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Le petit monde de Cocotine

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26 avril 2010

Femme de l'ombre

Alors, cette 16ème semaine de 2010, elle était comment ?

Un PDPA qui s'encanaille dans le neuf trois, des footballeurs dont les frasques s'étalent partout, des vacanciers qui n'ont jamais été aussi heureux de retrouver leur pays, une église catholique en pleine décrépitude, un voile qui engendre moult polémiques et un chômage à son plus haut niveau depuis 10 ans.

Il fallait trier et éviter de tomber dans le panneau. Ceux qui font des vagues sont toujours à la une, les autres beaucoup moins. Mettre tout le monde dans le même sac relèverait de la bêtise la plus pure. Et puis pourquoi ne pas prendre le contre-pied de tout ça et faire la liste de tout ce qui roule comme sur des roulettes :

- les hedge funds sont au top,
- les banques ont extrèmement bien remonté la pente,
- le bouclier fiscal existe toujours,
- Eyjaf-truc-bidule s'est calmé,
- il fait beau depuis quinze jours dans le double four,
- et les vacances d'été ne sont pas loin...

Franchement, regarder les choses sous un angle différent, quoi de plus revigorant pour boucler la semaine sur une note résolument positive ?

J'en étais là dans mes réflexions quand tout à coup, l'homme, qui avait bravement déclamé : "Je prends une semaine de vacances en avril pour être avec vous !", s'est vu appelé d'urgence pour raisons hautement professionnelles.

J'en suis restée comme deux ronds de flan, seule face à une Miss Cocotine bouillonnante d'énergie et non inscrite au centre de loisirs. Mais pas le temps de m'endormir sur mes lauriers car l'homme ayant vu son vol annulé sauvagement, il lui a fallu rejoindre Londres à la sueur de son front et dans cette mission digne de l'agent 007, il fallait bien qu'une héroïne de l'ombre fasse le lien entre les parties. J'ai ainsi passé mon mercredi à décrocher pour recueillir des informations de la plus haute importance : "Alors, t'en es où ? OK, je note, je transmets." et pouvoir rassurer ensuite l'autre côté de la mer et son clan de désespérés du dessert.

Vous allez me dire : "Mais il n'a pas de portable, l'homme ?" Et là, je vous réponds : "Si, mais pas de forfait international." Et franchement, moi qui ai fait mes armes au temps du bon vieux téléphone en bakélite et qui ai utilisé le télex comme pas deux, ce n'est pas ce genre de liaison alambiquée qui me fait peur. D'ailleurs, j'ai si bien œuvré  que l'homme, à son retour, m'a envoyé un semblant de compliment : "Ah, t'as vraiment assuré !" et m'a couverte de shortbread et de cheddar.

Autant vous dire qu'une fois l'aventurier rendu à bon port, j'ai pu vaquer à mes occupations et je me suis concocté des soirées téloche jusqu'à plus de laine. Et cerise sur le gâteau, jeudi soir, Envoyé Spécial qui devait savoir que je crevais d'ennui, seule dans mon bled paumé, m'a servi un portrait de Vincent Lindon aux petits oignons. Des types comme ça, ça ne courent pas les rues, non ? Comme ils disent : "Il aurait pu vivre dans un film de Claude Sautet." Moi, je suis totalement sous le charme.

Bonne semaine à tous !



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25 avril 2010

Cath Kidstonnée jusqu'au cou

Lorsque l'homme part outre-Manche, il en revient toujours la besace remplie de petits bonheurs. Cette fois, c'est un sac pour ranger le tricot in progress. Avec le catalogue en prime, je suis comblée.

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25 avril 2010

Opulence

L'inviter à la maison pour profiter de son doux parfum... La pivoine, certainement ma fleur préférée. Bonne fin de week-end à tous !

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23 avril 2010

D'un rang à l'autre

Probablement l'effet mais-comment-je-m'y-prends-pour-tomber-toujours-dans-des-plans-aussi-glauques-et-tu-vas-voir-que-je-vais-claquer-sans-jamais-avoir-pu-retravailler, mon Textured shawl a bigrement avancé. Je m'en faisais un monde mais en réalité, c'est simplissime. En tout cas, j'ai bien fait d'opter pour des aiguilles circulaires car comme je le veux assez long, les mailles se sont multipliées et ça commence à peser lourd. D'ici quelques jours, j'aurai certainement conclu l'affaire et les souvenirs de mon vendredi noir seront partiellement estompés. Le tricot, ça vide le cerveau.

