Le petit monde de Cocotine

Que se passe-t-il dans la maison de Cocotine ?

16 novembre 2009

A l'amitié franco-allemande

Il faut bien avouer que la seule question qui a couru le pavé en cette semaine 46 de l'an 2009, c'est :

"Où étiez-vous quand le mur de Berlin est tombé ?"

J'ai bien imaginé un instant vous raconter que tout comme notre PDPA,  en ce 9 novembre 1989, j'étais à Berlin en pleine allégresse et qu'à coups joyeux de pioche, j'avais moi aussi oeuvré à la réunification de l'Allemagne.

Et puis, je me suis dit que quelques journalistes scrupuleux s'engageraient certainement à vérifier l'information et que je risquais vite de perdre la face.

Comment vous dire ?

Le 9 novembre 1989,  j'étais sur scène, en bas résille affriolants, pleine de plumes extravagantes et les faux-cils au garde-à-vous, loin de me figurer que l'histoire du monde était en train de basculer.

Vous le croirez ou pas, à cette date, j'étais GO au Club Med de Da Balaïa au Portugal et pour les beaux yeux du clan Trigano, je travaillais comme une esclave, 17 heures par jour, 6 jours sur 7, tout ça pour des clopinettes.  Un coup à virer fan d'Arlette Laguiller.

En tout cas, en ce 9 novembre 2009, j'aurais été bien avisée d'y faire un saut, à Berlin, pour soutenir notre PPDA qui manifestement, n'a pas eu la chance, comme moi, de suivre aveuglément sa meilleure copine partout. Affublée qu'elle était d'un père alsacien, si elle avait opté pour l'espagnol, il l'aurait reniée dans la seconde. C'est comme ça que je me suis fait embarquer en anglais-allemand-latin où j'ai subi toutes les vexations quand mein Professor se penchait sur mon cas, les sourcils froncés. Je suis arrivée au Bac traumatisée en jurant que je l'aurais du premier coup, tout simplement pour ne pas devoir commenter un texte truffé de mots illisibles et de verbes flanqués en bout de phrase devant un examinateur qui n'aurait certainement pas manqué d'être médusé par ma prononciation.

Ceci dit, pour déclamer deux malheureuses phrases basiques sujet-verbe-complément, à savoir "Wir sind brüder, wir sind Berliner", je suis sure que j'aurais été plus à la hauteur que notre PDPA.

A propos de bouillon...

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 20:52 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 novembre 2009

Un choix draconien

En cette semaine 45 de l'an 2009, j'ai appelé mon tailleur pour qu'il me colle la réplique de la robe de Marilyn à la peau. Fallait être à la hauteur de l'occasion : 2 ans et demi de règne de notre PDPA préféré (pour ceux qui débarquent la fleur aux dents et à qui je souhaite la bienvenue d'ailleurs, PDPA = Président Du Pouvoir d'Achat), ça se fête. Malgré le peu d'encouragements de ma fille m'intimant de me taire à coup de "Maman, tu chantes faux !", je m'essayai à rendre mon "Happy birthday Mr Président..." tout aussi torride que l'original.

J'en étais à réviser le deuxième couplet et à tenter de marcher sans bouger trop la fesse gauche quand tout à coup, le mur d'incompréhension qui me séparait de Mönchengladbach est tombé. Reuter Bathrooms, en ce lundi 2 novembre, m'annonçait que ma commande allait quitter leur entrepôt incessamment sous peu. Sous le coup de la nouvelle, je me suis assise brutalement, pétant net la couture arrière de mon déguisement. Peu m'importait. La mort de ma SDE (pour ceux qui débarquent la fleur aux dents et à qui je souhaite la bienvenue d'ailleurs, SDE = Salle D'Eau) supplantait l'anniversaire à venir.

Ainsi, les allemands n'étaient pas si vils que ça en affaire. Cette happy end promise m'a jetée dans un torrent d'émotions et toute ma quête éperdue pour trouver le fournisseur le moins cher tout en restant en éveil sur le rapport qualité-prix m'est revenue en mémoire. En farfouillant dans mon dossier "Projet Salle de Bain", j'ai consulté chaque devis et revécu avec tendresse toutes ces joyeuses rencontres avec les artisans du coin.

