Le baratin du mercredi 2 novembre 2011
Ce matin, pour mon dernier jour de liberté désespérée,
j'ai décidé d'être heureuse.
Quoi ?
Il suffit de le vouloir, vous ne le saviez pas ?
Evidemment, une telle décision ne pouvait qu'être accompagnée de mesures drastiques et extrêmement impopulaires. Dès potron-minet, j'ai convoqué mon peuple de neurones et les ai mis au parfum :
Pas question de referendum,
ça flanquerait un coup fatal à mon-PDPA-bien-aimé qui ne mérite pas un tel sort, lui qui a si bravement déserté le domicile conjugal pour partir à la rescousse du système. Et sans même réclamer le paiement de ses heures de nuit, en plus.
Et à l'instar de celle qui est certainement la plus jeune de mes copinautes, Petite Terrienne, j'ai ajouté avec grandiloquence :
A bas les grincheux !
Sous le chapeau, personne n'a moufté. Heureusement. Le moindre indigné aurait été directement se faire voir chez grecs.
L'heure était grave. Il n'était plus question d'accepter que quelques petits malins se droguant au Canard Enchaîné pervertissent les autres avec un effet boule de neige garanti et des mouvements de rébellion aussi violents que ceux que j'avais connus ces dernières années et menant inévitablement à des orgies de crêpes, des excès de pancakes ou pire, un suicide par overdose de chips.
Pour éviter une telle dégénérescence, j'ai opté pour une vraie politique d'austérité :
- Privés du gang Patrick(Cohen)-Nicolas(Domenach)-Yves(Calvi)-Pascale(Clark)
- Obligés d'ingurgiter deux chapitres des trois best-sellers suivants tous les soirs au coucher :
Le bonheur en 90 leçons
Etre heureux pour les nuls
Rester béat envers et contre soi
- Et sommés de se concentrer sur la nouvelle mission que la FPT a confié au tout jeune agent triple Z dans la peau duquel je vais devoir me fondre dès demain 8h30 en espérant que dans une décennie, Standard and Poor's daigne enfin m'attribuer la note suprême.
Sans doute accablés par la sévérité du régime imposé, aucun de mes petits soldats n'a osé émettre la moindre réclamation.
Et pour les reformater sans plus attendre, j'ai attrapé celle-qui-me-disait-tout-sur-ce-monde-débile et je leur ai collé du Rires-et-chansons-avec-spots-de-pub-débilitants plein la cellule, histoire de tester le proverbe
Heureux les simples d'esprit
Attendez, j'ai mal à la tête tout à coup. Ca castagne, ça vrille, ça piaffe sous le bonnet.
Ca sent la feta.
Ils contestent, ils revendiquent, ils hurlent :
Pas Pascale Clark,
pas Pascale Clark,
pas Pascale Clark !
Qu'est-ce que je fais ?
J'intime l'ordre aux six neurones boute-en-train qui me servent de Compagnie Rigolote de Sécurité d'aller chatouiller les meneurs et de les emmener boire une bière dans laquelle je verserai discrètement quelques gouttes de somnifère ?
En même temps, pour leur faire avaler toutes les étapes du plan de rigueur que je leur mijote, mieux vaut que je fasse semblant de lâcher un peu de lest dans un premier temps. Et puis la vie sans Pascale Clark, ils ont raison, les bougres, ça manquerait singulièrement de saveur, non ?
Bon sang,
viser la félicité,
c'est la céphalée assurée.
Bonne journée à tous !
