Le petit monde de Cocotine

Que se passe-t-il dans la maison de Cocotine ?

31 juillet 2009

L'herbe est plus verte ailleurs - saison 9

Pour ceux qui veulent réviser, la saison 8 se trouve ICI et finit comme ça...

Ta petite vie de française créchant à Primrose Hill est en passe de devenir rigolote quand l'homme et toi, vous décidez qu'un hiver passé à greloter dans ce one bedroom flat à 950£ par mois, ça suffit, et vous choisissez héroïquement de vous mettre quête d'un appart cheaper and bigger.

...

Evidemment, pour mener à bien cette mission, il va falloir s'éloigner du centre de Londres. C'est comme ça que l'homme et toi, vous atterrissez vers Putney avec la ferme intention de ne pas aller plus loin. La chasse ne va pas durer si longtemps. Six visites plus tard, la chance de l'année se présente avec la rencontre d'un charmant jeune homme travaillant chez Geoffrey Jardine, une agence immobilière du coin. Il te parle d'East Sheen. Tu le toises sceptique. Il te baratines que c'est à deux pas de Putney et t'embarque dans sa voiture pour te faire découvrir l'appart qu'il veut te fourguer. Tu ne caches pas ta mauvaise humeur. A tes yeux, c'est le bout du monde. L'homme tente de te rassurer : "On n'a rien à perdre." C'est vrai. Mais tu continues à bouder quand même.

C'est dans cet état que tu pointes ton nez au 3 Elm Road et quand la clé tourne dans la serrure et que la porte s'ouvre sur un one bedroom immense, clair et propre, t'es à deux doigts de sauter au cou de ce type qui fera désormais partie de la poignée de gens qui ont su changer ta vie.

Quand tu avances vers la kitchen qui donne sur un petit jardinet , t'es au bord de l'évanouissement et l'annonce du loyer, 800 £ par mois, t'envoie direct au 7ème ciel. La bargain. Bien sûr, il faudra y ajouter l'eau, l'électricité, le gaz et cette foutue Council Tax, mais tu n'hésites pas une seconde. C'est là et bien là que tu vas vivre les prochains épisodes de ta vie.

Tu signes un pacte avec l'agence et fais tes adieux à ton proprio gourmand de Primrose Hill. Faut jouer serré, le but étant de ne pas perdre un sou dans l'opération. C'est ainsi que sans le savoir, tu entres dans une période un tantinet chaotique.

Et voilà ton bienfaiteur Jean-Michel qui refait surface. Non seulement, il t'aide avec quelques autres braves à tout virer de ton 3ème étage sans ascenseur direction le garde-meubles mais en plus, il accepte que son flat tout pimpant te serve à nouveau de squat.

Théoriquement, ça ne doit durer que quelques nuits car avec tout ça, on est tout de même en juillet et il est donc grand temps de prendre des vacances bien méritées. Tu boucles ta valise et avec l'homme, vous rentrez respirer un peu l'air du pays à travers le circuit habituel Paris-Souillac. Mais l'escapade folle ne s'arrête pas là et comme, coïncée sur ton île nordique, tu rêves secrètement de France profonde, t'as goupillé une semaine torride dans l'Aveyron. Une sorte de folie. De Najac à Laguiole en passant par Cordes, tu sillonnes la région en t'extasiant à chaque virage. Vu le temps glacial et pluvieux,  gueuletonner est quasiment ton unique distraction. Le jour où tu engloutis un aligot dans un buron, tu décides qu'il est temps de qualifier ta virée franchouillarde de réussite totale.

Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, l'homme doit retrouver sa toque lucrative et comme vous êtes toujours sans domicile fixe, tu décides de rester un peu à Paris chez des copines compréhensives. Ca vaut mieux car la locataire actuelle de ton super futur appart de Sheen n'a pas encore plier bagages. Tu passes ton temps à harceler l'agence mais rien n'y fait. Les jours défilent. Il faut se rendre à l'évidence et rejoindre l'homme qui crèche toujours à Belsize chez votre Jean-Michel préféré.

Avant de sauter dans l'Eurostar, tu profites de la réunion d'information organisée par la Délégation du Québec pour noircir un cahier entier. Engranger un maximum de conseils, c'est toujours bon à prendre. Surtout que le tableau que l'animateur te brosse de ta future vie d'immigrante n'est pas exactement à la hauteur de tes espérances. Aucune importance. Tu réfléchiras plus tard. Pour l'instant, ton cerveau est overbooked. T'as d'autres chats à fouetter.

