22 juin 2014

Le baratin du dimanche 22 juin 2014

La fille qui prétendait hier qu'elle arrivait très bien à se sevrer de toute virtualité

is back.

En même temps, ça n'aura aucune conséquence néfaste sur l'harmonie de ma cellule familiale. Léon est parti à la déchetterie avec sa bassine de gravas et Miss Cocotine est enfermée dans les toilettes avec un Picsou géant.

Mon feuilleton à deux balles peut reprendre,

je ne manque à personne.

21  jours que j’ai les reins bloqués dans le ciment et que mon nerf sciatique, bloqué Zeus-sait-où, me fait geindre comme une mourante.

Ca fait trimer ma panoplie de thérapeutes.

Mais ce n'est pas pour autant que je peux coller ma Thuasne au feu. Du quand-est-ce-que-ça-va-se-détendre-tout-ça-? de mon acupuncteur au retournez-voir-le-rhumato-faut-faire-des-infiltrations-et-éviter-le-burnt-out de mon médecin, j'ai l'impression d'être complètement lost.

De là à s’organiser des virées sur Internet, il n’y a qu’un pas. C'est ainsi que, mercredi dernier, à 13h12, j’ai atterri chez Ameli où, sans surprise, j'ai pu lire :

Les facteurs psychosociaux et les facteurs psychologiques
Les contraintes psychosociales (monotonie des tâches, insatisfaction professionnelle, peu de reconnaissance reçue en échange des efforts fournis...) sont susceptibles de favoriser les lombalgies et en particulier leur passage à la chronicité...

Quand je vous disais que la FPT me tuait à petit feu.

Et du Christophe André, même en intraveineuse, n'y pourrait rien.

J’en ai plein le dos.

Au bout d'un an et demi d'efforts incommensurables pour rentrer dans le moule du fonctionnaire parfait, je suis rongée jusqu'à l'os.

Au point d'en être arrivée à cette piètre conclusion : mon état de zèbre n'est pas compatible avec les systèmes imposés dans la fonction publique qui sont encore bien plus lourds que dans le secteur privé.

Du coup, pour me sentir moins seule, je suis retournée pagayer sur Zebra-Crossing au rayon Emploi, parcours professionnel.

J'ai bien fait, mes bizarreries m'ont semblé, tout-à-coup, fichtrement normales.

C'est déjà ça.

Je n’arrive pas à composer avec la-fausse-blonde-qui-parle-haut-et-fort-et-que-Gentil-Boss-aveuglé-semble-croire-compétente, ses valeurs du style moi-personnellement-je étant fondamentalement opposées aux miennes. J’ai un besoin viscéral de respecter mon supérieur hiérarchique mais quand il se perd dans des propos racistes, je me liquéfie derrière mon écran.  Je m’applique dans mon travail comme une première communiante s’évertue à avaler l’hostie, mais comme la direction a toujours raison, mes remarques et autres réflexions même-pas-puissantes sur comment-rationnaliser-mon-travail ne sont absolument pas prises en compte. J'ai plongé quand Gentil-Boss, à qui j'avais réclamé de me nourrir parce que je m'ennuyais, m'a donné tous les modèles des lettres de la collectivité à reformater en croyant me faire plaisir. J'ai vite compris, qu'à moins de courtiser, lécher, intriguer, personne n'aurait cure de mes talents cachés et que je crèverai à petit feu dans ma catégorie pourrie. Je ne peux pas supporter les concours et autres méthodes de recrutement douteuses qui me paraissent inefficaces et lourdes.

Inévitablement, cette liste-à-deux-balles se termine par je-suis-nulle comme-un-baba-au-rhum-sans-rhum.

Alors je m'enfile un demi alprazolam tous les soirs.

Ca empêche temporairement mes neurones mabouls de plancher sur la question qui les hante 17 heures par jour : mais-fuck-qu'est-ce-que-je-peux-faire-pour-m'en-sortir.

Influencée par quelques articles prétextant que les DRH de France et de Navarre devraient prendre en compte les particularités des HQI pour mieux les rendre heureux,

j'ai rêvé d'un coming out.

Je me suis vue débouler chez Big-Boss et le mettre en demeure d'un  j'ai-146-de-quotient-intellectuel-faites-quelque-chose-avant-que je-ne-me-jette-dans-le-broyeur. Ce qui aurait l'avantage, pour moi, de flinguer net ma sciatique, mais le désavantage, pour lui, de voir la une de Ouest France briser l'image idyllique qu'il s'acharne à donner de sa collectivité. 

