Prêter main-forte à mon PDPA-bien-aimé
Passer le relais
Si vous ne savez pas quoi faire de vos dix doigts aujourd'hui ou même demain, et que vous aimez le scrap, je vous propose d'aller faire un tour chez Moi, mon nombril car elle a besoin de votre talent. Et en plus, vous vous amuserez bien car sa plume est franchement distrayante.
Merci et bonne journée.
photo empruntée à Moi, mon nombril,
avec son autorisation, manquerait plus que ça...
Des A partout
Ce qui est absolument épatant avec le géant suédois, c'est qu'en choisissant une suspension ce matin à 11h30, j'étais sure d'avoir une occupation qui me tienne en haleine jusqu'à 16h30.
Et tout en mettant A dans A, je me suis dit qu'en consommant au lieu d'acheter bêtement des lingos d'or, je boostais la croissance. Autrement dit, grâce aux 900 € que je vais bientôt injecter dans l'économie, tout ira mieux, Moody's sera obligé de ranger son bonnet d'âne et notre douce France gardera son triple A.
J'en chialerais.
Rester digne en toutes circonstances (ou presque)
Pas question de me laisser abattre par cette semaine de salaire indécent qui m'est passée sous le nez, je me dois de garder la tête haute et de cicatriser très vite pour mieux rebondir.
Vaste et beau programme.
En attendant d'être à la hauteur de mes ambitions, pas d'escapade en Chine ce matin, mais la tournée des grands ducs de la MAF qui souffle avant de repeindre son CV : Auchan-Horizon-Vert-Ikéa, le parcours idéal pour me persuader que je n'aurais pas pu travailler tellement j'ai été débordée de 9h à midi.
Et devinez qui m'accompagne dans ce genre d'aventures so excentriques ?
Mon sac Mlle Héloïse des Editions La Marelle, ramené de l'Isle-sur-la-Sorgue, le repaire des brocanteurs et antiquaires si chic et si chers qu'on finit par s'en éloigner pour se faire plaisir pas loin de l'église, dans une jolie boutique de déco colorée.
Indispensable pour toutes celles
qui aiment faire la queue
dans leur hyper bien aimé, non ?
Direction la Chine
Le baratin du lundi 17 octobre 2011
Ainsi que je l'avais pressenti, il doit être écrit quelque part que je n'aurai plus droit désormais qu'à un salaire mensuel annuel.
Ce matin à 8h59,
ma-vie-de-femme-active-épanouie
s'est arrêtée net.
Certes, mon contrat intial ne m'accordait que quatre semaines de remplacement mais ma chef, n'ayant aucune nouvelle fraîche de celle qui m'avait laissé en cadeaux Bonux son bac de plantes mortes depuis une décennie, ses affiches pleines de poussière et ses brochures de 2004, m'a gentiment demandé, vendredi midi, de revenir travailler une semaine de plus, histoire que l'usager ne trouve pas porte close au cas où la propriétaire des lieux enverrait un nouvel arrêt au dernier moment.
A vrai dire, j'ai sauté de joie. De prolongation en prolongation, mon cochon rose à pois blancs grossirait et même si cette augmentation soudaine de revenus ne nous propulserait jamais dans les CSP+, faisant de notre-nouveau-chef-de-gauche une menace potentielle, la vie quotidienne de la Cocotine's familiy s'en trouverait tout de même fortement améliorée.
Et à entendre les qu'en-dira-t-on circulant dans la collectivité, je sentais bien que personne n'avait l'intention de miser trois sous sur la reprise de celle-à-qui-appartenait-le-poste.
Toute fringante, et pomponnée comme il se doit pour accueillir l'usager, j'ai donc déposé ma progéniture au périscolaire et sauté dans ma décapotable. Après avoir parcouru les quelques kilomètres me séparant de mon-bureau-de-la-semaine-dernière et écouté Sophia Aram à l'arrache, j'ai attrappé mon La-Marelle-à-tout pour aller ouvrir la boutique.
Seulement, voilà, à peine avais-je tourné le coin de la rue que je m'apercevais que le rideau était déjà levé et qu'une ombre terrifiante bougeait à l'intérieur.
Celle-qui-devait-plonger-dans-la-très-longue-maladie était là et bien là, en parfaite santé.
J'aurais pu rebrousser chemin mais j'avais une mission : récupérer mon Canard Enchaîné bêtement oublié sur l'étagère.
36 secondes plus tard, je me suis retrouvée dehors, mon journal sous le bras, et une chape de plomb s'est abattue sur mes épaules.
Je n'avais à nouveau plus de boulot.
Fini le SMIC, ma tirelire allait maigrir au moins autant que celui-qui-a-remis-son-destin-entre-les-mains-de-Weight-Watchers-et-qui-a-visiblement-bien-fait.