Quand soudain, une idée m'est venue. Après tout, que pourrait le plus apprécié mon PDPA, pour son anniversaire, qu'une liste de bons artisans pratiquant des prix honnêtes ? Le pauvre venait quand même de se faire escroquer 245772 € pour l'installation d'une salle d'eau au Grand Palais, tellement empreinte de banalité qu'elle n'aurait certes pas l'ombre d'une chance d'être repérée par Côté Paris. Alors, j'ai appelé de suite l'Elysée pour connaître son adresse mail.

Là, on m'a dit : "Le Président est occupé. Il se regarde dans le miroir." et effectivement, en tendant l'oreille, j'entendis sa voix : "Miroir, mon beau miroir, qui est le plus beau en ce pays ?" Et la réponse fusa : "Commande donc un sondage pour le savoir ! Tu as claqué 3 millions d'euros l'année dernière. Vas-y, pour 2009, t'as encore du crédit !". Sentant le vent sur le coup de tourner, je remballai mes bonnes intentions et je raccrochai.

Je finis la semaine dans l'espoir d'un dénouement joyeux. Pas pour le PDPA. Pour moi. J'allais enfin pouvoir palper mon beau lavabo Duravit Wondergliss, tripoter mon pommeau de douche Hansgröhe et caresser mon robinet de baignoire Gröhe.

Vendredi matin, la sonnerie tant attendue :

"Allo, c'est les Transports Graveleau. J'ai une palette pour vous mais je ne peux pas rentrer dans votre rue avec mon onze tonnes."

"Oh non, c'est pas possible. Vous êtes où ? Bougez-pas, j'arrive !"

Rien n'y a fait. Le livreur avait peur du panneau, de la police, de l'amende, de ma rue, de son ombre. Au cul de son camion, j'ai entre-aperçu mon énorme commande bien filmée puis intraitable, il a fermé boutique et ma palette est repartie aussi vite qu'elle était venue.

Je suis rentrée chez moi en m'insérant la disquette de secours : "T'inquiète. Tomorrow is forcément another day."

C'était vrai. Dimanche matin, j'avais enfin trouvé une parade. Pour oublier  mon chantier maudit et m'assurer un avenir resplendissant, il suffisait soit de lire tout Levi-Strauss, soit de m'engager corps et âme dans une formation de convoyeur de fond.

Fallait juste choisir.

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 10:54 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [6] - Permalien [#]

02 novembre 2009

Qui suis-je ?

De cette semaine 44, je sors exténuée. Certes dans ma bataille acharnée avec les allemands, j'ai perdu 400 g et tous mes a priori sur la supposée droiture en affaire des teutons. Mais c'est surtout notre MIIINDS (Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Développement Solidaire, retenez-le impérativement, je ne pourrai pas le retaper deux fois), qui m'a poussée à une introspection épuisante dont je ne suis d'ailleurs pas prête de sortir.

C'est quoi, pour toi, être française ?

La question est apparue, abrupte et saugrenue. Je me suis figée et j'ai du coup occulté tous les autres feuilletons en cours : Villepin is back, Jacquot et tous ses amis, le H1N1 anéantira-t-il enfin toute la planète pour faire plaisir à Rosy.

Mon Préfet attendait ma conclusion. C'était du sérieux.

S'en est suivie une période de mal de tête phénoménal talonnée par un moment de lucidité tout droit issu de mes cours de vente de DUT Techniques de commercialisation. Il fallait d'entrée lui renvoyer un point d'interrogation, au MIIINDS, histoire de noyer le poisson et lui montrer accessoirement que je n'étais pas née de la dernière pluie :

Mais cette question a-t-elle un sens

et sacrebleu, pourquoi la poser maintenant ?

Que représentent ces deux mots : identité nationale ? J'ai perdu 30 ans en deux secondes, j'ai attrapé le Waterman de ma communion et une copie pour bachoter. Il s'agissait d'être à la hauteur de mon 13 sur 20 en philo de 1981.

Alors, voyons, la langue française... Oui, elle, j'adore la faire danser, la triturer, la décortiquer... Le drapeau... La première et la dernière fois que je l'ai secoué, j'étais sous l'emprise d'une Kilkenny, debout dans un pub de Londres à regarder un match de rugby dont je ne me souviens même plus de l'enjeu... Euh la Marseillaise... L'étendard sanglant, ces féroces soldats, un chant de guerre  que je n'ai pas  forcément envie d'entonner sous ma douche quand couverte de bulles de lavande, j'essaie vainement de me libérer de mes angoisses existentielles... Euh, Liberté-égalité-fraternité... Plus je vieillis et moins j'y crois...

