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Le petit monde de Cocotine

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14 mai 2009

Cherche bien, dans le pré, tu vas le trouver, le bonheur...

Rappelle-toi, quand tu bossais, enfermée dans ton minuscule bureau, fourré au 8ème étage de la tour Rank Xerox à La Défense, tu regardais les voitures défiler sur la bretelle et t'étais sure qu'un jour, tu plaquerais tout pour aller vivre à la campagne.

Ah, la campagne, c'était trop bien. Les champs remplis de boutons d'or, les vaches dans les prés et le parfum de la ferme. Quand t'allais à Souillac, tu hurlais "Oh, un mouton !" à tout bout de champ, tu te pâmais en écoutant le carillon de l'église, t'allais chercher ton lait au pis et tu trouvais que partir au marché place de la Halle le mercredi matin, c'était comme mourir de bonheur.

Alors, quand il a fallu revenir au pays en 2001, tu t'es dit que c'était l'opportunité de ta vie. Retourner à Paris, dans cette ville de dingues ? Pas question ! T'allais enfin te la couler douce en province...

Tu t'en rappelles plus de tout ça ? Parce que tu déblatères souvent sur  ton bled... On a l'impression que t'es pas heureuse, en région... Tu serais pas du genre jamais satisfaite ?

Ben ouais, ça doit être ça. C'est ce qu'il dit, l'homme. Ca l'arrange bien.

Pourtant tu t'accroches. T'as écumé le rayon "développement personnel" de la Fnac. T'as lu toute la collec de "Ne vous noyez pas dans un verre d'eau". T'as ensuite révisé "Success for dummies" que t'avais acheté à Londres un jour de gloire et tu t'es mise au qi gong. Depuis un an, t'as attaqué le programme bio, tisanes à volonté et homéo.

Tu dois être conne, ça marche pas.

Et pour être franche, les moutons que t'as au fond de ton jardin, tu t'en tapes le coquillard. D'ailleurs, tu les bouloterais bien en côtelettes...

Ca fait deux ans que tu cherches un poste qui n'existe pas parce qu'ici, dans le bassin d'emploi Nantes-Saint-Nazaire, on t'a gentiment expliqué que c'est des soudeurs et des assistantes de vie qu'on cherche, pas des gestionnaires commerciales export.

A chaque fois que tu veux bouger un orteil, tu dois te taper deux bus et un tram avec 12 mn d'attente entre chaque. Au final, tu préfères rester chez toi, les cheveux gras et le jogging délavé.

Les sorties d'école, ça t'anéantit. Y'en a, tu les trouves accablants, avec leur air post-baba-cool-j'bosse-pas-trop-et-j'suis-vraiment-épanoui-comme-ça.

Tes voisins de droite, tu les évites depuis qu'ils t'ont invité à une party dans leur garage et que t'as passé une heure bouclée là-dedans, à la lueur d'une ampoule électrique, les fesses sur un fauteuil de camping seventies à fleurs oranges et vertes à boire du Curaçao bleu et à avaler des extrudés saveur barbecue. Même que l'homme, il était plus énervé que toi en sortant. Normal, il s'était tapé le pliant.

Et puis aller chercher tes 12 oeufs au marché du bled au milieu du 5ème âge et des femmes qui attendent leur troisième, c'est juste l'épreuve de la semaine.

Quand en plus il se met à pleuvoir, parce qu'au lieu d'être fine et d'aller te coller au-dessous de la Loire, t'es plein ouest, là où Evelyne Dhéliat pointe toujours son doigt en annonçant le prochain déluge, tu touches le fond et tu te dis que tu mordrais volontiers le premier venu. Ca tombe bien, personne ne passe dans ta rue, à part deux-trois p'tits vieux tout fanés et trop durs à croquer.

Alors tu rêves de sniffer le métro, de toucher l'Arc de Triomphe, d'être compressée dans le RER entre Charles-de-Gaulle et Nation, de revoir le musée Carnavalet ou de grimper au Sacré-Coeur, de faire la sortie des bureaux à La Défense parce que t'as oublié comment c'était, un type en Hugo Boss, de passer aux Tuileries pour demander au gardien éberlué si le Guignol-de-quand-t'étais-petite existe toujours et d'aller errer aux Galeries Lafayette. T'en es presque à envisager une escapade en bateau-mouche lors de ta prochaine virée annuelle à la capitale.