Allez savoir si ça ne pourrait pas même remonter aux oreilles de Laurent Delahousse, là-haut, à la capitale. 34 secondes de passage au 20 heures et la France entière commenterait cette fin barbare et injuste.

Enfin, je m'égare, là.

Le souci, c'est que les ressources humaines ne le sont que dans mon monde idéal. Là où je trépasse 39h par semaine, c'est Big Boss qui en est responsable et sa conception de l'humain se résume à organiser une-soirée-laser-game ou un barbecue-chamboule-tout par an.

Autant dire que mon envie de tout déballer est vite retournée là où elle était née.

Mieux valait somatiser.

Je ne peux plus ni marcher, ni conduire, ni m'asseoir.

La nature est quand même bien faite.

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21 juin 2014

Moins d'écran, plus de vie

Regarder Le monde en face, c'est courageux.

Surtout quand on est frappée d'une sciatique-qui-rend-tout-blanc.

Mais comme je ne suis soulagée qu'allongée sur le côté gauche avec un coussin entre les genoux, tripoter la télécommande, c'est une tentation facile.

Et de replay en replay, je suis tombée sur :

Ecran global

et j'ai enchaîné avec :

Internet, la pollution cachée

De quoi gamberger.

Mue par un violent besoin de sauver la planète, j'ai claudiqué du canapé jusqu'au bureau - Zeus sait ce que ça me coûte - et

j'ai vidé ma boite mail.

Et du même coup, mon réservoir à culpabilité.

Ce n'est pas tout.

Car depuis que j'ai appris que le gratin du high-tech mondial n'avait d'yeux que pour les écoles Steiner ou Montessori, je me félicite de planquer la tablette de Miss Cocotine à chaque fois qu'elle me court sur le haricot.

Car pendant que la vilaine-chose-qui-tue-tout-dialogue-dans-l'oeuf se couvre de toiles d'araignée, la pré-ado-mais-pas-tout-à-fait, elle, passe son temps à coller des petits bouts de papiers colorés.

Autrement dit, je ne suis pas une mauvaise mère.

En fait, depuis ce jour d'août 2012, où, attablée tranquillement dans notre fabuleuse taverne de Vamos en Crète, j'ai remarqué cette famille silencieuse - le père était rivé sur son ordinateur, la mère magnétisée par son portable et les enfants happés par une tablette - je me pose des questions sur le devenir de l'humanité.

Quel monde débile, non ?

Vous avez trois jours pour regarder les deux reportages et prendre conscience de l'absurdité de nos choix, des conséquences de notre dépendance, et lâcher un peu vos écrans.

Car chacun d'entre nous, à son petit niveau, peut agir.

Alors, je vous souhaite un superbe week-end de vraie vie.

Moi, je vais regarder le ciel bleu du double-four,

histoire de ne pas plomber mon data center.

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31 mai 2014

Le baratin du samedi 31 mai 2014

Après cet hiver douteux, tous les thérapeutes que j'ai consultés se sont rejoints sur un point :

je dois me faire plaisir.

Et même mon généraliste s'y est mis vendredi en me conseillant de regarder cette vidéo de Teresa Robles, une anthropologue et psychologue mexicaine.

Ils veulent tous mon bien, c'est formidable.

Du coup, je me suis laissée aller à dresser la liste de mes envies et devinez ce que j'ai griffonné en number one ?

Me carapater de la FPT.

Ca m'a libérée.

Jusqu'à ce que je repense au glacial Mais-vous-ne-pouvez-pas-vous-dire-que-c'est-un-job-alimentaire ? que m'a récemment balancé la psychothérapeute de couple que Léon a trouvé Zeus-sait-où.

C'est vrai, ça, je n'y avais jamais pensé.

Forte de ce conseil ambitieux et coûteux, j'ai repris ma vie de bureau dès le lendemain matin en me disant : Aujourd'hui, pas question de me laisser bouffer par Pierre-Paul-Jacques, je regarde le verre à moitié plein.

J'ai donc ignoré la blonde-dont-l'idole-absolue-est-Mylène-Farmer, la brune-qui-cultive-les-c'est-qui-qui et le chauve-qui-étale-son-savoir-en-disant-qu'il-a-lu-les-Rougeon-Macquart (faut le prononcer pour saisir la subtilité de la chose et ne surtout pas oublier le e) et me suis concentrée sur mes collègues les plus fréquentables.