Euh, quoi d'autre ? Tournez Manège, Sheila, PPDA, la Sécurité Sociale, Plus Belle la Vie, Johnny, le Louvre, Attention à la marche, la 2 Chevaux, les Châteaux de la Loire, Le Roi Soleil, le PSG, la Bastille, les guinguettes, Astérix, les Claudettes... Impossible, oui d'accord, dans les Guignols c'est tout, faut la sauver, plus tarte surtout, oui du temps de Gabrielle, carrément, ignoble, trop mignonne, classiques, despote mais belle maison, à la limite sans les supporters,  ils ont bien fait de la prendre, et les guirlandes, sympa mais gaulo-gaulois, toute une époque... Un peu de ci, pas trop de ça, c'était pas par-là que j'allais trouver mon identité française. Ca se compliquait.

Ah, ça y est, le béret...  Non, toujours pas ça... Euh, alors la baguette, le camembert, le saucisson, les tripes à la mode de Caen, le Cassoulet, l'Aligot, la mique, la blanquette de veau, le Munster, le pot-au-feu, les rillettes du Mans... Oui, là, côté marmite, j'étais bien française !

Et puis non, ça n'allait pas passé chez le Préfet. Pas assez sérieux, le coup de la tête de veau. Alors j'ai continué à gamberger... et j'ai enfin trouvé quelque chose qui tenait plus la route.

Les deux valeurs qui sont pour moi essentielles et qui pourraient éventuellement me pousser à revendiquer mon appartenance à la France : la démocratie et la laïcité. J'y crois dur comme fer.

A part ça, il m'arrive de me sentir bien plus proche de certains estrangers que de compatriotes mal embouchés et teigneux. La fierté est un sentiment que je ne comprends pas car il peut trop vite devenir synonyme d'orgueil, de supériorité et donc de mépris des autres. Nous avons à construire ensemble et pas les uns contre les autres.

Les uns contre les autres. C'est exactement ce que la France développe déjà actuellement en interne. Alors, non, en ce moment, je n'ai aucune raison d'éprouver de la fierté pour mon pays.

Je suis et je reste avant tout une habitante de la planète Terre. A chaque fois que je pose mon regard hors frontières, je mesure toute la veine que j'ai d'être née ici mais en tirer de la vanité équivaudrait à céder à la sottise. Les autres cultures, les différentes histoires représentent une richesse indéniable et quand on a l'opportunité d'y goûter et la volonté de s'en nourrir, c'est une chance qu'il faut saisir et ne jamais lâcher.

Le repli sur soi n'a jamais rien engendré de louable.

Enfin, tout ça, c'est des jolis discours. La vérite, c'est que je révise quand même la Marseillaise. Vous voyez pas que mon Préfet me dénonce et que le MIIINDS décide de m'expulser...

Allons z'enfants...

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 11:49 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [11] - Permalien [#]

26 octobre 2009

Week 47

Cette semaine 43 était pourtant bien partie quand jeudi soir, notre petit Calimero Généraldoptiqué et Swatché a renoncé héroïquement à la présidence de La Défense en direct du théâtre France 2.  Là, j'ai vu tous mes espoirs de pouvoir bénéficier du Sarkoshow-de-père-en-fils jusqu'à mon dernier souffle s'écrouler lamentablement. Le fiston rendait les armes et se retirait. Peut-être allait-il même reprendre son look de surfeur...

Quelle tristesse ! J'ai de suite téléphoné à ma copine Catherine pour en discuter. Férue de politique, elle m'a instantanément remonter le moral.

"Mais non, pauvre cruche, te mets pas la rate au court bouillon. C'est une manoeuvre pour mieux revenir sur le devant de la scène. Ils ont tous des tas de conseillers en com' qui leur bottent le train et leur dictent ce qu'ils doivent raconter au peuple. T'as pas remarqué que le p'tit blondinet, il parlait comme Papa ? Il est pas fini, le spectacle !"

"Oh, tu crois ? Ben alors là, tu m'en bouches un coin !"