Faut bien se rendre à l'évidence. Quand tu déboules à Montparnasse, t'es chez toi.

Mais tu gardes quand même une lueur d'espoir car ça y est, tu vas avoir une bagnole ! Nom d'un chien, une caisse, une tire, un char, une tuturre rien qu'à toi. 16 ans que t'attends ça !

Mais attention, c'est pas venu tout seul. L'homme a pas débarqué un soir en brandissant un porte-clé BM  avec le-regard-d'OSS-117 en te susurrant à l'oreille : "Va voir dehors, ma Chérie !" Non, mais pour qui tu te prends ? T'es pas Pretty Woman non plus !

En réalité, ça a duré des lunes. Il a fallu le travailler au corps, lui expliquer, puis le supplier et enfin le menacer pour qu'il accepte d'échanger sa grosse voiture, celle que tu ne voyais que le week-end, contre deux petites.

Peut-être que ta vie de déracinée va s'éclaircir ? Parce que, quand même... Vivre en province, c'est peut-être le rêve ultime des parigots qui vivent dans un studio, mais c'est pas facile tous les jours, et si t'as pas une voiture, t'as comme-qui-dirait un pied dans la tombe.

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Edit de 19h23 : La deadline pour la livraison de MON TACOT, c'était le 15 mai. Vous comprenez  pourquoi je suis sur les dents ? A 18h, il leur restait 6 heures pour assurer. C'était chaud ! Le verdict vient de tomber. C'est reporté au 30 mai. 15 jours à tenir...C'est clair, j'vais bouffer un mouton !

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13 mai 2009

Mon Cannes à moi

9h48 ce matin. Assise à l'arrêt de bus devant la mairie, j'avais l'estomac à demi noué. Comment je pouvais me lancer dans un truc si audacieux ?

Prendre 3 € dans l'argent du ménage pour aller au cinéma à 10h50.

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Ca grondait en moi depuis des mois. Mis à part Ratatouille et Cliente (uniquement parce je suis addicted à Nathalie Baye), aucune salle obscure depuis bientôt 4 ans. Que du vulgaire DVD Blue Video... C''était plus possible, il fallait agir.

Hier soir, pendant que certaines se demandaient comment elles allaient perdre encore 300 g dans la nuit pour ne pas péter leur robe Dior en montant les marches, moi, je filais sur Destineo pour organiser mon voyage jusqu'à l'UCG Ciné-Cité d'Atlantis. Deux bus et un tram, fallait être animée d'une dose de rage pour tenter l'épopée. Je le serai.

Puis vers 22h45, pour ne pas être rongée par la culpabilité dès potron-minet, je faisais mon devoir de demandeuse d'emploi et ratissais Monster-OuestJob-PôleEmploi en quête du job de la seconde moitié de ma vie. Je me couchais sur 5 granules d'homéopathie censées m'adoucir l'amertume.

Tomorrow will be another day.

A 7h, j'ouvrais les deux yeux d'un seul coup. Ben oui, c'était mon jour, fallait pas le rater. Miss Cocotine expédiée avec son père, je me précipitais dans mon dressing de 50 cm2 pour me pomponner. Entre mon unique jean et mon unique pantalon noir, il allait falloir choisir. Et vous pouvez ricaner. C'était pas simple. Par temps de crise, pas question de faire du show off en montant l'escalier qui mène de Décathlon à l'UGC. D'autant que j'aurai certainement à me déhancher avec un frétillement de fesses à la Carla Bruni devant l'Hippo qui, pour l'occasion, serait sans aucun doute bourré de petits curieux . Quelques mètres plus loin, à la porte de Kiabi, je devrai me retourner et les faire chavirer d'un sourire niais et langoureux travaillé des heures avec mon coach perso. J'ai opté pour la sobriété d'une jupe Esprit.

Evidemment, avant de quitter mon doux foyer, j'ai pris soin d'enfourner un cake jambon-tomates-séchées-olives-basques-farcies-aux-anchoix à 8h55. Puis j'ai embrayé sur des rillettes marines même si écraser du thon et des maquereaux à 9h10, ça peut vite te faire revenir ta tartine de Carré Frais Gervais.

J'avais auparavant lancé un programme synthétiques et c'est là que j'ai failli... Je suis partie alors qu'il était encore en plein essorage !  Pour 12 malheureuses minutes, mon diplôme de parfaite-MAF-qui-reçoit-du-monde-ce-soir m'est passé sous le nez.