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22 avril 2010

Tout faux

Quoi de mieux pour passer ses nerfs que de se lancer dans une après-midi de jardinage ? Mardi, l'homme, heureux d'être en vacances, a été réquisitionné pour porter les sacs de terre et donner son point de vue éclairé sur le choix des plantes. En quelques coups de pelle, les carrés ont été retournés, amendés et compostés. Bio évidemment, ce qui a la particularité de laisser planer sur le lopin des effluves absolument enivrantes.

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Puis j'ai planté du persil, des capucines, des soucis. L'origan et la ciboulette étaient déjà là.

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Et l'homme s'est toqué de faire grandir 24 salades. Pas moins.

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Eh bien, le plus cocasse dans tout ça, c'est que je viens de consulter le calendrier lunaire et que le 20 avril, c'était pile poil le jour où il valait mieux se rouler les pouces.

Jour de noeud lunaire, ne pas jardiner,

c'est écrit noir sur blanc. La chance me poursuit. Au secours !

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21 avril 2010

Bleu et blanc

Tout au bout de l'île, Le Vieil, un petit coin de sérénité comme je les aime...

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21 avril 2010

Le premier de la collection printemps-été 2010

La saison des pique-niques est officiellement ouverte depuis dimanche midi mais je continue quand même à tricoter mon châle. Si jamais ça se gâtait...

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21 avril 2010

Les bons côté de l'exil

Ce matin, je viens faire mon mea culpa. Décemment, je ne peux pas continuer à cracher comme ça sur la vie dans le double four. Certes, je m'y ennuie à crever certains jours mais je serais une vraie teigne si je n'avouais pas que d'autres, je m'en accommode parfaitement bien.

Quand d'un saut de voiture, je peux me retrouver les fesses dans le sable à comparer le bleu de la mer à celui du ciel, là, je râle beaucoup moins. Dimanche, sur un coup de tête, j'ai dépoussiéré le sac à pique-nique et j'ai embarqué la Cocotine's family dans le département voisin.

Et côté 85, mon coin préféré, c'est Noirmoutier et son passage du Gois, où la mer laisse régulièrement place à un défilé d'aficionados bottés prêts à s'oublier dans les poses les plus improbables pour fouiner dans le sable.

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18 avril 2010

Mon mentor

Je dois vous avouer que cette 15ème semaine de l'an 2010 m'a beaucoup secouée. A tel point que les mots tournent et virent sous ma souris sans que je parvienne à les dompter. D'où ce baratin du lundi soir et tant pis pour la rime.

D'un clapotis gentillet, on est brutalement passé aux gros remous et c'est les yeux écarquillés que j'ai vu la liste des mécontents s'allonger dangereusement : les cheminots mais c'est comme-qui-dirait récurrent, les vendéens mais finalement tout va mieux depuis que zone de solidarité a gommé zone noire, les chauffeurs de bus et là, je-sèche-no-comment, les salariés kidnappeurs mais-comment-on-en-arrive-à-des-situations-si-violentes-ma-bonne-dame, les fins de droit que notre PDPA, en héros de tous les temps, a promis de ne pas laisser tomber, les gendarmes qui sont persuadés qu'on veut leur peau et même les généralistes qui se considèrent comme mal aimés. Somme toute, une chance folle que les profs aient été en vacances.

Mais pas question de tomber dans la décadence en singeant ce type qui, à bout de nerfs, a rétorqué au courageux journaliste venu prendre la température de la gare du nord : "Franchement, ils commencent à nous les briser menu avec leur grève !". Non, pas question. Au contraire, j'ai puisé dans mon sac à compassion et j'ai gentiment essayé de comprendre les uns et les autres. Ca m'a demandé une énergie folle et honnêtement, sur certaines corporations, j'ai échoué lamentablement. Je suis restée sèche comme un coup de trique. Même pas une larmichette. Que dalle. Mais inutile de me soudoyer. Je ne vous donnerai aucune piste. C'est pas mon genre.

Quand on pense qu'au milieu de ce marasme, le lancement de la réforme des retraites, vous savez, le fameux dossier qui doit être bouclé avant l'été, eh bien, il a presque failli passer inaperçu. Si c'est pas malheureux. Un débat si croustillant dans lequel d'entrée, personne n'est d'accord. Du pur sucre. En plus se donner juin comme deadline, c'est d'une bravoure sans nom. Défier les suédois à ce point, ça frôle l'inconscience.

Oui décidément, la vie bouillonnante de l'hexagone me permettait vraiment d'oublier mon triste sort de chômeuse-de-très-longue-durée-vieille-peau-de-surcroît.

