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Le petit monde de Cocotine
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15 juin 2009

Tout ce qui rentre par une oreille...

...peut-il vraiment ressortir par l'autre ?

Quand on te montre cette femme qui a congelé des bébés en t'expliquant que c'est un deni de grossesse et que toi comme tant d'autres, tu n'as jamais été enceinte de ta vie, t'as juste envie de hurler comme un loup enragé.

Quand on t'apprend qu'un type qui tape dans un ballon rond pèse 94 millions d'euros et qu'en même temps, certains agriculteurs français essaient de gratter péniblement quelques centimes, t'as juste envie, comme Bayrou, de te prendre pour Zidane dans son dernier rôle.

Quand le PDPA (Président du Pouvoir d'Achat) se passionne soudainement pour l'environnement et cherche de l'écolo à tire-larigot, t'as juste envie d'hiberner jusqu'en 2012... 2017.

Quand la chef de l'OMS décrète l'alerte 6 et que les savants t'expliquent que les microbes sont sournoisement en train d'attaquer les deux hémisphères, t'as juste envie de plier bagages pour t'expatrier sur Mars.

Quand en Ir... Non, désolée, je ne fais pas la politique étrangère. Trop de boulot.

Quand dans ton petit monde rien qu'à toi, Pôle, avec qui t'as décidé de renouer malgré ta liaison tumultueuse de l'an passé, t'ignore totalement, que toutes les entreprises du 44 font de même malgré tes différentes stratégies d'attaque et les subterfuges dont tu uses et qu'en plus, tu parles comme Cohn-Bendit au lendemain des élections parce que t'as encore importé une infection de la maternelle-nid-à-microbes, t'as pas envie de faire des bonds telle une groupie normande d'Obama.

Alors qu'est-ce-tu peux faire pour éviter de t'enfermer-chez-toi-à-double-tour-avec-Vincent-Delerm-pour-chialer-sur-ton-sort ?

Comment tu vas parvenir à continuer bravement ton chemin d'humain lambda ?

Je ne sais pas ce que vous avez trouvé, vous, mais moi, mon antidote, c'est Les Guignols !

Bonne semaine à tous !

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18 mai 2009

Dîme dame dhommes

Encore une semaine d'ivresse qui se termine. Entre Tapie et Dati, franchement, j'ai pas pu décider qui méritait le plus la palme.

Le premier, planqué pendant des mois pour se faire oublier, nous est ressorti de derrière les fagots, dans une forme épatante. Il veut s'offrir le  Club Med... probablement parce qu'il lui reste tant de monde à découvrir... ou qu'il ne sait pas quoi faire de son argent de poche. Vous savez, les 285 millions que nous tous, contribuables débonnaires, lui avons filés sans approuver.

Le point positif là-dedans - parce que vous avez lu comme moi dans Psychologies qu'il fallait toujours voir le côté positif des choses, n'est-ce-pas - c'est que nous aurons bientôt 80 villages dans le monde où nous serons chez nous !

La seconde figure en bonne place sur la liste du député Sherlock Dosière. Imaginez qu'elle n'a même pas eu l'idée de souscrire des abonnements annuels pour faire faire des économies à la République. Elle claque 500 € par mois au kiosque !

Le point positif là-dedans - parce que vous avez lu comme moi dans Psychologies qu'il fallait toujours voir le côté positif des choses, n'est-ce-pas - c'est que sur ses 20 bagnoles, elle en conduit quand même une. Ca nous économise un salaire de chauffeur.

Finalement, tout ça n'est pas très important parce que dans mon petit monde à moi, la terre a nettement ralenti hier matin et j'ai bien failli planter ma copine aux Floralies. Ben oui, l'homme s'est levé avec un torticolis. Une sorte de fin du monde.

Crispé par la douleur, il a annoncé qu'il n'allait pas pouvoir bouger un pouce de la journée. Puis il m'a supplié de lui faire un massage au Bengay et bonne comme je suis, je lui ai enroulé une écharpe toute douce autour du cou. Au bord de la paralysie, l'homme s'est recouché en me demandant, l'humeur taquine, si je lui avais préparé son lunch. J'ai pas répondu à la provoc', affairée que j'étais à assurer à sa place la toilette de Miss Cocotine...

Une semaine 20 à enterrer sans fleurs ni couronnes avant d'en accueillir une nouvelle dans la joie et la bonne humeur en reprenant s'il-vous-plaît tous en coeur notre dernier succès :

"Comme un enfant aux yeux de lumière,
Qui voit passer au loin les oiseaux,
Comme l'oiseau bleu survolant la terre,
Vois comme le monde, le monde est beau."

Dans cette euphorie, n'oubliez tout de même pas que la République Française attend que vous peaufiniez votre petite déclaration pour lever la dîme.

Bonne semaine à tous !

11 mai 2009

Hydroalcooliques anonymes

Que restera-t-il de la semaine 19 de l'an 2009 dans nos livres d'histoire ?

Peut-être qu'une fausse Marilyn en tailleur pantalon (cousu sur elle ou pas, on ne le saura jamais...) est venue susurrer un Happy Birthday au PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat) pour ses deux ans de règne...

... ou qu'à peine né, Pôle Emploi est déboussolé face à tous ces acharnés qui veulent travailler plus pour gagner plus...

... ou encore que les ventes de solution hydroalcoolique ont pété les objectifs...

Peu m'importe à vrai dire. Dans l'album de mon petit monde à moi, rien d'épatant, rien de transcendant, rien qui mérite d'en faire une tonne à part peut-être ce coup de sang de l'homme.

Samedi matin, alors que je chuinais en lui racontant que l'ordi pédalait dans la semoule pour cause de RAM défaillante, il a disparu brutalement. Il a réapparu en clamant : "Débranche tout, j'ai la solution." Il s'est à nouveau éclipsé mais cette fois avec l'unité centrale sous le bras. Un quart d'heure plus tard, il est revenu :  "Il nous rajoute une barre d'un Giga. 54 €. Elle est où, la CB ?" Au final, il m'a ramené une mini bombe et une facture d'1Form@tix, les stars du computer du bled. De quoi bloguer 24h sur 24... D'ailleurs il est 1h47... Ben oui, je suis comme les vrais journalistes... Je travaille la nuit pour vous pondre "Le baratin du lundi matin".

Bon, j'en étais où ? A part ça... à part ça... la number nineteen, c'était pas un bon cru... Loin de crouler sous les propositions de CDI grassement payé, mon unique contact humain de la semaine se résume à cet échange de quatre phrases avec la gardienne de Randstad qui m'a gratifié d'un gracieux "Toutes les candidatures sont à l'étude actuellement."

D'ailleurs, j'ai un truc à vous demander :

Qui serait assez brave
pour m'appeler sous un faux nom
et me proposer un entretien d'embauche fictif
avant que je séquestre le staff de...
Page Personnel, Expectra et  Manpower ?

En attendant vos nombreux appels, j'vais m'laver les mains, moi...

Bonne semaine à tous !

4 mai 2009

Mon entrée au paradis reportée ?

Quand je pense que j'ai passé deux jours à rédiger mon testament... Fallait bien décider à qui j'allais léguer mon- nounours-celui-que-j'ai-eu-à-un-an et mon Livret A à 1,75%... Tout était prêt pour mon expédition au paradis céleste où mon âme tourmentée aurait pu enfin reposer en paix, loin de Pôle et des autres...

...et voilà que dans le poste, ils se sont mis à dire que la grippe porcine... mexicaine... A/bidule n'était pas si grave que ça ! Alerte 5 = fausse alerte alors ? Je vais pas y passer et Rosy va pouvoir remettre son tailleur rose bonbon ?

Ben, alors, quoi ?  Elle s'est trompée, vous savez, celle qui s'est rebaptisée et qui a toujours un chapeau vissé sur la tête pour faire croire qu'elle est bien née, dans son analyse si fine ? Je l'ai entendu dire sereinement (zapping du 29 avril pour ceux qui ne me croient pas) : "Je crois qu'il arrive un moment où il y a tellement de monde sur cette terre qu'il y a des maladies comme ça qui font partie... qui exterminent beaucoup de gens..." Quand on découvre que des gens comme elle se sont vus décerner le grade de commandeur de la médaille de l'ordre national du mérite du dévouement français récompensant "le bien et la valeur", on reste comme-qui-dirait interloqué...

Et me voilà comme deux ronds de flan avec cette question qui me colle aux basques : "Vu que j'vais pas mourir, mais qu'est-ce-que j'vais faire de ma vie ?"

Connecte-toi donc sur le site de Pôle, tiens, ça va t'occuper ! Et puis, y'a les draps à étendre et dis-moi un peu, l'homme t'a pas fait un planning hier soir ? Me semble qu'il a décrété : "Tu f'ras les carreaux demain !" Bon alors, va bosser au lieu de cancaner !

Bonne semaine à tous !



8 novembre 2007

Il paraît que tout le monde se pose des questions

Encore France Inter qui vient me mettre la rate au court bouillon ce matin avec une émission spéciale sur l'adoption internationale avec Laure de Choiseul, directrice de l'Agence Française de l'Adoption et Jean-Marie Colombani, chargé de mission par l'Elysée sur l'adoption...

L'introduction m'a laissée dubitative... euh énervée !

Pourquoi diable ce journaliste fait-il aussi facilement le parallèle entre l'affaire de L'Arche de Zoé et l'adoption internationale ? Même si cette histoire demeure assez floue pour l'instant et que cela n'arrange pas les rapports entre les pays concernés, je n'ai lu ni entendu nulle part que cette association projetait de ramener ces enfants en France en vue d'adoption ! On parle de familles D'ACCUEIL dans un but HUMANITAIRE, pas d'adoption !

