Les estaminets se suivent et ne se ressemblent pas. Après la Ferme de l'Haghedoorn où les plats étaient assez bien équilibrés avec frites, haricots verts et salade, on a voulu tenté une autre expérience à Godewaersvelde.
C'était le 31 décembre à midi.
Le lieu sélectionné s'est avéré prometteur, avec son charme désuet et ses jeux anciens si curieux, mais quand la serveuse a refusé de nous apporter moitié frites, moitié salade parce-que-c'est-pas-possible, j'ai bien senti que le taux de diabète ou de cholestérol des clients n'étaient pas au menu du jour.
Qu'à cela ne tienne. Je restai confiante et tournant le dos aux viandes en sauce, j'optai pour du lard aux oignons, m'imaginant déjà devant une belle tranche fumante dotée d'une petite compotée bien mijotée.
Mais à l'arrivée de l'assiette, mes sourcils sont restés scotchés en l'air. En bonne novice des us et coutumes du coin, je n'avais pas imaginé que le duo puisse être servi froid.
Sans me laisser le temps de souffler, la serveuse a déboulé avec un saladier de frites sur lequel était flanquée une barquette de mayonnaise.
C'est cet instant précis que Miss Cocotine a choisi pour réclamer un sandwich au beurre avec que du beurre dedans en accompagnement de sa portion personnelle de couenne glacée.
Ce qui déclencha cette réplique de l'homme : Au point où on en est !
Eh bien, cette petite phrase baignée d'un ton désespérément ironique m'ont déclenché un fou rire diabolique qui m'a secouée tout le repas.
Le gras gelé et son petit tas complice ont mis tellement de temps à se faire oublier que malgré le dicton jamais-deux-sans-trois, on s'est abstenu de remettre les pieds dans un estaminet.
Vous comprenez maintenant pourquoi on a réveillonné d'épinards ?
Une question de survie.