Ca a marché.

A 10h43, j'avais saisi 14 factures, scanné 5 contrats et copié 23 documents dans la plus grande félicité.

Au fond, ce n'était pas si compliquée d'être heureuse.

Il fallait juste le vouloir.

Bercée par cette salve de pensées positives, j'en aurais presque occulté le babillement de mes accolytes. Mais mes oreilles se sont soudain mises  à flamber.

Richard, chef de groupe : T'as vu ce qu'elle écrit ? Elle exagère, on n'y comprend rien.

Régine, subordonnée dudit chef : N'importe quoi !

Richard, content de lui : Mais c'est du petit nègre !

Et encore plus content de lui : Tient, faudrait demander à Daouda ce qu'il en pense ! (Daouda étant l'un de nos interlocuteurs, apparemment sénagalais, et donc étrangement noir aux yeux de Richard)

Là, ma narine gauche s'est bloquée,

mon oeil droit s'est injecté de sang

et je me suis mise à bugger

comme un Hubot déglingué.

Des mois déjà que la Régine s'amusait à prendre un accent à la Leeb à chaque fois qu'elle appelait le fameux Daouda. Et même que ça la faisait bien rire et qu'elle en rajoutait en assurant qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher.

C'en était trop.

Depuis, j'erre en tournicotant des je-veux-plus-y-foutre-les-pieds dans mon cerveau fracassé.

Si seulement je pouvais me plugger pour être reprogrammée en mode si-tu-le-veux-vraiment-tu-peux-être-happy.

Parce que, là, je n'y arrive plus.

Va encore falloir que je me bourre de Christophe André et de Guy Corneau.

Enfin, en attendant, il fait beau depuis trois jours dans le double-four - mauvaise langue que je suis.

Vous savez quoi ?

Armée de quelques kilos de feta, je me suis remise aux fourneaux pour une nouvelle saison de :

La Crète à domicile.

Une thérapie comme une autre.

Peut-être la meilleure.

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27 avril 2014

Le baratin du dimanche 27 avril 2014

Depuis que j'ai vu Gravity, j'ai renoncé à l'idée d'aller sur Mars.

Le souci, c'est que l'abandon de ce projet d'évasion m'a plongée dans un puits sans fond.

Normal, sur Terre, je n'ai rien trouvé de croustillant à me mettre sous la dent.

A part les préoccupations existentielles de ma collectivité, bien évidemment.

Et là, tonnerre de Zeus, on peut dire que je traverse

une période faste.

Je n'avais jamais mesuré à quel point ce qui se trame dans les couloirs de la FPT juste après les élections peut être envoûtant.

Depuis que celui qui devait être réélu les doigts dans les nez ne l'a pas été - ô malédiction - BB (Big Boss) est blanc comme un linge et à mon humble avis, GB (Gentil Boss), lui, n'est pas loin de penser, certains jours d'agacement, que si tout le monde sautait, son quotidien s'en verrait peut-être miraculeusement transformé.

Autrement dit, pendant que ça spécule outrageusement dans les hautes sphères, la base, elle, continue à bosser bravement.

Dans ce marasme, je poursuis

mon chemin initiatique.

Pour repasser le concours en 2015, j'ai gentiment demandé la permission d'assister à la préparation organisée par le CNFPT. Lequel m'a récemment convoquée pour un test d'orientation censé mesurer mon aptitude à analyser, synthétiser et rédiger.

Le but étant, en cas de besoin, de participer à une remise à niveau avant l'entrée en formation.

C'est compliqué, mais c'est la spécialité des fonctionnaires, d'éradiquer toute simplicité.

Du coup, j'ai propulsé mon Bac+2 et mes décennies d'expérience aux oubliettes et je suis partie plancher trois heures dans un amphi sympathique, entourée de 230 personnes (les 230 autres étant conviées pour le même exercice l'après-midi).

A peine arrivée, j'avais déjà envie de repartir.

Il faut dire qu'au lieu de profiter pleinement de ces festivités scolaires, je me suis lancée dans de multiples interrogations du genre

mais-qu'est-ce-que-je-fiche-ici.

Passer un concours dans la territoriale, à quoi ça sert ? Ca donne accès à une catégorie, pas à un poste et encore moins à un métier. Ca ne donne pas d'emploi, et au bout de trois ans, on peut le perdre et entrer majestueusement dans la bande des reçus-collés.

De quoi virer à l'aquabonisme le plus aigü.