Encore une fois, on mélange tout. L'adoption internationale est suffisamment complexe pour que les gens qui en parle restent prudents et cessent d'assimiler HUMANITAIRE ET ADOPTION.

Pourquoi faire cet amalgame qui embrouille les petits esprits et laisse libre cours à toutes sortes de bavardages stupides concernant l'adoption ? On n'est déjà pas aidés ! Alors ça suffit !

Si les médias pouvaient  arrêter de parler de l'adoption quand ça les arrange, quand ils peuvent en faire un sujet brûlant, faire de l'audience (aaaaaaaaaah, faire de l'audience.....) en le liant à des histoires de people, des parcours delaruesques caricaturaux ou à un fait d'actualité qui n'a pas grand chose à voir avec ça...

peut-être que nous, qui avons fait ce parcours difficile JUSQU'AU BOUT sans broncher, sans se révolter, sans manifester, sans s'appeler Hallyday ou Pitt, en encaissant, en acceptant les humiliations, les coups bas, en attendant des jours et des lunes, en restant profil bas et surtout en respectant les lois, on n'aurait pas  Monsieur GLANDU qui nous saute dessus dans la rue pour nous demander combien on a payé notre fille ou si on l'a volée en Chine !

Allez, je vais me faire un thé...

Bonne journée à tous !

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30 mai 2007

LES regards des autres

Si j'avais voulu débattre de l'adoption,  je ne me serais pas inscrite dans la rubrique "Déco, brico, jardin". Et puis, je fais déjà partie d'un forum réservé aux adoptants en Chine.

Cependant,  j'éprouve le besoin d'éclaircir un point qui n'est pas de détail.

Lorsqu'on adopte un enfant, on doit avoir la force d'affronter LES regards des autres : bienveillance, ignorance, incompréhension, interrogation, pitié, simplicité, curiosité, bêtise, méchanceté voire haine parfois quand il y a racisme derrière, et admiration. Volontairement, j'ai tout mélangé puisque la vie est ainsi faite qu'on est confronté au pire et au meilleur dans la même journée.

Bien souvent, je passe et glisse sur les attitudes négatives ou les remarques stupides, redevenant moi-même lorsqu'on me traite comme une Maman parmi tant d'autres et qu'on regarde ma petite fille comme une petite fille française parmi tant d'autres.

Mais il est un sentiment avec lequel je me sens très mal à l'aise. C'est l'admiration. Je ne le comprends pas.

Adopter un enfant, c'est juste accéder à l'état de parents par un chemin différent. On ne fait pas des enfants pour être admirés (ou bien on est très malade...). Eh bien, on n'adopte pas un enfant pour être admiré.

En aucun cas, je ne considère que "j'ai sauvé ma fille". Cette formule ne me parle absolument pas. Je ne me sens pas investie d'une mission et je ne suis pas une ONG. Et pour être franche, je considère plutôt que c'est elle qui nous a sauvés !

Il n'y a pas de compassion dans l'adoption. Il y a juste le désir de faire une famille, comme tout le monde.

De la compassion, on peut en avoir, certes, quand on voit ce qui se passe dans certains pays mais ça me semble être un sujet bien différent de la parentalité.

Mais la parentalité, au fait, ça se définit comment ?

Je vous laisse méditer...

en ajoutant que la vraie vie des adoptants est bien souvent aux antipodes de ce qu'on peut voir et entendre dans les médias, plus attachés, la plupart du temps, à faire de l'audience qu'à concocter des reportages intelligents et à divulguer des informations fiables.

Bonne journée.

19 octobre 2012

Etre une femme

A force de verser des bidons d'huile sur ma roue personnelle, voilà qu'elle s'est mise à grincer doucement. Je sors de cette semaine fourbue mais assez contente de moi.

Car figurez-vous que les deux entretiens que j'étais venue afficher ici avec fierté ne se sont pas mal passés du tout. A tel point qu'ils ont fait des petits et que je suis à nouveau convoquée jeudi prochain pour un interrogatoire en bonne et due forme devant l'état-major au grand complet.

Afin de fêter dignement cette victoire épatante, je me suis écroulée, hier soir, dans mon tas de plumes râpé sans champagne ni caviar et j'ai vécu l'une de ces folles soirées télé dont je suis seule à détenir le secret.

Du service public en veux-tu en voilà jusqu'au bout de la nuit. Ce matin, j'avais une vraie tête de lendemain à me coller du masking tape sur les cernes.

Après avoir suivi avec plus ou moins d'attention les reportages proposés par Envoyé spécial, je n'ai pas pu résister à ce titre si séduisant lancé par Benoît Dusquene dans Complément d'enquête :

Sexe : la riposte des femmes.

Une façon comme une autre de préparer ma future prestation face aux quatre hommes qui vont se faire une joie de me cribler de questions d'ici quelques jours.

Imaginez seulement qu'à l'instar du consultant en recrutement mandaté par leurs soins pour effectuer un premier tri, l'un d'eux se mette à prononcer cette phrase hallucinante (à prononcer comme Fabrice Luchini, bien entendu) :

Vous n'allez pas faire de deuxième enfant ?

suivie de peu, il est vrai, par un je-vous-demande-ça-même-si-ma-fille-me-dirait-que-je-n'ai-pas-le-droit-de-le-faire.

Comment vous dire ?

J'ai dû afficher le regard le plus désemparé de ma carrière de chercheuse d'emploi et, revoyant en un quart de seconde mes huit années de PMA* et mes huit années de procédures d'adoption,  j'ai lancé d'une voix quasi éteinte un ah-non qui devait en dire long. Le type a eu quelques instants d'hésitation, m'a toisée et a redémarré :

- Parce que vous avez quel âge ? Quarante ans ?

Ebahie par sa mérpise, j'ai ânonné un autre ah-non. Puis, j'ai encaissé la suite :

- Quarante-deux, quarante-trois alors ?

Là, percevant un soupçon de désespoir chez mon interlocuteur, j'ai mis fin à son supplice juste après un troisième ah-non.

Une salve finale est venue m'achever :

- Vous ne les faites pas... Ah oui, heureusement alors (sous-entendu que vous n'allez pas faire d'autre gamin),

ça serait dangereux.

Ca vous étonne, que j'ai oublié mon sac à main en quittant le prétoire ?

Honnêtement, la demandeuse d'emploi que je suis ne se fend pas la poire tous les matins mais là, j'avoue que c'était une bonne journée.

* Procréation Médicalement Assistée

Je dédie ce post à toutes les femmes qui se sentent blessées durant les procédures de recrutement. Est-il vraiment utile de préciser que Léon, qui sort à peine d'une série quasi illimitée d'interviews, n'a jamais eu à répondre à ce genre de questions ? Mais c'est vrai que je fais beaucoup plus jeune que lui.

10 février 2011

Sur un fil

Encouragée comme je l'ai été, je ne pouvais que m'incliner et reprendre du service sans moufter.

D'ailleurs, à 6h17 hier matin, j'ouvrais subitement l'oeil, titillée par une poignée d'idées qui dansaient la Carmagnole dans mon cerveau embrumé. Un signe du destin. Un brin d'effort et de concentration et je les avais matées, hiérarchisées et plaquées sur mon clavier.

Je suis donc prête à vous livrer enfin un baratin qui, je l'espère, sera à la hauteur de vos attentes.

A l'instar de ses prédécesseurs, janvier a traîné en longueur, congestionné et renfrogné, dans l'attente insoutenable du carnet de notes de l'homme, accompagné ou non d'une augmentation qui de toute façon, avait peu de chances de couvrir les 6% de hausse annuelle de ma facture EDF, les 7 de celle de GDF, ni même les 5 de celle de Véolia.

Partant de cette sombre mais néanmoins réaliste hypothèse, l'humeur a viré au maussade du côté du pôle financier et tout comme mon PDPA-bien-aimé, il a fallu que je planche nuit et jour sur le dossier étiqueté

comment-garder-l'équilibre-en-2011.

Allais-je enfin cesser de me mettre la rate au court-bouillon pour vivre au jour le jour en abandonnant définitivement l'espoir d'engraisser mon Livret A, mon PEL et mon LDD et de combler mon banquier en signant enfin le plan de retraite qu'il rêvait de me refourguer depuis une décennie ?

La question méritait probablement que je m'y intéresse, mais noyée dans mon plan de survie pas-de-viande-pas-de-ski-pas-de-concert-pas-d'autoroutes-pas-de-shopping-hors-soldes-pas-de-coiffeur-pas-de-verres-progressifs-pas-de-baby-sitter, je ne pouvais m'empêcher de constater, les boyaux emmêlés, que mon niveau de vie n'en finissait pas de sombrer depuis mon licenciement fracassant de 2003.

Pour autant, ce n'était pas le moment de rendre mon tablier. Car en fin stratège, je savais pertinemment que la question primordiale à soumettre à l'homme en ce début d'année, c'était :

Qu'est-ce-qu'on fait cet été ?

Après 76 heures d'enquête minutieuse sur les pratiques parfois scélérates des professionnels ou des opportunistes du tourisme français, grec, italien ou espagnol, j'en arrivai à cette conclusion accablante : Où vais-je bien pouvoir passer une semaine de semaine paradisiaque sans claquer un mois de salaire ?

Ne trouvant aucune réponse satisfaisante à cette question, je tombai dans une crise foudroyante de j'en-ai-plein-le-dos-d'être-dans-la-mouise qui déboucha sur l'adoption immédiate d'une restriction budgétaire draconienne. L'état d'urgence était décrété. Les ET liant toutes les envies de la famille seraient remplacés derechef par des OU.