Ben quoi ? Une fille qui a le culot de se barrer au cinoche sans étendre les 42 chaussettes de sa famille et sans tremper sa maison entière dans un saut géant de M. Propre (non, pas propre !) L'Arbre Vert alors qu'elle a un-bout-de-la-famille-de-l'homme qui surgit le soir même, on appelle ça comment, hein ? Je vous le demande ! Moi, je dis que c'est une dégénérée !

Ah ouais ? Et tu sais ce qu'elle te répond, la dégénérée ? Qu'elle a bien fait de passer sa matinée avec Daniel Auteuil plutôt que de jongler avec ses pinces à linge !

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13 mai 2009

Terra eco

Sur le journal de Nantes Métropole, je tombe sur lui et je me dis : "Cette tête-là, je l'ai déjà vue quelque part... C'était où ? Bon sang, c'était où ?... Ah oui, Capital, dimanche soir "Je consomme vert : rêves et pièges." "  

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Eh ben,  Walter Bouvais, il est nantais ! C'est l'un des fondateurs de Terra eco, le mag du développement durable. Son site est super mais je vous préviens : pour y aller, faut être fort psychologiquement... Vous vous sentez comment ? Ca va ? Alors, cliquez sur la couverture !

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Son dada, c'est de sortir de la surconsommation et de la mal-consommation. Arrêter de vouloir être propriétaire de tout et de n'importe quoi, partager, louer, se prêter, comme les Bicloo par exemple... Regardez, nous, on ne l'a pas achetée, la meuleuse, on l'a empruntée ! Prenez exemple un peu !

Tiens au fait... Mais ça me donne

une idée, cette histoire !

Qui serait assez sympa pour me prêter son job ?

12 mai 2009

Voir la vie en roses

Ca urge, non ? Alors tous aux Floralies de Nantes ! Moi, j'y suis gentiment invitée dimanche par ma copine Christine, celle qui m'a donné des œillets de poète...

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11 mai 2009

Hydroalcooliques anonymes

Que restera-t-il de la semaine 19 de l'an 2009 dans nos livres d'histoire ?

Peut-être qu'une fausse Marilyn en tailleur pantalon (cousu sur elle ou pas, on ne le saura jamais...) est venue susurrer un Happy Birthday au PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat) pour ses deux ans de règne...

... ou qu'à peine né, Pôle Emploi est déboussolé face à tous ces acharnés qui veulent travailler plus pour gagner plus...

... ou encore que les ventes de solution hydroalcoolique ont pété les objectifs...

Peu m'importe à vrai dire. Dans l'album de mon petit monde à moi, rien d'épatant, rien de transcendant, rien qui mérite d'en faire une tonne à part peut-être ce coup de sang de l'homme.

Samedi matin, alors que je chuinais en lui racontant que l'ordi pédalait dans la semoule pour cause de RAM défaillante, il a disparu brutalement. Il a réapparu en clamant : "Débranche tout, j'ai la solution." Il s'est à nouveau éclipsé mais cette fois avec l'unité centrale sous le bras. Un quart d'heure plus tard, il est revenu :  "Il nous rajoute une barre d'un Giga. 54 €. Elle est où, la CB ?" Au final, il m'a ramené une mini bombe et une facture d'1Form@tix, les stars du computer du bled. De quoi bloguer 24h sur 24... D'ailleurs il est 1h47... Ben oui, je suis comme les vrais journalistes... Je travaille la nuit pour vous pondre "Le baratin du lundi matin".

Bon, j'en étais où ? A part ça... à part ça... la number nineteen, c'était pas un bon cru... Loin de crouler sous les propositions de CDI grassement payé, mon unique contact humain de la semaine se résume à cet échange de quatre phrases avec la gardienne de Randstad qui m'a gratifié d'un gracieux "Toutes les candidatures sont à l'étude actuellement."

D'ailleurs, j'ai un truc à vous demander :

Qui serait assez brave
pour m'appeler sous un faux nom
et me proposer un entretien d'embauche fictif
avant que je séquestre le staff de...
Page Personnel, Expectra et  Manpower ?

En attendant vos nombreux appels, j'vais m'laver les mains, moi...

Bonne semaine à tous !

