Cette semaine à nouveau, force est de constater que le baratin du lundi matin a du mal à sortir de l'oeuf. Faut que je vous avoue que mon stock de bonne humeur est pantelant et que les lendemains de week-end sont quelque peu mornes. "Vacances, j'oublie tout", c'est déjà à conjuguer à l'imparfait et le ciel maudit qu'on a eu ces derniers jours m'ont propulsée à l'automne sans passer par la case été. De quoi ressentir le besoin de repartir directement plein sud sans s'arrêter, quitte à toucher le bout de l'Afrique. Là-bas, au moins, le soleil n'est pas avare de rayons.
Oui, mais voilà, tout ça n'est pas du tout prévu au programme. L'homme m'a dit : "Attends, tu vas pas chercher du travail en plein mois d'août ! Du 1er au 15, de toute façon, c'est mort. Fais-toi plaisir !" Le concept "Fais-toi plaisir" étant extrêmement éloigné de mes préoccupations, j'ai haussé les épaules en lui rétorquant : "Justement, ils sont tous à la plage. Si jamais ceux qui restent ont besoin de quelqu'un, je serai là !" Vous avouerez que la stratégie est quand même fine et que la chômeuse est loin d'être idiote.
Du coup, j'ai zappé du dossier "Souvenirs de Franche-Comté" au dossier "Recherche d'emploi depuis deux ans et pour ... ans encore". Et voilà qu'hier après-midi, alors que je venais d'envoyer quelques CV comme des confettis, une boite d'intérim m'appelle soudainement pour un poste de gestionnaire de paie. Quoi, gestionnaire de paie ? Ils ne sont pas au courant ? J'ai abandonné l'idée. Depuis, j'ai voulu faire horticultrice, mais le projet s'est avérée archi douteux. Au point que je dois écrire une bafouille penaude au Lycée Rieffel pour expliquer que face à l'adversité, je renonce.
Finalement, je me dis que l'effort de reconversion, ça a ses vertus. Ca occupe bien le cerveau et ainsi, les mois de chômage défilent sans qu'on s'en rende compte. De chômeuse LD (longue durée), on glisse gentiment vers chômeuse TLD (très longue durée). Sauf qu'un jour ou l'autre, faut bien regarder son destin en face et dresser le bilan. Et moi, les comptes, je les fais le 1er septembre. C'est comme ça. J'ai gardé mon âme d'enfant et je suis restée bloquée sur le calendrier scolaire. Pour moi, l'année démarre quand on s'achète une trousse neuve et qu'on paie la danse.
Début août, je suis donc en pleine effervescence. Des dizaines de feuilles Excel, des rapports Word et des diapo PowerPoint à peaufiner pour être prête à me présenter le bilan 2008-2009 dès le 31 minuit 01. Et puis, là, tout à coup, un entretien ce matin. Une sorte d'évènement qui, s'il avait été filmé, aurait pu passer au zapping. Ben quoi ?
Bon, restons calme. Faire la causette avec un chargé de recrutement, c'est pas non plus l'affaire du siècle. Mais quand même.... Ca peut déboucher.... Faut voir.... Et pas s'emballer.... Ah mais non, s'emballer pour si peu, c'est pas mon genre.... Non, non, pas mon genre...
Aaaaah, nom d'un chien, je suis excitée comme une puce premier prix de saut en hauteur ! Si jamais je décrochais un job, là, en plein mois d'août, mon bilan 2008-2009 serait finalement positif. Je serais obligée de rayer la conclusion "Tout ça pour ça." Et surtout, ça lui en boucherait un coin, au père Cocotine, avec ses grandes tirades !
Vous savez quoi ? S'ils me disent non, je téléphone à notre PDPA préféré et je m'invite au Cap Nègre jusqu'à fin août. Cette année, paraît que le programme est zen. Tout ce qu'il me faudra pour me remettre de la claque.
Bonne semaine à tous et n'oubliez pas de vous tricoter un masque !