Le petit monde de Cocotine

Que se passe-t-il dans la maison de Cocotine ?

31 août 2009

Retour vers les 12 lunes

Rien de tel qu'un petit saut chez Ikéa cette après-midi pour s'apercevoir,  qu'à part une bande de veinards qui peut s'évader hors cohue,  tout le monde a plié son maillot de bain. La rentrée est là et bien là avec son cortège de bonnes nouvelles :

- Demorand is back,
- notre PPDA préféré aussi,
- à 7h, il fait encore nuit et à 21h30, il fait déjà nuit,
- les 3000 fraudeurs qui ont des comptes en Suisse pourraient bientôt renflouer notre budget de quelques wagons d'euros,
- 2 personnes masquées se trouvaient samedi soir dans une rue de l'agglo nantaise,
- la taxe carbone guette les braves gens,
- la fermeture des écoles pour cause de grippe A ou de différend avec un Luc Chatel tout frais tout neuf pourrait s'avérer d'actualité...
- euh, quoi d'autre ?

Ici, dans le tout petit monde de Cocotine, tout ça n'a aucune importance. Parce qu'IL A FAIT BEAU 20 JOURS AU MOIS D'AOUT DANS LE 44 ! La pelouse est cramée, les fraisiers rabougris, le potager vidé et les lupins ridés. Tant pis, quand le jardin écrasé de soleil commence à sentir la Grèce, c'est trop bon.

Au début du mois, quand il a tant plu et qu'à bout de nerfs, on s'est jeté dans le vignoble pour y dégoter du bon muscadet, un vigneron nous l'a bien confirmé : "C'est la faute aux treize lunes... Heureusement, c'est la dernière année."

Alors plus que 9 mois à tenir pour avoir un été de plus de 20 jours ! En attendant, n'oubliez pas de vous hydroalcooliser des cheveux aux doigts de pieds...

Bonne semaine et bonne rentrée à tous !

EDIT DE MARDI : Attention, Cocotine colporte de fausses informations. Nath a compté. Elle est formelle. Il n'y a que 12 lunes en 2009. D'où les 20 jours de soleil ardent, comme elle dit ! Ah, ce vigneron, si je le tenais ! On ne peut même pas se fier à ses indics. C'est un monde ça !

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28 août 2009

Nouveauté

Du côté des guirlandes, des Cocotinettes juste faites pour les étagères et les lits bébé. La visite, c'est PAR LA ! Merci.

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Posté par Cocotine à 13:14 - Les guirlandes - Commentaires [1] - Permalien [#]

A portée de main

Une grande balade au bord de la Loire pour observer, capturer et méditer. Tout bien réfléchi, il est quand même sympa, mon bled. Allez, je vous emmène... Ouvrez grands les yeux et ne ratez pas l'angélique des estuaires, notre espèce protégée.

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Posté par Cocotine à 11:12 - Escapades - Commentaires [6] - Permalien [#]

27 août 2009

Histoires de couples

Deux romans anglo-saxons. Des années 30 aux sixties, des non-dits, de la rigidité, du gâchis ou comment passer à côté de sa vie. Pas follement gai, tout ça et pas de quoi être dithyrambique.

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Posté par Cocotine à 20:41 - De pages en pages - Commentaires [1] - Permalien [#]

26 août 2009

Wait and see

Comment on dit dans ces cas-là ? Merci pour vos témoignages de sympathie ? Oui, c'est ça. Alors je vous le dis.

Les 72 heures sont passées. Verdict : pleurésie avec petit épanchement liquidien. Vous n'avez pas tout compris ? C'est normal. Moi, je fais ma star mais en réalité, ces mots barbares m'étaient totalement étrangers il y a une semaine. Mais maintenant, ça y est, je peux me la péter dans les soirées mondaines du bled. Doctissimo a mis des mots sur mes maux et mon médecin m'a livré sa conclusion en quatre points :

a- Il faut contrôler la température. OK. En tant que vieille briscarde de la PMA, c'est une discipline dans laquelle j'excelle.
b- Bien manger ses petits comprimés anti-inflammatoires. OK. Jusque-là, tout va bien.
c- Et se frotter l'intérieur du poignet avec 3 gouttes de Ravintsava Cinnamomum Camphora pour refaire surface. OK, dégoté aujourd'hui chez Florame.
d- Et puis, du repos, du repos, du repos. OK. A vrai dire, je ne suis pas débordée. "Vous voulez un arrêt de travail ?' Ca fait quatre fois que je lui dis que je cherche du boulot mais je lui pardonne. Il rentre d'Espagne et surtout, une vingtaine d'histoires toutes aussi inintéressantes que la mienne défilent dans son cabinet chaque jour. "Ah, ben, très bien, arrêtez de chercher ! Ca tombe bien." Je hausse le sourcil gauche, un truc que je fais particulièrement bien en présence de tout acte de désinvolture flagrante . Y'a guère que lui qui trouve que ça tombe à pic. De toute manière, qui me demande de travailler ? Personne.

