Un jour à Héraklion #1
Héraklion n'est certes pas la plus jolie ville de Crète mais une fois qu'on l'a capté, on peut aussi lui trouver certains charmes : flâner à Odos 1866, son marché, dévorer un feuilleté feta-épinards en regardant déambuler les passants à la fontaine Morosini et surtout sortir des flux touristiques pour aller respirer la vraie vie des crétois dans les ruelles retirées.
Mon adhésion totale au régime crétois
La Crète, d'accord, mais hors des sentiers battus et des côtes bétonnées si bien pointées du doigt par mon-Routard-tant-aimé. De l'authentique et rien d'autre, c'était la condition sine qua non pour que l'escapade soit à la hauteur de nos espérances.
C'est ainsi que fraîchement débarqués à Héraklion, la Clio noire gentiment prêtée par Avis nous a embarqués vers les montagnes alentour pour deux nuits à Arolithos, un village traditionnel flanqué au milieu de nulle part.
Dès le premier soir, j'ai adhéré gaiement au fameux régime crétois qui, je l'ai compris instantanément, n'allait pas me faire perdre un gramme mais m'assurerait, en revanche, quelques instants de bonheur intense et inoubliable. Et ça, c'était toujours bon à prendre.
Du soleil
Chaque année, fin novembre, je commence à attaquer l'homme avec cette sempiternelle question : "Alors, qu'est-ce-qu'on fait pour les vacances ?". En général, je n'obtiens aucune réponse vraiment claire. Du coup, j'embraie sur un long travail de harcèlement qui peut durer des semaines, le tout étant de réussir à parvenir à mes fins. Et croyez-moi, l'exercice requiert beaucoup de force et de ténacité.
C'est ainsi que l'été dernier, de guerre lasse, j'ai abandonné tous mes rêves d'évasion exotique et la Cocotine's family a filé plein est, dans le Doubs, région certes charmante et accueillante, mais où la pluie tombe un jour sur deux en juillet. J'en suis revenue blanche comme un linge, mes gilets usés et mon tube d'indice 30 intact, jurant et pestant qu'on ne m'y reprendrait plus.
Mais je n'ai pas été la seule frustrée dans l'affaire. Quand en mars, à mon ultime : "Eh, tu te décides pour cet été ?", l'homme m'a rétorqué : "J'veux du soleil. T'as carte blanche.", j'ai compris que, cette année, il n'avait pas plus l'intention que moi de jeter un parapluie dans la Samsonite.
Quelques jours après, j'avais dégoté l'aventure de mes rêves, explosé mon livret A dans la foulée et vendu le concept à l'homme, tout en claquant le bec à cette stupide petite voix intérieure qui m'empoisonnait avec ses : "T'es folle, c'est la crise et t'as même pas de boulot."
Douze ans qu'on n'avait pas remis les pieds en Grèce... C'était plus vivable. Et puis, après tout, on n'a qu'une vie, non ?
"La Crète aux mille saveurs",
ça vous dit, à vous aussi ?
Allez, suivez-moi...
Back from heaven
Pas question de me replonger de sitôt dans la real life du double four. Imbibée d'huile d'olive, gorgée de bouzouki et dorée comme un tiropitès, je suis et je resterai pour un temps, histoire d'oublier les sinistres 20° qui m'ont accueillie hier soir à l'aéroport de Nantes.
Grâce à Zeus, j'ai ramené dans mes bagages une petite carte insensée dans laquelle sont entreposées mille trois cent soixante images savoureuses qui me permettront d'affronter en paix les joyeusetés diverses et variées que mon karma douteux - mais somme toute relativement sympathique certains jours - pourrait bien m'avoir programmé pour l'automne-hiver 2010-2011.
Si vous mourez de bonheur quand les cigales vous pètent les oreilles, que rien ne vous enivre plus que de croiser un jasmin et que manger des figues sur l'arbre vous propulse direct au septième ciel, vous êtes définitivement la personne à qui j'ai envie de faire partager l'aventure gentiment trépidante et honteusement gourmande que je viens de vivre sur une île bénie des dieux...
YASSOU A TOUS,
I'M BACK FROM HEAVEN !
Prêts pour la plage
J'ai une tare... parmi tant d'autres. Je n'aime pas avoir du sable sur ma serviette et en digne fille de sa mère, Miss Cocotine fait la mou dès qu'elle en voit un grain mal placé. La solution, c'était de me lancer illico dans la fabrication de trois draps de plage légers, faciles à laver et à faire sécher et résolument jolis parce qu'on a beau avoir une envie folle de se vautrer sur la plage, on n'en reste pas moins chic. Le Vichy m'a paru pratique parce que réversible et j'ai donc cousu des draps de 2 m sur 1 pour les grands et un drap de 1,50 m sur 1 pour les petits que j'ai bordés d'un biais contrasté. La Cocotine's family est prête à sauter dans les Crocs. Pas de bol, il fait sacrément gris...
Petites escapades vers l'Asie
Je rêve constamment d'Asie et n'aurai de cesse tant que je n'y serai pas retournée. Mais malheureusement, ce n'est pas prévu au programme. Alors pour assouvir ma soif de dépaysement, j'ai mes deux copinautes préférées :
et
Un rêve étrange
L'homme, bigrement clairvoyant, avait déclaré : "On part tôt !". A 8h31 pétantes le 23 mai, la Cocotine's family était plantée là, dans un silence presque inquiétant.
Mais en remontant dans l'autre sens, soudain, plein de couleurs et d'odeurs.
La nature avait envahi les Champs-Elysées,
la sécurité veillait au grain, les organisateurs parlementaient, les officiels et la presse se baladaient tranquillement entre les feux.
Un peu avant 10 heures, la foule a peu à peu investi les lieux et nous avec. C'est devenu un peu compliqué d'attraper de jolies images au milieu des dizaines de bras levés mais l'ambiance était plutôt douce. Un aller-retour pour l'Arc-de-Triomphe et on s'est sauvé juste avant que cela ne devienne trop étouffant avec cette impression d'avoir fait un rêve étrange.
Quelques jours plus tard, au même feu, on tentait d'expliquer à Miss Cocotine que la cacophonie ambiante était tout à fait normale et que sur les Champs-Elysées, c'était les pots d'échappement qui étaient rois et pas les potirons et les poireaux. En retour, on n'a obtenu qu'un regard effaré qui semblait dire : "Vous êtes fous !"































































