N'étais-je, après tant d'années de frustration, devenue une spécialiste du concept dans-la-vie-faut-savoir-faire-des-choix ? En bonne fille de banquier, j'avais toujours su résister aux débits vertigineux et au cercle infernal qui ne manquait pas d'en découler, quitte à m'astreindre à une mono-diète pâtes 1er prix Auchan doublée d'une interdiction de fréquenter tout ce qui ressemble de près ou de loin à un faiseur de marges. Ce n'était pas une année de plus de rationnement qui allait me mettre au tapis.

Et du reste, pour montrer l'exemple, n'avais-je pas bravement renoncé à mon abonnement Canalsat, me privant ainsi de Jamie Oliver, Gordon Ramsay et Nigella Lawson, les seuls anti-dépresseurs sans effets secondaires ? Une punition dont j'ai pleinement ressenti la cruauté le 4 février, date à laquelle la diffusion a été coupée définitivement, me laissant comme une âme en peine répétant en boucle nom-d'un-chien-j'en-ai-marre.

Au coeur de cette débâcle,  une chose demeurait certaine. Les escapades, elles, relevaient du domaine du sacré. Je pouvais accepter toutes les avanies mais rogner sur le budget congés, c'était pire que de m'estropier.

Le soir même, je servais mon rapport complet et fouillé à l'homme hébété puis irrité de voir ainsi la Cour des Comptes débouler furibarde dans son living pour l'accuser de dépenses inconsidérées. Trente minutes de monologue plus tard, j'étais à bout de souffle et n'avais manifestement pas obtenu d'adhésion franche à ma cause. La partie adverse persistant à nager dans la mauvaise volonté, je finis par déclamer solennellement :

Puiser dans les économies, c'est fini.

avant d'ajouter avec emphase :

Le bas de laine, il est dead.

Comment vous dire ?

Dans les quinze jours qui ont suivi, l'homme a viré à l'autisme, disparaissant du domicile conjugal de 6h30 à 20h00 et refusant toute communication adulte et responsable avec les hautes autorités financières entre 20h01 et 6h29.

Si bien que je voyais déjà ma cagnotte vacances idylliques muter en enveloppe divorce hystérique.

Vous savez quoi ? Ces échauffourées m'ont éreintée et sans ambages, je peux vous assurer aujourd'hui que :

je suis claquée !

Le seul moyen de récupérer étant d'envisager une excursion bien ficelée, j'ai secoué mon LG-pas-smart-pour-un-sou dans tous les sens pour dénicher un ami qui, par un heureux hasard, passerait au-dessus de mon bled en jet et accepterait de me donner un lift direction le soleil du Maghreb.

Peine perdue.

Dommage, j'aurais tellement aimé décompresser et changer de peau pour un temps.

Quoi ?

Je suis 24 heures sur 24 et 365 jours par an chômeuse-de-très-longue-durée. Vous comprenez bien qu'avec le rythme que j'ai, de temps en temps, j'ai besoin de me poser, j'ai besoin d'être en famille et avec des amis, et qu'à ce moment-là, j'en oublie un peu la représentation.

Si je n'ai même plus l'espoir d'une virée quelconque, que me reste-t-il donc pour me divertir ?

Peut-être ma-boite-à-Ferrari ce soir à 20h30. C'est JPP qui mixe. Autant vous dire que ça va déchirer.

Bonne journée à tous et surtout bonne soirée !

8 juin 2009

Homo sapiens

Une semaine tellement chargée qu'on peut en ressortir hébété en se demandant comment trier toutes les informations qu'on nous a bombardées en si peu de temps.

De la violence d'un Airbus qui disparait à l'état des lieux aussi splendide qu'affligeant d'Arthus-Bertrand en passant par ce show si rigolo chez Arlette suivi d'une abstention à 60%, mes pensées flottent.

L'homo sapiens est-il si sapiens que ça ?

Sa vie, son oeuvre pourraient, en tout cas, s'avérer aussi éphémères que celles des dinosaures.

Tant pis pour lui.

Il est prévenu, il a dix ans

pour se montrer enfin intelligent.

Bonne semaine à tous !

27 avril 2011

Le baratin de la nuit du 26 au 27 avril 2011

La nuit porte conseil. A 4h42, les dés étaient jetés et Léon adopté à l'unanimité.

Seul bémol, il vaut mieux que j'évite d'en parler devant Miss Cocotine qui, à coup sûr, partira d'un : "Où qu'il est, Léon le Bourdon ?" qui me fera hausser le sourcil gauche, tant pour la méprise que pour la syntaxe.

Prudente, j'ai toutefois décidé de lui coller un pronom possessif. Avec toutes ces mangeuses d'hommes qui rodent sur le Net, fallait bien que j'assure mes arrières.

Mon Léon

Nul doute, ça lui va comme un gant et ça me détend. L'homme, c'était quand même un peu sec, mon Léon, c'est plus rond.

Cette Bri, une perle.

Je profite de ce baptême pour vous raconter ce je pourrais classer sous un nouveau tag intitulé "Les dernières de mon Léon" mais qui finira sans dénoter dans "Bidochon's life" et "Duels de vieux couple".

Ces derniers temps, Léon ne peut pas ouvrir la bouche sans commencer par un "Ma coach m'a dit que" qui en dit long sur sa soumission à l'entreprise et son désintérêt total pour mon burn out sanglant.

Il est en coaching management.

Tout s'explique.

Toute l'étrangeté de l'histoire réside dans le fait qu'il est subrepticement passé des exercices de groupe à un tête-à-tête avec la formatrice qui me paraît extrèmement décontracté.

Jugez vous-même.

Ils se tutoient.

Fallait creuser.

Hier soir, Léon bien calé dans le canapé du salon, moi en train d'étendre les caleçons :

Léon dans son trip :  Ma coach m'a dit que...

Moi, un tantinet saoulée : Mais qu'est-ce-qu'elle t'a fait, celle-là ? Elle est belle ?

Léon ricanant bêtement : Non, même pas.

Moi, me rappelant soudain avec effroi que mon premier mari m'a remplacée par une fille qu'il décrivait volontiers comme pas terrible : Faut que je me méfie.

Et en mon for intérieur : Ma Bri me dirait que je fais encore ma victime... C'est pas jouable.

Léon changeant de sujet :  Ma coach m'a dit que tu pouvais lui envoyer ton CV. Elle m'a dit "Sans réseau, c'est mort, ici." C'est bête, j'ai oublié sa carte sur mon bureau.

Moi recadrant la situation : Sans blague. Pas besoin d'elle pour arriver à une analyse aussi fine. T'avais qu'à me demander.

Léon revenant à ses moutons : Ma coach m'a dit que je m'ennuyais, que je devais partir.

Moi exténuée : T'as raison, je ne me retape pas encore un déménagement à pétaouchnoc.

Léon se la pétant : Ma coach m'a dit qu'ils ne m'utilisaient pas à plus que 50% de mes capacités.

Moi, capacité d'analyse 300% : Non mais c'est quoi, ces flatteries à deux balles ? Elle te drague ?

Léon faisant le beau : Ben, je me l'demande.

Moi revenant à plus concret : Ah bon, et qu'est-ce-qu'elle propose, ta coach rien qu'à toi ?

Léon rêvant d'un destin plus excitant :  Ben, y'a des postes similaires mais où y'a plus de recherche...

Moi perplexe : Plus de recherche, what do you mean ?

Léon sur la pointe des pieds : Les types, ils voyagent, ils sont toujours à droite, à gauche, pour trouver des idées...

Moi terrassée par son culot : Ah c'est ça, les 50% manquants ? Partir lécher les vitrines à New York, Londres, Tokyo ou Hong Kong pendant que la MAF, elle surveille ta progéniture ? C'est clair, elle te drague.

Sèchée par la démonstration, j'ai fini par fermer les écoutilles. La pince à linge en plastique bleue est restée figée dans l'air et le pantalon de Léon, en suspension.

C'était limpide. Mon Léon, il s'en tapait le coquillard, de mon burnt out.

Bzzzzzzzzz... Léon le garçon...

14 octobre 2009

Le réseau

Des années lumière que le grand cheval de bataille de Pôle-Emploi-ex-ANPE, c'est LE RESEAU.

Tu es demandeur d'emploi ? Pour trouver un job, tu dois activer ton réseau. Simplissime.

Voilà où j'en suis encore et toujours aujourd'hui, chaperonnée par ma coach personnelle, extrêmement placide et heureusement indulgente sur les abdo-fessiers. Que voulez-vous, la république ne peut m'offrir qu'un ersatz de celle de Madonna.

LE RESEAU.

Quand on prononce ce mot, ma copine Sandrine, ça lui déclenche une réaction épidermique qui la fait se transformer en créature sauvage, la tignasse ébouriffée, les yeux exorbités, l'écume aux lèvres et le verbe incontrôlable. Ma copine Dominique, elle, a moins de cheveux mais tout autant de bagou pour déblatérer sur le sujet.

Et ces deux-là, je peux vous dire que ça me soulage de médire en leur compagnie car en ce qui me concerne, c'est à un yogi compétent qu'il faudrait que je m'en remette désormais, tellement le concept me fait virer à l'ours mal léché.

Depuis quatre ans, je n'ai pas perdu une occasion de parler de ma quête du Graal lors de surprise-parties organisées par la boite de l'homme, pensant qu'un jour ou l'autre, ces braves reconnaîtraient mes talents ou auraient pitié de moi, au choix. Rien à faire. Je n'ai fait que me heurter à une politique virulente mais très silencieuse d'anti-regroupement-familial.

L'homme m'ayant appris un jour que le beau-frère de son boss œuvrait chez Synergie, je l'ai travaillé au corps pendant deux ans avant qu'il daigne enfin lâcher le morceau et faire en sorte que les sus-dits mettent mon cas sur le tapis lors du prochain déjeuner dominical. Les protagonistes se sont montrés bien polis et m'ont juré avoir débattu de l'affaire entre Roquefort et tarte aux fraises. Peine perdue. J'ai relancé, presque harcelé, tout ça pour mieux échouer aux oubliettes.