Fallait reconnaître que ma copine Catherine, elle était vraiment pas née de la dernière pluie. Je pouvais lui faire confiance et me coucher sereinement en réfléchissant à la Swatch que j'allais commander au Père Noël. Un jour ou l'autre, c'était certain, Jean reviendrait et je pourrais compter sur la dynastie pour me distraire jusqu'à mes 102 printemps.

Malheureusement, ma bonne humeur a viré dès le lendemain quand j'ai reçu ce mail de mon fournisseur allemand me disant que mon lavabo, mon robinet et mon pommeau de douche arriveraient à leur entrepôt WEEK 47 ! Le couac.

Mon plombier était sensé installer la baignoire le 5 novembre et ces braves gens promettaient sur leur site une livraison en 30 jours maximum. En prenant le pari de commander sur le Net, l'homme se serait-il fourvoyer ? Me serais-je fait rouler dans la farine ?

J'ai pris mon crayon de bois comme ils disent en Loire-Atlantique et j'ai pointé les jours sur mon petit calendrier. 50 jours de délai au moins... ça sentait très mauvais.

L'homme à mes côtés pour le soutien moral, j'ai ouvert Outlook et j'ai crié ma déception et mon mécontentement à Mönchengladbach. Bien sûr ils m'ont répondu qu'ils déclinaient toute responsabilité. Alors j'ai tenté de renégocier et là-dessus, mon interlocuteur est parti en week-end.

Conclusion : Le projet de la SDB pourrait donc bien traîner lamentablement jusqu'à janvier. J'hésite entre cotoyer mon horrible cabine pendant encore 10 semaines sans moufter ou refuser purement et simplement de me laver jusqu'à temps que la Jacob Delafon soit vissée au sol.

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 12:05 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [2] - Permalien [#]

19 octobre 2009

Ensemble tout devient possible

Cette 42ème semaine m'a déclenché une crise de rire dont seule une cure de Sédatif PC pourrait me faire sortir.

Voir le Dauphin ainsi métamorphosé et propulsé à la tête de La Défense malgré ses deux redoublements tout en écoutant attentivement le Papa proclamer : "C'est de l'école que sortiront les élites, pas de la naissance.", ça m'a rassuré sur l'avenir de notre république. Sans aucun doute, nous sommes et resterons une démocratie moderne et exemplaire au regard du monde.

Comment Vincent Lindon peut-il avoir à ce point honte des gens qui nous gouvernent ? Fichtre, je ne comprends pas. Peut-être a-t-il raté la prestation de Luc Chatel qui criait au délit de faciès ou celle du PDPA qui déboulait prendre l'apéro à Gandrange, histoire de détendre l'atmosphère. Il devrait plutôt les encenser pour leur brio et leur talent comique. Vraiment, quel ingrat !

Cependant,  comme d'habitude, les délires du microcosme n'ont pas retenti sur mon petit monde car figurez-vous que j'ai enfin trouvé ma voie. Une sorte de révélation. Je veux travailler à la télé...

Et pour mettre toutes les chances de mon côté, j'ai décidé de faire la nouvelle école Bataille et Fontaine. Franchement, quoi de mieux pour parvenir au plus haut niveau ?

Je ne touche plus le sol !

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 18:45 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [4] - Permalien [#]

12 octobre 2009

Nicolas Culot

En cette fin de semaine 41, j'ai nagé dans la terreur.

Pourquoi ?

Eh bien parce que dans la douce nuit qui m'a menée du jeudi 8 au vendredi 9, j'ai fait un cauchemar diabolique. J'étais debout, trempée de sueur, dans une espèce de tribunal planté en pleine nature bien verte et très sauvage. Le ciel était sombre et grondait méchamment. En face de moi, un monstre à trois têtes portant un tee-shirt Ushuaïa vociférait :

- Petite créature satanique, comment oses-tu vouloir posséder un sèche-linge quand la Terre meurt à petit feu sous tes yeux ?

- Pitié, pour compenser, j'ai renié l'employeur de Juliette Binoche et je me suis Couleur Caramelisée à vie...*

- Comment as-tu eu l'audace de t'acheter une voiture alors que tu as un vélo au fond du jardin, sale feignasse ? La Planète s'étouffe et tu n'as même pas le courage de pédaler 30 km chaque jour pour aller au Pôle Emploi ?