La panique m'a fait blanchir comme un linge et cette question idiote est revenue me tourner dans la tête mais-nom-d'une-pipe-qu'est-ce-que-j'ai-fait-pour-qu'on-me-torture-ainsi-moralement.
Bouddha ne pouvait pas être si méchant.
Au bout du rouleau, j'ai téléphoné à mon Léon pour lui annoncer que là, j'envisageais très sérieusement de consulter un exorciste.
Quoi ?
J'en suis à chercher qui peut bien s'acharner à planter des aiguilles dans une poupée à mon effigie.
Ma belle-mère peut-être.
Allez savoir.
Epuisée de chercher un sens à ce qui n'en a pas, j'ai fait un saut chez Moi, mon nombril. Ca m'a détendue et pour ne pas virer maboule, j'ai de suite essayé de dédramatiser en venant ici vous conter ce nouvel épisode glauque de mes aventures terrestres.
Sauf que cette chanson - qui a eu l'idée débile de la scotcher ici ? - me colle un blues du diable.
Que c'est beau, c'est beau la vie
bla bla bla
Pouvoir encore travailler
L'unique but de cette journée pleine de soleil sera donc aujourd'hui de ne pas perdre pied, histoire d'éviter d'avoir, en plus, une tête de sharpeï. C'est qu'avec tout ça, je n'ai plus les moyens de m'offrir de l'acide hyaluronique, moi.
I will win !
Vous allez peut-être me trouver masochiste mais ça fait un bail que j'avais envie de voir ce film. A déconseiller à ceux qui se réfugient dans les salles obscures pour s'évader d'un 20 heures trop anxiogène, comme-on-dit. Ca cause de la crise de 2008 et des dérives du capitalisme en Amérique.
Les acteurs sont vraiment bons mais j'ai été assez déçue. L'histoire du gars qui roule en Porsche et joue au golf et qui, parce qu'il perd son job très lucratif, se rend compte que voir sa femme comme une partenaire, ça réconforte, que planter des clous comme il faut entre deux sandwiches, c'est un art qui est aussi un métier, et que travailler son dribble avec son fils, ça peut avoir son charme, ce n'est pas révolutionnaire et ça ne m'a pas émue outre mesure.
Même si l'argent contribue au bonheur, il est un peu trop érigé ici en maître absolu, et j'aurais aimé qu'on me serve autre chose, comme émotions, que les scènes pathétiques où Bobby Walker alias Ben Aflleck souffre le martyr en regardant sa femme vendre son joujou à quatre roues ou déboule sur son lieu de travail pour lui faire un caprice de gamin parce qu'elle a cessé de payer la cotisation de son club.
La vie est dure pour tout le monde.
On a tous envie de gagner.
Ou presque. Mais on n'a pas tous les mêmes armes.
Et sans un wagon de stock-options à revendre, c'est beaucoup moins facile de rebondir en ouvrant une belle boutique d'antiquités ou en rachetant une entreprise en perdition.
Alors effectivement, on peut bien finir, comme le troisième larron, assis dans sa voiture en marche, enfermé dans son garage.
La chute est glaçante, je sais, mais qui croit encore que la vie ne l'est pas ?
Ceux qui n'ont jamais flirté avec Pôle Emploi peut-être.
Quoi ?
Je ferais mieux de faire le tigre ? Bon, OK.
I will win
because I have faith,
courage,
enthusiasm.
Je dois le répéter ? Combien ? 200 fois ?
Vous êtes impitoyables.
Et vous, vous l'avez vu, ça vous a plu ?
Le baratin du samedi 15 octobre 2011
Plombée par mon inaptitude crasse à intégrer l'équation diplômes + expérience+ formations + concours = cocktail détonant chômage-SMIC-précarité, j'ai traversé la 40ème semaine de l'an 2011 dans la plus pure misanthropie en priant Bouddha de m'aiguiller vers une existence de molosse aux crocs acérés, le seul vrai moyen, à mes yeux, d'assouvir ma terrible vengeance :
Déchiqueter les fonds de culottes de tout ce que le pays peut compter de sélectionneurs-recruteurs-chasseurs-trieurs aussi avides de sang que les cinq toréadors filmés en pleine jouissance par Didier Cros dans La gueule de l'emploi et oeuvrant pour une compagnie d'assurance fort connue à laquelle je ne risque pas de confier un jour un seul centime.
C'est donc sans surprise que je me suis extirpée du lit dimanche matin complètement burnoutée.
Point de pancakes crépitants ou de confitures alléchantes à l'horizon, mon Léon, propre comme un sou neuf, venait juste de claquer la porte, sa carte d'électeur et son euro sous le bras.
Aquaboniste à souhait, j'ai traîné ma carcasse jusqu'à la bouilloire en persiflant pauvre-gars-il-y-croit et teigneuse, j'ai lancé aux trois moustiques présents moi-j'en-ai-rien-à-carrer-c'est-pas-ça-qui-va-changer-my-life.