L'homme étant manifestement une source décevante, il fallait élargir le réseau.

Entre le voisin de droite, en retraite très anticipée car fâché-avec-le-monde-du-travail-pour-la-vie et celui de gauche tendance chasse-pêche-nature-et-traditions, mon cœur balançait sans pouvoir s'arrêter. Alors je m'en suis remise à la bible de l'ANPE et dans la définition du réseau, j'ai soudain trouvé : les commerçants du quartier. Attaquer le boulanger, le boucher, le marchand de journaux, c'était vraiment l'idée astucieuse. Bien sûr. Le souci, c'est que mon porte-monnaie étant un adepte de la grande distribution, je me voyais mal, entre deux tranches de Bayonne, interpeller la vendeuse du rayon charcuterie d'Auchan "Eh, M'dame, je cherche un poste en ADV, export si possible." Un coup à la traumatiser à vie.

C'est à ce moment que je me suis dit qu'il fallait la jouer plus fine. La sortie de l'école. Bon sang mais c'était évident, je l'avais à porter de main, ce réseau faramineux. Les mères des copains de ma fille, elles allaient forcément pouvoir me mettre en relation avec une foultitude de PDG accueillants et de DRH charmants. Pendant des mois, j'ai fureté à droite à gauche mais visiblement, les parents d'élèves  fréquentant mon secteur d'activité avaient autre chose à faire que de camper devant la grille à 8h50 et à 16h30. Quant aux présents, force fût de constater que nos repères n'étaient pas tout à fait similaires et le soir où la mère d'Anatole m'a balancé avec désinvolture : "Non, mais toi, tu cherches pas un poste incroyable... Tu veux un p'tit boulot... T'as pas besoin de beaucoup, non ? 2 ou 3000 balles, ça te suffirait ?", j'ai décidé de classer l'affaire, toute tentative de symbiose étant devenue vaine à mes yeux .

L'étape suivante, c'était de partir en guerre du côté des amis. Le souci, c'est qu'à force de bourlinguer, des vrais potes de trente ans, on n'en a plus aucun. Restait plus qu'à  tenter ma chance du côté des copains de fraîche date, ceux avec qui je fraternisais un peu, beaucoup, voire passionnément depuis mon débarquement en Loire-Atlantique.

Avec certains, j'ai préféré faire la morte. Un déjeuner à les écouter raconter à quel point ils étaient offusqués que leur femme de ménage ait osé leur demander s'ils ne connaissaient pas quelqu'un pouvant fournir du travail à son mari a suffi à calmer mes ardeurs.

Avec d'autres, j'ai essuyé des regards condescendants sous-titrés la-pauvre-fille-elle-trouvera-pas, des je-te-jure-si-je-pouvais-faire-quelque-chose-je-le-ferai faux-cul de première et des attitudes muettes et égoïstes genre j'ai-rien-vu-j'ai-rien-entendu-on-passe-à-autre-chose.

De temps à autre, un brave est venu vers moi plein de bonnes intentions pour me filer des noms de DRH, un gentil a passé 20 mn au téléphone à me convaincre de faire ci ou ça et un Zorro m'a invité à boire un thé un jour d'overdose de claques.

Oui mais voilà, tout ça m'a permis de faire le ménage sur mon portable mais pas de dégoter un salaire.

Arrivée à ce stade, que me restait-il ? Les groupements d'entreprises. Dans le bled, une zone d'activité soi-disant en développement et d'ailleurs totalement inaccessible par les transports en commun. Plusieurs coups de fil et trois mails ont suffi à me faire capter que de ce côté-là non plus, il n'y avait pas grand chose à espérer.

A bout, je me suis jetée au cou du 2ème adjoint à l'administration et aux ressources humaines du bled lors de la balade sur la Loire offerte par la mairie aux nouveaux arrivants. Certainement dans le but que je vote pour son équipe aux prochaines élections, il m'a promis monts et merveilles et bizarrement, m'a enterrée dès notre retour à terre.

En désespoir de cause, je suis retournée draguer sur Viadeo, ce réseau prétendument fantastique sur lequel j'étais inscrite depuis déjà 5 ans sans jamais avoir eu le moindre contact. Puis fatiguée par un harcèlement constant visant à me faire payer pour entrer en relation avec les abonnés, je me suis fait un petit plaisir et j'ai cliqué sur "Annuler votre compte".

Alors ?

Alors si quelqu'un a le portable du PDPA... Apparemment, il a un tuyau pour trouver des postes à La Défense.

4 octobre 2009

Conte de sorcières

Jeudi matin, dans ma boite à lettres, un courrier estampillé AFA.

A-F-A. Agence Française pour l'Adoption.

J'ouvre, pas emballée. Le China Center of Adoption Affairs a étudié notre dossier, celui qui est en route DEPUIS QUATRE ANS, et me réclame une attestation de mon employeur, ma rémunération annuelle, ma position dans l'entreprise, mon type de contrat de travail et ma date d'entrée dans la fonction exercée.

Ironie du sort.

Si j'avais la force, j'en hurlerais volontiers de rire mais là, je perds d'un coup mon sens de l'humour et je me demande ce que j'ai bien pu faire dans ma vie antérieure pour en baver comme ça depuis 30 ans.

Oui, 30 ans. A 16 ans, je voulais déjà un enfant et j'avais décrété que j'en aurais trois avant 25 ans. Les avoir plus tard, non, impossible. Dans mon esprit, c'était trop vieux.

Une attestation de mon employeur. J'appelle l'AFA pour expliquer que depuis notre première adoption, je n'ai jamais retravaillé. Ils exigent que, sur l'honneur, je ponde un lettre expliquant que je n'ai pas d'emploi.

Bien sûr, ma signature devra être légalisée en mairie, le document sera ensuite envoyé au Ministère des Affaires Etrangères pour légalisation puis au Consulat de Chine pour sur-légalisation et enfin traduit par un traducteur assermenté, chaque protagoniste s'attribuant quelques deniers au passage.

Je perds patience. Je n'ai plus envie. Je suis épuisée. J'ai un besoin urgent d'aboyer.

Mes états d'âme, je peux les remballer. Tout le monde s'en moque allégrement. J'ai quatre mois pour envoyer ce stupide papier. Sinon, le CCAA annulera notre procédure d'adoption.

J'appelle l'homme. Et nous voilà à nouveau plongés dans le chaos.

Qu'est-ce-qu'on fait ?

On les envoie paître avec toutes leurs exigences ? On enterre cette envie de deuxième enfant pour toujours ? On vieillit à trois mais tranquilles ?

Ou on continue bravement à courber l'échine et on part au front ?

Faire un choix, prendre une décision et s'y tenir. L'assumer.

J'ai prévenu l'homme. Lâche et perdue comme je suis, d'un côté ou de l'autre, je chialerai des litres.

Je vais avoir 46 ans le 20 octobre

et je hais Cendrillon.

28 septembre 2009

Courage, fuyons !

Encore trop d'images accablantes et de mots désolants en cette 39ème  semaine de l'an 2009. Sept jours de coeur au bord des lèvres.

D'un PDPA qui s'attribue malencontreusement tous les pouvoirs d'un juge devant deux journalistes vedettes en somnolence aigüe à 500 hommes sommés d'en détruire 300 autres avec délicatesse en passant par un ancien président qui s'abîme dans un romanesque bas de gamme, mon esprit plombé a vagabondé.

Mais Jean-Philippe, dis-moi la vérité. Noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir ou quoi ?

Pour tout vous dire, je n'ai pas attendu sa réponse pour tailler la route et m'exiler vers des terres lointaines. Affligée par ce marasme, j'ai fui lâchement mon petit quotidien de coachée-en-apnée pour vivre trois jours à l'écart de toute attaque médiatique. Ce n'est pas pour autant que mon âme a végété en paix, mais ça, c'est une autre histoire...

Bonne semaine à tous !

28 septembre 2009

L'amour du risque

Dimanche soir, à 100 à l'heure sur la 4 voies entre Saint-Brieuc et Rennes. Un choc violent sur le côté droit de la voiture.

Peur.

Des choses sur la route qui ressemblent à des cailloux. Une sortie. L'homme la prend et s'arrête. La porte arrière est cuite.

On nous a balancé une pierre.

A 60 cm de la vitre de Miss Cocotine.

Mon sang ne fait qu'un tour. J'attrape le portable et je fais le 17. L'homme passe en trombes dans le bled et se gare sur le bas côté. Au fond, la 4 voies.

Il sort et tel Jack Bauer, se met à courir à travers champ. Je l'appelle. "Reviens, c'est dangereux. Attends les flics." Il n'entend pas et disparaît. Je panique. C'est peut-être la dernière fois que je le vois vivant. Je l'imagine déjà troué de coups de couteaux. Pourtant pas cliente de Bones ou NCIS.

Je me reprends. Impossible de laisser Miss Cocotine toute seule enfermée dans la voiture. Un couple se promène. Je leur explique. Ils m'indiquent la gendarmerie à deux pas. J'y fonce en voiture.Tout est clos. Je reviens vers le champ toujours désert.

J'aperçois des jeunes filles qui font du vélo dans leur jardin. Je ne réfléchis pas. Il faut que je rattrape l'homme. J'appelle la Maman et je lui demande de garder Miss Cocotine. Je pars en courant.

A peine arrivée dans le champ, j'aperçois sur la route deux jeunes, le visage défait et rouge. Je me dis qu'ils ont l'air franchement bizarre. Ils passent devant moi et se mettent à détaler. Au même moment, l'homme apparaît, en sueur. Je comprends qu'il faut agir. Je me lance dans ma plus belle foulée mais j'ai rien de l'homme qui valait trois milliards. Les jeunes ont pris de l'avance. D'un coup, je réalise que ma voiture est garée juste là. Je saute dedans, je démarre vite et un peu plus loin, je les coince sur le trottoir.

