T'aimes bien planer mais t'es pas non plus du genre à te jeter à l'eau sans un kit complet gilet-bouée-canot-de-sauvetage.

Alors, de la Délégation du Québec à la Canadian High Commission, tu ratisses tout Londres pour récolter un maximum de tuyaux sur comment-on-devient-habitant-du-Canada. Tu actives ton réseau montréalais pour connaître les us et coutumes des gens du cru et tu investis dans l'unique bouquin qui te suivra partout dans les 730 prochains jours de ton existence de rêveuse : "Une nouvelle vie au Canada - S'installer au Québec". Rien que le titre te rend folle. Une nouvelle vie, c'est exactement ce après quoi tu cours éperdument.

Le 11 mars 1998, tu envoies ta première demande officielle de visas pour le Québec.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, tu décroches enfin ton premier job sur le sol Britannique et c'est morte de trouille que tu te pointes au service commercial du SAS Radisson Portman Hotel, West end. Tes journées vont désormais se borner à rester enfermée à double tour dans un bureau sans fenêtre avec trois anglais trop sérieux, à concocter des tableaux Excel si jolis que ta chef en est raide dingue et à te liquéfier à chaque fois que t'as un client au téléphone. Indiscutablement, la phrase que tu débites le mieux, c'est "I'm sorry. I didn't catch what you said.". C'est ça le problème, tu ne comprends pas tout et ça te mine. Pratiquement chaque soir, tu chiales comme une perdue sous ta douche de Primrose Hill. Trois mois après l'embauche, tu capitules et chose étrange, la directrice commerciale se traîne pratiquement à tes pieds pour que tu restes. Elle te trouve performante. Ca te flatte mais tu lui rends quand même ton badge.

Le printemps est là. Officiellement sur le calendrier et joyeusement dans les parcs de Londres où les anglais pique-niquent en manches courtes dès qu'il fait 18°. Tu les trouves extrêmement optimistes et, la mine boudeuse, tu gardes ton col roulé jusqu'en juin. T'es prudente. Normal. T'as vécu toute ta vie à Paris. Plein sud.

Le climat capricieux ne t'empêche pas d'organiser un de ces petits week-end dont tu as le secret. Pâques se fera dans les Cotswold ou ne se fera pas. Tu files chez Alamo récupérer un volant à droite et de rond-points à l'envers en panneaux en miles, tu découvres Chipping Camden, Broadway, Winchcombe et le si poétique Suddeley Castle  sous un parapluie multicolore. Un B&B bucolique te tend les bras pour te réconforter et c'est dans cette chambre, au milieu de nulle part, que tu découvres l'existence des sur-matelas chauffants à télé-commande. Une sorte de révélation dans ton univers humide de française londonienne. L'homme et toi, vous tombez en quasi osmose. Il vous en faut un identique, quel qu'en soit le prix à payer. C'est comme ça que ta vie va prendre un tournant essentiel. Jamais plus tu ne te coucheras dans un lit glacial.

Forte de cette expérience incomparable, tu décides de remettre le couvert et de façon beaucoup plus aventureuse, tu planifies trois jours de camping au Lake District fin mai. Un peu godiche, t'as pas bien compris que là, t'es limite grand nord et que décider de dormir sous ta guitoune à deux balles, c'est à peu près comme de vouloir en finir avec la vie. Transie de froid et pénétrée jusqu'à l'os par l'humidité, tu jures dès deux heures du mat' que jamais tu ne réitèreras. Pourtant le charme du coin l'emporte et dès le lendemain, tu tentes à nouveau l'aventure mais cette fois dans une ferme. Au petit matin, pétrifiée et sale, tu plies ton duvet et tu enterres à jamais l'idée de coucher sous une tente en Angleterre, convaincue que pour survivre à l'épreuve, faut être né sous l'Union Jack.