Ou à la révolte.

Un système lourdingue et soi-disant égalitaire qui permet mille dérogations et discriminations à l'embauche et qui met des bâtons dans les roues de ceux qui veulent évoluer, qui y croit encore ? Combien d'argent public gaspillé dans ces organisations de concours - sans parler des fois où, suite à une erreur interne, les candidats sont obligés de repasser les épreuves ? Une bonne refonte de leurs méthodes de recrutement archaïques, voilà ce dont ils auraient besoin, dans la Fonction Publique Territoriale (voir la Méthode d'autoévaluation proposée par Le Défenseur des Droits).

Mais vous me connaissez. Je me suis reprise.

Je suis restée dans les rangs et, tel un bon petit soldat, j'ai noirci mes copies.

Et puis je me suis sauvée en jurant : "Inch'Allah, si j'ai moins de 10, je laisse tout tomber."

Au risque de clamser devant la Canon à 72 ans, au 11ème échelon de ma grille miséreuse.

Après des années à supporter les regards lubriques vissés sur les fesses moulées de la blonde, les discours pitoyables de BB qui commencent d'un bon-j'ai-mon-organe-qui-n'est-pas-au-mieux-et-tout-le-monde-aura-compris-qu'il-s'agit-de-ma-voix et cette stupide machine à affranchir qui tuerait net le sourire du Dalaï Lama.

Pas glam'.

Heureusement,

je lis Happinez.

Et page 99, dans un article intutilé "Toi et moi", j'ai vu cette invitation :

"Tous les jours, nous sommes entourés de proches, de collègues, d'inconnus. Entrons-nous réellement en contact avec eux ? Essayons de donner le meilleur de nous-mêmes."

Vous pensez si ça m'a interpellée.

Donner le meilleur de moi même, c'est mon obsession.

Surtout avec mes collègues.

Et le magazine de me proposer ce rituel :

"Placez-vous debout l'un en face de l'autre, les deux pieds à plat sur le sol. Regardez-vous. Placez votre main gauche sur votre coeur et demandez à votre partenaire de placer sa main droite sur votre main gauche, de telle sorte que vos deux mains soient posées l'une sur l'autre, sur votre coeur."

Et caetera.

Foi de Cocotine, demain matin,

je mets l'exercice en application

avec le premier que je croise au bureau.

Le double-four est noyé sous les eaux, mais c'est drôle, une lueur d'espoir vient soudain d'illuminer mon ciel.

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30 mars 2014

Le baratin du dimanche 30 mars 2014

Tout bien réfléchi, mon hiver 2014  aura ressemblé au ciel normand de mi-mars.

Plombé par le brouillard.

En novembre, les nouvelles et parfois cruelles inventions de mon GB (Gentil Boss) avaient grignoté toute l'énergie soigneusement emmagasinée cet été sous le soleil chypriote et mon anniversaire avait déclenché une sorte de mutinerie chez mes neurones douteux. Le chaos de ce monde, le viellissement, la mort et le couple Hollande-Ayrault, je passais mes journées à répéter je-suis-fatiguée, en m'autorisant la variante je-suis-épuisée les jours de grand luxe.

Conséquence logique, je suis entrée en pleine

crise de maintenant-je-fais-ce-que-je-veux.

Après des années passées à faire plaisir à tout le monde, je suis devenue indomptable et prête à tout plaquer pour suivre Julia Roberts dans "Mange, prie, aime" (je sais, ce n'est pas le meilleur film de la décennie mais les jours de au-point-où-j'en-suis, je me laisse porter par le premier DVD qui passe, Zeus me pardonne).

Léon-le-garçon a eu les jetons et m'a traînée en thérapie de couple. Dans un élan d'émancipation, Miss Cocotine a commencé à se laver et se sécher les cheveux toute seule.

Poussée par les faut-vous-occuper-de-vous-maintenant fusant de droite et de gauche - ne cherchez aucun rapport avec les élections, je suis devenue apolitique -, j'ai fini par me trouver pas mal de moisi dans le nombril.

J'ai repris le qi gong.

Une amie qui me veut du bien m'a conseillé de lire Christophe André et dans un souffle de lucidité, j'ai choisi :

L'estime de soi.

De recherches en rencontres, ma soupape est passée de 8 tours/seconde à 4.

Même si je regrette amèrement que la péroxydée aux ongles peinturlurés ne soit pas dans la même dynamique, j'essaie de prendre du recul par rapport à la lenteur infernale et la politique du comment-faire-simple-quand-on-peut-faire-compliqué de ma collectivité.

