L'espoir fait vivre
A l'issue de cette 1ère semaine de 2010, je suis vannée.
Et vous savez pourquoi ?
Non, ce n'est pas de regarder mes compatriotes continuer à s'étriper sur la définition de l'identité nationale,
ni d'avoir perdu la paire de sourcils la plus bankable et la plus dévouée de l'hexagone après celle d'Emmanuel Chain,
ni que ce ne soit pas notre PDPA qui ait eu cette idée brillante de construire une tour de 828 mètres de haut,
ni que le site de Pôle Emploi soit saturé,
ni même de ne pas pouvoir assister au come-back de Dutronc père
qui m'a tuée.
C'est l'école de la République du bled qui me pose problème et ces questions qui me turlupinent :
Pourquoi, en 2010, on demande à des enfants de cinq ans de relier un petit blanc à une maison, un petit noir à une hutte et un petit jaune à une pagode ?
Pourquoi, en 2010, on leur demande de relier un petit blanc à une assiette, un petit arabe à un couscous mangé avec les doigts et un petit jaune à des baguettes ?
C'est pourtant ce que j'ai découvert dans le classeur de travail remis par l'instit' pendant les vacances de Noël, ce dont je ne me suis pas relevée.
Jusque-là, je faisais confiance à l'équipe enseignante et je n'ai jamais eu à me plaindre de cette école. Bien au contraire. Mais là, j'avoue que cet épisode associé à la vision du planisphère collé au mur une grande partie du premier semestre et présentant un petit blanc sur l'Europe, un petit noir sur l'Afrique et un petit jaune sur l'Asie me laisse extrèmement dubitative sur la représentation du monde qu'on propose à mon enfant cette année.
Lui bourrer le mou avec les différentes races définies par des hommes blancs, est-ce-bien raisonnable ?
L'amener à remarquer ce à quoi elle ne prêtait pas attention jusqu'alors, à savoir la différence physique, est-ce bien constructif ?
J'imagine que c'est fait dans le but de sensibiliser les enfants sur la diversité des cultures. Mais il me semble que c'est une approche assez simpliste et assez peu réaliste du monde qui nous entoure.
Et cela me fait penser à ce livre que j'ai lu de Tahar Ben Jelloun, Le racisme expliqué à ma fille :
« Le mot « race » ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. Le mot « race » n'a pas de base scientifique. Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques. On n'a pas le droit de se baser sur les différences physiques - la couleur de la peau, la taille, les traits du visage - pour diviser l'humanité de manière hiérarchique c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot « race ». »
Bien sûr, j'ai réalisé que c'est ça qui a engendré les agressions verbales dont Miss Cocotine a été victime de la part de trois ou quatre enfants à l'automne et qui de surcroit, a débouché sur des échauffourées avec deux parents d'élèves que je ne suis pas prête de digérer.
Alors vivement fin juin parce que là, je suis au bout de ce que je peux supporter et je rêve de plus en plus que le mot "race" disparaisse du paysage humain. Pas demain la veille manifestement !
Tiens, je m'offrirais bien une semaine de ski à Caen ou à Avignon !
Bonne semaine à tous !