Bon gré mal gré, tu regardes août défiler et c'est le 1er septembre 1998 que tu entres enfin chez toi, au 3 Elm Road SW14 7JL.  Le 2, tu files récupérer tes 5 m3 de bazar en tout genre au storage, tu ramasses tout ce qui traîne chez Jean-Michel et l'homme et toi, vous investissez votre immense garden flat de 65 m2. Un soulagement intense.

A partir de ce jour béni, ton souci immédiat va juste être de t'acoquiner à ton nouveau quartier et les bonnes surprises se succèdent. La première, c'est que East Sheen est collé à mille hectares de terres royales. Richmond Park est à quelques encablures de chez toi. C'est décidé. Tu n'as peut-être pas de voiture mais tu auras un vélo.

L'homme est tellement emballé par l'idée qu'il se toque même d'aller au boulot en bicyclette et c'est donc 30 km qu'il devra désormais ingurgiter chaque jour. Et tu ne vas pas tarder à l'imiter puisque que Harris Jones te missionne pour passer huit jours chez Bongrain à Hampton. Bongrain, le roi du fromage industriel. Tu ne peux pas décemment louper l'affaire. Enfin une société dans laquelle tu ne seras pas noyée au milieu de ces barbares d'anglais. Mais voilà, pour goûter à ce bonheur intense, il va falloir avaler les 11 km qui te séparent de leurs bureaux matin et soir. Et sans voiture, point de salut. Alors, équipée comme il se doit par temps humide, tu pédales comme une damnée et tu finis par ressortir victorieuse de cette aventure, un chèque de quelques pounds entre les dents.

Ces toutes petites chances que cette vie radine t'apporte te mettraient presque de bonne humeur. Mais le point noir essentiel demeure. Tu frôles les 35 ans et tu n'as toujours pas procréé. D'ailleurs, tu préfères presque ne plus y songer. A quoi bon ? Plus tard peut-être dans ce pays merveilleux qu'est le Québec, tu auras une vie de nabab et cet enfant magnifique promis par Cendrillon et la-Belle-au-Bois-Dormant, ces deux foutues niaises.

Pour l'instant, l'automne est là et même si ton nouvel environnement est agréable, ton nez coule et tu tousses comme une tubarde. L'heure est arrivée de sonner à la porte de ton nouveau GP. C'est une femme plutôt chaleureuse. Du coup, de fil en aiguille, tu lui confies toute ton histoire d'infertilité mystérieuse. Contre toute attente, son visage s'éclaire et elle se met à te parler de traitements. Conditionnée et bornée comme une vieille mule, tu la regardes bêtement et tu lui réponds : "No, I can't. When I lived in Primrose Hill, they said..." Et là, elle t'explique patiemment que les borough de Camden et de Richmond ne fonctionnent pas de la même manière. Tu finis par enregistrer que le seul fait d'avoir déménager te donne droit à cette médecine qui t'était refusée jusqu'à ce jour. Tu ressors médusée.

C'est comme ça que l'homme et toi, vous allez pénétrer pour la première fois de votre vie dans un hôpital anglais en vous demandant comment un pays qui a dominé le monde peut être tombé aussi bas. Bienvenue au Queen Mary's Hospital. Ses vieux paravents écaillés, ses rideaux de séparation en tissus ringards et son hygiène assez douteuse. L'ambiance pays de l'est années 70 te donne envie de hurler et de fuir à toutes jambes mais tu sens bien que les choix qui s'offrent à toi sont plutôt limités. C'est ça ou rien. Tu serres les dents et tu restes. En plus, pour la première étape, c'est un médecin français qui te reçoit. Ca te rassure un peu. La valse des examens reprend et vu qu'aucun ennui mécanique évident n'est décelé, un traitement oral de trois mois t'est prescrit.

L'année 1998 va bientôt s'évanouir. Tout en avalant scrupuleusement tes cachous, tu te concentres sur l'autre projet de ta vie, ton départ de l'autre côté de l'Atlantique. Stabilobosser des bouquins et assister en première de la classe à des réunions, c'est bien joli, mais ça ne remplace pas l'expérience du terrain. Pas de doute. Il faut y poser un pied et vite, histoire de prendre la température. Justement, pour bien mesurer le challenge, l'homme et toi, vous décidez courageusement de voyager trois semaines de Montréal et à Québec en plein mois de janvier. Et comme il faut bien se lancer, tu postes ta demande de certificat de sélection à la Délégation du Québec le 10 novembre.

