Le baratin du mercredi 30 octobre 2013
Je vous épargnerai les dernières remarques sexistes, racistes ou homophobes auxquelles j'ai encore été récemment confrontée dans ma collectivité à deux balles.
Mercredi dernier, lorsque le mot utilisé par les planteurs du XVIIIème pour désigner les esclaves - un coup à se demander si celui qui l'a prononcé ne descendrait pas des armateurs qui ont bâti leur fortune sur le commerce triangulaire - a heurté mon oreille gauche, j'ai senti que l'intégrité de mon intellect était gravement menacée.
J'ai attrapé mon mug frappé d'un freedom illusoire et me suis retirée de la scène.
Heureusement, à force d'errer dans les couloirs en me répétant que-diable-suis-je-venue-faire-dans-cette-galère, j'ai atterri dans le bureau d'une collègue qui, en deux temps trois mouvements, m'a expliqué qu'elle était tout aussi désespérée que moi par la médiocrité de ces propos banalisés.
Ca m'a requinquée.
Un peu plus tard, c'est au rez-de-chaussée que j'ai dégoté un autre allié pour déblatérer sur
la beaufitude ambiante.
En refermant sa porte, j'avais à nouveau foi en l'homme.
Moi qui ruminais sec depuis cet épisode pathétique de ma rentrée 2013, voilà que je m'étais trouvé des compagnons d'infortune capables de prendre position au lieu de ricaner bêtement lorsque tel ou tel petit coq se mettait à plastronner.
Du coup, j'ai un peu moins mal au ventre quand je saute dans ma décapotable pour aller badger.
Un semblant de résistance serait-il en marche ?
En attendant de trouver une forme de réponse à cette question d'envergure,
moi, gyno-sapiens écoeurée,
je rêve secrètement de projeter cet épisode de Silex and the city à cette bande de macho décérébrés.


