La matinée a défilé dans cette douce quiétude et notre saladier de pâtes quotidiennes englouti, la Cocotine's family au grand complet - j'aime bien, au grand complet, ça me donne l'illusion d'avoir droit, moi aussi, aux allocations familiales - s'est jetée dans le tas de plumes défraîchi pour savoir si l'exercice proposé déchainait les passions.
Allez savoir si c'est l'effet des sucres lents ou la vision de mon ancien bureau de vote du 11ème blindé de monde, j'ai tout-à-coup réalisé que je ne pouvais décemment pas passer à côté d'un si grand moment d'histoire. Ni une ni deux, j'ai vidé mon porte-monnaie et fière d'être une bonne citoyenne, je suis partie me défouler dans l'isoloir.
Sans suspens extravagant, les deux candidats que les sondages nous avaient promis sont sortis du chapeau et mon espoir infinitésimal de vie meilleure en bandoulière, j'ai attaqué ma dernière semaine de contractuelle en m'interrogeant sur leurs réelles capacités à effacer les 26000 € de dette publique que, tout comme chaque français, je me traîne comme un boulet.
Martine ou François
François ou Martine
Lequel des deux pourra enfin délivrer mon-PDPA-bien-aimé d'une lourde présidence et lui permettre - car peut-être n'aspire-t-il qu'à ça après tout - d'être un père aimant et assez vigilant pour que son rejeton ne soit pas étiqueté "à haut risque" dès la grande section ?
Martine ou François
François ou Martine
Depuis mercredi, je réfléchis.
Qui s'est le mieux vendu ?
Qui a le plus
la gueule de l'emploi ?
A moi les bandérilles et la muleta, je vais pouvoir utiliser les méthodes condescendantes et humiliantes vues à la téloche, leur balancer du vous-avez-de-la-chance-d'être-avec-nous, les humilier d'un vous-êtes-conscients-que-vous-nous-donnez-l'impression-d'être-lent-à-comprendre, les torturer de c'est-très-opportuniste-votre-candidature-je-vous-sens-fébrile-vous-avez-les-pieds-qui-s'agitent et pérorer lui-il-est-un-cran-au-dessus-pour-que-son-intégration-soit-réussie.
Quoi ?
Pour une fois que je suis du bon côté du bureau.
Quoi ?
C'est le système qui impose ces méthodes et je n'en suis pas personnellement responsable.
Quoi ?
Ce n'est pas une fiction ?
Dommage, je me sentais prête à tout pour les départager.
A lire, les réactions de Libération, Le Nouvel Observateur et L'express suite à la création d'un site indépendant par quelqu'un que le documentaire susnommé a visiblement encore plus énervé que moi, et qui, manifestement, n'a pas la sagesse ou la naïveté suffisantes pour attendre que Bouddha l'aide à régler ses comptes dans une prochaine vie.
Vous le croirez ou pas mais pendant que je m'usais les neurones à déterminer qui serait le plus compétent pour nous éviter une faillitte à la grecque, réguler un peu le monde économique et financier
et remettre de l'humanisme
dans le chaudron,
mon Léon, tout émoustillé par le destin rose bonbon du gagnant des 162 millions d'euros, en profitait pour flanquer les 8 € restant du billet de 10 dans une grille d'espoir.
En voyant ça, j'ai perdu les pédales.
S'il abandonnait son avenir aux doigts crochus de la Française des Jeux, c'est qu'il n'avait peut-être pas autant la foi qu'il avait bien voulu me le faire croire dimanche matin et qu'il pensait probablement que l'ascenseur social n'était pas prêt de repartir dans le bon sens.
Là, je me suis dit :
Quand c'est flou,
c'est qu'il y a un loup.
Un tel désenchantement, ça m'a foutu un coup.
Me faire ça à moi,
qui suis en tout début de carrière.
Un coup à perdre définitivement l'ambition de parader en catégorie A à 79 ans.
Vous dansez, vous chantez ?
Parce que, bizaremment,
tout ça, ça me donne envie
de me trémousser comme une dingue.
J'accepte toutes les bonnes volontés !
Her name was Lola, she was a showgirl
With yellow feathers in her hair
and a dress cut down to there
She would merengue and do the cha-cha...
And while she tried to be a star, Tony always tended bar
Across a crowded floor, they worked from 8 till 4
They were young and they had each other
Who could ask for more?
At the Copa, Copacabana,
The hottest spot north of Havana
At the Copa, Copacabana,
Music and passion were always the fashion
At the Copa....they fell in love...
Bon week-end à tous !
Samedi 12h44 : Mon Léon a coché les mauvaises cases. Elle est où, ma carte d'électeur ?


















