Back to July
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce 2473ème message aura mis du temps à mûrir.
Jamais pareille aventure ne m'était arrivée depuis la naissance de ce-blog-à-deux-balles.
L'angoisse de la page blanche.
Faudra que je pense à raconter ça à Busnel le jour où il m'invitera.
Remarquez, c'était prévisible.
Fin juin, j'étais totalement décrépie, vous l'avez bien senti.
Une cure de mizithra s'imposait.
Et mieux vaut que je vous parle de ça plutôt que des seaux de pluie qui sont tombés en août sur le double-four ou de mon retour mouvementé dans ma collectivité.
Lâcher prise
Ma vie n'est plus la même depuis qu'une somptueuse médiathèque a ouvert dans le bled d'à côté.
J'y passe ma vie.
Une sorte de déclic, je glisse lentement vers un amour inconditionnel du double-four.
Comme quoi, tout arrive.
Ces derniers jours, j'ai suivi les aventures de Miss Sweety de Valérie Saubade que j'avais déjà lue en 2012. Parce que je voulais du léger, de l'humour, et que ça se passe à London.
Le temps des effusions
Ballots de fibro
Une fois toutes les fausses ardoises déposées, il faut s'en débarasser.
Mais pas n'importe comment.
On doit les filmer, y coller une jolie étiquette
"Attention, contient de l'amiante"
et passer ensuite à la déchèterie - qui est en grève actuellement, ce qui nous oblige à courir ailleurs - pour récupérer un laisser passer et convoyer le tout vers un écopoint qui est ouvert uniquement le mardi et le vendredi de 8h30 à 11h45.
Heureusement, on ne fait ça qu'une fois dans sa vie.
Vendredi, Léon a passé deux heures à tout emballer et depuis, les pestiférées sont stockées sur la terrasse.
Un coup à ce que la brigade des stups débarque ici en pleine nuit pour nous coffrer.
La bonne nouvelle
En 2011, lorsque je me suis intéressée un peu au pain, j'ai eu la chance d'échanger avec Marie-Christine, une boulangère d'exception qui, je viens de le découvrir grâce à Cardamome, a ouvert récemment à Marseille.
est à croquer !
Quelle coïncidence. Hier, alors que je discutais le bout de gras avec mon couvreur, il s'est mis à déblatérer sur les boulangers du bled - enfin, quelqu'un qui me comprend - et m'a confié qu'il faisait des kilomètres pour aller chercher son pain.
Alors, Nantes-Marseille, il dit quoi, Via Michelin ?
Dans la peau de Damidot
La semaine qui a suivi, Léon est reparti sur ses chantiers à lui, me laissant seule avec trois couvreurs et deux menuisiers Velux. De la planche d'échaffaudage au monte-charge, en passant par des seaux de gravas, tout a traversé mon salon.
De là à s'imaginer en chef de chantier sur M6, il n'y avait qu'un pas.
Vendredi, à midi, après quatre jours et demi à suer sang et eau, tout le monde est reparti.
Maintenant, j'ai un beau toit.
De vrais héros, ces pro.
Dévissé de la toiture
Il y a deux semaines, après m'avoir piqué la fesse droite, mon généraliste m'a serré la main en me tançant d'un reposez-vous.
Une fois le dos tourné, j'ai ricané nerveusement.
Me reposer ?
Avec le planning concocté par Léon, impossible.
La bicoque allait subir
un relooking sévère
quatre jours plus tard.
Mon cocktail lombalgie-sciatique faisait tâche sur Outlook.
En fait, les prémices de l'aventure remontaient à l'automne dernier.
Après des jours de discussion et de négociation, Léon et moi étions parvenus à cette conclusion :
La pluie tambourinant sur les Velux à 3h24 et la mousse rongeant le fibro-ciment depuis 6 ans,
ça ne pouvait plus durer.
Quelques devis plus tard, on avait capté que le nettoyage de notre couverture de pacotille allait nous coûter bonbon.
Des mois ont passé, il fallait assimiler.
Le printemps venu, Léon, qui n'est pas du genre à lâcher le morceau, a remis ça sur le tapis.
Moi qui n'ai envie, depuis que je suis quinqua, que de danser, de rêver et de voyager, ça m'a vidée.
Mais j'ai cédé.
La thérapie de couple n'avait manifestement pas l'effet surpuissant d'un flacon de Mr Propre.
Le produit présenté pour exterminer la jungle plantée au-dessus de nos têtes ne me disant rien qui vaille, j'ai fini par haïr mon toit au point d'espérer qu'une tempête extraordinaire vienne me l'arracher.
Mais Eole n'a rien foutu.
Du coup, au lieu de rénover du 35-ans-d'âge toxique en y déversant des litres qui le seraient certainement tout autant, on a opté pour de l'ardoise vraie.
Comme il se doit, Léon a rencontré des couvreurs.
Et m'a collé la facture sous le nez.
De 2200 à 7000 €, rien que pour la dépose du fibro-ciment en sous-traitance.
J'ai dû digérer.
Un anaconda aurait mis moins de temps à faire passer un hippopotame.
Les jours ont défilé.
Voyant que ma moue restait boudeuse, Léon-le-champion a soudain déclaré qu'il allait tout enlever tout seul et qu'il se chargeait de trouver une bonne âme pour l'aider.
Avant de tourner de l'oeil, je lui ai flanqué un t'es-cinglé-tu-vas-te-tuer-et-compte-pas-sur-moi-pour-jouer-les-veuves-éplorées dans les dents.
Quelques semaines sont passées,
la date du chantier a été fixée par les deux sociétés.
Adepte du lastminute.com, le-pâtissier-qui-se-prenait-pour-un-couvreur m'a fait marinée dans mon anxiété. Cinq jours avant le début des festivités, le-copain-d'avant sur lequel il comptait pour enlever les 77 m2 d'ardoises frelatées lui annoncait qu'il avait d'autres chats à fouetter.
J'ai arrêté de ventiler.
Thanks to God, un-vrai-couvreur-musclé qui passait par là a accepté de nous dépanner.
Le samedi suivant, à 16h47, le-Léon-qui-voulait-être un-héros était assis sur sa cheminée, dégoulinant de sueur et blanc comme un linge. Le soir, il m'avouait que si le-type-qui-tombe-du-ciel n'avait pas été là, il en aurait bavé.
Foi-de-Cocotine, j'ai failli l'étrangler sauvagement.
Mais je me suis contentée d'un
ben-je-te-l'avais-dit-c'est-un-métier.
Une fois mes neurones apaisés, je me suis dit qu'il était quand même courageux, mon-Léon.















