Tout ça, malgré tout, c'est franchement motivant. Ces petites joies de la vie, c'est bien grâce à ta folle maîtrise d'Excel que vous pouvez en profiter. Pas de doute, il faut continuer sur ta lancée et courir après les pounds. Ta mini expérience au Radisson va t'apporter ce qu'il faut de crédibilité et te permettre de fricoter avec les boites d'intérim. Un beau matin, Boyce Recruitment t'appelle  pour t'envoyer au coeur de la City chez Merill Lynch, Mergers and Acquisitions Departement. L'univers est fascinant et irréel. Au huitième étage d'un building luxueux, des assistantes personnelles, casques vissés sur la tête, passent leur journée à organiser des déplacements en jets privés pour des types brillants et capricieux qui brassent des millions. Tu observes cette étrange comédie humaine d'un oeil pendant que de l'autre, tu vérifies page après page que la copie du dossier qu'on t'a remise est absolument identique à l'original. Un job franchement peu captivant mais qui possède un atout d'envergure. Toutes les heures, 10£ tombent dans ton escarcelle. La mission terminée, tu t'enfuis loin de la City pour ne plus jamais y remettre un doigt de pied. Tu t'en moques bien. T'es riche comme Crésus.

Tu dépenses ton pactole en moules-gratinées-frites-brune-mousseuse chez Belgo, en dim sum de toutes les saveurs au Golden Dragon et tu t'offres enfin cette soirée au Lemonia, ce resto grec que tu reluques avec boulimie depuis ton emménagement puisqu'il est planté en face de chez toi.

Ta petite vie de française créchant à Primrose Hill est en passe de devenir rigolote quand l'homme et toi, vous décidez qu'un hiver passé à greloter dans ce one bedroom flat à 950£ par mois, ça suffit, et vous choisissez héroïquement de vous mettre quête d'un appart cheaper and bigger.

CE POST EST EVIDEMMENT DEDIE A L'HOMME AVEC TOUT MON AMOUR DE FEMME FIDELE ET SOUMISE !

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Vive les vacances !

Le premier jour de vacances en tête-à-tête avec Miss Cocotine. C'était le moment où jamais de profiter des quatre roues pour une escapade entre filles. Une idée me trottait : aller déjeuner à la cantine éphémère du hangar à bananes ouverte à l'occasion d'Estuaire 2009, en profiter pour découvrir les nouveaux jardins des bords de Loire et passer faire un clin d'oeil à l'éléphant. Si vous ne visez pas le plan gastro d'exception, allez-y pour l'ambiance. Un menu unique plat-dessert-boisson à 10€. Nous, on a écopé de moules-frites-mousse-au-chocolat-jus-de-pomme. En plein cagnard, y'a plus léger et surtout, y'a plus équilibré... Allez, on va pas chipoter. C'était une journée top !

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30 juin 2009

The experience

Lundi matin, de bonne humeur, je me suis pointée pleine d'espoir chez Jardiland. J'ai enfilé un superbe tee-shirt violet, "Jardiland" pétant au recto,  "Je suis en stage" incrusté au verso et j'ai suivi le manager avec dévotion.

Il m'a gentiment présentée à l'équipe. Ca a pris 8 minutes. Ils étaient tout au plus 6 dans le magasin et pas particulièrement accueillants ni même souriants. J'avais déjà capté pendant mon stage en gestion de la paie en décembre que le statut de stagiaire ne déclenchait pas des élans d'ivresse parmi le personnel en place et que les quelques braves qui avaient un tant soit peu de pédagogie et d'envie de passer un savoir étaient loin de pulluler au sein de l'entreprise.

Passé cet accueil enthousiaste, j'ai été sommée de faire du facing et vous le croirez ou non, la fille qui a fait tout un speech sur le Round Up le 9 juin sur son blog, a retourné sa veste 20 jours après - contrainte et forcée - et s'est appliquée à aligner au petit poil des dizaines de bidons de poison. A cet instant précis, je me suis dit qu'il était urgent de passer en mode lobotomisé afin d'échapper à la crise de démence.

A 10 heures, j'ai enfin rencontré le végétal et c'est avec grâce que j'ai passé ma matinée à évoluer au milieu du Marché Aux Fleurs, le MAF pour les convertis. En clair, j'ai sué sang et eau à porter des plantes d'une planche à l'autre, à tirer des charriots bourrés de fleurs, à déménager de longues tables à roulettes et à balayer, nettoyer, ramasser terre, pétales et feuilles.

Autant vous dire que du concept poétique "Je vais regarder les fleurs pousser", à midi et demi, il ne restait plus rien. C'est en avalant ma salade au son des commentaires douteux et vaseux de mes collègues temporaires que la moutarde m'a soudain envahi le nez et que cette question est tombée comme un couperet :

"Mais qu'est-ce-que je suis venue foutre ici ?"

