Cette année, c'était décidé, on n'allait pas moisir à la maison le 31 décembre. Un Réveillon digne de ce nom, on en aurait un, nom d'un chien, et des plus excitants !
C'est comme ça que débordante de motivation, je me suis mise, dès le mois d'octobre, à enquêter sur le lieu magique où j'allais enterrer la décennie. Deux ou trois vestes plus tard, force fût de constater que personne n'était disposé à partager chapeaux pointus et serpentins avec la Cocotine's family.
En dernier ressort, je me réconfortai en me disant : "On verra sur place."
Ce fût vite vu.
A part pique-niquer sur la plage du Crotoy en espérant que la marée basse soit au rendez-vous, pas l'ombre d'une idée quand en pénétrant aux Tourelles, une petite lueur d'espoir s'est ravivée à la vue d'une jolie petite pancarte "Menu de Réveillon". Oui mais voilà. En deux temps trois mouvements, le type de la réception s'est chargé de coller toutes mes illusions au tapis : "C'était complet."
"Qu'à cela ne tienne, a déclaré l'homme, je vais réserver pour le 1er." Si on n'était pas capable de finir 2009 correctement, au moins, 2010 décollerait dans la joie et la bonne humeur. C'était toujours ça de gagné.
Inexorablement, le jour J s'est pointé.
Jusqu'à 18h55 tapantes, je n'ai cessé de bassiner l'homme de mes "Bon alors, qu'est-ce-qu'on fait ce soir ?", espérant qu'un miracle quelconque allait s'accomplir. Finalement en overdose, il m'a cloué le bec d'un définitif : "Ecoute, c'est comme ça. C'est cuit maintenant. Viens, on va s'acheter des magazines."
L'idée phosphorescente.
Nous voilà donc partis bras dessus bras dessous à la Maison de la Presse de Saint-Valéry-sur-Somme pour claquer la somme faramineuse de 11,90 € en MCI, Côté Ouest et Libé. En sortant ma Visa, je me suis dit que, somme toute, c'était bien vu. Au moins, le budget Saint-Sylvestre passerait totalement inaperçu sur mon relevé bancaire.
Ces trésors sous le bras, on est rentrés à la chambre et pendant deux heures, on a épluché la presse tout en écoutant la radio qui vantait Réveillons extravagants et fêtes somptueuses. Un coup à croire que la Terre entière nage en pleine kermesse pendant que tu te morfonds en mastiquant sagement tes knack-pâtes-au-beurre sur fond de Sopalin.

Même pas vrai et puis à quoi ça sert, de se baffrer outrageusement comme ça ? D'ailleurs, pas le temps de se pâmer devant le dernier entremet d'Hermé. Sur les revendications de Miss Cocotine, le tripot a ouvert ses portes et pour ses beaux yeux, on s'est tapé pas loin de 4000 bornes.

Vers 22 heures et quelques poussières, le marchand de sable est passé nous brouiller les cartes. J'ai attrappé Miss Cocotine dans mes bras et je lui ai souhaité tout plein de bonheur. En échange, j'ai reçu un : "Bonne année, ma petite Maman que j'aime jusque la Lune et retour." qui valait bien toutes les poignées de confettis du monde.
A 22h36, c'était plié. Tout le monde ronflait.
De toute façon, je déteste faire la chenille.