Mais on peut dire que ça me coûte.

A tel point qu'hier, j'ai recommencé à consulter les offres de Pôle Emploi.

C'est dire.

Heureusement, je ne suis pas la seule à être frustrée par les méthodes imposées et il m'arrive parfois d'aller me planquer dans le local courier ou les toilettes du premier pour hurler de rire avec ma collègue Sylvie.

Ca fait du bien.

D'ailleurs, cette semaine, j'ai eu la joie indicible d'assister à la deuxième journée de formation de rédaction de courrier que la direction n'avait pas pu - ou pas voulu - annuler en février.

Et c'est cela qui a déclenché mon envie de revenir sur ce blog décati.

Au bout de quatre minutes d'intervention, l'auditoire avait analysé la situation : le formateur, loin d'avoir pris en compte les remarques formulées dans l'enquête de satisfaction proposée, allait nous faire revivre

le même calvaire.

Après avoir longuement débattu de la nécessité de mettre ou pas une virgule à tel endroit, de l'obligation d'abréger Monsieur par M. et non par Mr et du côté chaleureux de "bien entendu" dans une formule de politesse, on était tous lessivés et GB avait de la moutarde plein le nez.

Ma voisine de gauche avait dessiné un énorme HELP sur une feuille qu'elle brandissait en douce en rougissant, mon voisin de droite avait mis tous ses rêves sur papier, une voiture, une moto, un chameau, un éléphant, et la fausse blonde qui-n'a-pas-besoin-de-formation-mais-qui-fait-deux-fautes-par-phrase tirait la tronche en vérifiant son extravagante manucure.

Spectacle surréaliste qui aura au moins eu la vertu de me plonger dans une hilarité quasi démentielle.

Même pas la peine, à la pause, de lancer des paris du genre GB-va-t-il-tenir-le-coup-?.

A 11h58, notre gourou de la rédaction a tenté un courageux  "Vous avez d'autres lettres à corriger pour cette après-midi ?" et s'est pris un "non" péremptoire mais somme toute rafraîchissant dans la mâchoire.

Penaud, il a enfin rendu les armes : "Ben, je ne vois pas ce que je peux vous apporter de plus alors."

Tout le monde est sorti libéré d'un poids, et je me suis dit que pour supporter autant d'inéficacité, c'était

l'intégralité du rayon développement-personnel

de la Fnac qu'il me faudrait avaler.

La barre était décidément trop haut.

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06 février 2014

Le baratin du jeudi 6 février 2014

Ce matin, quand j'ai émergé à 6h43, après le quatrième chant d'oiseau frelaté, je ne me doutais pas que j'aurais une journée aussi trépidante.

Evidemment, je savais depuis des mois que GB (Gentil Boss) avait décidé, dans un élan de générosité, d'inscrire une dizaine de personnes à une formation de

rédaction de courriers

de deux jours, et qu'il m'avait arbitrairement incluse dans le lot, tout en me rassurant d'un je-sais-que-vous-n'en-avez-pas-besoin qui m'avait laissée perplexe.

Dans son esprit règne la politique du c'est-tout-le-monde-ou-personne.

Soit.

Il suffisait de filer un gnon à mon amour-propre et d'oublier les millions de lettres commerciales concoctées pour mes différents patrons bien ou mal-aimés depuis le 1er octobre 1981, date historique de mon entrée fracassante sur le marché du travail français.

Après tout, si par chance, l'animateur avait du peps, je pourrais peut-être survivre à l'épreuve.

C'est donc pleine d'espoir qu'à 8h29 ce matin, j'ai attrapé un bloc, un stylo et ma 1/2 Cristaline pour rejoindre mes collègues et faire connaissance avec notre nouveau gourou.

La chute a été rude.

A 8h57, ma voisine de droite m'encourageait d'un il-est-un-peu-mou-du-genou-non-? et mon voisin de gauche gribouillait frénétiquement son Conquérant.

Face à moi, le formateur qui n'avait manifestement rien préparer, pédalait dans la vase.

Au bout de 2 heures, on en était encore à définir nos supposés besoins et plus l'affaire pataugeait, plus je voyais GB qui fulminait.

Armé de photocopies que la dévolue aux ressources inhumaines lui avait fournies, l'animateur a infligé au groupe la correction des courriers bourrés de fautes d'orthographe et de syntaxe des petits camarades présents.