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10 mai 2009

Ratiboisés

Jeudi soir, l'homme a débarqué avec un truc bizarre...
- C'est quoi, ça ?
- Une meuleuse.
- Ah ouais, et qu'est-ce que tu vas faire avec une meuleuse ?
- J'vais poncer le carrelage.
- Ce week-end ?
- Evidemment !
- Evidemment...
- Pauvre grosse pomme, tu croyais peut-être qu'il allait te proposer un week-end dans un palace, rien-que-toi-et-lui-les yeux-dans-les-yeux ??? Après 17 ans de cohabitation... " Ca c'était du dialogue intérieur, vous l'avez deviné...

Le carnage à huis clos a débuté samedi vers 10h15. Un bruit démentiel et des étincelles... Ca promettait du bon temps...

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J'ai bien tenté de faire ma petite curieuse mais j'ai vite refermé la porte, complètement terrifiée.

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A 10h45, l'homme est sorti et a décrété : "Ca va pas. C'est peut-être pas le bon disque. Faut aller chez Brico Dépôt." Là, j'ai senti que mon week-end du 8 mai allait tourner en eau de boudin et quand j'ai jeté un oeil par dessus son épaule pour constater l'état apocalyptique de ma salle de bain, j'en ai eu la confirmation...

Après avoir fait le tour de l'agglo pour regarder successivement les disques de meuleuse, le carrelage, le parquet, nous sommes enfin rentrés et je me suis dis qu'après ce bloc de corvées, on méritait bien de se faire un resto. C'était sans compter les intentions de l'homme... A 18h, il est retourné s'enfermer dans la salle de bain. Au bout de 10 mn, Miss Cocotine m'a aterri dans les bras en pleurs tellement la cacophonie était insupportable et je me suis jetée sur l'armoire à pharmacie pour avaler 1 g de paracétamol. Par la même occasion, j'ai enterré mes rêves de couscous royal à la Kashba et j'ai attendu que l'orage passe. A 19h45, la porte s'est ouverte...et quand j'ai hurlé, l'homme a dit :

"On fait pas des oeufs sans casser d'omelette !"

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Ce qui m'a laissé sans voix... et j'ai fini ma journée une éponge dans une main, la serpillère dans l'autre, pendant que l'aspi s'étouffait de poussière et décidait de nous lâcher...

Carrément inutile de s'étaler sur la suite... Ca vous ferait trop de peine.

Tout ça pour ça ! Trois douzaines de carreaux en sur-épaisseur qui nous empêchaient de poser un nouveau carrelage par-dessus... 110 € sur le devis du carreleur quand même...

Ouais, 110 € d'économisés... C'est bien la seule satisfaction que j'ai ce soir, à l'issue de ce week-end torride.

Moi, j'vous l'dis. Les travaux home made, c'est la mort du couple !

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Edit du dimanche soir : Je tiens à rassurer les foules. Mon aspi a digéré l'épisode... et après discussion en tête-à-tête, il a cédé et s'est remis au boulot...

10 mai 2009

Jamais deux sans trois...

J'ai l'immense plaisir de vous annoncer que le 3ème carré potager est né samedi à 14h39...

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J'y ai planté du persil...

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mais aussi 4 plants de tomates cerises. Cette année, j'ai suivi les conseils glanés à droite à gauche et j'ai mis une poignée d'orties au fond de chaque trou. L'occasion pour Miss Cocotine de découvrir que quand on n'écoute pas les conseils avisés de Maman : "Fais attention, surtout ne les touche pas, ça pique !", ça peut virer au drame !

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6 mai 2009

Règlement de compte

Faut que je crache ce que j'ai sur le cœur depuis presque 3 ans !

JE HAIS MA SDE !

Quand je pense que toute ma vie de locataire, j'ai eu une SDB... Ca, c'est sûr, c'est pas pour la SALLE D'EAU de cette bicoque que j'ai signé un pacte de 20 ans avec mon banquier ! Ce soir, j'en peux plus, je déballe tout...

D'un côté, 2 lavabos encastrés super haut dans un truc affreux en bois hyper foncé, le tout sur des émaux de Briare dans les verts d'eau (le seul truc passable...), eux-mêmes mis en valeur par une fabuleuse peinture verte. Au-dessous, une planche déformée en pin brut qui fait office de placard. Au sol, un lino crème-gris qui te met les nerfs en pelote dès qu'il y tombe un cil... Les 2 ampoules qui pendouillent lamentablement depuis l'emménagement, c'est notre touche perso...