Tremblante et dans un état indéfinissable, je leur hurle : "Vous n'avez que ça à faire, le dimanche ? Jeter des pierres sur les voitures ! J'ai une petite fille de 5 ans à l'arrière. Vous imaginez si elle avait pris ça dans la figure ? Et ma portière ? Qui va me la réparer ?" J'ai la trouille qu'ils s'enfuient mais ils sont tétanisés. "On n'a rien fait. c'est pas nous." Visiblement, ils n'ont rien de dangereux délinquants. Je rappelle le 17. Là-dessus, l'homme apparaît et leur en remet une couche, hors de lui.

Ils ont 14 et 15 ans.

Les gendarmes débarquent et en deux secondes, ils avouent. Ils ont fait ça comme ça. Ils ne savent pas pourquoi. Les parents complètement décomposés nous rejoignent. Je ne voudrais pas être à leur place. Je m'éloigne pour les laisser régler leurs comptes. Quelque part, ça me donne envie de chialer. Beau gâchis. On nous explique la procédure. Soit on porte plainte et tout ce joli petit monde s'expliquera devant le juge, soit on fait un constat à l'amiable avec les parents. On choisit la deuxième option.

Deux heures plus tard, après avoir éclusé notre stock de constats, accepté les plates excuses des zouaves et serré la main à tout le monde sans rancune, on reprend la route, conscients que le destin aurait pu tourner dans un autre sens pour nous, comme pour eux, et persuadés d'avoir fait les bons choix. Dans la série "Mieux vaut en rire", je congratule l'homme et le baptise Jonathan Hart. Il me serre la pogne en m'appelant Jennifer.

Plus de peur que de mal. 600 € de portière quand même. L'assurance va probablement payer.

Mais grave, si grave qu'à 5 heures ce matin, je pensais à ces deux gamins et que  je n'avais pas le moins du monde envie de rire.

Une chose est sure : moi qui criais à tout va que je voulais du week-end excitant, j'en ai eu pour mon compte !

21 septembre 2009

La Marianne qui tue

En cette semaine 38, inspirée par La môme poison, j'ai décidé de faire un break...

et de vivre comme une taï-taï.

Oublier la joyeuse troupe des Demorand-Toussaint-Adès-Dambert-Chabot-Joly-Chenu et m'enrober d'une insouciance écœurante. Me persuader que Pôle Emploi s'écrit Paul Employ, se prononce à la Jane Birkin et que c'est un joueur de polo argentin. Ignorer les Réseau-pro-Casto-Leroy et faire les yeux doux plus un chèque indécent à mon archi pour qu'il gère tous ces détails tellement ennuyeux de tuyauterie à ma place (peut-être même passer dans Question Maison ensuite...). Me concentrer sur un emploi du temps 100% frivolité et foncer sur Paris dans ma BM- décapotable-créatrice-de-joie, un foulard à la Grace Kelly au vent et ma boite à gants blindée de Tamiflu. En profiter pour m'offrir une parenthèse spa-zenitude-totale-huiles-essentielles-oui-mais-bio-c'est-divin-pour-ma-peau car la vie de FITI (Femme Inactive et Totalement Improductive) est parfois harassante. Laisser filer les journées tranquillement dans un épanouissement sans limite et vivre enfin une semaine épatante.

Seulement, voilà. Vendredi matin, il a fallu qu'un petit postier sans vergogne et sûrement syndiqué vienne tout gâcher.

Dans ma boite, une Marianne.

En un clin d'oeil, plus de FITI mais une FAF irritée et échevelée qui bondit sur sa Casio pour déterminer précisément le pourcentage d'augmentation de la taxe du bled et qui manque de s'étouffer en découvrant le résultat : 10,18 %. L'écume aux lèvres, il fallait poster dans la seconde ce mail-qui-soulage à l'homme : "Tu diras de ma part à ton boss qu'en échange de ton dévouement absolu et de ton talent extravagant, il t'offre plus de 30 € d'augmentation tous les 2 ans, histoire de payer le foncier."

L'instant d'après, je me suis demandée si j'allais sacrifier à cette "mode du suicide"*. Je voyais d'ici mon épitaphe : "Acculée, elle préféra se noyer dans le hype." Et puis comptant sur la grippe A pour me rayer de la carte sans violence, j'ai lâchement renoncé. A la place j'ai boudé 5 heures. Le désavantage, c'est que mon action est restée très isolée et qu'aucun média n'a daigné la relayer.

Le soir, discrètement, l'homme s'est éclipsé pour cocher trois cases et mettre ainsi son destin dans les mains de la Française des Jeux. 100 millions destinés à compenser notre perte sèche de pouvoir d'achat, ça méritait bien de broder verre contre verre avant de sombrer dans des rêves de sable blond et de mer émeraude. Une vraie bonne soirée de gueux.

Mais samedi matin, l'homme, la mine déconfite et noire de poils, est apparu dans l'escalier et a déclaré : "Bon, ben, les 100 millions, c'est pas pour moi." Là, l'emploi du pronom personnel m'a jeté un doute quant au partage qu'il avait l'intention de faire de cette coquette somme. Puis submergé par une vague d'optimisme, il a repris : "Faut que je vois avec mon buraliste. J'ai peut-être gagné des centimes."

Inutile de vous préciser que ma semaine s'est achevée sur une défaite cuisante.

Dans ma prochaine vie, je le jure, JE SERAI FITI.

Bonne semaine à tous !

*Attention. Pour ceux qui ne me connaissent pas bien ou ceux qui vivent sur Saturne, ce paragraphe est à prendre au xième degré, cette association consternante de mots n'étant pas de mon cru. Je laisse l'entière responsabilité de cette formule à M. Lombard, PDG de France Télécom.

31 août 2009

Retour vers les 12 lunes

Rien de tel qu'un petit saut chez Ikéa cette après-midi pour s'apercevoir,  qu'à part une bande de veinards qui peut s'évader hors cohue,  tout le monde a plié son maillot de bain. La rentrée est là et bien là avec son cortège de bonnes nouvelles :

- Demorand is back,
- notre PPDA préféré aussi,
- à 7h, il fait encore nuit et à 21h30, il fait déjà nuit,
- les 3000 fraudeurs qui ont des comptes en Suisse pourraient bientôt renflouer notre budget de quelques wagons d'euros,
- 2 personnes masquées se trouvaient samedi soir dans une rue de l'agglo nantaise,
- la taxe carbone guette les braves gens,
- la fermeture des écoles pour cause de grippe A ou de différend avec un Luc Chatel tout frais tout neuf pourrait s'avérer d'actualité...
- euh, quoi d'autre ?

Ici, dans le tout petit monde de Cocotine, tout ça n'a aucune importance. Parce qu'IL A FAIT BEAU 20 JOURS AU MOIS D'AOUT DANS LE 44 ! La pelouse est cramée, les fraisiers rabougris, le potager vidé et les lupins ridés. Tant pis, quand le jardin écrasé de soleil commence à sentir la Grèce, c'est trop bon.

Au début du mois, quand il a tant plu et qu'à bout de nerfs, on s'est jeté dans le vignoble pour y dégoter du bon muscadet, un vigneron nous l'a bien confirmé : "C'est la faute aux treize lunes... Heureusement, c'est la dernière année."

Alors plus que 9 mois à tenir pour avoir un été de plus de 20 jours ! En attendant, n'oubliez pas de vous hydroalcooliser des cheveux aux doigts de pieds...

Bonne semaine et bonne rentrée à tous !

EDIT DE MARDI : Attention, Cocotine colporte de fausses informations. Nath a compté. Elle est formelle. Il n'y a que 12 lunes en 2009. D'où les 20 jours de soleil ardent, comme elle dit ! Ah, ce vigneron, si je le tenais ! On ne peut même pas se fier à ses indics. C'est un monde ça !

24 août 2009

Mourir ou pas

Mon parcours terrestre était-il voué à prendre fin en cette semaine 34 de l'an 2009 ? C'est bien la question qui m'a taraudé vendredi de 13h45 à 19h00.

Réveillée à 2 h dans la nuit de jeudi par des coups de poignards côté gauche, je m'affole : "C'est quoi, ce truc ? Ca y est, j'ai le coeur qui flanche." En ne bougeant plus, j'arrive tant bien que mal à me rendormir. 7h10. Les douleurs sont toujours là et même plus violentes. J'appelle le 15 qui me conseille de consulter de suite. Je me traîne dans la salle d'eau. D'accord pour mourir mais pas question d'être sale. L'homme n'a pas l'air emballé pour rester m'aider. Je le réquisitionne : "J'ai besoin de toi. Tes macarons attendront."

8h20. Miss Cocotine est déposée au centre aéré et je file au cabinet médical, pas fière. 45 minutes à attendre que mon toubib se rase et s'habille et le voilà qui, d'un ton badin, me lance : "Vous n'avez jamais fait de pneumothorax ?" "De quoi ?" Je gamberge vite. Pneumo. C'est pas le coeur. Il plaisante et me rassure : "Le tunnel blanc, c'est pas pour tout de suite." Il me prescrit du repos, un anti-douleurs et m'expédie faire une radio des poumons par précaution.

Le radiologue, qui, lui, ne rentre pas d'Espagne tout bronzé, est nettement moins détendu dans son discours et je passe vite des rayons à l'échographie. Une chose l'inquiète côté plèvre. "La plèvre, nom d'un chien, c'est quoi, ce truc ?" En 12 minutes, j'apprends tout sur le fonctionnement des poumons. Au final,  il préconise d'aller plus loin dans l'investigation pour s'assurer que ce n'est pas embolie pulmonaire et conclut par un : "Je préfère vous dire ça plutôt que de vous voir dans le journal dans deux jours" qui me laisse perplexe quant à mon avenir proche.