- Pitié, en échange, j'ai brûlé le nounours Cajoline de ma jeunesse et depuis, je fais pénitence avec mes culottes douceur crin...*

- Comment te permets-tu de partir en week-end et de polluer la Bretagne avec tes gaz d'échappement quand tu pourrais rester dans ton potager à planter des légumes pour nourrir ta famille tout l'hiver ?

- Pitié, ça n'arrive que 4 fois par an. Pour me racheter, j'ai divorcé de Monsieur Propre et je récure désormais mon évier au bicarbonate de soude et à l'huile de coude. Mon seul extra, c'est une rondelle de citron...*

- Aucune pitié, je n'aurai aucune pitié ! Qu'on la jette dans l'arène et que le dernier ours blanc de la Planète venge les siens en la dévorant jusqu'au dernier os !

Heureusement, mon réveil-chant-d'oiseau-enrhumé-Nature-et-Découvertes est venu me sauver d'un sort que je ne pense pas mériter.

Mais cette nuit agitée m'a poussé à cogiter et je me suis demandée comment m'auto-infliger un bon lavage de cerveau afin d'oublier définitivement :

- que j'ai quand même vécu dix ans des trente glorieuses et qu'à l'époque, pour être dans le coup, fallait consommer de la cuisinière, du robot ménager, de la télé noir et blanc et rouler en 404,

- que mon père était un valeureux banquier, qu'il rêvait à ce point d'une Jaguar qu'on se payait tous les salons de l'auto et qu'il rêvait à ce point d'un bateau qu'on se payait tous les salons nautiques,

- que j'ai passé mes eighties chez Rank Xerox à La Défense, le temple de l'argent facile où les commerciaux grands comptes ne roulaient qu'en 205 ou Golf, mais toutes deux GTI, la seule vraie valeur qui avait cours dans les couloirs,

- que pour m'échapper de tout ça,  mon unique but a toujours été de sauter dans un avion pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs...

En résumé, comment les quadra formatés de la même manière que moi peuvent accepter aujourd'hui de virer à la décroissance profonde ?

Eh bien, même si mon accablant chômage y contribue sans que je ne l'ai réellement souhaité, pour le reste, je préfère continuer mon parcours terrestre sans plus me ronger les sangs.

Quoi ?

Vous ne voudriez quand même pas que je jette au feu ma misérable armoire pour passer à la chemise de chanvre, que j'échange mes 85 m2 de propriété en pierre contre une cabane en bois (de la folie, j'ai lu les trois petits cochons, moi !) ou que l'homme parie sur un set cheval-de-trait-charrette pour parcourir les 80 km quotidiens qui le séparent de son gagne-pain-noir,

tout ça parce que Nicolas Culot nous bourre de culpabilité après avoir sauté d'avions en ULM pour se tricoter une vie rêvée ?

Dites-moi. Il n'aurait pas bon dos, le brave français moyen ?

Bonne semaine à tous !

PS : L'affaire qui a fait la une cette semaine est tellement glauque que je préfère m'abstenir d'en remettre une couche. Ca tombe bien car Guillon l'a largement commentée ce matin. Si le coeur vous en dit, c'est ICI !

EDIT de mardi : * JE LE FAIS VRAIMENT !

Posté par Cocotine à 10:45 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 octobre 2009

Cocotine's baby

Certaines semaines sont plus légères que d'autres. La 40ème de 2009 aurait pu en être si les hautes instances de l'adoption en Chine ne m'étaient pas tomber sur le poil ce jeudi 1er octobre.

De quoi faire fi de la révolution annoncée par notre PDPA concernant les bonus des traders, de Luc Chatel qui curieusement, veut rincer les élèves pour qu'ils assistent aux cours et même des soucis terribles de ce pauvre Roman qui est certes un violeur, mais heureusement l'ami d'artistes ou de ministres de la république et le client d'avocats compétents. Imaginez juste qu'il soit un bipède lambda ou pire, un auvergnat d'Amérique.

Comme moi quoi. Dans mon tout petit monde de française moyenne, pas d'hommes de loi, pas de copains haut placés et encore moins de membres du gouvernement.

Rien que des caisses de contrariétés à soutenir de mes petits bras même pas musclés.

