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Le petit monde de Cocotine

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11 janvier 2010

L'espoir fait vivre

A l'issue de cette 1ère semaine de 2010, je suis vannée.

Et vous savez pourquoi ?

Non, ce n'est pas de regarder mes compatriotes continuer à s'étriper sur la définition de l'identité nationale,

ni d'avoir perdu la paire de sourcils la plus bankable et la plus dévouée de l'hexagone après celle d'Emmanuel Chain,

ni que ce ne soit pas notre PDPA qui ait eu cette idée brillante de construire une tour de 828 mètres de haut,

ni que le site de Pôle Emploi soit saturé,

ni même de ne pas pouvoir assister au come-back de Dutronc père

qui m'a tuée.

C'est l'école de la République du bled qui me pose problème et ces questions qui me turlupinent :

Pourquoi, en 2010, on demande à des enfants de cinq ans de relier un petit blanc à une maison, un petit noir à une hutte et un petit jaune à une pagode ?

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Pourquoi, en 2010, on leur demande de relier un petit blanc à une assiette, un petit arabe à un couscous mangé avec les doigts et un petit jaune à des baguettes ?

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C'est pourtant ce que j'ai découvert dans le classeur de travail remis par l'instit' pendant les vacances de Noël, ce dont je ne me suis pas relevée.

Jusque-là, je faisais confiance à l'équipe enseignante et je n'ai jamais eu à me plaindre de cette école. Bien au contraire. Mais là, j'avoue que cet épisode associé à la vision du planisphère collé au mur une grande partie du premier semestre et présentant un petit blanc sur l'Europe, un petit noir sur l'Afrique et un petit jaune sur l'Asie me laisse extrèmement dubitative sur la représentation du monde qu'on propose à mon enfant cette année.

Lui bourrer le mou avec les différentes races définies par des hommes blancs, est-ce-bien raisonnable ?

L'amener à remarquer ce à quoi elle ne prêtait pas attention jusqu'alors, à savoir la différence physique, est-ce bien constructif ?

J'imagine que c'est fait dans le but de sensibiliser les enfants sur la diversité des cultures. Mais il me semble que c'est une approche assez simpliste et assez peu réaliste du monde qui nous entoure.

Et cela me fait penser à ce livre que j'ai lu de Tahar Ben Jelloun, Le racisme expliqué à ma fille :

« Le mot « race » ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. Le mot « race » n'a pas de base scientifique. Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques. On n'a pas le droit de se baser sur les différences physiques - la couleur de la peau, la taille, les traits du visage - pour diviser l'humanité de manière hiérarchique c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot « race ». »

Bien sûr, j'ai réalisé que c'est ça qui a engendré les agressions verbales dont Miss Cocotine a été victime de la part de trois ou quatre enfants à l'automne et qui de surcroit, a débouché sur des échauffourées avec deux parents d'élèves que je ne suis pas prête de digérer.

Alors vivement fin juin parce que là, je suis au bout de ce que je peux supporter et je rêve de plus en plus que le mot "race" disparaisse du paysage humain. Pas demain la veille manifestement !

Tiens, je m'offrirais bien une semaine de ski à Caen ou à Avignon !

Bonne semaine à tous !



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11 janvier 2010

Chronique d'une mort annoncée, épisode number eleven

Réveillés de bonne humeur, la Cocotine's family a fait sa toilette de chat dans l'évier et chacun est parti plein d'espoirs pour une bonne journée. Miss Cocotine à l'école. Maman et Papa à la maison à attendre le plombier, débordants de confiance.

Au bout de 3/4 d'heure, l'homme s'est mis à tourner frénétiquement autour du canapé me filant un tournis du diable. A 9h15, la camionnette n'avait toujours pas fait surface. Ca sentait le roussi. N'y tenant plus, l'homme a décroché son téléphone et je l'ai vu pâlir :

"Ah ben, on a annulé. C'est reporté au 19. On vous a laissé deux messages mercredi." qu'elle lui a balancé, la bougre de niaiseuse.