Ca permet de règler quelques comptes mais pas forcément de progresser.

Pour résumer son propos, il nous a conseillé d'insuffler

un pragmatisme à l'anglo-saxonne

dans des courriers partant chez des élus qui, eux, n'ont rien de pragmatique, ni d'anglo-saxon, et adorent mariner dans le procédurier.

Ca m'a scotché le sourcil gauche en l'air mais why not ? Après tout, c'est peut-être ça dont ils auraient besoin.

Visiblement à court d'idées, il a enchaîné d'un mais-qu'est-ce-qu'on-va-faire-maintenant et GB lui a flanqué un pertinent je-sais-pas-c'est-vous-qui-animez dans les gencives.

Le hors-sujet s'est alors imposé et le temps passant, mes accolytes se sont tassés lentement mais sûrement sur leur chaise.

A 16h46, l'animateur, visiblement las, a abdiqué d'un ben-on-va-peut-être-s'arrêter.

Silence et coups d'oeil étonnés.

Sentant le vent tourner, il s'est ravisé et, sans filet, a lancé à la ronde : Est-ce-que ce qu'on a fait aujourd'hui correspond à vos attentes ?

Là, j'ai cru que GB allait clamser d'un coup.

A 16h59, tout le monde s'enfuyait, le visage défait.

Et à 17h28, je recevais un SMS de mon-responsable-bien-aimé m'informant que la deuxième journée de formation avait été annulée.

GB avait craqué, c'était à parier.

Autant vous dire que ce soir, il était vital que je me trouve un nouveau motto :

Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.

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03 février 2014

Le baratin du lundi 3 février 2014

Pendant de longs mois, je me suis interdit de penser, et surtout d’écrire, que ce boulot pour lequel je m’étais battue pendant de si longues et sombres années me pompait franchement l’air.

Comment aurais-je pu me permettre cette audace quand autant de seniors frappaient à la porte de Pôle Emploi chaque matin ? Lucky me, malgré ma date de péremption avérée, j’étais enfin passée du bon côté de la barrière. Je n'allais tout de même pas, en plus, venir pleurnicher sur mon blog à deux balles.

Surtout que le gros risque, c'était d'y rencontrer de prétendues bonnes âmes toujours prêtes à distribuer du «Y’a pas de sots métiers ! ».

De quoi plonger encore plus profond.

Parce que le problème n’est pas là.

Il est dans ma tête.

Je ne suis pas fabriquée pour supporter des systèmes débilitants toute la journée,  passer d’une

tâche « à la con »

à l'autre et démêler des histoires de récré.

Je n’y trouve pas de sens.

Et Zeus sait que quand un pauvre zèbre ne trouve aucun sel dans ses journées, il peut vite s'emmêler les rayures.

Contrairement à certains de mes collègues qui sont tombés dedans quand ils étaient petits, Papa et Maman en étant de fervents adeptes, je n’ai jamais eu envie de travailler dans la Fonction Publique.

J’y suis par dépit.

Parce que son fonctionnement est bien souvent aberrant. Non pas à cause des agents qui y travaillent et qui le font, en grande partie, avec conviction et dévotion, mais à cause de ceux qui y font la pluie et le beau temps en freinant souvent des quatre fers, et qui, malencontreusement, parfois, confondent intérêts personnels et intérêts collectifs. Et ce ne sont certainement pas les reportages croustillants de Zone Interdite, hier soir, qui auraient pu me remonter le moral.

Comme une mouche scotchée au serpentin d'une masure, je me sens fichue.

A quoi je sers ?

A rien, je ne suis qu’un pantin.

Un moment, pourtant, j’étais persuadée qu’il existait des postes intéressants dans la FPT et que je pourrais, éventuellement, y avoir accès, mais depuis que je me suis ratatinée au concours et que je suis donc certaine de végéter dans ma catégorie pendant encore au moins deux ans, comme-qui-dirait, j’ai perdu la foi.

Alors que faire ?

Continuer à vivre par procuration en regardant des séries, claquer 30 € pour avoir l’illusion de me faire plaisir et m’enfiler ½ comprimé d’Alprazolam de temps à autre ou

partir définitivement avec Mars One ?

Si Bill Nighy ne vient pas m'enlever d'ici 2024, je grimpe dans le vaisseau. De gratte-papier, je passe à pionnier, et s'il faut en crever, au moins, ce sera avec panache.