Un agrément auprès de l'Aide Sociale à l'Enfance a une durée de validité de cinq ans. C'est la clé d'une procédure. On l'obtient péniblement après moult entretiens avec assistantes sociales et psy et l'exercice dure un an, parfois plus. Si nous envoyons le document réclamé par la Chine, notre dossier, s'il est finalement accepté,  pourrait mener à un apparentement dans 14 à 18 mois minimum. Notre agrément de l'ASE serait alors périmé puisqu'il a déjà quatre ans d'existence. Ce qui bloquerait le dossier. J'ai appris ce matin qu'en pareil cas, il faut demander un renouvellement, ce qui équivaut à repartir de zéro avec à nouveau des rencontres avec assistantes sociales et psy étalées sur des mois. L'administration française dans toute sa splendeur.

Ca m'a lessivée. Alors aujourd'hui, les histoires de Roman et des autres, je m'en tape un peu le coquillard.

Bonne semaine à tous !

EDIT de mardi matin :

Sous le coup de l'émotion, mes neurones se sont bigrement emmêlés et j'ai zappé une année dans le décompte. En fait notre agrément n'a que trois ans d'âge et pas quatre. Un point bouclé à moins que notre dossier ne traîne encore deux ans en Chine, ce qui est fort possible.

Posté par Cocotine à 18:23 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [3] - Permalien [#]

28 septembre 2009

Courage, fuyons !

Encore trop d'images accablantes et de mots désolants en cette 39ème  semaine de l'an 2009. Sept jours de coeur au bord des lèvres.

D'un PDPA qui s'attribue malencontreusement tous les pouvoirs d'un juge devant deux journalistes vedettes en somnolence aigüe à 500 hommes sommés d'en détruire 300 autres avec délicatesse en passant par un ancien président qui s'abîme dans un romanesque bas de gamme, mon esprit plombé a vagabondé.

Mais Jean-Philippe, dis-moi la vérité. Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir ou quoi ?

Pour tout vous dire, je n'ai pas attendu sa réponse pour tailler la route et m'exiler vers des terres lointaines. Affligée par ce marasme, j'ai fui lâchement mon petit quotidien de coachée-en-apnée pour vivre trois jours à l'écart de toute attaque médiatique. Ce n'est pas pour autant que mon âme a végété en paix, mais ça, c'est une autre histoire...

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 17:23 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 septembre 2009

La Marianne qui tue

En cette semaine 38, inspirée par La môme poison, j'ai décidé de faire un break...

et de vivre comme une taï-taï.

Oublier la joyeuse troupe des Demorand-Toussaint-Adès-Dambert-Chabot-Joly-Chenu et m'enrober d'une insouciance écœurante. Me persuader que Pôle Emploi s'écrit Paul Employ, se prononce à la Jane Birkin et que c'est un joueur de polo argentin. Ignorer les Réseau-pro-Casto-Leroy et faire les yeux doux plus un chèque indécent à mon archi pour qu'il gère tous ces détails tellement ennuyeux de tuyauterie à ma place (peut-être même passer dans Question Maison ensuite...). Me concentrer sur un emploi du temps 100% frivolité et foncer sur Paris dans ma BM- décapotable-créatrice-de-joie, un foulard à la Grace Kelly au vent et ma boite à gants blindée de Tamiflu. En profiter pour m'offrir une parenthèse spa-zenitude-totale-huiles-essentielles-oui-mais-bio-c'est-divin-pour-ma-peau car la vie de FITI (Femme Inactive et Totalement Improductive) est parfois harassante. Laisser filer les journées tranquillement dans un épanouissement sans limite et vivre enfin une semaine épatante.

Seulement, voilà. Vendredi matin, il a fallu qu'un petit postier sans vergogne et sûrement syndiqué vienne tout gâcher.

Dans ma boite, une Marianne.

En un clin d'oeil, plus de FITI mais une FAF irritée et échevelée qui bondit sur sa Casio pour déterminer précisément le pourcentage d'augmentation de la taxe du bled et qui manque de s'étouffer en découvrant le résultat : 10,18 %. L'écume aux lèvres, il fallait poster dans la seconde ce mail-qui-soulage à l'homme : "Tu diras de ma part à ton boss qu'en échange de ton dévouement absolu et de ton talent extravagant, il t'offre plus de 30 € d'augmentation tous les 2 ans, histoire de payer le foncier."

L'instant d'après, je me suis demandée si j'allais sacrifier à cette "mode du suicide"*. Je voyais d'ici mon épitaphe : "Acculée, elle préféra se noyer dans le hype." Et puis comptant sur la grippe A pour me rayer de la carte sans violence, j'ai lâchement renoncé. A la place j'ai boudé 5 heures. Le désavantage, c'est que mon action est restée très isolée et qu'aucun média n'a daigné la relayer.