A deux doigts de sauter dans le premier TGV pour baiser le parvis de La Défense, j'ai repris mon poste et au fur et à mesure que je déplaçais des dipladenia et des géraniums, je prenais la décision de capituler à 17h30. Plus je me disais que vivre un jour supplémentaire ici pourrait m'être fatal et plus il me montait une bouffée de motivation pour me remettre à courir après un poste d'assistante commerciale export.

J'ai salué la compagnie et je me suis enfuie sans avoir rien appris de la journée et dégoûtée d'avoir fait du bénévolat pour des vendeurs de Round Up.

Les EMT, c'est bien joli sur le papier mais en réalité, on peut s'interroger sur la qualité de l'échange. Pour certains employeurs, ce ne serait pas juste la possibilité de bénéficier de main-d'oeuvre gratuite par hasard ?

C'est bien la cruelle impression que j'ai eue en regardant ma collègue d'un jour arroser tranquillement pendant que je manutentionnais comme une esclave.

Tout ça pour vous dire que  je vais probablement me cantonner à regarder les fleurs pousser dans mon jardin...

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Posté par Cocotine à 19:00 - De tout et de rien - Commentaires [4] - Permalien [#]

29 juin 2009

De caprices de roi en folies de star

Cette semaine qui a démarré sur les chapeaux de roues m'a galvanisée. Admirer notre si jolie monar république étaler ses fastes chez le Roi Soleil, ça m'a mise dans tous mes états. Ce PDPA, vous avouerez  quand même qu'il est bourré d'idées géniales pour développer à chaque instant ce concept fou inventé par quelques révolutionnaires échevelés et gravé sur le fronton de nos mairies : "Liberté, Egalité, Fraternité".

D'ailleurs, regardez, au moment même où il claquait 400000 € que perso, j'adore remettre en Francs sonnants et trébuchants... attendez, je calcule... 2 623 828... Donc, je disais, au moment même où il claquait 2 623 828 Francs Français avec ses potes, grand seigneur, il augmentait le pouvoir d'achat du gueux de base en lui accordant royalement 16,70 € bruts mensuels que perso, j'adore remettre en Francs sonnants et trébuchants... attendez, je calcule... 109,54 Francs Français...

D'un coup, ça m'a ôté un poids. Parce que ces derniers temps, non seulement, Pôle annonce au compte-gouttes, mais quand il pond une bafouille et qu'on jette un oeil sur le salaire proposé, on constate qu'une assistante-commerciale-français-anglais-espagnol-et/ou-allemand-5-ans-d'expérience-exigée ou qu'une technicienne-de-paie-39h-débutante-acceptée à Nantes, c'est parfois grassement payée 8,82 X 151.67 = 1337,73 € bruts.

Voilà qui, vous l'imaginez, m'a rassurée, moi à qui il ne reste que quelques années pour gaver mon cochon rose et me payer ma Rollex-diplôme-de-ma-réussite-sociale.

En même temps, faut être pragmatique. Supporter la charge de travail d'une assistante export ou d'une gestionnaire de paie pour à peine plus de 1000 € nets par mois, est-ce-bien raisonnable ? Un coup à mourir précocement sans pouvoir bosser plus pour gagner plus jusqu'à 67 ans.

Alors, pour le même sacs de deniers, pourquoi ne pas se la jouer tendance et aller planter des choux, plutôt que de rester enfermée dans un bureau à supporter tous les caractériels qui y circulent. Je sais, ça fait blasée, voire négatif de raconter ça, mais c'est que y'a du vécu derrière le raisonnement...

C'est comme ça que mon début de semaine s'est joué entre le Lycée Jules Rieffel, le Pôle Emploi de Beaulieu et Jardiland. Une course que sans mes quatre roues, je n'aurais jamais réussi à gagner. Un challenge qui consistait à faire remplir tout plein de papiers en un minimum de temps pour pouvoir faire ce qui est pompeusement appelée une EMT, Evaluation en Milieu de Travail, et qui consiste à travailler sans être payée du tout 2 semaines maxi (ben quand même, faut pas abuser...) chez un employeur sensé te montrer toutes les ficelles du métier et invité à t'évaluer en fin de stage.

Tout ça, Mesdames, Messieurs, pour que la Cocotine prouve sa bonne foi au Lycée Rieffel qui veut vérifier si elle a vraiment envie d'apprendre tout sur l'horticulture, le maraîchage et la pépinière en 8 mois pour ressortir avec un Brevet Professionnel Agricole. Ce qui n'est pas complètement absurde vu le contenu actuel du CV de la gueuse.

Ainsi, ce matin, pendant que vous lisez mon baratin, je me pavane gracieusement dans les rayons de Jardiland en arborant fièrement un Tee-shirt estampillé "Jardiland - Je suis en stage". Si on m'avait dit à 20 ans, quand dans mon bureau-boite-à-chaussures de La Défense, je rêvais de tout plaquer pour la campagne que 20 ans plus tard (ouais, je triche un peu, je sais...), j'exaucerais mon voeu et que je regarderais des plantes pousser sans encaisser un radis, j'aurais été plus confiante.

Bref, gone with the wind. Je vous raconterai tout, promis.

Quant au mileu de la semaine, il m'a remplie d'espoir. Un nouveau gouvernement, tout neuf, tout frais, quoi de mieux pour repartir du bon pied, je vous le demande !

Y'a que la fin qui m'a rendue triste. Michael et Jill qui rejoignent Mike Brant le même jour, c'était enterrer brutalement deux décennies de mes souvenirs. Mais honnêtement, j'ai plus de tendresse pour Farrah Fawcett qui bravement, a décidé de rester blanche, plutôt que pour Michael qui n'a finalement jamais été plus beau et adorable que quand il chantait avec les Jackson Five. "We are the world" reste mon dernier souvenir de lui, ses extravagances m'ayant ensuite donné, à moi aussi, l'envie de m'isoler dans un caisson.

Rest in peace.

"Liberté, égalité, fraternité",

"We are the world",

mais nom d'un chien,

QU'EST-CE-QU'ON A ENVIE D'Y CROIRE !

Bonne semaine à tous !

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28 juin 2009

Le temps des agapanthes

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Posté par Cocotine à 12:49 - Coin de verdure - Commentaires [0] - Permalien [#]

Pourrie gâtée !

Merci les copains !

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La fièvre du samedi soir

Des éclats de rire, du Muscadet, du soleil et de la musique. Que demande le peuple ! 

En tout cas, soit j'avais vu trop grand, soit nos copains étaient tous secrètement au régime... Il nous reste à manger pour une semaine. Ca tombe bien. On ne peut pas être au four et au moulin.

Vous en saurez plus demain matin, bande de p'tits curieux !

Bon dimanche !

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Posté par Cocotine à 11:53 - De tout et de rien - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 juin 2009

Mettre les p'tits plats dans les grands

Dans un élan d'enthousiasme, j'ai invité trois copines avec leurs hommes et leurs enfants. Résultat des courses : treize à table samedi soir.

Eh ben, la Cocotine, elle va pas décoller de sa kitchen pendant deux jours. Fini, de s'la péter au volant de sa caisse à courir les soldes !

A un moment ou à un autre, faut bien retourner aux fourneaux. Non mais !

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24 juin 2009

L'herbe est plus verte ailleurs - saison 7

Pour ceux qui veulent réviser, la saison 6 se trouve ICI et finit comme ça...

Les jours passent sur l'automne de Primrose Hill. L'heure n'est plus trop à la bagarre avec l'homme puisque Noël approche.

Si tu veux qu'il te couvre de cadeaux estampillés Harvey Nichols, mieux vaut le brosser dans le sens du poil. Non, attends... c'est pas toi, ça.... T'as jamais été cupide. Sinon, tu serais jamais tombée éperdument amoureuse de Jean-François qui chevauchait fièrement un 103 Peugeot, de Pierre qui avait choisi imprudemment une Skoda et de l'homme qui caracolait magistralement en R5.

Non, c'est que Noël à Londres, c'est tellement magique que tu décides de profiter pleinement de l'instant.

...

Enfin, c'est pas venu tout seul. T'as lu et relu "Paroles du Bouddha", "Paroles indiennes" et "Paroles du Tao" de chez Albin Michel. Ca t'a remise dans le droit chemin.