J'en étais là dans mes réflexions intenses quand tout-à-coup, il m'est arrivé la plus loufoque des aventures. Non que j'ai raté mon vol aller simple pour les Bahamas à cause du coup de colère d'Eyjafjallajokull, mais plutôt qu'UNE BOITE M'A CONVOQUÉE EN ENTRETIEN. Eh oui, ça vous en bouche un coin, hein ?

Attendez, vu la fortune que me coûtent mes injections d'acide hyaluronique, fallait bien qu'un jour, les 32 ans affichés sur mon CV tout beau tout neuf portent leurs fruits.

Bon, c'est sûr, de prime abord, pas de quoi faire des bonds de trois mètres : un CDD de trois mois à 14 heures par semaine fois 8,86 €, on tombait pile poil dans l'emploi précaire. Mais comme faire la fine bouche n'est plus vraiment à ma portée, j'ai balancé mes trois grammes d'orgueil restant et  je me suis pointée toute guillerette au fin fond de la zone industrielle.

Surprise. Une TPE, mais alors très petite. Un couple. Le challenge à leurs yeux, c'était que la perle recherchée résiste à leur mariage. Une sorte de ménage à trois en quelque sorte et pour la vie en plus car de CDD, l'affaire avait évolué en CDI. Je n'avais jamais fait dans le vaudeville mais après tout pourquoi pas. Le concept de l'homme "Vas-y. T'as rien à perdre." collait à merveille à la gageure.

Eh bien, figurez-vous que nous nous plûmes. Tant et si bien qu'à peine rentrée chez moi, j'étais à nouveau pourchassée. Un coup à bomber le torse et à croire qu'on va tout péter dans la baraque. Mais vous me connaissez. Je suis restée sur mes gardes. Un employeur qui s'intéressait à moi et deux jours de suite de surcroît, c'était chose louche. La dernière fois remontait quand même au 24 décembre 2009 et point n'est besoin d'insister sur le fiasco terrible qu'en avait été l'issue.

Pas le moment de tergiverser pourtant. Fallait foncer. Vendredi matin à 10 h, je remettais donc le couvert avec le duo chamailleur. Très vite, j'ai appris que je n'avais plus qu'une concurrente et de fil en aiguille, tout le monde s'est détendu. Presque trop beau pour être vrai. La dame s'est vertigineusement dévergondée : "Ah mais vous êtes loin d'être sotte, comme disait ma grand-mère !", ce qui m'a déclenché un rire nerveux. Des compliments comme ça, fichtre de fichtre, c'était pas tous les jours que j'en avais.  Puis elle a poursuivi : "Ben, tu... Ah, on va travailler ensemble et ici, tout le monde se tutoie... Ca ne te dérange pas ?" Un sourcil resté en suspension, j'étais à deux doigts de jurer qu'une caméra était planquée derrière le philodendron douteux, mais bien élevée, j'ai donné mon feu vert : "Oh non pas du tout."  Puis son mari a surenchéri : "Je n'ai pas vu l'autre personne mais c'est vers vous que va ma préférence." qui m'a collé un sourire niais tout en me laissant tout de même dubitative sur la teneur intrinsèque du raisonnement. J'ai salué, volé vers la sortie et papillonné tout l'après-midi.

Mon destin allait virer, je le sentais.

A 17h05, un coup de fil. "Bon, allez, je me lance. On a choisi l'autre candidate. Mais vous êtes très bien." J'ai dit : "Ah bon." et puis j'ai raccroché abattue comme un lapin de garenne ayant croisé mon voisin Chasse-Pêche-and-co.

Autant vous dire que toutes mes bonnes intentions se sont décomposées d'un coup d'un seul et que le gars, à la téloche, je suis two hundred per cent d'accord avec lui. "ILS ME LES BRISENT TOUS MENU."

Bonne semaine à tous !

 

 

 

17 avril 2010

Projet d'envergure

Des heures à fureter sur Yes we shawl en me défiant d'un "Alors, t'es cap ou t'es pas cap ?".  Il aura fallu attendre le printemps pour que je me décide enfin à sauter le pas. Après tout, je suis comme ça, je ne fais jamais rien comme tout le monde. Alors, c'est décidé, je me lance dans mon premier Textured shawl. Deux écheveaux d'ecological wool de Cascade Yarns achetés chez Laine et Tricot, des aiguilles circulaires number 6 pour que ça dépote et les explications apprises quasiment par coeur, tout est fin prêt pour le challenge. En même temps, ici, le soleil brille, mais la température ne décolle pas. D'ailleurs, la chaudière aimerait bien prendre ses quartiers d'été. Tout bien réfléchi, tricoter un châle pour juillet-août, quand on est exilée dans le double four, ce n'est pas si idiot que ça.

BON WEEK-END A TOUS !

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