Le soir, discrètement, l'homme s'est éclipsé pour cocher trois cases et mettre ainsi son destin dans les mains de la Française des Jeux. 100 millions destinés à compenser notre perte sèche de pouvoir d'achat, ça méritait bien de broder verre contre verre avant de sombrer dans des rêves de sable blond et de mer émeraude. Une vraie bonne soirée de gueux.

Mais samedi matin, l'homme, la mine déconfite et noire de poils, est apparu dans l'escalier et a déclaré : "Bon, ben, les 100 millions, c'est pas pour moi." Là, l'emploi du pronom personnel m'a jeté un doute quant au partage qu'il avait l'intention de faire de cette coquette somme. Puis submergé par une vague d'optimisme, il a repris : "Faut que je vois avec mon buraliste. J'ai peut-être gagné des centimes."

Inutile de vous préciser que ma semaine s'est achevée sur une défaite cuisante.

Dans ma prochaine vie, je le jure, JE SERAI FITI.

Bonne semaine à tous !

*Attention. Pour ceux qui ne me connaissent pas bien ou ceux qui vivent sur Saturne, ce paragraphe est à prendre au xième degré, cette association consternante de mots n'étant pas de mon cru. Je laisse l'entière responsabilité de cette formule à M. Lombard, PDG de France Télécom.

Posté par Cocotine à 09:43 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [6] - Permalien [#]

14 septembre 2009

Hold-up arnaque et méditation

Cette semaine 37 m'a foutu une de ces trouilles. Faut dire que je suis mal conçue. Vouloir à tout prix déceler un semblant de vérité dans toutes les informations qui nous sont larguées, tout en aspirant à une certaine  justice, ça relève de l'utopie la plus profonde, voire d'une sottise effrayante.

Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Tout flotte en camaïeu de gris. Trancher peut donc s'avérer dangereux mais y'a pas à tortiller, à un moment ou un autre, faut bien choisir son camp.

Cette fille très sure d'elle et très floutée qui, sur une plage privée du sud, au milieu de gens insouciants et gais qui n'ont d'autres priorités que de s'arroser de Champagne à 900 € la bouteille, rétorque au journaliste qui lui tend la perche : "Et la crise ?", "La crise, c'est pour les pauvres.". Gris clair ou gris foncé ?

Brice de Neuilly qui, de manière extrêmement cocasse,  s'en prend d'un coup aux auvergnats qui sont pourtant des gens bien blancs comme il faut. Gris clair ou gris foncé ?

Un livre scud envoyé comme par hasard sur un PS qui, dans une illusion d'unité, essaie péniblement de renaître de ses cendres. Gris clair ou gris foncé ?

Ces salariés qui décident de partir définitivement alors qu'ils travaillaient dans une société dont le métier est de relier les hommes. Gris clair ou gris foncé ?

Le porte-parole du gouvernement et son acolyte du Figaro qui bien installés dans leurs privilèges respectifs font preuve d'un dédain sans borne sur le plateau de Mots Croisés, face à un type dont les tripes sont tellement emmêlées et le destin si incertain qu'il sort de ses gonds toutes les 5 secondes. Gris clair ou gris foncé ?

Et c'est là que comme d'habitude, je vous plante en vous laissant trouver les réponses tout seuls.

Moi, ce qui me rassure, c'est que notre PDPA a déclaré, dans une plaidoirie dont lui seul a le secret : "LE MONDE NE SERA PLUS JAMAIS COMME AVANT."

En conclusion, je pourrais être tentée de me lancer dans un couplet à la Grand Corps Malade mais tout bien réfléchi, je préfère rester légère et frivole et je lève mon verre de Champ' saturé de paillettes d'or à cette audacieuse promesse.

Après tout, ça ne changera pas mon tout petit univers. En revanche, mon plombier, mon menuisier et mon zingueur, eux, sont convoqués en novembre pour améliorer mon quotidien. Ca y est, c'est officiel. MA SDE TANT DETESTEE VIT SES DERNIERES HEURES !

Bonne semaine à tous !

Posté par Cocotine à 07:50 - Le baratin du lundi matin - Commentaires [5] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »