J'ai une dent contre Nantes, principalement parce que je n'ai pas choisi d'y habiter, ni d'ailleurs d'y rester scotchée alors que Léon s'est carapaté à 300 bornes, que cela fait pile poil - bougez pas, je compte sur mes doigts - 7 ans que j'y cherche à rebondir professionnellement sans succès, mais aussi parce que j'y attends patiemment - ou pas - l'été jusqu'à début septembre.
Au bout de cinq ans à regarder le jardin régulièrement détrempé alors que j'aime les températures supérieures à 25°, surtout en juin, juillet, août, j'en suis à envisager d'aller vivre ce qu'il me reste à vivre dans
une petite bicoque blanche
perdue en mer Egée.
Au moins, je n'y paierai pas d'impôts fonciers.
Tout le monde n'est pas Allan Karlsson* et à mon âge, le compte à rebours m'indique qu'il y a urgence à faire ce qu'il me plaît, ou, en tout cas, à essayer.
Autrement dit, je n'aurai aucun regret lorsque je tournerai le dos au double-four pour aller enfin vivre très au sud de la Loire. En attendant ce jour béni où le soleil viendra enfin frapper à ma porte, je profite des très rares éclaircies qui transforment mon lopin de terre bien-aimé en coin de paradis et du dynamisme culturel incontestable de cette ville qui propose cette année la 3ème édition d'Estuaire et Le Voyage à Nantes.
Rêver, ça sauve.

* Allan Karlsson est "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire", une histoire extravagante dans laquelle je me plonge actuellement pour rire à gorge déployée.