CE POST EST EVIDEMMENT DEDIE A L'HOMME AVEC TOUT MON AMOUR DE FEMME FIDELE ET SOUMISE !

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Tailler la route

Dans le cadre d'Estuaire 2009, un truc étrange a poussé sur les bords de la Loire à Frossay.

I.C.I.! Instant Carnet Island
Rassemblement de micro-architectures et habitats légers
 

Il fallait absolument y passer pour réfléchir à la façon dont je vais pouvoir me loger en cas de pépin, par exemple si je ne peux pas travailler jusqu'à 67 ans et que je finis mon parcours sur terre dans une grosse mouise. Pas optimiste la Cocotine, vous vous dites ! Eh bien, non, regardez plutôt. C'est franchement sympa, non ?

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Posté par Cocotine à 16:49 - Escapades - Commentaires [1] - Permalien [#]

Plaisirs d'été

Jeudi matin, l'incontournable marché du bled...
Moi : "Allez, viens, on va chercher des oeufs."
Miss Cocotine met ses sandales bon gré mal gré. Une fois dans la rue, elle aperçoit une petite Mamy devant nous.
Miss Cocotine : "Maman, y'a une Mamy Pompon devant !"
Moi : "Chut, chut, parle pas si fort ! Ben, oui, elle va au marché aussi, comme nous."
Miss Cocotine, très sure d'elle : "Oui, au  marché aux oeufs !"

Deux semaines en tête-à-tête avec ma jolie petite fille qui pousse si vite et si bien. Quelques sorties grâce à nos quatre roues mais aussi de petits moments délicieux remplis de joies toutes simples au milieu de nos hibiscus.

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Posté par Cocotine à 16:02 - De tout et de rien - Commentaires [0] - Permalien [#]

Gros coup de coeur...

...pour Besançon, une ville bourrée de charme, encerclée par le Doubs et dominée par cette splendide citadelle signée Vauban.

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Partout, des portes à pousser pour découvrir des escaliers à cage ouverte et de petites fontaines pleines de poésie...

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et ce petit resto bio tout mignon tout bon, Mirabelle, où s'accorder une pause bien méritée...

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30 juillet 2009

Un tour chez les voisins

Pas loin de Morteau, Le Locle et La-Chaux-de-Fond, très réputées pour l'horlogerie, ne sont pourtant pas des villes qu'on peut qualifiées de jolies. Par contre, Neuchâtel vaut vraiment le coup avec sa vieille ville, sa pierre jaune et ses fontaines fleuries. Petite balade en Suisse...

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Et va pour une Mortiflette !

Une adresse incontournable quand il s'agit de manger dans la plus pure tradition Franc-Comtoise. Si croûte aux morilles, fondue aux trois fromages, assiette du tuyé et rösties vous parlent, c'est à L'Auberge du Vieux Chateleu qu'il faut aller, à 1200 m d'altitude et à deux pas de la frontière suisse. Pour ceux qui craignent l'accumulation de calories, sachez que ce doux lieu est situé sur le GR5. Facile d'éliminer dès la sortie donc !

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28 juillet 2009

L'année prochaine si tout va bien

Faut pas croire que seuls les grands écrivains peuvent connaître un jour l'angoisse de la page blanche. Moi aussi, ça m'arrive. Tenez, hier, par exemple, c'était lundi, le jour où je devais publier mon petit papier de rien du tout. Eh bien, rien, le cerveau sec. A tel point que j'ai tout envisagé : deleter purement et simplement "Le baratin du lundi matin" ou jouer à la star et tel Demorand, me retirer de la vie publique tout l'été, histoire de me faire désirer encore plus à la rentrée ou bien embaucher un nègre en CDD, solution qui aurait au moins eu la vertu de créer un poste.

Et puis voilà que ce matin, en écoutant Rosy deviser sur l'attaque imminente de la grippe A, mes neurones ont commencé à danser gentiment et je me suis dit qu'il n'était pas question de laisser tomber lâchement ma poignée de fidèles lecteurs. Comme quoi, l'inspiration, ça tient quand même à peu de choses.