L'homme et moi, on est restés comme-qui-dirait figés dans l'air. Portable disséqué, pas l'ombre d'un message. De quoi avoir de la moutarde plein le nez. De coups de fil en mails, on attend patiemment que le boss daigne se rappeler de notre existence pour pouvoir trouver un début de réponse à cette question :

Est-il vraiment pro et poli d'annuler un chantier à J-5 sans même prendre la précaution d'avoir la personne concernée en ligne ?

Tout bien réfléchi, l'homme a eu le nez creux hier soir en nous disant : "Prenez deux douches, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve."

On a l'air fin ce matin avec la salle de bain dans le jardin !

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10 janvier 2010

Une nouvelle exoplanète ?

L'homme casse des noix et projette des coquilles à deux mètres à la ronde.

Moi : Ben dis-donc, quand tu casses des noix, toi, on en retrouve sur Mars !

Miss Cocotine qui renchérit : Sur Mars et sur Juillet !

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10 janvier 2010

Chronique d'une mort annoncée, épisode number ten

A six heures pétantes, le moment tant attendu est enfin arrivé et j'ai l'immense bonheur de vous annoncer que l'homme a eu la peau de notre cabine de douche. Par pure précaution et pour le plaisir, toute la famille a profité une dernière fois des joies du pommeau après que l'homme ait déclaré, vigilant mais peu rassurant : "Allez, on prend tous une deuxième douche. On sait pas ce que l'avenir nous réserve." Si, moi, je sais... Demain matin, je saute dans l'évier !

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10 janvier 2010

Chronique d'une mort annoncée, épisode number nine

A midi, l'homme a dû réfléchir et j'ai été réintégrée dans l'effectif dès 14h pour l'ouverture du dossier "électricité". Il faut dire que personne n'avait mesuré l'ampleur de la besogne et pendant plusieurs heures, il a fallu saigner, gainer, tirer, dégainer, pousser tout en se lançant des mots doux de la salle de bain au grenier. A vrai dire, l'homme m'a épatée par son savoir-faire et je le soupçonne d'avoir obtenu un CAP d'électricien dans une vie antérieure. Quant à moi, j'ai trois mots de plus dans mon dictionnaire : boite de dérivation...

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10 janvier 2010

Chronique d'une mort annoncée, épisode number eight

10h05 dans ma salle d'eau. C'est le D Day ! Je me prends en pleine poire une injonction de quitter les lieux. L'homme déteste me voir traîner dans ses pattes quand il fait des travaux. Miss Cocotine, elle, a le droit suprême de rester dans son périmètre de chef de chantier et la petite apprentie hurle à tout va : "On a du boulot, les gars ! On a du boulot, les gars !"...

Et de mon bureau où j'ai été reléguée sans ménagement d'un cinglant "J'ai pas besoin de toi !", je laisse trainer une oreille :

L'homme : Passe-moi le marteau !

Miss Cocotine : Marteau... C'est où ?

L'homme : Bon, alors, viens-là. Alors, ça, c'est un cutter et ça sert à bla, bla, bla, ça, c'est un burin et ça sert à bla, bla, bla, ça, c'est un tournevis cruciforme parce que c'est en forme de croix et ça sert à bla, bla, bla, ça, c'est un niveau et ça sert à bla, bla, bla...

Miss Cocotine, embrouillée, résume : Ca, c'est un marteauvis !

Gloussant dans mon coin, je me dis que l'exercice aura au moins la vertu d'enrichir son vocabulaire, ce qui nous évitera de compulser fastidieusement l'imagier en marmonnant : "Alors, ça, c'est quoi ?".

Quand tout-à-coup, la petite apprentie se rappelle que j'existe et débarque le doigt en l'air : "J'ai saigné !"

Et l'homme qui ponctue sans aucune compassion : "C'est le métier qui rentre !"

On file dans la nouvelle salle de bain que j'ai mise en place ce matin à côté de l'évier et que l'homme a trouvée charmante, mon seul stroke positif de la matinée. Pansement scotché, Miss Cocotine s'écrie : "Je peux retourner maintenant !" et me plante là, me rappelant que je ne vaux pas un clou.