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15 janvier 2014

Le baratin du mercredi 15 janvier 2014

Je n'ai pris aucune bonne résolution le 1er janvier.

Je continuerai à manger du saucisson et à détester les cons.

A quoi bon se mettre la barre trop haut ?

Il faut se faire plaisir.

Oublions ceux du haut qui, pour certains, se débrouillent fort bien pour éviter l'impôt et pestent contre ceux du bas qui, pour certains, abusent allègremment du système social français, pendant que ceux du milieu se font plumés par le Trésor en silence, et offrons-nous

une bonne balade en scooter.

Depuis que tous les journalistes de France et de Navarre passent leur journée à nous expliquer que la vie privée devrait être protégée, mon coeur balance entre une Vespa rose bonbec et un Mojito rouge sang.

Moi aussi, sitôt mes 8 heures bouclées, je veux partir cheveux au vent pour aller rejoindre Bill Nighy.

Ils peuvent tous bavasser,  mon-PN-bien-aimé a trouvé la recette pour redonner de l'espoir au peuple. Et dans ce cas précis, PN ne signifie pas Pervers Narcissique ou Personnel Navigant, mais Président Normal.

En tout cas, moi, cette historiette m'a donné un coup de fouet.

Heureusement, car j'étais au bout du rouleau et prête à aller raconter ma vie à deux balles sur le site de Pierre Rosanvallon, un type épatant que j'ai entendu le 9 janvier chez Patrick Cohen :

Raconter la vie

"De nombreux français se trouvent oubliés, incompris. Ils se sentent exclus du monde des gouvernants, des institutions et des médias. Donner la parole, rendre visibles, c'est aider les individus à retrouver leur dignité, à résister et à mieux conduire leur existence, c'est leur permettre de rassembler leurs vies dans un récit qui fait sens, de l'insérer dans une histoire collective. Raconter la vie est une entreprise indissociablement intellectuelle et citoyenne. Raconter la vie a également une dimension morale car il encourage l'intérêt pour autrui. Par les livres et Internet, Raconter la vie a l'ambition de créer l'équivalent d'un parlement des invisibles."

Remarquez, c'est exactement ce que je fais ici depuis plusieurs années.

En attendant de trouver un sens à mon existence en rejoignant cette sympathique communauté, je continue à travailler bravement pour la collectivité, même si l'ambiance, dans mon bâtiment flambant neuf, est explosive depuis le début de l'année. Rien d'étonnant à cela quand la base se demande ce que fait la pointe de la pyramide, à part s'écouter parler et aller déjeuner.

Mais comme il faut toujours regarder le verre à moitié plein, je me concentre sur la sonnerie de portable de mon chef de secteur.

Vous ne devinerez jamais pourquoi.

Il a eu cette idée démente de choisir la musique sur laquelle le Premier Ministre se déhanche dans Love actually. Imaginez juste, à chaque fois que son téléphone sonne, virtuellement,

j'ai Hugh Grant qui déboule dans mon bureau.

C'est toujours ça.

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03 janvier 2014

Le baratin du 3 janvier 2014

C'est officiel, 2013 est dead.

Mais pas de Bill Nighy à l'horizon (Colin Firth et Liam Neeson sont chasse gardée, je l'ai bien saisi). 

C'est moche.

Et cerise sur le pudding, j'ai reçu une jolie lettre du Centre de Gestion m'informant que ma prestation du 25 septembre n'était pas à la hauteur des espérances du jury.

Non admissible à l'oral.

Du coup, j'ai attrapé mon baluchon et me suis carapatée à l'autre bout de la France. Là, j'ai noyé mon chagrin dans le Savagnin et abusé de saucisses de Morteau nature, au chou et au cumin, puis de Comté, de Mont d'Or et de Petit St-Point.

Une gageure pour ma vésicule.

2014 est donc née dans d'atroces souffrances morales et physiques.

D'autant que le 2 janvier, à peine remise de mes 2200 km d'escapades, j'ai dû, service public oblige, reprendre mes fonctions sans galon.

Lundi prochain, je retrouverai mon GB (Gentil Boss) pour une nouvelle année qui sera probablement pleine de surprises rocambolesques. Je suis confiante. Après tout, il y a quelques mois, il a bien découvert

le contrôle de gestion.

Quoiqu'il en soit, 2013 ne m'intéresse plus. Chanceux que vous êtes, vous échapperez au bêtisier nauséabond, je préfère croiser le fer avec 2014 !