Me voilà donc de retour après un break extrêmement tendance au coeur de la Franche-Comté. Je suis fière de moi. Par ce choix extravagant, j'ai évité de contribuer à toute nouvelle pollution aéronautique, ma petite voiture presque propre ayant largement suffit à couvrir le trajet Nantes-Besançon. Une jolie chambre d'hôtes au milieu des collines boisées qui décline toute la gamme de l'Arbre Vert, rien de tel pour dormir la conscience tranquille. Et puis parier sur le Nord de la Loire reste presque la seule solution pour écarter tout risque de cancer de la peau. Je suis rentrée plus blanche que je ne l'étais avant de partir, mon lait solaire peut être refourgué ni vu ni connu sur e-Bay et mon maillot n'est sorti de la valise que pour m'accompagner lors de mon unique tentative de baignade au milieu de monstres surexcités à la piscine de Morteau, un jour de pluie et d'égarement.

Dans ce contexte, vous imaginez bien que le seul vrai réconfort réside dans la consommation contrôlée de Savagnin et la fréquentation quotidienne de restaurants proposant la saucisse de Morteau sous toutes ses formes, régime qui, outre le plaisir instantané qu'il apporte côté papilles, permet en plus de faire du gras pour l'hiver. Et de nos jours, de l'énergie gratuite, ça ne se refuse pas.

Là où le bât blesse, c'est quand on réintègre le bled à l'ouest et qu'à partir du 20 juillet, il faut regarder tous les autres partir au fur et à mesure en se disant que les vacances d'été ne seront à nouveau d'actualité que dans environ 350 jours.

Alors, pour se consoler, on essaie de se persuader que d'ici là, c'est sûr, on aura un job top avec un salaire monumental et que ce voyage pas du tout trendy en Grèce, là où le soleil pète de mille feux, là où on peut ressortir ses yassou et ses efkaristo poli, là où la mer est bleue et bouillante, là où on se baffre de feuilletés à la feta et d'octopus sèchée, là où en plus, on a des souvenirs à en chialer (pour ceux qui ne suivent pas, je m'y suis mariée avec l'homme en l'an 1997), ON SE LE FERA, nom d'un chien, ON SE LE FERA.

Bonne semaine à tous et bonnes vacances à ceux qui en ont !

Posté par Cocotine à 12:52 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [1] - Permalien [#]

27 juillet 2009

C'est un jardin extraordinaire

Depuis 9 ans, la Saline Royale d'Arc-et-Senans propose un Festival des Jardins sur un thème différent chaque année. 2009, c' est l'année des Jardins de Peintres dont les mélanges de couleurs contrastent fantastiquement avec la sobriété des bâtiments.

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Les folies de Ledoux

La Saline de Salins-les-Bains étant grande consommatrice de bois, une pénurie s'annonça et c'est ainsi qu'en 1773, Louis XV pria l'architecte Claude-Nicolas Ledoux, de construire une nouvelle Manufacture Royale à Arc-et-Senans, idéalement situé près de l'immense forêt de Chaux. Le transport de l'eau saumatre entre les deux sites était assuré par une canalisation de 22 km nommée saumoduc.

Cette construction en hémicycle ne représentait que la moitié du projet de cité idéale de cet architecte génial. Un lieu étrange un tantinet mégalo qui n'a d'ailleurs pas eu le rendement souhaité et qui ferma en 1895. Une visite passionnante indissociable de celle de Salins-les-Bains.

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Autres temps, autres moeurs

Entre Salins-les-Bains et Arc-et-Senans, se trouve un lieu magique et serein où l'homme m'avait invitée lorsque nous habitions à Vienne et que nous attendions désespérément notre bébé de Chine. C'est Le Château de Germigney à Port-Lesney, un ancien manoir du XVIIIème siècle.

Miss Cocotine étant aujourd'hui bien là, en chair, en os et en bêtises, plus question de se faire un plan gastro-relais-château-je-roucoule-tu-roucoules. Alors, nous avons déjeuné au Bistrot Le Pontarlier qui fait également partie du domaine et qui est posté sur les rives de la Loue. Une parenthèse épatante que je ne saurais trop vous conseiller...

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Posté par Cocotine à 11:39 - Escapades - Commentaires [0] - Permalien [#]
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