Et puis y'a Sinatra, Dean Martin et Nat King Cole que tu te passes en boucle, les vitrines somptueuses de Selfridges, le fabuleux Food Hall d'Harrod's, la magie de Fortnum and Mason et la frénésie des londoniens affairés. Cette ville, pas de doute, tu l'adores.

Mais toi, c'est à Kilburn que tu vas faire ton shopping et ton sapin, mieux vaut que tu le choisisses nain si tu veux réussir à te payer ton Christmas Pudding. Ton Noël 1997 ne sera pas des plus fastueux et c'est déjà la 4ème année que vous espérez vainement ne plus le fêter à deux.

Hopefully Jean-Michel, ton sauveur de l'année, la clôture en t'invitant pour une soirée animée entre amis très Frenchies et c'est dans une franche rigolade que tu traverses donc ta nuit de Noël.

Quant à ton passage de 97 à 98, il se fait au Carlton, invitée par le General Manager pour une party gentiment huppée suivie d'une nuit dans un 2 mètres délicieusement offerte par la World Company. Avantages en nature non négligeables, tu en conviens.

Tout ça, c'est bon à prendre et ça apaise momentanément ton amertume.

Mais ce qui pourrait te calmer davantage, c'est bien de rentrer au pays. Toi qui n'as jamais été patriote pour un sou, t'es homesick à en crever. Y'a pas à tortiller. Les rayons fromages et charcuterie d'Auchan sont au coeur de tous tes fantasmes, toi qui carbures désormais au cheddar et au pork pie.

L'homme a déjà des congés à prendre. Tu bookes une semaine de ski à l'UCPA des Contamines et tu t'y éclates comme une damnée en oubliant ton infortune.

Oui mais voilà. Toutes les bonnes choses ayant une fin, il faut retraverser la Manche.

Avant de remonter dans ton car Eurolines, tu tiens absolument à rendre visite à ta gynéco parisienne, celle qui t'avait donné six mois pour être enceinte il y a neuf mois. Elle a beau réfléchir. Apparemment, ton incompétence à procréer demeure un mystère pour la science.

Quant à entreprendre des traitements entre deux Eurostar, ça relèverait de l'exploit. De toute façon, en devenant expat' pour le meilleur et pour le pire, t'as rompu les liens avec la sécu française. T'es dans l'impasse. Tu ravales tes sanglots et tu repasses en territoire hostile.

Une chose est sure. Tu ne peux pas noyer ton chagrin dans le boulot vu que t'arrives pas à en trouver. De l'Alliance Française à l'Institut Français lui aussi, tu erres. T'as même tenté une incursion du côté du Job Center de Camden mais vu la confiance monumentale que t'as en toi, travailler dans un univers purement British, tu préfèrerais encore être soumise à un supplice du London Dungeon. Non, toi, c'est après un poste bilingue que tu cours avidement mais voilà, tu n'es pas la seule française à avoir eu cette idée lumineuse. En clair, personne ne se bat pour toi, phénomène oh combien récurrent dans ta vie Caliméresque.

Mais au diable l'Angleterre et ton intégration improbable. Ton Poppy te manque trop et il est temps de fêter dignement tes noces de coton. Le vendredi 13 février 1998, tu t'envoles vers Thessaloniki pour une semaine de pèlerinage. De la taverne du jour J à ton palace de Péréa en passant par le Casino de la World Company où l'homme retrouve avec nostalgie quelques collègues du cru, tu trimbales ton énorme bête à poils qui au contact de ses potes grecs a perdu toutes les notions de savoir-vivre que tu lui avais inculquées. La rapatrier un jour dans ta vie comme tu te l'étais juré-craché te paraît alors complètement utopique. Il t'aura fallu huit mois et un retour sur les lieux du crime pour pouvoir faire le deuil de ton unique histoire d'amour avec un clébard.

C'est finalement empreinte d'une certaine sérénité que tu reprends ton vol Olympic Airways. La page grecque était restée en suspension. Elle vient de se refermer doucement et définitivement sur tout plein de souvenirs cruels et doux.

Ca vaut mieux. Depuis quelques temps, une idée  germe dans le cerveau bouillonnant de l'homme.

CE POST EST EVIDEMMENT DEDIE A L'HOMME AVEC TOUT MON AMOUR DE FEMME FIDELE ET SOUMISE !

Posté par Cocotine à 23:14 - A coeur ouvert - Commentaires [0] - Permalien [#]
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