Je voeux tout,

et surtout tirer le meilleur du pire.

Vous êtes partants ?

c

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06 décembre 2013

Le baratin du vendredi 6 décembre 2013

Ces derniers temps, j'ai vraiment failli lâcher la barre de ce blog à deux balles. Embringuée toute la journée dans des embrouillaminis sans intérêt, je n'ai plus, le soir venu, une once d'énergie pour me lancer dans de profondes réflexions. En aurais-je seulement le goût d'ailleurs ? Ce monde débile me met les nerfs en pelote et je finis par oublier que l'humour sauve de tout.

Naviguer de la FPT à BFM TV, believe me,

it's exhausting.

Et cette semaine, dans ma collectivité bien-aimée, j'ai eu mon lot de réjouissances. Lundi, branle-bas de combat, l'ordre a été donné de saisir toute facture avant même qu'elle ne soit arrivée au courrier. Soucieuse de rendre mon GB (Gentil Boss) heureux, je me suis exécutée, et plutôt deux fois qu'une, puisque la grippe ayant frappé l'une de mes collègues, une partie de son boulot m'est retombée sur le coin du nez.

Ce qui fait mal.

Mais ce qui fût ordonné fût fait, quitte à en avoir le bras déglingué et l'épaule disloquée - 41 clics de souris pour passer 1 facture sur leurs logiciels pourris -  et le tas de documents à refourguer à la trésorerie s'est mis à grimper de manière vertigineuse dans le bureau de la comptable.

Evidemment.

Sauf que, tout à coup, dans les hautes sphères, on s'en est étonné.

A tel point qu'une horrible rumeur s'est soudainement mise à circuler : tout ne pourrait être traité dans les délais impartis et avec le taux de TVA qui allait changer le 1er janvier - grande découverte -, c'était la quadrature du cercle.

Conclusion aussitôt brillamment balancée : un pourcentage honorable de ce qui venait d'être fait dans l'urgence serait très probablement à défaire la semaine prochaine pour mieux être refait début 2014.

Là, mon cerveau a buggué,

car en vilain zèbre que je suis, j'ai une tendance absurde à penser que direction devrait, entre autres, rimer avec anticipation.

Heureusement, j'avais pris rendez-vous chez mon nouveau kiné, qui, si j'occulte ses pratiques barbares - il me visse des ventouses sur la nuque et les reins -, reste le gars avec qui j'ai les échanges les plus poilants du moment.

C'est lui qui m'a raconté, par exemple, que le maire du bled d'à côté, un socialiste cumulard très proche du gouvernement actuel, et pour lequel j'ai moisi dans un bureau glauque en 2012 sans même qu'il daigne venir me serrer la pince, s'était fait enchaîné par le Canard pour corruption supposée. Logique, on ne peut pas être à l'écoute des agents qui végètent dans ses murs et se faire rincer d'une Scottish pint en même temps.

J'en ai perdu une ventouse.

Remarquez, de mon côté, je ne suis pas en reste pour lui en livrer d'aussi bonnes, ce qui, vu ma lecture actuelle, à savoir "La violence des riches" de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, n'est pas franchement une tâche ardue.

Le souci, dans tout ça, c'est que, une fois l'hilarité passée, je n'ai plus qu'une envie :

flanquer ma carte d'électeur au panier.

Et d'ailleurs, croix-de-bois-croix-de-fer-si-je-mens-j'vais-en-enfer, les incompétents de ma mairie qui, pour des raisons purement politiques, ont mis en place cette réforme des rythmes scolaires sans se donner le temps de réfléchir à ses conséquences, et qui se font, de surcroît, moussés dans leur magazine sur trois pages, ne me verront pas aux municipales de 2014. Le vote blanc n'étant toujours pas reconnu - à moins que le texte ne finisse par être voté le 1er avril 2014, la bonne blague - je resterai chez moi.

Je jette l'éponge et me mets à la mode norvégienne :

la slow TV.

26 heures et 4 secondes d'interview en norvégien, 5 heures de tricot dans la même langue, 7 heures à regarder l'Express côtier faire Oslo-Bergen ou 12 heures devant un feu de cheminée, voilà qui me changera des bavards blindés qui s'écoutent parler, des politiques véreux qui s'agenouillent face aux lobbies, des culottés qui manifestent alors qu'ils sont pourris-gâtés et des vautours qui se gargarisent de la crise depuis des années.

J'ai dû en oublier, des indécents, non ?

Bon week-end !

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