Nouvelle radio dans 10 jours et si l'épanchement a encore progressé, pneumologue et ponction. Le plein de réjouissances quoi !

Mais aucune thalasso en vue (pourtant préconisée avec bienveillance par Laurence) !

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Mes chouchoutes

Après avoir cogité tout l'été, je reviens vers mes petites guirlandes avec joie. Des nouveautés seront bientôt ICI. Merci de votre visite.

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24 août 2009

Mourir ou pas

Mon parcours terrestre était-il voué à prendre fin en cette semaine 34 de l'an 2009 ? C'est bien la question qui m'a taraudé vendredi de 13h45 à 19h00.

Réveillée à 2 h dans la nuit de jeudi par des coups de poignards côté gauche, je m'affole : "C'est quoi, ce truc ? Ca y est, j'ai le coeur qui flanche." En ne bougeant plus, j'arrive tant bien que mal à me rendormir. 7h10. Les douleurs sont toujours là et même plus violentes. J'appelle le 15 qui me conseille de consulter de suite. Je me traîne dans la salle d'eau. D'accord pour mourir mais pas question d'être sale. L'homme n'a pas l'air emballé pour rester m'aider. Je le réquisitionne : "J'ai besoin de toi. Tes macarons attendront."

8h20. Miss Cocotine est déposée au centre aéré et je file au cabinet médical, pas fière. 45 minutes à attendre que mon toubib se rase et s'habille et le voilà qui, d'un ton badin, me lance : "Vous n'avez jamais fait de pneumothorax ?" "De quoi ?" Je gamberge vite. Pneumo. C'est pas le coeur. Il plaisante et me rassure : "Le tunnel blanc, c'est pas pour tout de suite." Il me prescrit du repos, un anti-douleurs et m'expédie faire une radio des poumons par précaution.

Le radiologue, qui, lui, ne rentre pas d'Espagne tout bronzé, est nettement moins détendu dans son discours et je passe vite des rayons à l'échographie. Une chose l'inquiète côté plèvre. "La plèvre, nom d'un chien, c'est quoi, ce truc ?" En 12 minutes, j'apprends tout sur le fonctionnement des poumons. Au final,  il préconise d'aller plus loin dans l'investigation pour s'assurer que ce n'est pas embolie pulmonaire et conclut par un : "Je préfère vous dire ça plutôt que de vous voir dans le journal dans deux jours" qui me laisse perplexe quant à mon avenir proche.

Son rapport tapé en gras souligné sous le bras, je cours revoir mon généraliste qui conclut : "OK,  je vous envoie aux NCN." "Euh, c'est quoi, un endroit tendance ?" Non, c'est juste les Nouvelles Cliniques Nantaises.

Vers 13h15, je me pointe à l'accueil des urgences : "C'est mon médecin qui m'envoie. Pour écarter les risques d'embolie pulmonaire." En un clin d'oeil, la fille m'ouvre grand la porte et je me vois créditer d'un péremptoire : "Allongez-vous tout de suite. A partir de maintenant, vous ne vous levez plus. Les conséquences pourraient être très graves. Votre vie  même peut en dépendre."

En quelques secondes, je me retrouve  sous surveillance d'un moniteur, des fils multicolores plein la poitrine. J'ai l'impression d'être dans un mauvais soap. Ca sent le roussi. Je pense à l'homme qui m'a lâchée pour aller travailler. Interdiction d'utiliser le portable. L'infirmière me prête son fixe. Je quémande du réconfort. Je récolte juste un grand moment de solitude. En raccrochant, je me demande comment j'ai bien pu faire pour me marier avec cette brute épaisse qui pas une seule fois en 17 ans n'a éprouvé la moindre compassion quand j'étais malade.

Un box se libère. Pose d'un cathéter. 4 tubes de sang en moins. Un médecin débarque pour faire causette. Je comprends à demi-mot que s'il s'agit d'une embolie pulmonaire, c'est pas la tête haute que je sortirai, mais les pieds devant. S'en suivent trois heures à moisir enfermée là-dedans sans bouger. Le regard collé au carré de lumière artificielle, j'ai  le temps de mouliner dans tous les sens et de revoir toute ma vie défiler. Je me dis : "Crénom de nom, et si ça sentait le sapin ? Et si cette foutue vie s'arrêtait comme ça ?"

Là, je me dis que c'est pas possible, que je ne peux décemment pas laisser l'homme gérer la maison tout seul, lui qui m'appelle au secours dès qu'il a besoin d'un Doliprane ou d'un savon neuf. Oh, puis flute, après tout, ça le fera grandir et avec mon capital-décès, il pourra embaucher quelqu'un qui choisira le programme du lave-linge à sa place.

Oui mais, Miss Cocotine, elle, elle a vraiment besoin de moi. On ne peut pas être séparées maintenant. Je ne l'ai pas attendue 11 ans, je n'ai pas fait 20000 km pour aller la chercher pour en arriver à une conclusion aussi débile que brutale. Là, c'est fatal. Je me fous à chialer. Et j'ai même pas de mouchoir.

Impossible de savoir quelle heure il est mais j'ai l'impression d'être verrouillée là-dedans depuis plusieurs jours. Mon portable sonne deux fois dans mon sac. Sûrement l'homme qui se rappelle que j'existe maintenant qu'il a bouclé sa journée de travail. Quelques minutes plus tard, l'aide-soignante arrive, son téléphone tendu : "Votre mari". "Alors, t'en es où ?" J'explique. "Tu veux qu'on vienne ?" "Ecoute, tu fais comme tu veux." "Bon, ben, je vais venir." Sur ces entrefaites, un jeune fait coulisser la porte : "Madame, je viens vous chercher pour le scanner." Je me dis : "Enfin de l'action."

Au fil des couloirs, je me laisse pousser en admirant la déco. Au moins, c'est beaucoup plus joli que les hôpitaux anglais. Entrée dans une autre dimension. Quand l'une des filles m'injecte brutalement un liquide non défini, l'autre me prévient que ça va brûler la vessie et la gorge. Je me dis : "Top, comme programme." Pas le temps de réfléchir davantage. Je coulisse, je regarde les petites lumières bleues qui tournent, les jaunes qui s'allument et quand le haut-parleur me hurle : "Gonflez les poumons et arrêtez de respirer.", j'obtempère bravement. La tortionnaire revient et m'injecte l'iode.  Là, j'ai le bas du ventre qui s'enflamme et le cou qui se consume. C'est sûr, c'est pas l'embolie qui va me tuer, c'est cette étrange cérémonie. Au brancardier qui me ramène aux urgences et me demande si ça s'est bien passé, je réponds fataliste : "Faut toujours une première fois."

Il est déjà 18h30. L'homme vient d'arriver. Miss Cocotine, étonnée, veut tout savoir sur la vie des urgences et me fait de petits câlins. Ca me réconforte mais je me demande toujours si je vais passer la nuit ici ou s'ils vont me libérer. Vers 19h, le toubib m'annonce enfin qu'il n'y a pas de risque d'embolie. Il me donne ses conclusions et ses directives car l'affaire n'est pas pour autant dans le sac. J'ai toujours mal et je comprends que ça peut évoluer de mille manières. Dans 72h, on verra.

Pour cette fois, je sors la tête haute. Dehors y'a du vent. Tant mieux. J'ai eu chaud.

Bonne semaine à tous et profitez de la vie !

Posté par Cocotine à 08:22 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [11] - Permalien [#]

20 août 2009

Apprentie jardinier

Récolter les graines de coriandre et de persil et les conserver dans des bocaux avec de jolies étiquettes, voilà un de mes passe-temps du jour. Parfois, je me demande comment je fais pour avoir une vie si intense...

Merci à Meggiecat et à Mouette pour les étiquettes !

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Posté par Cocotine à 12:41 - Coin de verdure - Commentaires [3] - Permalien [#]

19 août 2009

L'herbe est plus verte ailleurs - saison 11

Pour ceux qui veulent réviser, la saison 10 se trouve ICI et finit comme ça...

Après tout, être en couple, c'est déjà pas si mal et surtout, t'es sur le point de vivre un Premier de l'An 99 exceptionnel, ce qui te met de fort bonne humeur.