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Mais le clou du spectacle, c'est ELLE ! La cabine de douche ! Même le plombier l'a regardée d'un air triste en disant : "Ca, c'est un truc d'appoint qu'on met dans un garage normalement..." Oui, on voit très bien ! Et surtout, c'est odieux à nettoyer, sauf si t'as le courage d'y aller au coton-tige ! Et ça, faut bien avouer, ça ne m'arrive que 2 ou 3 fois par an quand je suis à bout...

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Ces derniers temps, un bilan s'imposait : 2 ans de réflexion, 14 rencontres avec 5 artisans, 9 devis, 18 engueulades et 6 grilles de Loto... Et toujours cette satanée cabine qu'est là à nous narguer...

Fallait agir ! La semaine dernière, en grande forme, j'ai prévenu l'homme :

J'VAIS TOUT PETER LA-D'DANS !

Il a dû avoir peur. En tout cas, il a accepté de ré-aborder le sujet et j'ai commencé à fantasmer... Je l'ai regardé en battant des cils : "Alors, on va la fracasser comment ? A coup de hache ou aux explosifs ?" Il m'a rétorqué calmement : "On va la démonter." Trop décevant, le gars...

Et c'est dimanche à 11h12 que j'ai pris un coup de sang. J'ai soulevé le lino parce qu'il fallait bien commencer par quelque chose et j'ai valeureusement attaqué la couche de ragréage. D'ailleurs, l'homme avait dit : "J'voudrais bien savoir ce qu'il y a en-dessous..." Eh bien, j'ai trouvé du parquet, oui, du parquet, mais rien d'excitant pour autant... Visiblement, Haussman a oublié de venir dans l'coin... Juste des planches miteuses de grenier, toutes vermoulues...

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30 cm2 plus tard, j'étais en nage. Je suis descendue demander conseil à l'homme et tenter un : "Faudrait savoir si c'est comme ça partout...". L'homme a rebondi. Il a empoigné une raclette et a gratté tout l'après-midi. Attention, c'est pas parce que j'ai pris des photos que j'ai pas bossé. D'ailleurs, depuis, je suis en vrac. Kiné lundi, ostéo mardi et kiné ce soir. J'ai plus le droit de bouger (c'est pour ça que j'écris...). Résultat des courses : sur 15 lattes, y'en a 12 à changer ! Le menuisier passe lundi soir. L'anéantissement de la cabine, vous imaginez, c'est pas encore pour tout de suite !

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5 mai 2009

Chronique d'un matin ordinaire

7h. Le réveil sonne. 7h06, je m'extirpe, je me déplie et je file dans la kitchen non sans avoir choppé au passage celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile. L'eau chauffe, je range les casseroles de la veille, je jongle avec les bols, les céréales, le lait et les petites cuillères. Tout doit être prêt pour la small family.

Bercée par Demorand, j'attaque mon thé. Aucun bruit dans la maison. Il est où, l'hyper-actif, ce matin ? Remarque, l'avantage, c'est que j'ai pas à supporter le grabuge insoutenable de la What else...

Je savoure mes 8 mn de paix...euh, 4 mn parce que, d'un coup, je découvre que les rideaux blancs sont décidément trop gris et je me mets la pression : lancer un cycle est incontestablement une question d'honneur.

Tiens, j'entends que ça s'agite là-haut. Miss Cocotine coiffée comme un d'ssous d'bras débarque en se tortillant du popotin : "Maman, est-ce-que je peux faire pipi ?" Je la rassure, c'est important pour son développement psychologique : "Oui, ma Chérie, t'as pas besoin de demander la permission pour faire pipi. Vas-y !"

Là-dessus, l'homme baragouine un truc... Voilà qu'il se prend pour la Belle au Bois Dormant et qu'il faut aller l'embrasser, sinon, il ne se lève pas ! T'as raison ! J'vais lui en jouer, du prince charmant, moi ! Je déboule dans la chambre en chantant à tue-tête l'Ami Ricoré. Ca calme tout le monde. Il se lève en deux temps trois mouvements et les deux loustics descendent collationner en tête-à-tête.

Il est 8h. Je m'enferme à double tour dans la bathroom pour écouter les facéties de Stéphane Guillon.

Mais tout étant tristement éphémère, je dois enchaîner sur le débarbouillage de Pépette qui pour une fois, n'a pas mis 3 plombes pour avaler 12 pétales au chocolat. Pendant ce temps, l'homme traque le poil, se polit les ongles et goûte aux délices d'une douche chaude non sans s'être admirer en douce...