Je m'isole à nouveau dans mon espace. Soudainement, deux Charentaises se pointent : "Tu peux venir m'aider ?" Etonnée, je me dis que finalement, je ne suis peut-être pas si inutile que ça. Le but est de décoller l'immense planche dans laquelle sont encastrés les lavabos, de lui faire prendre l'escalier et de la reléguer dans le jardin. L'ensemble pèse trois ânes morts mais je reste fière. Le job accompli, je suis au bord de l'évanouissement. A son habitude, l'homme tout en tendresse, me lance un "Ca va ?" et remonte au premier sans prêter une attention folle à la réponse. Trois poignards dans le dos, je vais m'allonger, histoire de foutre la paix à toute la bande de joyeux potes que j'ai désormais au 15.

Il est midi. Une pause s'impose.

D'ailleurs, l'homme vient d'interpeler son apprentie :

"Tu peux demander à Maman quand est-ce-qu'elle va nous faire à manger ?"

Bon dimanche à tous !

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10 janvier 2010

Gamberger

Par un drôle de hasard, on a rencontré Jean-François Richet il y a bien longtemps, dans une chambre d'hôtes épatante plantée au fin fond des Cévennes, Le Mas Lou Abeilhs, et on a dîné ensemble à la table d'hôtes (excellente, la maîtresse des lieux est une cuisinière créative pleine d'attentions...).

On garde le souvenir d'un type passionné et passionnant.

Ses deux derniers films, comme des nigauds, on les vus dans le mauvais sens, mais peu importe... L'effet est là.

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8 janvier 2010

Les plaisirs de la vie

Hier soir, Miss Cocotine a échappé à la soupe de légumes et pendant qu'elle dévorait son jambon-gnocchis-Comté...

Moi : C'est bon ma Chérie ?

Miss Cocotine : Oh oui Maman ! J'ai une faim de loup.

Moi : Ben fais-toi plaisir. Mange !

Puis patraque et grelotante : Bon, je vais me faire une bouillotte parce que j'ai trop froid.

Miss Cocotine : Oui Maman, fais-toi plaisir !

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La pince Miam est de Sicotin ! Indispensable !

8 janvier 2010

Résonance

Parfois on regarde les choses telles qu'elles sont en se demandant :

"Pourquoi ?"

Parfois on les regarde telles qu'elles pourraient être en se disant :

"Pourquoi pas ?"

Il y a - Vanessa Paradis - Paroles de Gaëtan Roussel

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7 janvier 2010

Chronique d'une mort annoncée, épisode number seven

Vous vous souvenez de ça ? A partir méditer en Baie de Somme, j'en avais presque oublié que ma salle d'eau ressemblait à celle des Thénardier.

Or, l'heure a sonné de TOUT PETER LA D'DANS !

Le plombier arrive lundi à 8h30.

En clair, ça veut dire que dimanche, le chantier démolition sauvage démarre dès potron minet. L'homme aiguise sa hache avec la ferme intention de mettre la bathroom totalement à nu.

Autrement dit, je n'ai plus que quelques jours pour me faire à l'idée que la semaine prochaine, je devrai prendre ma douche dans l'évier.

Et vous savez quoi ? Le pire de tout, c'est que Brico-Dépôt va revenir dans ma vie dès samedi...

Plaignez-moi s'il-vous-plaît.

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EDIT DE VENDREDI MATIN : L'homme est à bloc. Hier soir, j'ai été convoquée jusqu'à 22h35 pour une réunion de chantier. Tout est planifié au petit poil pour la semaine prochaine. Dimanche 17, je pourrai me baigner en contemplant mes nouveaux carreaux ! D'ici là, j'ai du boulot. Le chef m'a filé une mission de la plus haute importance : "Demain, tu vas sur le Net regarder comment on pose du carrelage." Comment vous dire ? Pour l'instant, ON Y CROIT !

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