Le 30 décembre, c'est le D-Day. Tu t'envoles pour le Canada et quand tu sors de Dorval, t'as l'impression étrange de pénétrer dans un énorme congélateur. Il fait -24°. Bienvenue à Montréal.

...

Gilles Vigneault t'avait prévenue : " Mon pays, c'est pas un pays. C'est l'hiver." Du coup, avant de partir, t'a plongé sous le lit pour y attraper la poche blanche "Vacances aux ski" et t'as vidé son contenu intégral dans ta valise.

C'est ainsi qu'avec ta cagoule noire sous ton bonnet londonien en Thinsulate, ton écharpe de laine entortillée des épaules aux narines, tes gants en soie sous tes moufles double couture, ton velours côtelé sur ton caleçon Damart, ta triple épaisseur de cols roulés sous ta doudoune 100% duvet d'oie et tes Moon Boots qui recouvrent deux paires de chaussettes, tu débarques au Québec pour y mener ton enquête et voir si t'as vraiment envie d'y passer le reste de ta vie.

Parce qu'attention, les autorités sont claires. Si tu viens, c'est pas pour batifoler. C'est pour t'implanter à jamais et pondre une descendance qui peuplera le pays. Ca s'appelle l'immigration choisie et pour l'instant, tout ce que tu en as perçu, c'est ce que ça va surtout te ratisser le porte-monnaie. Alors, avant de renier tes origines et te faire plumer, tu vas observer et tenter de comprendre comment tes compatriotes ont organisé leur vie ici depuis que Jacques Cartier y a mis les pieds en 1534.

Dans cette entreprise ardue, tu n'es pas seule au monde. Déjà, l'homme, emmitouflé dans sa vieille doudoune d'ado Millet rouge et bleue, est à tes côtés, prêt à tout pour changer de vie. Tout comme Odile, ta copine d'école de Courbevoie, retrouvée par hasard et avec joie à la Délégation du Québec à Paris et qui veut, elle, aussi, foncer vers une vie de trappeur. Coïncidence rigolote, elle est à Montréal en même temps que toi.  Et puis tu as ta copine Nelda, avec qui vous avez partagé toutes les affres de la vie grecque et qui du coup, a été témoin de ton mariage et d'ailleurs, c'est chez elle que vous allez crécher, dans sa famille italienne, haute en couleurs et en générosité. 

Dès le premier jour, tu attaques direct en grimpant au Mont-Royal, d'où, pour la première fois de ta vie, tu peux regarder Montréal dans les yeux et contre toute attente, tu es assez déçue. De fantasmes en illusions, tu avais parié sur un coup de foudre monumental. Fiasco total. C'est moche, c'est gris, et c'est glacial. Faut pas t'en vouloir. T'es en plein jet-lag. Montréal, c'est pas un bled coquet du Luberon, c'est une ville nord-américaine.

Tu vas t'y faire. Dans les jours qui suivent, l'homme et toi, vous bravez toutes les intempéries pour inspecter la ville en long, en large et en travers sans pratiquement rencontrer âme qui vive, les québécois se gardant bien de mettre le nez dehors en janvier. Tu découvres que les gens, ici, ont une pelle greffée au bout du bras et que pas une journée ne commence sans qu'ils s'informent de la température réelle "facteur vent" intégré. Tu t'étonnes de voir qu'ils peuvent déclencher le chauffage de leur voiture en se brossant les dents et qu'ils partent faire les courses avec un panier chauffant pour pas que la salade qu'ils ont achetée gèle. Tu apprends que les tempêtes sont légion et c'est avec des yeux ronds comme des billes  que tu assistes au balai de Caterpillar tous plus gigantesques et menaçants les uns que les autres.

Alors tu te mets à les trouver si braves et si exemplaires, ces descendants de pionniers, que tu tombes en admiration. Vivre ici, fichtre, c'est loin d'être de tout repos. Et pourtant, tout le monde reste plutôt calme et avenant. Alors forcément, tu en viens à comparer leur attitude avec celle si étonnante de français de France qui se plaignent sans arrêt alors qu'ils sont pourris gâtés. Et là, t'es sure d'une chose au moins : ceux-là, tu ne les regretteras pas si tu viens t'exiler ici.

De temps à autre, tu prends les habitudes du pays et tu descends faire la taupe dans cette incroyable ville souterraine, histoire de voir si ton organisme encaisse de prendre d'un coup 45° dans les dents. Là, tu percutes que si tu immigres, tu ne passeras l'hiver que si tu renonces quasiment à mettre le nez dehors, comme le fait la majorité des québécois. Ca t'intrigue.

Mais ce n'est pas tout. Le bon temps du logement bon marché à Montréal, c'est de l'histoire ancienne. Tu arrives trop tard. Les loyers sont en train d'exploser et comme ailleurs, ça devient plus difficile de trouver un appartement sans t'éloigner du centre ville. En gros, tu perçois vite que fréquenter le Plateau ou Outremont, c'est plus facile en touriste qu'en résident et que le scénario habituel métro-boulot-dodo sera là encore ton lot quotidien. Ca te trouble.

Sur ces constatations, les jours passent et tu commences à toucher du doigt que l'eldorado vanté par les vendeurs de papier a quand même quelques failles et que la fameuse cabane au Canada, y'a guère que Line Renaud qui prétend l'avoir.

D'ailleurs, la nature, on se demande où elle est, au milieu de tous ces gratte-ciel et de ces trottoirs noyés sous des tonnes de neige. Là, l'idée brillante de louer une voiture pour aller à la campagne germe et c'est par un -40° facteur vent compris que tu t'embarques avec l'homme destination les Cantons de l'Est. Granby, Bromont, le Lac Borme, tout ça, c'est sublime et ça ressemble exactement à la représentation idyllique que tu te faisais du Québec. Tu prends du bon temps mais  tu captes vite que ce n'est pas là non plus que tu vas pouvoir établir ta dynastie.

Qu'à cela ne tienne. Si ton destin n'est pas au sud, il sera peut-être au nord. Tu pars inspecter les Laurentides et au Mont-Tremblant, tu t'accordes un break salvateur avec cette promenade en raquettes au milieu de la forêt où les piverts saluent ton passage. Côté ski, tu intègres vite qu'il vaut peut-être mieux pratiquer une fois par an dans les Alpes avec des températures honnêtes plutôt que d'imaginer dévaler les pistes de ce côté de l'Atlantique par -20°, à moins d'avoir envie d'y laisser une oreille. Quant à vivre là, tu classes vite l'idée.

Pratiquement au bout de tes expériences, tu en viens à un sujet délicat pour la française de France que tu es : les plaisirs de la chère. Certes, t'as goûté aux joies de la smoked meat chez Ben's et tu es sortie de chez Schwartz's radieuse. Tu as décrété que ton resto favori, c'était Commensal où tu en es à ton 6ème kilo de légumes engloutis et la soirée mexicaine organisée par ta copine Nelda pour les 30 ans de l'homme t'a emballée. Seulement, là, tu as le statut privilégié de touriste. Dans la vraie vie, si on veut manger, on va au supermarché. Y'a pas à tortiller. Il faut que tu  pousses la porte d'un Provigo. Et tu te lances. Loupe à la main, tu analyses tout. Tout semble correspondre parfaitement à tes besoins jusqu'à ce que tu tombes sur le rayon charcuterie. La saucisse du Québec a l'allure bizarre.  Ca sent le roussi. Tu avances prudemment vers le rayon fromages, et là, gros coup de massue. Le cheddar n'a pas l'air d'être fabriqué au lait cru et les deux-trois bouts de Roquefort et de Camembert sont à des prix qui te font suffoquer. C'en est trop. Tu prends la poudre d'escampette en te disant que t'auras même pas l'espoir de boire pour oublier ton infortune. Les vins, tu sais déjà que tu devras faire une croix dessus, la SAQ les distribuant à des prix exorbitants.

Tout ça  sent bigrement mauvais pour l'estomac frenchie que tu as et la question qui émerge, c'est : Es-tu capable de passer à la bière-poutine-sirop-d'érable-beurre-de-cacahuètes ? Au fond de toi, tu connais la réponse mais sur l'instant, tu te réconfortes en pensant que l'humain s'adapte à tout et qu'aucun québécois n'est à ce jour mort de faim. Ceci dit, tu comprends enfin pourquoi en Grèce, ta copine Nelda te rebattait les oreilles avec ses rêves de salade César, pourquoi  ton copain Stéphane en faisait des tonnes sur le beurre de cacahuètes quand toi, tu en étais à rêver d'une bonne blanquette de veau avec un petit verre de vin blanc. Autre terre, autres moeurs. Ici, c'est l'Amérique du Nord et le Québec n'est pas la France. D'ailleurs, c'est bien pour ça que tu as envie d'y goûter. En tout cas, t'es briefée. Si tu décides de sauter le pas, faudra pas pleurer sur la-saucisse-sèche-du-marché-de-Souillac-qu'est-la-meilleure-du-monde.

Tabarouette, l'affaire est quand même loin d'être dans le sac et ça devient presque tannant. D'autant que le but premier, c'est de trouver un job. Enfin, un job. Non, pas un. Deux. Là, t'as déjà les connexions à saturation vu que tu viens de passer de très longs mois à chercher un boulot à Londres et que tu es enfin casée. L'homme, lui, est beaucoup plus guilleret. Evidemment. Quand on envoie 5 CV, qu'on est convoqué 4 fois en entretiens et embauché 2 fois, chercher du travail, c'est plutôt l'fun. Du Hilton au Ritz Carlton, il court discuter le bout de gras avec ses congénères à toques et prend des notes. Bravement, tu fais, de ton côté, incursion dans quelques agences de placement et comme à l'accoutumée, tu sens bien que personne ne va s'arracher ta tête. Ca t'accable.

Là-dessus, il est grand temps de changer d'air et c'est à Québec que l'investigation se poursuit. Quelques heures de car et l'auberge de jeunesse t'ouvre les bras. Pour fêter ça, tu te paies un pot au Château Frontenac. C'est pas pire.

Même si tes yeux de touristes trouvent la ville cute et que son musée t'emballe, ce n'est pas du tout là qu'au final, tu ressens l'envie de continuer ton parcours terrestre. Deux grosses tempêtes de neige et un -30° le jour même où l'homme et toi, vous vous payez du bon temps avec une folle virée en chien de traîneaux suffisent à avoir raison de ta bonne volonté. Comme prévu, tu rentres à Montréal la multiculturelle où tu vis pleinement tes dernières heures québécoises sans trop exiger de tes neurones qui, vu l'afflux d'informations diverses, variées et contradictoires voire contrariantes, préfèrent rester congelés pour le moment.

Ton-livre-de-chevet-celui-qui-te-dit-tout sur "Une nouvelle au vie au Canada" et la Délégation du Québec ne t'ont donc pas leurrée. L'aventure s'avère semée d'embûches. Mais la vie n'est-elle pas un parcours du combattant de toute manière ? En tout cas, pour toi, elle n'a jamais coulé de source. De retour à la maison, il va falloir faire le tri et décider si oui ou non, tu poursuis tes démarches d'immigration.  Oui, mais voilà. Peser le pour et le contre, c'est une discipline dans laquelle tu excelles mais quand il s'agit de faire tomber le couperet, alors là, t'as la soupape qui  frise la démence et au final, tu suis en râlant et en clamant bien haut et bien fort "Tu vois, ça, j'l'avais bien dit !". T'y peux rien, t'es faite comme ça et puis flute, c'est ça qui fait ton charme, non ? Les mois qui viennent s'annoncent donc musclés puisque si toi, tu te poses trop de questions, l'homme, lui, dans sa béatitude, ne s'en pose aucune. Il partira.

Dans l'immédiat, des images superbes plein la tête et des souvenirs ancrés pour tes vieux jours, c'est somme toute heureuse que tu quittes le Québec pour retrouver ta serre chaude. A Heathrow, il fait 6°. C'est royal.

CE POST EST EVIDEMMENT DEDIE A L'HOMME AVEC TOUT MON AMOUR DE FEMME FIDELE ET SOUMISE !

Posté par Cocotine à 17:39 - A coeur ouvert - Commentaires [0] - Permalien [#]

Ca promet

Ce matin, 7h35. Miss Cocotine, trop heureuse de découcher encore cette nuit pour bivouaquer avec ses petits copains, s'habille tranquillement dans la salle de bain pendant que je prépare son sac.

Moi : "Je te mets la culotte Snoopy pour demain, ma Chérie !"
Miss Cocotine : "Chai pas chechoin (lisez besoin... l'orthophoniste a pas encore fini son job). Les garchons, y zaiment pas ça."

J'ai remballé ma culotte Snoopy et j'ai mis la Hello Kitty, après approbation bien sûr.

Bon, après La Cigale mercredi dernier, qu'est-ce-que je vais bien pouvoir faire avec l'homme ce soir, en tête-à-tête ?

En tout cas, je vais suivre les conseils tendance de ma fille. Pas de culotte Snoopy.

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Posté par Cocotine à 16:33 - De tout et de rien - Commentaires [2] - Permalien [#]
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