Le baratin du samedi 31 mai 2014
Après cet hiver douteux, tous les thérapeutes que j'ai consultés se sont rejoints sur un point :
je dois me faire plaisir.
Et même mon généraliste s'y est mis vendredi en me conseillant de regarder cette vidéo de Teresa Robles, une anthropologue et psychologue mexicaine.
Ils veulent tous mon bien, c'est formidable.
Du coup, je me suis laissée aller à dresser la liste de mes envies et devinez ce que j'ai griffonné en number one ?
Me carapater de la FPT.
Ca m'a libérée.
Jusqu'à ce que je repense au glacial Mais-vous-ne-pouvez-pas-vous-dire-que-c'est-un-job-alimentaire ? que m'a récemment balancé la psychothérapeute de couple que Léon a trouvé Zeus-sait-où.
C'est vrai, ça, je n'y avais jamais pensé.
Forte de ce conseil ambitieux et coûteux, j'ai repris ma vie de bureau dès le lendemain matin en me disant : Aujourd'hui, pas question de me laisser bouffer par Pierre-Paul-Jacques, je regarde le verre à moitié plein.
J'ai donc ignoré la blonde-dont-l'idole-absolue-est-Mylène-Farmer, la brune-qui-cultive-les-c'est-qui-qui et le chauve-qui-étale-son-savoir-en-disant-qu'il-a-lu-les-Rougeon-Macquart (faut le prononcer pour saisir la subtilité de la chose et ne surtout pas oublier le e) et me suis concentrée sur mes collègues les plus fréquentables.
Ca a marché.
A 10h43, j'avais saisi 14 factures, scanné 5 contrats et copié 23 documents dans la plus grande félicité.
Au fond, ce n'était pas si compliquée d'être heureuse.
Il fallait juste le vouloir.
Bercée par cette salve de pensées positives, j'en aurais presque occulté le babillement de mes accolytes. Mais mes oreilles se sont soudain mises à flamber.
Richard, chef de groupe : T'as vu ce qu'elle écrit ? Elle exagère, on n'y comprend rien.
Régine, subordonnée dudit chef : N'importe quoi !
Richard, content de lui : Mais c'est du petit nègre !
Et encore plus content de lui : Tient, faudrait demander à Daouda ce qu'il en pense ! (Daouda étant l'un de nos interlocuteurs, apparemment sénagalais, et donc étrangement noir aux yeux de Richard)
Là, ma narine gauche s'est bloquée,
mon oeil droit s'est injecté de sang
et je me suis mise à bugger
comme un Hubot déglingué.
Des mois déjà que la Régine s'amusait à prendre un accent à la Leeb à chaque fois qu'elle appelait le fameux Daouda. Et même que ça la faisait bien rire et qu'elle en rajoutait en assurant qu'elle ne pouvait pas s'en empêcher.
C'en était trop.
Depuis, j'erre en tournicotant des je-veux-plus-y-foutre-les-pieds dans mon cerveau fracassé.
Si seulement je pouvais me plugger pour être reprogrammée en mode si-tu-le-veux-vraiment-tu-peux-être-happy.
Parce que, là, je n'y arrive plus.
Va encore falloir que je me bourre de Christophe André et de Guy Corneau.
Enfin, en attendant, il fait beau depuis trois jours dans le double-four - mauvaise langue que je suis.
Vous savez quoi ?
Armée de quelques kilos de feta, je me suis remise aux fourneaux pour une nouvelle saison de :
La Crète à domicile.
Une thérapie comme une autre.
Peut-être la meilleure.

























