Made to break
C'est nauséeuse et chancelante que j'ai lâché cette 7ème semaine de l'an 2011.
De l'obsolescence programmée décortiquée par Arte dans Prêt à Jeter (à revoir ICI) au périple essoufflant auquel Guy Lagache m'a conviée dans Capital Terre mercredi soir (à revoir ICI), mes neurones se sont baladés, avides de démanteler les systèmes de génie qui font avancer ce monde si palpitant.
Ou reculer.
Relativement désorientée, j'ai fini par craindre qu'à l'instar des dinosaures, l'homme ne disparaisse assez rapidement de la surface de la Terre, victime de ses choix cupides et inconsidérés.
Littéralement épuisée par ces tentatives de réflexion, je revins à mes considérations quotidiennes et décidai d'envoyer une prod' de pancakes. Imaginez la déception. Le revêtement de ma crêpière Téfal, achetée l'an dernier pour une bouchée de pain, s'est soudainement déchiré en cinq points, me laissant comme deux ronds de flan, la spatule figée et la prunelle effarée.
Irritée, je me souvins que l'emballage bariolé m'avait pourtant juré un "antiadhésif haute résistance" et une qualité "New Resist". Or, cette foutue poêle qui ne m'avait servi que trois ou quatre fois, était désormais bonne à jeter. Un coût de revient unitaire de la crêpe plutôt excessif et une hérésie pour l'environnement.
C'était évident. J'étais à mon tour frappée de plein fouet par "l'obsolescence programmée".
Ni une ni deux, je lançais un SOS à Téfal qui, allez savoir pourquoi, ne daigna pas me répondre.
Penaude et désemparée, je quittai ma peau de consommatrice arnaquée pour réintégrer celle de chercheuse-de-job-au-long-cours. De site en site, je tombai tout-à-coup nez-à-nez avec l'offre de mes rêves et m'embarquai derechef dans un quart d'heure d'illusions grotesques, m'imaginant enfin casée et heureuse d'être considérée comme une chose non périmée.
Cinq jours plus tard, personne ne m'ayant réclamée, j'étais définitivement calmée.
Aussi désintégrée que ma poêle, j'étais à deux doigt de me faire hara-kiri avec son manche, prouvant ainsi à quel point j'étais, moi aussi, "made to break", quand tout-à-coup, j'entendis un murmure.
Dolce Francia,
Etait-ce une sorte d'hymne de campagne que l'amoureuse-qui-n'est-plus-de-gauche offrait à mon-PDPA-bien-aimé ?
Que tout ça était romantique et attendrissant. Un peu de douceur dans un plan de communication et de manipulation grossier dont le dessein ne faisait aucun doute, ça tombait vraiment à pic.
A observer les combats fielleux, les regards haineux et les carnages odieux qui fleurissaient ça et là dans le monde politique, j'en étais presque arrivée à désirer que certains soient sacrifiés, comme ma poêle et moi, sur l'autel de "l'obsolescence programmée".
Bonne semaine à tous !
PS : La chanson que j'ai choisie est celle du film Azur et Asmar qui est un pur bonheur.