Mais voilà que pendant que j'attaque bravement l'épilation de la première jambe en écoutant distraitement France Inter parler de Lieberman, Miss Cocotine commence à me parler politique et inquiète, me lance : "Batman, Maman, Batman ?" Je lâche tout pour développer. Elle est brillante, cette petite. Faut la nourrir. Quand soudain retentit un magistral "Salut les filles !" ! C'est rien. C'est M. Cocotine qui se prend pour Charlie. Il adore ! Faut pas brimer l'homme. Je lui réponds : "Salut Charlie Chéri !" et on le bisoute. Il est content. Il disparaît.

Je reste seule aux prises avec Miss Cocotine qui n'a brossé que les dents de devant et qui a plein de cacas dans les yeux. "C'est la petite souris qui les apportent la nuit !" Ah bon ? Elle peut pas se contenter de ramasser les chicos cariés, celle-là ?

Mille palabres plus loin, Pépette toute proprette et toute coordonnée (on est peut-être seulement MAF mais on a sa fierté...) peut endosser son Barbapapa. Évidemment, j'ai eu le temps de déclarer la guerre aux acariens, d'aspirer tous les cheveux paumés, d'inviter l'air propre dans la maisonnette et de faire briller bio les deux lavabos. Accessoirement, j'ai expliqué pour la 72ème fois à Miss Cocotine comment utiliser un gant de toilette sans inonder 2 m2.

Pendant qu'elle essaie de faire le nœud de sa Converse, je la flatte, c'est très important pour son développement psychologique,  tout en sautant sur l'évier pour laver amoureusement la tasse que l'homme a oubliée. Je ne m'arrête pas. Je pulse quatre giclées d'Ecover dans le-coin-où-on-va-tout-seul et je  fais un peu de zèle (ben oui, parce que je suis parfaite)... Je prépare l'eau verte et le balai à franges pour m'occuper au retour de l'école...

Là, je peux fièrement attraper la main de Miss Cocotine et l'emmener à l'école de la République.

En rentrant, surtout, j'évite de comptabiliser les services rendus à la famille par l'homme et par la femme. Je me dis juste que comme j'ai déjà monté et descendu huit fois l'escalier, j'ai forcément un cul de brésilienne ! Bon, j'ai qu'une seule jambe lisse... mais j'ai un cul de brésilienne...

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4 mai 2009

Mon entrée au paradis reportée ?

Quand je pense que j'ai passé deux jours à rédiger mon testament... Fallait bien décider à qui j'allais léguer mon- nounours-celui-que-j'ai-eu-à-un-an et mon Livret A à 1,75%... Tout était prêt pour mon expédition au paradis céleste où mon âme tourmentée aurait pu enfin reposer en paix, loin de Pôle et des autres...

...et voilà que dans le poste, ils se sont mis à dire que la grippe porcine... mexicaine... A/bidule n'était pas si grave que ça ! Alerte 5 = fausse alerte alors ? Je vais pas y passer et Rosy va pouvoir remettre son tailleur rose bonbon ?

Ben, alors, quoi ?  Elle s'est trompée, vous savez, celle qui s'est rebaptisée et qui a toujours un chapeau vissé sur la tête pour faire croire qu'elle est bien née, dans son analyse si fine ? Je l'ai entendu dire sereinement (zapping du 29 avril pour ceux qui ne me croient pas) : "Je crois qu'il arrive un moment où il y a tellement de monde sur cette terre qu'il y a des maladies comme ça qui font partie... qui exterminent beaucoup de gens..." Quand on découvre que des gens comme elle se sont vus décerner le grade de commandeur de la médaille de l'ordre national du mérite du dévouement français récompensant "le bien et la valeur", on reste comme-qui-dirait interloqué...

Et me voilà comme deux ronds de flan avec cette question qui me colle aux basques : "Vu que j'vais pas mourir, mais qu'est-ce-que j'vais faire de ma vie ?"

Connecte-toi donc sur le site de Pôle, tiens, ça va t'occuper ! Et puis, y'a les draps à étendre et dis-moi un peu, l'homme t'a pas fait un planning hier soir ? Me semble qu'il a décrété : "Tu f'ras les carreaux demain !" Bon alors, va bosser au lieu de cancaner !

Bonne semaine à tous !



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