Ces derniers temps, j'ai vraiment failli lâcher la barre de ce blog à deux balles. Embringuée toute la journée dans des embrouillaminis sans intérêt, je n'ai plus, le soir venu, une once d'énergie pour me lancer dans de profondes réflexions. En aurais-je seulement le goût d'ailleurs ? Ce monde débile me met les nerfs en pelote et je finis par oublier que l'humour sauve de tout.

Naviguer de la FPT à BFM TV, believe me,

it's exhausting.

Et cette semaine, dans ma collectivité bien-aimée, j'ai eu mon lot de réjouissances. Lundi, branle-bas de combat, l'ordre a été donné de saisir toute facture avant même qu'elle ne soit arrivée au courrier. Soucieuse de rendre mon GB (Gentil Boss) heureux, je me suis exécutée, et plutôt deux fois qu'une, puisque la grippe ayant frappé l'une de mes collègues, une partie de son boulot m'est retombée sur le coin du nez.

Ce qui fait mal.

Mais ce qui fût ordonné fût fait, quitte à en avoir le bras déglingué et l'épaule disloquée - 41 clics de souris pour passer 1 facture sur leurs logiciels pourris -  et le tas de documents à refourguer à la trésorerie s'est mis à grimper de manière vertigineuse dans le bureau de la comptable.

Evidemment.

Sauf que, tout à coup, dans les hautes sphères, on s'en est étonné.

A tel point qu'une horrible rumeur s'est soudainement mise à circuler : tout ne pourrait être traité dans les délais impartis et avec le taux de TVA qui allait changer le 1er janvier - grande découverte -, c'était la quadrature du cercle.

Conclusion aussitôt brillamment balancée : un pourcentage honorable de ce qui venait d'être fait dans l'urgence serait très probablement à défaire la semaine prochaine pour mieux être refait début 2014.

Là, mon cerveau a buggué,

car en vilain zèbre que je suis, j'ai une tendance absurde à penser que direction devrait, entre autres, rimer avec anticipation.

Heureusement, j'avais pris rendez-vous chez mon nouveau kiné, qui, si j'occulte ses pratiques barbares - il me visse des ventouses sur la nuque et les reins -, reste le gars avec qui j'ai les échanges les plus poilants du moment.

C'est lui qui m'a raconté, par exemple, que le maire du bled d'à côté, un socialiste cumulard très proche du gouvernement actuel, et pour lequel j'ai moisi dans un bureau glauque en 2012 sans même qu'il daigne venir me serrer la pince, s'était fait enchaîné par le Canard pour corruption supposée. Logique, on ne peut pas être à l'écoute des agents qui végètent dans ses murs et se faire rincer d'une Scottish pint en même temps.

J'en ai perdu une ventouse.

Remarquez, de mon côté, je ne suis pas en reste pour lui en livrer d'aussi bonnes, ce qui, vu ma lecture actuelle, à savoir "La violence des riches" de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, n'est pas franchement une tâche ardue.

Le souci, dans tout ça, c'est que, une fois l'hilarité passée, je n'ai plus qu'une envie :

flanquer ma carte d'électeur au panier.

Et d'ailleurs, croix-de-bois-croix-de-fer-si-je-mens-j'vais-en-enfer, les incompétents de ma mairie qui, pour des raisons purement politiques, ont mis en place cette réforme des rythmes scolaires sans se donner le temps de réfléchir à ses conséquences, et qui se font, de surcroît, moussés dans leur magazine sur trois pages, ne me verront pas aux municipales de 2014. Le vote blanc n'étant toujours pas reconnu - à moins que le texte ne finisse par être voté le 1er avril 2014, la bonne blague - je resterai chez moi.

Je jette l'éponge et me mets à la mode norvégienne :

la slow TV.

26 heures et 4 secondes d'interview en norvégien, 5 heures de tricot dans la même langue, 7 heures à regarder l'Express côtier faire Oslo-Bergen ou 12 heures devant un feu de cheminée, voilà qui me changera des bavards blindés qui s'écoutent parler, des politiques véreux qui s'agenouillent face aux lobbies, des culottés qui manifestent alors qu'ils sont pourris-gâtés et des vautours qui se gargarisent de la crise depuis des années.

J'ai dû en oublier, des indécents, non ?

Bon week-end !