Son rapport tapé en gras souligné sous le bras, je cours revoir mon généraliste qui conclut : "OK,  je vous envoie aux NCN." "Euh, c'est quoi, un endroit tendance ?" Non, c'est juste les Nouvelles Cliniques Nantaises.

Vers 13h15, je me pointe à l'accueil des urgences : "C'est mon médecin qui m'envoie. Pour écarter les risques d'embolie pulmonaire." En un clin d'oeil, la fille m'ouvre grand la porte et je me vois créditer d'un péremptoire : "Allongez-vous tout de suite. A partir de maintenant, vous ne vous levez plus. Les conséquences pourraient être très graves. Votre vie  même peut en dépendre."

En quelques secondes, je me retrouve  sous surveillance d'un moniteur, des fils multicolores plein la poitrine. J'ai l'impression d'être dans un mauvais soap. Ca sent le roussi. Je pense à l'homme qui m'a lâchée pour aller travailler. Interdiction d'utiliser le portable. L'infirmière me prête son fixe. Je quémande du réconfort. Je récolte juste un grand moment de solitude. En raccrochant, je me demande comment j'ai bien pu faire pour me marier avec cette brute épaisse qui pas une seule fois en 17 ans n'a éprouvé la moindre compassion quand j'étais malade.

Un box se libère. Pose d'un cathéter. 4 tubes de sang en moins. Un médecin débarque pour faire causette. Je comprends à demi-mot que s'il s'agit d'une embolie pulmonaire, c'est pas la tête haute que je sortirai, mais les pieds devant. S'en suivent trois heures à moisir enfermée là-dedans sans bouger. Le regard collé au carré de lumière artificielle, j'ai  le temps de mouliner dans tous les sens et de revoir toute ma vie défiler. Je me dis : "Crénom de nom, et si ça sentait le sapin ? Et si cette foutue vie s'arrêtait comme ça ?"

Là, je me dis que c'est pas possible, que je ne peux décemment pas laisser l'homme gérer la maison tout seul, lui qui m'appelle au secours dès qu'il a besoin d'un Doliprane ou d'un savon neuf. Oh, puis flute, après tout, ça le fera grandir et avec mon capital-décès, il pourra embaucher quelqu'un qui choisira le programme du lave-linge à sa place.

Oui mais, Miss Cocotine, elle, elle a vraiment besoin de moi. On ne peut pas être séparées maintenant. Je ne l'ai pas attendue 11 ans, je n'ai pas fait 20000 km pour aller la chercher pour en arriver à une conclusion aussi débile que brutale. Là, c'est fatal. Je me fous à chialer. Et j'ai même pas de mouchoir.

Impossible de savoir quelle heure il est mais j'ai l'impression d'être verrouillée là-dedans depuis plusieurs jours. Mon portable sonne deux fois dans mon sac. Sûrement l'homme qui se rappelle que j'existe maintenant qu'il a bouclé sa journée de travail. Quelques minutes plus tard, l'aide-soignante arrive, son téléphone tendu : "Votre mari". "Alors, t'en es où ?" J'explique. "Tu veux qu'on vienne ?" "Ecoute, tu fais comme tu veux." "Bon, ben, je vais venir." Sur ces entrefaites, un jeune fait coulisser la porte : "Madame, je viens vous chercher pour le scanner." Je me dis : "Enfin de l'action."

Au fil des couloirs, je me laisse pousser en admirant la déco. Au moins, c'est beaucoup plus joli que les hôpitaux anglais. Entrée dans une autre dimension. Quand l'une des filles m'injecte brutalement un liquide non défini, l'autre me prévient que ça va brûler la vessie et la gorge. Je me dis : "Top, comme programme." Pas le temps de réfléchir davantage. Je coulisse, je regarde les petites lumières bleues qui tournent, les jaunes qui s'allument et quand le haut-parleur me hurle : "Gonflez les poumons et arrêtez de respirer.", j'obtempère bravement. La tortionnaire revient et m'injecte l'iode.  Là, j'ai le bas du ventre qui s'enflamme et le cou qui se consume. C'est sûr, c'est pas l'embolie qui va me tuer, c'est cette étrange cérémonie. Au brancardier qui me ramène aux urgences et me demande si ça s'est bien passé, je réponds fataliste : "Faut toujours une première fois."

Il est déjà 18h30. L'homme vient d'arriver. Miss Cocotine, étonnée, veut tout savoir sur la vie des urgences et me fait de petits câlins. Ca me réconforte mais je me demande toujours si je vais passer la nuit ici ou s'ils vont me libérer. Vers 19h, le toubib m'annonce enfin qu'il n'y a pas de risque d'embolie. Il me donne ses conclusions et ses directives car l'affaire n'est pas pour autant dans le sac. J'ai toujours mal et je comprends que ça peut évoluer de mille manières. Dans 72h, on verra.

Pour cette fois, je sors la tête haute. Dehors y'a du vent. Tant mieux. J'ai eu chaud.

Bonne semaine à tous et profitez de la vie !

17 août 2009

Des gens bien comme il faut

Je suis accro à Capital le dimanche soir sur M6. Que voulez-vous, chacun a ses faiblesses. J'aime à penser que ça permet à mon cerveau de rester en éveil et que ça m'amène parfois à rencontrer virtuellement des gens extrêmement sympathiques. Ainsi, ce mois d'août 2009 me comble.

Le 2, j'ai pu, l'espace d'une soirée, m'immiscer au sein du gotha et côtoyer cette blonde pimpante prête à tout pour acheter une bouteille de Champagne remplie de paillettes d'or,  écouter avec passion ce type trop fier de posséder 200 Rolex et me laisser bercer par la douce histoire de Ferrari.

Mais hier soir, c'est cette escapade au Brésil qui m'a le plus appris sur l'être humain. Figurez-vous que je ne connaissais même pas l'existence de Buzios, un village dans lequel Brigitte Bardot a passé des vacances un jour quand elle était jeune. Phénomène oh combien excitant qui en a fait un endroit tendance.

Et c'est là qu'un gars charmant et sa femme ont eu l'idée d'acheter des terres pour faire construire une villa qui est devenue par la suite un hôtel de luxe, le seul du coin. "Y'a de l'argent au Brésil. Vous avez 260 millions d'habitants. Là-dessus, vous avez 30 millions qui ont un pouvoir d'achat européen, américain. Vous avez vraiment une classe de gens qui a de l'argent." nous explique le bonhomme, très content d'afficher sa réussite et fort peu soucieux, apparemment, de soustraire 30 millions de 260. Là n'est vraiment pas le sujet de toute manière.

Car on embraye sur ce riche industriel qui aime contempler son hôtel de luxe de son hélico privé et je peux vous dire que ce n'est pas  au bled que j'en rencontre, des gens plein d'ambition comme lui. D'autant que c'est un homme charmant et prêt à débourser des millions pour acheter des hectares et bâtir des espaces toujours plus luxueux. Tenez, il a ce projet dément d'un nouveau complexe mais ce qui le chagrine, ce sont les parasols et les chaises en plastique qui polluent la jolie vue de sa propriété, là-bas sur la plage. Non, mais c'est vrai, ça quand même. Avec ma copine Aurélie, on l'a toujours dit : "Les  chaises en plastique, c'est juste PAS POSSIBLE." Mais nous, on ne peut que pester alors que lui, en grand manitou, il n'a qu'à claquer des doigts pour organiser une petite sauterie à laquelle sont conviés les puissants de Buzios et c'est son épouse qui ouvre le bal en parfaite séductrice de maire. Il enchaîne impitoyable et en quelques instants, le sort en est jeté. Les petits bars de plage disparaitront. Tout-à-fait incompatibles avec le haut-de-gamme. D'ailleurs, ils font partie des 230 millions d'inutiles, ceux-là, non ?

Moi, je vais vous avouer un truc. Je suis à deux doigts de m'abonner à Voici. J'ai entendu que ses ventes ne faisaient qu'augmenter et je ne peux décemment pas rester en marge d'un tel évènement. Non, ce serait trop triste. Les supposés grands de ce monde sont décidément fort amusants.

Bonne semaine à tous !

5 octobre 2009

Cocotine's baby

Certaines semaines sont plus légères que d'autres. La 40ème de 2009 aurait pu en être si les hautes instances de l'adoption en Chine ne m'étaient pas tomber sur le poil ce jeudi 1er octobre.

De quoi faire fi de la révolution annoncée par notre PDPA concernant les bonus des traders, de Luc Chatel qui curieusement, veut rincer les élèves pour qu'ils assistent aux cours et même des soucis terribles de ce pauvre Roman qui est certes un violeur, mais heureusement l'ami d'artistes ou de ministres de la république et le client d'avocats compétents. Imaginez juste qu'il soit un bipède lambda ou pire, un auvergnat d'Amérique.

Comme moi quoi. Dans mon tout petit monde de française moyenne, pas d'hommes de loi, pas de copains haut placés et encore moins de membres du gouvernement.

Rien que des caisses de contrariétés à soutenir de mes petits bras même pas musclés.

Un agrément auprès de l'Aide Sociale à l'Enfance a une durée de validité de cinq ans. C'est la clé d'une procédure. On l'obtient péniblement après moult entretiens avec assistantes sociales et psy et l'exercice dure un an, parfois plus. Si nous envoyons le document réclamé par la Chine, notre dossier, s'il est finalement accepté,  pourrait mener à un apparentement dans 14 à 18 mois minimum. Notre agrément de l'ASE serait alors périmé puisqu'il a déjà quatre ans d'existence. Ce qui bloquerait le dossier. J'ai appris ce matin qu'en pareil cas, il faut demander un renouvellement, ce qui équivaut à repartir de zéro avec à nouveau des rencontres avec assistantes sociales et psy étalées sur des mois. L'administration française dans toute sa splendeur.

Ca m'a lessivée. Alors aujourd'hui, les histoires de Roman et des autres, je m'en tape un peu le coquillard.

Bonne semaine à tous !

EDIT de mardi matin :

Sous le coup de l'émotion, mes neurones se sont bigrement emmêlés et j'ai zappé une année dans le décompte. En fait notre agrément n'a que trois ans d'âge et pas quatre. Un point bouclé à moins que notre dossier ne traîne encore deux ans en Chine, ce qui est fort possible.

1 juin 2009

Eviter la disgrâce

En ce lundi de Pentecôte, figurez-vous que j'ai failli me défiler en vous disant :

"Ce matin, pas de baratin, je fais le pont."

Et puis, je me suis dit que ce ne serait pas honnête, vu que mon viaduc, il a démarré le 12 décembre 2008 à midi, quand j'ai quitté l'AFPA de Saint-Herblain en espérant bien d'ailleurs ne jamais y remettre les pieds.

Les semaines ont défilé sans se démarquer les unes des autres. Ca finit par faire six mois que je m'épuise en vaines recherches .

Force est aujourd'hui de constater que ma reconversion est loin d'être à la hauteur de celle de Susan Boyle.

Doucement mais sûrement, je suis en train d'enterrer ce rêve que j'avais depuis toute petite de comptabiliser des heures sup,  de surveiller les congés, de vérifier Fillon, d'attribuer des tickets resto et de donner des primes.

Croyez-moi, c'est dur.

Quand on en est là, y'a plus qu'un truc à faire :

Se noyer dans Lao Tseu.

"La renommée ou la personne
Quel est le plus précieux bien ?

La personne ou les biens matériels
Lequel a le plus de valeur ?

Du gain ou de la perte
Quel est le poison ?

Trop d'attachement
Conduit à l'épuisement.
Trop de réserves
Conduisent à de lourdes pertes.

Se contenter de peu
Evite toute disgrâce.

Qui sait se réfréner
Ne rencontre pas le danger
Et peut durer."

Voilà qui remet les pendules à l'heure, non ?

Euh...Ouais... C'est hyper beau...

Enfin, moi, j'voudrais bien trouver du boulot pour mettre du beurre dans les épinards.

Réfléchis, est-ce-que tu as vraiment besoin de beurre, finalement ?

Pffffff... Evidemment... Dis-moi, ton Lao Tseu, j'ai comme dans l'idée qu'il n'avait pas de Rolex à 50 ans. Aucune ambition, le gars !

Bonne semaine à tous !

17 décembre 2011

Le baratin du samedi 17 décembre 2011

Après ces quatre jours de bonheur intense et ces trois nuits de sombre pénitence, la douleur qui m'a assaillie lorsque j'ai dû reprendre le chemin de l'exil a été proportionnelle à la joie que mes vertèbres ont éprouvée à l'idée de retrouver un matelas potable.

Pour me consoler d'un tel déchirement, j'ai fouiné au kiosque de Montparnasse et j'ai misé tout ce qu'il me restait dans mon porte-monnaie sur Elle à Table.

J'ai bien fait,

et c'est peu de dire que j'y ai trouvé tout le réconfort dont j'avais besoin.

En page 12, j'ai craqué pour un sandwich à la truffe à 65 €, en page 14, j'ai salivé sur un somptueux gâteau à 125 €, puis en page 48, je me suis passionnée pour la comparaison d'un Dom Pérignon Oenothèque 1969 et le thé Dong Ding wulong 1959, j'ai enchaîné en page 68 en louchant sur un mobile étonnant à 600 € et pour conclure, je suis revenue à la case départ pour contempler ce magnum de Champagne présenté dans un étui en cuir et peau d'autruche avec sabre ad hoc à 800 €.

Une bagatelle pour une fille qui venait de se prendre pour un pion du Monopoly et sauter sans scrupule de la rue de la Paix à la Place des Vosges en passant par les Champs-Elysées.

Une fois en gare de Nantes, l'ambiance a brutalement viré mais, en maîtresse femme, j'ai tout occulté. J'ai mangé du tramway bondé sans moufter, sauté dans ma voiture sous une pluie battante sans grogner, regagné mon bled paumé pour y décharger ce qui ne peut décemment pas être comparée à une malle Vuitton sans pleurnicher et préparé une platrée de haricots verts natures sans broncher.

Je me suis ensuite endormie en rêvant aux Tuileries.

Mais voilà que le lendemain matin, à 7h02, celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile m'annoncait très officiellement et sans prendre de gants, que ma douce France était bel et bien entrée

en récession.

A ce moment précis, j'ai dû prendre deux minutes pour m'asseoir sur mon canapé rapé et reprendre mon souffle tellement le choc était rude.

Du Ritz au Crillon,

je ne m'étais aperçue de rien.

Tous-ces-sommets-de-la-dernière-chance où des millions étaient partis en fumée pour la bonne cause n'avaient donc pas porté leurs fruits ?

Mon-PDPA-bien-aimé n'avait pas sauvé le pays ?

Je n'en revenais pas.

Etait-il possible qu'une telle malchance nous poursuive ainsi et que les A ne s'alignent plus, à l'avenir, que dans l'Association Amicale des Amateurs d'Andouillette Authentique ?

J'ai sombré dans une crise de panique.

Et si, en 2012, après que Standard & Poor's ait flingué le pays, je devenais

pauvre comme un grec ou un italien,

je ne pourrai même plus mettre 3,50 € dans un magazine aussi passionnant que Elle à Table.

Pétrie d'angoisses et bourrée de tics, j'ai fini par me calmer en repensant aux mayas et à leur promesse de fin du monde pour le 21 décembre 2012.

Complètement requinquée, j'ai appelé ma bande de potes et dans un élan d'optimisme pessimiste, j'ai réuni tout le monde pour la Saint-Sylvestre 2011 en baptisant notre future soirée eighties :

The last réveillon.

Champagne sans étui et sans sabre à gogo.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

11 novembre 2011

Le baratin du 11 novembre 2011

Depuis que j'ai fait de l'idée révolutionnaire "Travailler plus pour gagner le salaire minimum interprofessionnel de croissance" mon leitmotiv, ma bande de neurones dévergondés est enfin rentrée dans le rang.

Le travail c'est la santé,
tous les lobes sont bridés.

Pourtant, hier soir, gorgés d'informations hétéroclites et parfois insolites, certains fort-à-bras se sont groupés en une espèce de syndicat et m'ont toqué dans la boite :

La FPT, c'est moins drôle
que les actualités.

Et de gémir sur leur journée de labeur, prétendant qu'ils n'ont jamais une seconde de paix pour écouter les grands de l'hexagone disserter sur la faillitte de la France et crachant sur les tâches ménagères, pourtant si saines pour le corps et l'esprit, qui leur sont imposées :

Avant et après le bureau,
nettoyer, balayer, astiquer,
y'a maldone.

Moi qui m'étais dit en douce que de les remettre au turbin, ça leur redonnerait une certaine vitalité, je déchantai. Ils étaient aussi mous que des français vus par des chinois et ne manquaient aucune occasion de faire des pauses. Seuls deux-trois dégénérés un peu trop péroxydés bavardaient constamment :

Trop cool, on va avoir de la thune,
acide hyaluronique ou venin de serpent ?

J'en avais la migraine de les entendre bavasser sur la nouvelle prospérité de la Cocotine's family alors que l'Europe était en train de s'écrouler dans la pauvreté sous les regards salaces de quelques banques d'affaire.

En même temps, traîner ses guêtres à Pôle Emploi pendant des années, ça fripe le moral et la peau. Ils avaient raison, fallait agir. J'ai chargé mon équipe de laborieux de trouver le produit le plus performant. 60 millions de consommateurs sous le bras, ils m'ont vite convaincue que les grandes marques pouvaient aller se rhabiller et en deux temps trois mouvements, ils m'ont télécommandée au Carrefour Market du bled où j'ai acheté un pot d'antirides noté 14/20 à 5,01 €.

Mercredi donc, à 20h43 précisément, j'ai lancé ma grande campagne de rajeunissement en prévenant mon Léon pour éviter tout risque d'accident cardiaque :

Regarde-moi bien, dans un mois,
j'aurai dix ans de moins.

Puis j'ai claqué le baigneur des six neurones qui viennent toujours plomber mes illusions et qui m'ont forcé à éplucher la liste indécente et totalement brumeuse d'ingrédients qui composent ladite crème (Drinette, si tu me lis, ne t'évanouis pas).

Mais contenter le neurone cagole n'a fait qu'exaspérer ma troupe de mangeurs de nouvelles fraîches. Alors, je les ai collés sur écran pour un temps et quand ils ont rappliqué au rapport, j'ai appris que mon-PDPA-bien-aimé et ses acolytes ruinaient mes impôts en coaching et en sondages (94 M à 133 M € de 2006 à 2010, soit + 41%) et que d'ailleurs, le téléspectateur avait eu droit cette semaine à un-Maritie-et-Gilbert-Carpentier spécial Nous-deux-c'est-pour-la-life, que le 1er ministre avait finalement réussi à prononcer les mots faillite et sacrifices, le tout pour adapter le budget à la croissance comme-dit-notre-JPP-national et qu'en conclusion, j'allais devoir leur refiler une partie de mon salaire misérable pour combler le déficit qu'ils avaient eux-mêmes creuser.

J'en étais à déglutir tout en écoutant pieusement Bruno Gaccio citer Einstein:

Il ne faut pas compter
sur ceux qui ont créé les problèmes
pour les résoudre

quand soudain, j'ai senti que mon petit bataillon de neurones sarcastiques se mettait à renverser les autres pour hurler en coeur :

La seule bonne nouvelle,
c'est le gel du salaire
de ton-PDPA-bien-aimé
et du gouvernement.

Et ils se sont enfuis en ricanant bêtement tout en répétant en boucle "Avec +172% d'augmentation en 2007", laissant leurs congénères dans un état proche de la grande dépression. Dépités, ces derniers ont fini par m'annoncer solennellement :

Etant donné la gravité de la situation,
on accepte
la prochaine mission

virtuelle ou réelle vers Mars.

Ainsi va ce monde débile et n'oubliez surtout pas d'être heureux envers et contre tout et tous. Bon week-end !

26 octobre 2011

Le baratin du mercredi 26 octobre 2011

En ces temps de prospérité soudaine, je devrais faire des bonds de deux mètres et afficher un sourire diabolique.

Même pas.

Allez savoir pourquoi, j'ai beau lui avoir signifié son congé dans moult lettres recommandées avec accusé de réception, la boule qui habite au fin fond de mon estomac depuis plusieurs années refuse catégoriquement de plier bagage. J'ai bien peur d'ailleurs que, profitant honteusement de la trêve hivernale qui s'annonce, elle ne me nargue jusqu'au printemps.

Mais c'est vrai que je cherche un peu l'embrouille. Adepte de la-boite-à-Ferrari, je suis régulièrement les bonnes nouvelles qui foisonnent en ce monde de plus en plus débile et à midi, en zappant comme une dingue, j'ai le tantien qui s'est tout à coup envasé. Les supposés grands de l'hexagone virevoltaient dans tous les sens en martelant sur toutes les chaînes qu'on n'avait plus que :

24 heures pour sauver l'Europe

Le nez plongé dans mon paquet de chips XXL faites en Bretagne et sans huile de palme, ce qui me permettait d'avoir la conscience pleinement tranquille puisque je contribuais, par ce geste hautement citoyen, non seulement à sauver l'économie de la France mais également à préserver une poignée d'orang-outans sans défense, je me demandais pourquoi Jack Bauer n'était pas parachuté dans le premier Thalis pour résoudre l'énigme qui monopolise tant l'attention de mon-PDPA-bien-aimé qu'il en oublie systématiquement le biberon de minuit.

Morte de trouille

et prise de nausées tant la situation du pays était décrite comme critique et le nombre de chips englouties inavouable, j'ai fini par trembler comme une feuille.

Il fallait éviter la faillite.

J'ai relevé la tête fièrement et j'ai déclaré solennellement au tas de linge frippé qui attendait pieusement le fer :

- qu'ils rognent encore plus sur les arrêts-maladie, je ramperai jusqu'au boulot s'il le faut,
- qu'ils accroissent la TVA, je ne mangerai plus qu'une fois par jour s'il le faut,
- qu'ils scalpent mon SMIC, je travaillerai la nuit s'il le faut,
- qu'ils augmentent mes impôts, je ne partirai plus en vacances s'il le faut,
- qu'ils dé-remboursent encore les médicaments, je vendrai mes meubles s'il le faut,
- qu'ils reculent encore l'âge de la retraite, je pousserai mon dernier soupir au bureau s'il le faut,
- qu'ils égorgent les collectivités, je chasserai les rats dans ma rue s'il le faut,
- qu'ils se servent encore plus copieusement sur l'essence, je prendrai mon vélo s'il le faut...

Puis j'ai chanté la Marseillaise.

A tout, j'étais prête à tout,

même à devenir pauvre

pour sauver les banques.

Certaines d'entre vous avaient l'air de penser hier que j'allais fermer mes volets pendant six mois. Elles me connaissent donc si mal ? Je suis une fille fiable et fidèle. Comment pourrais-je vous abandonner aussi lâchement en pleine débâcle ?

Serrons-nous les coudes.

Vous reprendrez bien un verre de Coué, non ?

Everything's gonna be allright !

17 octobre 2011

Le baratin du lundi 17 octobre 2011

Ainsi que je l'avais pressenti, il doit être écrit quelque part que je n'aurai plus droit désormais qu'à un salaire mensuel annuel.

Ce matin à 8h59,

ma-vie-de-femme-active-épanouie

s'est arrêtée net.

Certes, mon contrat intial ne m'accordait que quatre semaines de remplacement mais ma chef, n'ayant aucune nouvelle fraîche de celle qui m'avait laissé en cadeaux Bonux son bac de plantes mortes depuis une décennie, ses affiches pleines de poussière et ses brochures de 2004, m'a gentiment demandé, vendredi midi, de revenir travailler une semaine de plus, histoire que l'usager ne trouve pas porte close au cas où la propriétaire des lieux enverrait un nouvel arrêt au dernier moment.

A vrai dire, j'ai sauté de joie. De prolongation en prolongation, mon cochon rose à pois blancs grossirait et même si cette augmentation soudaine de revenus ne nous propulserait jamais dans les CSP+, faisant de notre-nouveau-chef-de-gauche une menace potentielle, la vie quotidienne de la Cocotine's familiy s'en trouverait tout de même fortement améliorée.

Et à entendre les qu'en-dira-t-on circulant dans la collectivité, je sentais bien que personne n'avait l'intention de miser trois sous sur la reprise de celle-à-qui-appartenait-le-poste.

Toute fringante, et pomponnée comme il se doit pour accueillir l'usager, j'ai donc déposé ma progéniture au périscolaire et sauté dans ma décapotable. Après avoir parcouru les quelques kilomètres me séparant de mon-bureau-de-la-semaine-dernière et écouté Sophia Aram à l'arrache, j'ai attrappé mon La-Marelle-à-tout pour aller ouvrir la boutique.

Seulement, voilà, à peine avais-je tourné le coin de la rue que je m'apercevais que le rideau était déjà levé et qu'une ombre terrifiante bougeait à l'intérieur.

Celle-qui-devait-plonger-dans-la-très-longue-maladie était là et bien là, en parfaite santé.

J'aurais pu rebrousser chemin mais j'avais une mission : récupérer mon Canard Enchaîné bêtement oublié sur l'étagère.

36 secondes plus tard, je me suis retrouvée dehors, mon journal sous le bras, et une chape de plomb s'est abattue sur mes épaules.

Je n'avais à nouveau plus de boulot.

Fini le SMIC, ma tirelire allait maigrir au moins autant que celui-qui-a-remis-son-destin-entre-les-mains-de-Weight-Watchers-et-qui-a-visiblement-bien-fait.

La panique m'a fait blanchir comme un linge et cette question idiote est revenue me tourner dans la tête mais-nom-d'une-pipe-qu'est-ce-que-j'ai-fait-pour-qu'on-me-torture-ainsi-moralement.

Bouddha ne pouvait pas être si méchant.

Au bout du rouleau, j'ai téléphoné à mon Léon pour lui annoncer que là, j'envisageais très sérieusement de consulter un exorciste.

Quoi ?

J'en suis à chercher qui peut bien s'acharner à planter des aiguilles dans une poupée à mon effigie.

Ma belle-mère peut-être.

Allez savoir.

Epuisée de chercher un sens à ce qui n'en a pas, j'ai fait un saut chez Moi, mon nombril. Ca m'a détendue et pour ne pas virer maboule, j'ai de suite essayé de dédramatiser en venant ici vous conter ce nouvel épisode glauque de mes aventures terrestres.

Sauf que cette chanson - qui a eu l'idée débile de la scotcher ici ? - me colle un blues du diable.

Que c'est beau, c'est beau la vie

bla bla bla

Pouvoir encore travailler

L'unique but de cette journée pleine de soleil sera donc aujourd'hui de ne pas perdre pied, histoire d'éviter d'avoir, en plus, une tête de sharpeï. C'est qu'avec tout ça, je n'ai plus les moyens de m'offrir de l'acide hyaluronique, moi.

20 septembre 2011

Non assistance à personne en danger

Quand j'ai compris, jeudi à 17h14, que ma vie allait changer du tout au tout dès le lundi suivant, mon taux d'angoisse a aussitôt bondi :

Comment allais-je bien pouvoir affronter

cette formidable opportunité de carrière

en restant malgré tout une bonne mère ?

La réponse, c'était dans l'agenda de mon Léon qu'il fallait aller la pêcher.

Le soir, au coucher, j'optai donc pour la question fermée, en souvenir de mes cours de vente de DUT, une combine soi-disant infaillible pour coincer le plus récalcitrant :

- Alors, tu choisis le matin ou le soir pour l'école ?

Mais voilà que Léon le grognon - vous avez remarqué, plus de pronom possessif - se rebiffa, me laissant bouche bée :

- Non, t'es pas sérieuse, attends, je peux pas, c'est pas possible !

L'affaire a dégénéré gravement pour se terminer sur un 96 musclé visant à démontrer à Léon qu'il ne l'emporterait pas au paradis.

Le lendemain, chacun campa sur ses positions. Puis dimanche, sentant que Léon mollissait, je le convoquai en duel à l'aube pour une discussion au sommet. Bon an mal an, un planning fût établi.

Lundi soir, on frôlait la perfection côté partage des tâches quand soudain  :

Moi, les cervicales en vrac : Tu peux me faire un massage dans le coup, j'en peux plus, j'vais mourir tellement j'ai mal ?

Léon avec force gestes : Je me suis levé à 6 heures, j'ai lancé ma prod', j'ai couru toute la jorunée, je suis allé chercher la petite à l'école, j'ai fait les devoirs, j'ai fait à manger, tu rigoles ou quoi ?

Moi épatée par son culot : T'emballe pas,  mon vieux,

tu as juste eu une journée de femme !

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