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Le petit monde de Cocotine
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12 septembre 2011

Le baratin du lundi 12 septembre 2011

Mon Léon m'avait sériné toute la semaine : Ce week-end, je m'occupe du trou. La journée de samedi étant destinée à manger des crêpes à Vannes, j'avais donc placé tous mes espoirs dans celle de dimanche.

Dimanche matin, rien.

A 14h, pas davantage.

Deux heures plus tard, mon Léon, pas angoissé pour un sou par sa mission dominicale, déballa son vieux Monopoly et se mit à jouer. Ca s'annoncait périlleux.

Après avoir passé trois heures à enseigner tous ses ficelles à Miss Cocotine qui, si le système n'était pas en train de s'écrouler lamentablement emportant avec lui mes trois sous d'économie, aurait pu s'engager brillamment dans la finance, mon Léon a décidé, à 19h07, de s'attaquer au placo. Ravie par cette initiative tardive mais néanmoins prometteuse, je me mis aux fourneaux comme toute bonne MAF qui se respecte.

Après quelques allers et venues entre la boite à outils et le lieu du crime, il finit par déambuler nonchallament dans le salon si bien qu'inquiète, je m'enquis de l'avancée des travaux de rebouchage d'un Alors, t'en es où ? auquel il répondit un peu gêné :

Ben, j'ai pas de plâtre.

L'affaire prenait décidément un vilain tour.

Mais ce ne fût pas le seul désagrément de ma journée car aucun clone de Chabal n'ayant frappé à ma porte, je traversai mon dimanche le plus mollement possible, bercée par deux questions existentielles : combien-je-vais-commander-de-pelotes-de-laine et comment-je-vais-faire-de-jolies-étiquettes-pour-mes-classeurs-neufs.

Autant vous dire qu'à 20h45, quand je me suis jetée dans mon fauteuil club rapé pour écouter pieusement Thomas, le remplaçant de Guy,

je pétais la forme

Et comment vous dire ?

Mon excitation est allée crescendo jusqu'à l'apparition de ce tableau démontrant clairement que c'était les classes moyennes qui déboursaient le plus de taxes. Et pour m'achever, l'économiste Thomas Pikéty, présenté comme l'un des meilleurs connaisseurs du système fiscal français, affirma alors clairement que les français étaient inégaux devant l'impôt.

Et les exemples qui suivaient étaient là pour enfoncer le clou.

Au moment où j'attendais sagement mon solde à payer, je devais me rendre à l'évidence : j'étais vraiment une pauvre gourde. Comment j'en arrivais à devoir de l'argent à ma trésorerie quand ceux qui étaient censés lui apporter 9000 € à 12000€ s'arrangeaient pour en être exemptés.

Ca méritait réflexion.

C'est là que la voix off a éclairé ma lanterne. Comme ce gros contribuable, il fallait simplement disposer de 150000 € pour investir dans l'immobilier locatif et bénéficier ainsi des lois Scellier ou Girardin.

De la vraie niche fiscale,

pas de la gnognotte comme les 25% accordés en 2009 pour le changement de la chaudière défectueuse et dangereuse que m'avaient refourguée les anciens propriétaires ou les malheureux 15% auxquels je pourrai prétendre si je change mes quatre Vélux, soit un crédit d'impôts de 70€.

Mais par quel tour de passe-passe je pourrais bien me procurer les 150000€ nécessaires ? La question restait entière.

Après la douce intervention de notre Ministre du Budget, je ressemblais à un taureau prêt à en découdre avec le nain multicolore qui agite un chiffon rouge sous ses nazeaux fumants. Pour une fille éprise de justice comme moi, c'en était trop. A 22h45, j'étais prête à chausser mes baskets pour un semi-marathon au fin fond des marais.

C'est là que mon Léon, sentant que j'allais peut-être finir par le mordre jusqu'au sang, a saisi la télé commande et m'a emmenée revivre le 11 septembre 2001 en direct des tours 1 et 2.

Ca a produit l'effet escompté.

Sans demander mon reste, je suis partie faire le tour du cadran.

Bonne semaine à tous !

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17 janvier 2011

Jeudi rose

J'ai abordé cette 2ème semaine de l'an 2011 en traînant du pied et persuadée que seul Gordon Ramsay pourrait éclaircir mon paysage en déboulant dans ma vie pour me coacher.

En même temps, mieux valait se rendre à l'évidence. Je n'avais aucun restaurant à redresser.

Alors j'ai continué a errer entre deux candidatures au sort plus que certain, tout en prévoyant de me venger sauvagement sur les soldes de Beaulieu.

Et puis, mardi soir, s'est soudain présentée cette occasion inestimable de comprendre enfin le marasme dans lequel les français sont plongés depuis des années déjà.

A ne surtout pas louper.

Animé par un Arditi* doublement heureux d'en demander plus, plus, un petit peu plus à son argent, Fric, krach et gueule de bois, concocté par le service public, avait la noble ambition de décortiquer les phénomènes qui ont mené ce monde débile à la débâcle que l'on sait.

Le roman n'était pas mal construit et m'a permis de voir défiler presque toute ma vie, l'acte I démarrant pendant les Trente Glorieuses, période faste et heureuse au milieu de laquelle mes parents m'ont forcée à pointer mon nez plissé en ce bas monde. Mais clôturer cette histoire rocambolesque en nous expliquant que l'une des solutions pour sauver les humains, c'est le micro-crédit alors que les drames engendrés par ce système en Inde viennent juste d'être dénoncés, j'ai trouvé que ça ne manquait vraiment pas de sel.

Tous les neurones en éveil, j'ai même poussé le vice jusqu'à avaler le débat qui a suivi. Il faut dire que le spectacle était bien ficelé. Un type de droite jeté dans l'arène face à quatre hommes de gauche, ça promettait de la friction. Et donc de l'audience.

Car inviter le téléspectateur à un ultime combat de catch gauche-droite avec des doux, sensibles et perdus d'un côté et un dur, froid et cynique de l'autre, n'est-ce-pas finalement plus caricatural que fructueux ?

Le tout ponctué par une magnifique tirade d'Arditi* qui aurait flanqué la larme à l'oeil à Lisbeth Salander.

Au générique, j'étais totalement ravagée par la cruauté de ce monde.

Les yeux embués et l'estomac brouillé, je suis montée me coucher en pensant que la nuit me porterait conseil et m'aiderait à trier le bon grain de l'ivraie.

Mercredi matin, ma vision était revenue et trois grammes de sagesse avec. A toujours opposer capitalisme et social sur des rings plus ou moins violents, on laissait la porte grande ouverte à un possible bis repetita. 2002-2012, la fille bat son propre père, je voyais d'ici la presse se déchaîner en titres plus alléchants les uns que les autres.

J'en étais là dans mes réflexions quand jeudi matin, alors que je me brossais consciencieusement les molaires supérieures, la gardienne de l'EFI (Economie-Finances-Industrie) annonça sur les ondes que le taux de mon livret A allait glorieusement exploser de 1,75 à 2 %.  Submergée par l'émotion, j'ai vu là une chance insensée de me refaire.

Toute à ma joie, je passai donc la journée dans un état extatique et le soir venant, je m'installai tranquillement devant Guilaine et Françoise avec ma tablette de chocolat sans me douter que ma vie allait prendre encore une autre dimension suite aux révélations de ce reportage :

Les hochets de la République**

Honnêtement, je m'étais jusqu'alors peu préoccupée de savoir comment la Légion d'honneur était distribuée en France. A mes yeux, un monde très éloigné du mien, celui des supposés grands de ce pays et accessoirement des petits arrangements entre amis.

Au troisième carré, j'ai failli m'étouffer en apprenant entre autres que mon-PDPA-bien-aimé en accordait bien plus que de raison, que des internats d'excellence dotés de moyens confortables existaient pour la descendance des décorés et que certains condamnés par la justice gardaient leur récompense tout de même bien accrochée.

La définition de l'adjectif méritant semblait donc bigrement fluctuer, même si ces dérives ne concernaient forcément qu'une partie des 95000 élus.

Finalement, mon tout petit ciel s'est éclairci lorsque j'ai appris qu'au milieu des avantages que ce privilège entraîne, il en est un non négligeable. Le titre de chevalier permet de vieillir tranquille dans un joli château de Saint-Germain-en-Laye, à l'abri de toute décrépitude. Ca a franchement plus de gueule que de moisir dans une maison de retraite douteuse postée en plein double-four.

Ca m'a donné une idée.

Puisque la Légion d'honneur est de nos jours attribuée à tire-larigot, pourquoi ne la demanderais-je pas, moi aussi ? Une façon comme une autre de m'assurer une retraite dorée et de me libérer ainsi de mes multiples angoisses de chômeuse-de-longue-durée-en-quête-du-job-de-la-deuxième-moitié-de-sa-vie.

Même pas la peine que je prouve que j'étais brillante et utile pour mon pays. Il suffisait que je passe un petit coup de fil à l'un de nos anciens ministres.

Somme doute, un vrai jeudi rose.

Bonne semaine à tous !

* que par ailleurs j'adore

** un clic sur le lien et vous verrez le reportage

10 janvier 2011

Capituler mais s'indigner

Dopée par mes bonnes résolutions, j'ai attaqué cette 1ère semaine de 2011 dans un enthousiasme débordant.

Après tout, mon PDPA-bien-aimé avait raison :

Cette année 2011 devait être utile.

Allez savoir si c'est d'avoir appris que l'euro allait peut-être être décapité, les 35 heures aussi, que la plupart des potions magiques prescrites par nos hommes de science n'ont qu'un vulgaire effet placébo, que n'importe qui peut grimper dans un 747 avec un 9 mm en morceaux dans son Vuitton, que les oiseaux se mettent à tomber du ciel un peu partout présageant sans doute cette fin du monde promise par les précolombiens pour le 21 décembre prochain, que le sus-nommé s'est fait coincé par un député futé pour sa syntaxe affolante du style si-y'en-a-que-ça-les-démange ou que le CAC 40 a versé cette année 40 milliards d'euros de bons points à ses actionnaires,

mais le soufflé est retombé d'un coup.

Après avoir remis tout en ordre dans la maisonnette bouleversée par ces folles réjouissances de fin d'année et cette escapade dans le grand nord, la question fatale que prise entre le fer et le balai, j'avais oubliée un temps, m'est revenue brutalement en pleine poire :

Mais bon sang de bois,

qu'est-ce-que je vais faire de ma vie en 2011 ?

D'abord paniquée par le manque de créativité qui semblait me caractériser en pareilles circonstances, je me jetai héroïquement sur Cap Territorial et Ouest Job, non sans être pleinement consciente que cela ne me serait que d'une utilité toute relative.

 

Une fois mon CV balancé à l'une des collectivités des PDL, il devint indispensable de respirer par le ventre et envisager de manière pragmatique les différentes options que cette vie terrestre délirante mettait à ma disposition :

1 - continuer à offrir mon visage tuméfié aux gants les plus patinés en prenant soin de me plonger dans "Absolument débordée" de Zoé Shepard, histoire de bien imprimer que public ou privé, même combat, si ce n'est pire,

2 - me jeter enfin dans cette reconversion de soudeuse, serveuse ou repasseuse prônée par Pôle Emploi et me bourrer de Prozac pour arriver à accepter ladite évolution de carrière,

3 - m'en remettre aux mayas et adopter un style de vie à faire pâlir les j'men-foutistes les plus acharnés pendant les 709 jours qu'il me reste à tirer,

4 - abandonner toute tentative de me sortir de cette période glauque de chômage et végéter en me planquant derrière l'homme jusqu'à ce que la mort nous sépare et qu'il palpe mon assurance-vie en récompense des kilos de pâtes que j'aurais ingurgités sans avoir été capable de ramener un kopek à la chaumière de 2003 à la date gravée sur l'urne,

Poltronne comme pas deux, j'ai opté pour la dernière et histoire de remuer les neurones de la MAF boulet version tes-bas-tombant-sur-tes-chaussures-et-ton-vieux-peignoir-mal-fermé-et-tes-bigoudis-quelle-allure que je n'allais pas manquer de devenir sous peu, je me suis fait un cadeau à 2,85 €  :

Indignez-vous !

de Stéphane Hessel.

Bonne semaine à tous !

22 novembre 2010

Ma détermination n'a RIEN changé

Je sors de cette semaine n° 46 de 2010 rayonnante.

Ce nouveau gouvernement totalement révolutionnaire m'a complètement séduite et la virtuosité avec laquelle mon PDPA-bien-aimé a collé le trio Claire-David-Michel au tapis mardi soir en direct live m'a tout bonnement ensorcelée. Se montrer si honteusement audacieux, ça relevait presque de l'effronterie. Nul doute qu'il fallait les recadrer vite fait bien fait, ces satanés journalistes.

Et franchement, lorsque j'ai entendu son étrange conclusion :

"Au fond, ma détermination n'a RIEN changé."

j'ai presque fondu en larmes tellement ces mots poids lourds résonnaient au plus profond de moi. Effectivement, je restais confiante, d'ici 2012, RIEN ne changerait vraiment.

Tout bien réfléchi, on en faisait des tonnes sur cette crise, mais si j'acceptais de regarder mon parcours terrestre en face, des seventies à nos jours, ma vie entière n'avait été qu'un long chemin parsemé de dépressions diverses et variées. Alors, au lieu de se tricoter des guirlandes de peurs à propos de tout et de n'importe quoi, ne valait-il pas mieux user et abuser du proverbe :

Après la pluie, le beau temps.

Après tout, les entreprises du CAC 40 avaient déjà atteint des profits record pour 2010 : 84,3 milliards par rapport à 47,3 en 2009.

Un signe que tout allait beaucoup mieux.

Il suffisait simplement de faire un petit effort et arrêter de compter bêtement les années passées à rechercher un emploi non pas mirobolant mais juste équivalent à celui que j'avais il y a 10 ans et accepter de mettre un mot sur mes maux :

déclassée

C'est comme ça que les sociologues avaient eu la riche idée de me baptiser. Cette impression de nager à contre-courant, de ne jamais obtenir ce que je visais alors que la barre n'était même pas haut, d'envisager mille chemins qui ne menaient nulle part avec pour seul résultat cet espèce de néant qui me collait aux baskets.

Somme toute,

ma détermination n'avait RIEN changé,

à moi non plus.

Une raison excellente et suffisante pour me remuer le popotin sur ma playlist eighties tout en préparant une pâte à crêpes.

Conditions sine qua non pour éviter de me pendre avec l'une de mes guirlandes ! Avec un clin d'oeil spécial à Philippe pour son ton si rafraîchissant...

Bonne semaine à tous !

11 octobre 2010

Des cerises et des gâteaux

Etourdissante, cette 40ème semaine de l'an 2010.

A peine sortie de ma cellule de smicarde, j'ai dû reprendre la commande des fourneaux, astiquer le logis de fond en comble, partir à la cueillette de pommes bio, présenter les armes devant l'école, surveiller les impôts fonciers et rattraper ainsi quatre semaines de retard dans la gestion des affaires familiales.

En deux jours, j'étais bien plus à plat qu'en vingt-trois de FPT.

Autant vous dire que je n'ai même pas pu profiter de la courbe de France Telecom pour faire tranquillement le deuil de ma vie de femme active et faussement libérée. De la case déni, je suis passée directement à l'acceptation, sans même pouvoir cocher colère, marchandage ou tristesse.

Non, décidément, je n'ai guère eu le temps de m'appesantir sur mon sort. Car la cerise sur le gâteau, c'est que la FPT a eu la riche idée de me convoquer en entretien. Et quel jour, à votre avis ?

le mardi 12 octobre,

jour de grève et d'école fermée

D'un coup d'un seul, tous les bienfaits de ma cure intensive de Sédatif PC assortie de respirations abdominales bien orchestrées sont passés à la trappe et à part un bon coup de matraque sur la tête, je ne vois pas ce qui aurait pu m'éviter la farandole de misères psychosomatiques qui a découlé de cette convocation sadique.

D'autant que le poste concerné ferait plutôt partie de la catégorie je-prends-ce-que-je-trouve-et-je-me-colle-en-apnée-en-attendant-de-faire-un-jour-peut-être-ce-que-j'aime. Mais à l'instar de mes collègues chômeurs errant sur le PAF hier soir dans ce feuilleton indigeste de Zone interdite intitulé "Ils vont tout tenter pour retrouver du travail", je ne sais plus quoi inventer pour faire reconnaître mes multiples talents.

A bout de souffle, j'ai zappé pour échouer sur une Carla pétrie de bonnes intentions et vantant "les actions de son mari qui auraient vraiment dû appartenir à la gauche" tout en s'embourbant dans des histoires pâteuses de fruits rouges.

A contempler ce spectacle inouï, j'ai fini par déconnecter de ce monde merveilleux de la métaphore culinaire. La carotte en caoutchouc servant de micro à Miss Cocotine bien serrée dans la main, j'ai conclu la soirée par une version très personnelle de Je m'voyais déjà, histoire de faire capter aux quatre moustiques et trois cousins scotchés aux murs combien ma vie était pathétique :

On m'a pas aidé, je n'ai pas eu d'veine
Mais au fond de moi, je suis sur au moins que j'ai du talent

...

J'cours le cachet, je fais du porte à porte
Pour subsister je fais n'importe quoi

...

J'ai tout essayé pourtant pour sortir du nombre

...

On ne m'a jamais accordé ma chance
D'autres ont réussi avec peu de voix et beaucoup d'argent
Moi j'étais trop pur ou trop en avance
Mais un jour viendra je leur montrerai que j'ai du talent

Puis, j'ai méthodiquement vidé la boite neuve de La Trinitaine et je suis partie me coucher gonflée à bloc, persuadée que c'était Bernard, directeur commercial, 53 ans, qui avait raison.

Il ne me restait plus qu'à péter tout mon traitement d'auxiliaire dans une 4 par 3 vantant mes mérites et attendre que Ouest France et Presse Océan débarquent pour me coller à la une.

Tout bien réfléchi, l'avantage indéniable que j'avais par rapport à lui, c'était que mes parents s'en tapaient le coquillard, que je n'aie pas de job.

Bonne semaine à tous !

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13 septembre 2010

Le travail, c'est la santé

C'était listé dans mon fil de vie. La 36ème semaine de 2010 devait être active et j'en émerge sur le flanc, la tête embouteillée de milliers de voitures et le corps engourdi par cet ennui pesant si bien décrit par Maupassant.

Je suis une bureaucrate soumise aux soubresauts d'un chemin incohérent qui fulmine contre sa boite bloquée en marche arrière.

En marche arrière.

Jusqu'où ?

Auparavant, lorsque j'étais lassée par des journées sans saveur, j'avais toujours un collègue goguenard qui s'exclamait "Vivement la retraite !" pour détendre l'atmosphère.

De nos jours, celui qui se laisserait aller à ce genre d'expressions en désuétude serait à coup sûr classé dans les rêveurs ou les blagueurs.

Si malgré les mille turpitudes que m'aura imposé mon karma, j'arrive à atteindre un âge avancé, je rejoindrai la joyeuse troupe des poly-pensionnés handicapés, de surcroît, par des périodes d'inactivité courtes ou longues. Ce qui me promet une retraite aussi somptueuse que celle des petits vieux aux mâchoires et semelles trouées qui me souriaient timidement lorsque je croisais leur chemin à Londres. Il ne sera alors plus question de jeter les épluchures mais de les accommoder pour le dîner. Un coup à déséquilibrer le compostage.

C'est donc partiellement amorphe que j'ai assisté au spectacle des 1,1 à 2,7 de manifestants descendus dans la rue. Selon certaines sources, du sans précédent. Mais dans quelles proportions, finalement, sur une population active de plus ou moins 28 millions (si l'on suppose qu'il n'y ait eu que des actifs parmi eux) ?

Je suis dans les 90 à 96 % d'autres.

Des années, la boule au ventre, j'ai attendu des métros et des RER qui n'arrivaient pas pour finalement traverser la moitié de Paris à pied, à cheval ou à vélo afin d'éviter d'être cataloguée de fumiste par mon pourvoyeur de CDD et d'atterrir sur la liste noire de ceux qui ne signeraient jamais de CDI. Ma priorité, c'était de payer mon loyer et de remplir le réfrigérateur.

Lundi et mardi, j'attaquais mon contrat-précaire-dans-la-FPT-à-30-km-de-chez-moi.

Alors la contestation, la revendication, l'altercation, j'avais bien d'autres chats à fouetter que de les décliner.

Chacun sa réalité.

Un jour, j'ai partagé une table d'hôtes charmante avec une petite famille bien élevée. Lui, de bonne compagnie, était tiré à quatre épingles, alignait les mots dans l'ordre, peaufinait son subjonctif et faisait preuve de prévenance et de courtoisie à chaque geste. Très vite, la tablée entière apprit qu'il était indépendant dans le prêt-à-porter de qualité. Sans savoir ni pourquoi ni comment, la conversation a brusquement dévié sur les 35 heures. Devant mes yeux ébahis, l'olibrius est parti dans une tirade hallucinante couronnée d'un mais-je-ne-comprends-pas-comment-on-peut-compter-comme-ça-ses-heures-de-travail.

Les yeux écarquillés, je l'observais en me demandant comment un type apparemment intelligent et éduqué pouvait en arriver à des raisonnements aussi culottés et égocentriques.

Un autre jour, j'ai assisté à une réunion d'école où l'institutrice, très remontée contre les réformes récemment mises en place, se lança d'un coup dans un plaidoyer relativement déplacé ponctué d'un incroyable mais-vous-vous-rendez-compte-s'ils-nous-font-travailler-le-mercredi-en-plus-non-mais-on-va-être-épuisé.

La bouche entrouverte, je l'observais en me demandant comment quelqu'un d'apparemment intelligent et éduqué pouvait en arriver à des raisonnements aussi culottés et égocentriques.

Chacun sa définition de la pénibilité au travail.

Et ceux qui sont à la chaîne dans l'industrie ?

Et ceux qui sont dehors un marteau-piqueur en main ?

Et  ceux qui sont dans le froid d'une usine agro-alimentaire ?

Et ceux du quai de Ouistreham ?

Ceux-là ont assez peu de privilèges auxquels s'accrocher. Bizarrement, ce ne sont pas eux qu'on entend le plus.

Chacun sa vision des privilèges.

Et la DECENCE ?

Et L'ECOUTE ?

Et la COMPREHENSION ?

Et la SOLIDARITE ?

Et le CONSENSUS ?

Des mots oubliés par certains qui tirent systématiquement la couverture à eux face à d'autres qui veulent à tout prix, et pour des raisons que seul un extra-terrestre pourrait méjuger, faire passer leur réforme en force.

Au milieu, les autres. Et moi.

Alors ? Faut-il rester beau joueur en considérant que mon-PDPA-bien-aimé n'est pas arrivé au pouvoir par la voie du Saint Esprit mais porté par 53% des votants, se résigner et attendre patiemment 2012 en cultivant la-politique-de-l'espoir-fait-vivre ?

C'est exactement la question qui trottait dans ma tête le soir où, chez Arlette, j'ai assisté au manège bien orchestré des hautes sphères qui défilaient tour à tour en prenant bien soin d'éviter toute confrontation. Comme un merveilleux exemple de dialogue constructif.

Sans parvenir à trouver de réponse et un brin désabusée, j'ai fermé boutique en clamant haut et fort : "On n'est pas sorti de l'auberge !".

Oui, cette foutue semaine m'aura vraiment mis la rate au court-bouillon. A coup sûr, les suédois et leurs 14 ans de négociation ne resteront pas au livre des records.

Bonne semaine à tous !

6 septembre 2010

Un nouvel album

Au sortir de cette 35ème semaine de l'an 2010, je vous avoue que je ne suis pas très fière de moi. Contrairement à mes viles supputations, mon-PDPA-bien-aimé a gagné 4 points au dernier sondage et même ses acolytes ont vu leur cote bondir gentiment. Continuer à faire ma mauvaise langue ne servait donc à rien. Il valait mieux rendre les armes, le positif était vraiment de retour.

D'ailleurs, mon avenir proche s'annonçait, lui aussi, rayonnant. Un peu comme celui de Johnny. Après tout, changer de crèmerie, c'était l'assurance d'un nouveau souffle et du succès inévitable qui allait en découler.

J'allais enfin tourner une page : quitter le privé pour démarrer une carrière florissante dans le public. Le torse bombé à l'idée de faire enfin partie de cette France qui se lève tôt, j'ai tourné comme un lion en cage dans la maison, pressée d'en découdre avec le déchet et infiniment excitée à l'idée de travailler plus pour gagner plus.

Du coup, j'ai bien failli vous faire le coup du ce-blog-s'arrête-là-pour-toujours-merci-pour-tout et puis, je me suis ravisée. De cette expérience que mon karma suspect m'imposait sous la forme d'un contrat-précaire-flanqué-à-l'extrémité-de-l'agglo, il sortirait forcément quelques péripéties croustillantes que je pourrais vous livrer sans pour autant mettre en péril le sacro-saint devoir de réserve auquel j'aurais à me plier.

Voir les choses sous cet angle m'a permis d'éviter la cure de boules-de-gomme-qui-font-voir-la-vie-en-rose-fuchsia prescrite par mon-toubib-préféré vendredi dernier.

Quoi de plus héroïque que de se manger le boomerang en pleine figure sans lobotomie préalable ?

C'était décidé. Je scotcherais les rires de ma fille dans mon coeur et j'affronterais le manège périph-boulot-dodo avec toute la bravoure dont je pourrais faire preuve.

C'est ainsi qu'après une nuit agitée de mille angoisses, j'ai décanillé à 4h46 en chialant sur mon sort mais prête à rentrer dans l'arène.

Bonne semaine à tous !

8 février 2010

J'ai pêché

En cette 5ème semaine de 2010, quoi de neuf dans notre bout d'Europe  ?

Un sondage.

Vous allez me dire : attends, des sondages, c'est pas un scoop. Notre PDPA, ça fait des lustres qu'il se fait plaisir en en commandant à tire-larigot, quitte à péter le budget.

Oui, mais celui-là, il nous annonce le retour fracassant de DSK et sa victoire en 2012.

Ca m'a ruiné le moral. D'abord DSK est beaucoup moins drôle que notre-PDPA-préféré et ensuite, le mettre à l'Elysée, ça signerait la disgrâce de Stéphane Guillon.

Et d'un coup, je me suis raisonnée. L'affaire n'est pas dans le sac. En premier lieu, il faut qu'ils s'éliminent entre eux. A l'heure qu'il est, le match se joue à plusieurs, le-PDPA-Villepin, Aubry-DSK, plus tous ceux qui gravitent autour et qui bavent pour leur part du gâteau. Le suspens reste entier.

Ca va durer deux ans, cette jolie valse, et ça promet des rebondissements dignes des meilleures séries B. Une chose est sure. C'est le moment de spéculer sur le crochet de boucher.

Peu m'importe après tout, cette sérénade, ce n'est pas ça qui a bouleversé mon petit monde. Et pour cause. Ma vie a enfin basculé et c'est avec une joie non dissimulée que je vous annonce que...

j'ai pris un bain.

Ca s'est passé hier soir entre 19h et 19h30. J'ai intimé l'ordre à l'homme et à Miss Cocotine de disposer, je me suis enfermée dans le noir en tête-à-tête avec la-bougie-du-Père-Pelletier-achetée-il-y-a-deux-ans-et-demi-en-prévision-du-jour-béni-où-j'aurais-enfin-ma-baignoire-à-pieds-de-lion et j'ai plongé, les paupières mi-closes et les dix orteils en éventail.

Mais vous me connaissez. Ce n'est malheureusement pas ça qui m'a empêché de gamberger à tout va. Car imaginez que samedi soir, à mes commentaires acerbes sur la vie des océans, ma copine Chrystel s'est mise dans tous ses états et m'a taxée de pessimiste. Moi qui suis juste un peu sarcastique, caustique, cynique (un clin d'oeil à Lilibulle). Non, c'en était trop. Il fallait réagir.

C'est ainsi que la peau fripée comme un Sharpei et molle comme une chique, j'ai pris la sage décision de me calmer et d'être désormais tout sucre, tout miel. Alors, voilà, je vous avertis que je vais de ce pas me voiler la face et comme antidote à toute réflexion profonde, je me suis découvert une passion effrénée pour les aventures exaltantes des soi-disant célébrités de la soi-disant Ferme de TF1, plantée au beau mileu d'une soi-disant Afrique. Une petite voix intérieure vient de me souffler que je n'étais pas crédible si je n'enlevais pas tout de suite les soi-disant. Oups !

Bonne semaine à tous !

CE BILLET EST DEDIE A MA COPINE CHRYSTEL DONT J'IMPLORE LE PARDON

10 septembre 2012

La roue de la fortune

A l'heure où Zoé Shepard remet le couvert en tentant de faire pleurer les chaumières sur la placardisation des fonctionnaires, je me demande si son troisième tome sera enfin consacré au désespoir profond des reçus-collés de la Fonction Publique Territoriale.

Parce que ceux-là n'ont ni job, ni salaire.

Mon compte à rebours a commencé. Il me reste encore

9 mois et 32 jours ou encore 10 mois et 2 jours

(quand je vous disais que je n'étais pas Rain Man...)

avant que mon concours ne soit à flanquer définitivement dans l'énorme classeur "tentatives de reconversion vaines".

Ne sachant plus à quel Fonctionnaire me vouer, je me suis tournée vers le Centre de Gestion du double-four pour effectuer des missions temporaires, ce qui est absolument ridicule et hors de propos puisque un contrat précaire compte pour du beurre et ne m'amènera jamais à la stagiairisation.

Ceci dit, pour une fois, je suis tombée sur une interlocutrice ouverte et compréhensive qui, après avoir déploré que les collectivités ne jouent pas le jeu et fassent leur petit marché à l'extérieur plutôt que sur la liste pimpante des laurétas de concours - pour une histoire de coût selon elle - a fini par conclure, certainement pour remonter un moral qu'elle sentait défaillant, sur cette note ô combien irritante : "Il y a aussi une part de

chance.

Certains candidats trouvent chaussure à leur pied tout de suite et d'autres traînent pendant des années sans raison particulière."

Ca m'a brouillé le sac à neurones. Au moment où j'étais en train de battre ma coulpe en m'accusant de mille maux et défauts et que je prévoyais de reprendre mon sombre destin de demandeur-d'emploi-de-durée-illimitée en main, voilà qu'on venait me disculper quasiment totalement en attribuant mes piètres résultats à la malchance.

Un coup à devenir

un chômeur heureux.

Faut-il cesser d'écrire à tire-larigot à d'illustres inconnus qui n'ont cure de mes demandes pressantes et oppressantes et faire du mot

sérendipité

mon-nouvel-ami-pour-la-vie ? Autrement dit, dois-je renoncer à chercher ce qui est apparemment introuvable et finir, peut-être, par tomber sur un chemin auquel je n'ai jamais osé penser ?

Une nouvelle page du catalogue L'espoir-fait-vivre s'ouvre devant moi.

Faudrait pas rater ça.

5 novembre 2011

Le baratin du samedi 5 novembre 2011

En deux jours, j'en ai appris plus sur la FPT qu'en deux ans à tenter de démasquer quelle réalité pouvait bien se planquer derrière les langues de bois interviewées et à m'arracher les cheveux en constatant qu'avoir réussi ce concours n'était finalement pas la panacée.

Tout ce que je vois et ce que j'entends me fait progresser dans la compréhension d'un monde qui m'était jusque là complètement étranger.

Elevée par un bouffeur de fonctionnaires, formatée par plus de vingt ans dans le secteur privé et persuadée que je n'aurais pu m'épanouir totalement que dans la création d'un commerce, me retrouver aujourd'hui à disséquer les us et coutumes d'une collectivité relève de la gageure et il m'arrive assez régulièrement de pester contre ce

coquin de sort.

Sauf que travailler pour un service public n'est au fond pas plus crétin que de satisfaire des intérêts personnels, sacerdoce qui mène parfois à se retrouver subitement dans la queue de Pôle Emploi avec sa jolie petite attestation sous le bras, après avoir été utilisé, voire encensé pendant des années.

J'ai maintenant un pied dans le Saint des Saints et même si ma situation me paraît parfois ubuesque,

je suis très heureuse de retravailler.

Et ce n'est pas le secteur privé qui m'a offert ce privilège, mais bien le public. Alors devoir de réserve, secret professionnel, discrétion sont désormais les maîtres mots et je ne sors plus sans raser les murs en me répétant en boucle

motus et bouche cousue.

A moins d'un rebondissement spectaculaire, la rubrique "job wanted" va donc végéter jusqu'au printemps.

Hier soir, sur le site de Pôle Emploi,
à droite de la question
"Avez-vous travaillé ?",
j'ai enfin pu coché la case "Oui"

Le reste n'a finalement que peu d'importance et vu la grande sagesse que mon destin m'a obligé à développer ces dernières années, je ferai avec les impératifs liés à ma nouvelle vie affolante d'agent-triple-Z.

Un immense merci à ceux et celles
qui ont pris position
en laissant un com' ici
et à celles qui m'ont tendu la main
en me refilant des pistes.

Bon courage à ceux et celles
qui cherchent désespérément un job,
avec une pensée particulière
pour les trop-ci et pas-assez-ça.

ET BON WEEK-END !

31 octobre 2011

Trick or treat

Certains trouvent ça ringard, affligeant ou commercial mais qu'est-ce-qui ne l'est pas dans ce monde parfaitement débile ? Moi, ça me rappelle simplement les citrouilles sculptées qui brillaient derrière les vitres des maisons de mon quartier londonnien et les enfants qui rigolaient en frappant aux portes. J'aimerais pouvoir vivre ça au moins une fois aux Etats-Unis et participer à un atelier de pumpkin carving. A défaut de traverser l'Atlantique, je prends du plaisir à décorer la maison avec des images vintage.

Et puis, aujourd'hui, c'est décidé,

  je fais la nique à tous mes démons !

14 juin 2010

Quelques héros dans un monde de VRAIS

Dans la vie, il faut se faire plaisir. C'est partant de ce principe indiscutable que ce matin, j'ai décidé de claquer le bec à cette petite garce de voix intérieure qui ne cesse de me harceler : "Fait gaffe, c'est ta dernière chance de sortir de la liste des irrécupérables. Si tu ne brilles pas devant le jury, tu pourras flanquer aux oubliettes tes rêves extravagants de fonctionnariat. Ignorée du privé, éjectée du public, tu resteras MAF jusqu'à ton dernier souffle. Allez, récite-moi tout de suite les droits et devoirs d'un prévôt de l'Etat." pour venir tranquillement baratiner sur les bienfaits de cette semaine numéro 23 de l'an 2010.

C'est que pour la gueuse de base que je suis, voir tout ce beau monde virevolter, ça met les neurones en point de chevrons. D'une ancienne ministre qui, brave comme pas deux, fait don à la communauté d'une partie de sa rémunération, acceptant de ne vivre désormais qu'avec 8600 € par mois au responsable de l'Intérieur qui va devoir débourser 2750 € en punition de sa petite blague auvergnate en passant par ce jongleur de ballon qui vient de signer pour 830000 € mensuels et notre grand manitou du budget qui fait pénitence en C6 ou C5, tout ça pour montrer l'exemple, on ne peut faire que le constat suivant :

Les héros sont légion

en ce bon vieux pays républicain.

Sans parler de notre fraudeur du siècle, la nouvelle coqueluche de la presse. Un garçon si propre sur lui. Comment pourrait-on imaginer qu'un diable est tapi sous un si joli minois ?

Tapie ou pas, that is the question.

Heureusement que l'hexagone compte des hommes de valeur comme notre justicier national pour remettre les pendules à l'heure et donner des leçons aux vilains : "Ca franchement, je veux dire, les gens qui, parce qu'ils jouent au M onopoly, ne se rendent pas compte que derrière le Monopoly, y'a des VRAIS mecs qu'habitent des VRAIES maisons. Ceux-là, pour moi, c'est l'incarnation de ce que je déteste le plus au monde." (zapping à revoir ici).

Moi, ce genre de discours, ça m'émoustille. J'adore qu'on me parle de moi.

So what ?

Pas vous ?

De l'autre côté de mon écran, il existe forcément des VRAIS mecs qui habitent dans de VRAIES maisons avec de VRAIS comptes en banque représentant la VRAIE middle class, non ?

Eh bien, à ceux-là, qui se sentent probablement plus VRAIS que nature, surtout à la fin du mois, je dis : "Vous savez ce qu'il nous reste à faire ?"

A parier en ligne.

Quoi ?

Ce n'est pas le meilleur moyen de rêver ? A part le tricot, bien sûr.

Et ce n'est pas une bonne idée pour renflouer les caisses de l'état ?

Elle est là, la solution à tous nos maux !

En tout cas, j'ai un tuyau. Faut tout miser sur Domenech-le-mal-aimé :

"Un terrain de foot, c'est un rectangle vert ou y'a 11 joueurs d'un côté et 11 joueurs de l'autre."

Un type qui pond des déclarations comme ça, il en a forcément sous le crampon. A moi, on ne la fait pas. En bonne candidate du concours de catégorie C de la FPT, je suis certaine qu'un piège est dissimulé dans l'énoncé.

Mais que je suis gourde. Plus besoin de réviser les problèmes alambiqués de primaire. J'en suis aux oraux. D'ailleurs, je sens la petite voix qui revient m'assassiner de : "Dépêche-toi de boucler ton baratin, BAD GIRL, et reviens à la VRAIE vie."

Bon, OK. Je dégaine ma vuvuzela

et je m'auto-encourage !

Ca vous fait mal aux oreilles ? Normal, je suis VRAIment déchaînée.

Faites comme avec la-boite-à-Ferrari et celle-qui-vous-dit-tout-sur-ce-monde-débile.

COUPEZ LE SON.

Bonne semaine à tous !

17 novembre 2010

Ce refrain qui nous plaît

Totalement pompée par une Marianne venue me rappeler durement que la vie d'une pauvre créatrice textile sans diplôme mirobolant ni réseau tentaculaire n'est pas un long fleuve tranquille, j'ai erré comme une âme en peine pendant deux longues journées. Autant vous dire que ce n'était pas le moment de tâter de la souris. Je n'avais pas un sou d'inspiration.

Pourtant, il y aurait eu à dire sur cette 45ème semaine de 2010 et cette soirée torride organisée par l'homme qui, certainement mû par une nostalgie sourde, a eu l'idée ô combien audacieuse de manger du service public un samedi soir.

Le come back de Champs-Elysées. Ne me dites pas que vous n'êtes pas au courant.

Une minute de générique et j'avais compris que la cible, c'était les plus de 112 ans. C'est juste après avoir subi la prestation du père et du fils Reno que j'ai envisagé d'appeler le premier avocat des Pages Jaunes pour un divorce rapide et bien ficelé et puis, je me suis ravisée. A les voir tous se flatter les uns les autres sur fond so politiquement correct,  je venais soudain de trouver un jeu palpitant :  "Alors, tu dis quoi, toi ? Il est lifté, lui, ou pas ? Botoxé jusqu'à la moelle ? Ou juste un petit peeling ? Un remaillage complet, tu crois ?". C'est comme ça que l'homme, vautré dans ses plumes en quête de revival eighties, je l'ai pourri pendant tout son programme has been. Tant et si bien qu'il a fini par avouer son amère déception et s'est mis à déblatérer avec moi.

Somme toute l'exercice anti-fièvre-du-samedi-soir m'a détendue et c'est de fort bonne humeur que je suis montée me coucher en hurlant....

"Et tu chantes, chantes, chantes, ce refrain qui te plait
Et tu tapes, tapes, tapes, c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie. "

C'était sans compter les viles manigances de mon PDPA-bien-aimé. J'avais à peine brossé deux dents qu'un journaliste peu scrupuleux m'annonça sans ambages que la France avait perdu son Premier Ministre.

Le choc.

S'en est suivi une nuit d'angoisse innommable à espérer un nouveau gouvernement, à compter non pas les moutons mais les ministrables, pariant dangereusement sur les arrivées et les départs des uns et des autres.

"Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie. "

Dimanche matin, quand celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile a annoncé la nouvelle extravagante, je me suis fait un clin d'oeil dans le miroir et en bombant le torse, je me suis créditée d'un : "Cocotine, tu es une sorte de visionnaire."

Quoi ?

Rappelez-vous. La semaine dernière, alors que j'étais en pleine supputation, à mots couverts, je vous l'avais prédit.

Allez, venez danser avec moi pour fêter ça !

"Et tu chantes, chantes, chantes, ce refrain qui te plait...

Bonne semaine à tous !

24 octobre 2010

Recherche de financement

Moi à l'homme : Le but, c'est de renflouer le budget vacances.

L'homme, apparemment pas concerné : ...

Miss Cocotine : Je peux donner mes sous.

Moi, amusée : C'est gentil, ma Chérie, mais on n'ira pas loin avec ce que tu as dans ton porte-monnaie.

Miss Cocotine, prête à tout : Je peux mettre toutes mes dents sous l'oreiller. Comme ça, on aura plein de sous !

25 octobre 2010

Le coeur à gauche

Cette semaine number 42 de l'an 2010 m'a jetée dans une nostalgie sans fin.

Dire que l'année dernière à la même époque, l'ambiance était d'un calme absolu. Certains, masqués, rasaient les murs en balançant des regards suspicieux à leurs voisins, d'autres, prudents, relisaient les conditions de leur assurance-vie ou se baladaient chez Roc-Eclerc pour choisir le satin de leur boite à vie éternelle. C'était le début de l'atroce pandémie qui allait décimer l'hexagone. Rosy était à bloc et presque plus personne ne mouftait.

Cet automne, c'est l'inverse. Pendant qu'une grosse poignée se bat courageusement contre une réforme en passe d'être mise en place par un gouvernement qui a décidé, courageusement, d'affronter le problème ardu de la retraite, la majorité ressort courageusement ses vieux jerrycans et fait parfois des centaines de kilomètres pour de l'essence à prix d'or.

Un sondage raconte même que 70% des français seraient contre mon PDPA-bien-aimé.

Ca m'a foutu un coup terrible.

Un type qui a le coeur à gauche comme ça, c'est pas Dieu possible qu'on lui en veuille à ce point.

Ecoeurée par ce manque de reconnaissance de mes compatriotes, j'ai claqué le bec à celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile et je me suis regardé le nombril.

L'erreur.

Figurez-vous que le 20, c'était le jour de l'année que j'ai sagement décidé de rayer de mon calendrier depuis qu'un matin, ce stupide miroir grossissant m'a flanqué en pleine figure : "Il est grand temps d'économiser pour un Objectif anti-âge & régénération - Action peau redensifiée à la Thalasso de Carnac."

Eh bien, vous le croirez ou non, j'ai été très forte. J'ai fermé les yeux sur mon extrait d'acte de naissance et je me suis donné quelques jours avant de changer l'âge sur mon CV.

20 ans pile-poil

C'est exactement le temps qu'il me reste à travailler avant de pouvoir flanquer tout mon livret A et le cadavre de mon PEA dans une parcelle clôturée, sécurisée, body-gardée, quelque part en PACA dans un resort-spécial-vieux-beaux-angoissés.

Travailler, le joli concept. Encore faudrait-il qu'on m'explique pourquoi ces si gentils employeurs du secteur privé me rejettent depuis des années faisant de moi le clone de cette femme qui, au coeur d'une manif', brandissait sa pancarte "43 ANS - TROP VIEILLE".

Quadra, cinqua, même combat. Comment, dans le contexte malsain du marché du travail, vont-ils tous pouvoir tenir la barre jusqu'à 67 ans ?

Mystère et boule de gomme.

Moi, ça me donne envie d'aller danser le jerk sur de la musique pop.

Bonne semaine à tous !

20 septembre 2010

Histoires de lignes

C'est toute contrite que je viens vous avouer avoir bouclé cette 37ème semaine de l'an 2010 dans un état d'ébriété hors ligne.

Quand sagement,  je m'alloue un budget de 12 € de Muscadet par mois pour oublier ma déconfiture et ce, uniquement le vendredi et le samedi soirs, d'autres claquent 10000 € de lignes pour résister aux témoignages divers et souvent avariés qui les font vivre grassement depuis des années.

C'est que la-petite-histoire-du-criminel-qui-a-quitté-sa-femme-et-ses-six-enfants-d'un-ménage-précédent-pour-partir-vivre-avec-sa-belle-mère-alcoolique-après-s'être-rendu-compte-au-bout-de-quatre-ans-de-mariage-que-ladite-épouse-était-en-fait-un-homme, il faut pouvoir la digérer. Franchement, moi qui déborde de compassion, j'imagine tout à fait qu'on puisse atteindre l'overdose.

Pardonnez-moi, je saute du coq à l'âne, mais je me rends compte à l'instant que "Payer la taxe d'habitation et la redevance audiovisuelle" n'est pas marqué dans mon agenda au 15 novembre.

Voilà, c'est noté. Où en étais-je ?

Ah oui. Si c'est pas malheureux, tout ça, quand même.

Pauvre petit garçon riche.

Riche ? Tiens, au fait, c'est quoi, être riche ?

Voyons. Un riche, ça doit sûrement être quelqu'un qui se gausse de cette satanée crise, un peu comme ces acharnés qu'une grande marque de luxe redoute tellement de voir débarquer dans ses boutiques les poches remplies de dollars qu'elle a décrété qu'elle fermerait désormais plus tôt afin d'éviter toute rupture à Noël. Un coup à péter son score de 53% de hausse de bénéfice net au premier semestre.

Un autre monde.

Le monde de ceux qui campent à plus de 6000 € nets de revenus mensuels. La limite se situe là, paraît-il. Juste en dessous, c'est la middle class qui rame de plus en plus qu'elle s'éloigne des 5999,99 €. Au-dessus, c'est la consécration avec chapelets de Rolex à la clé, probablement.

C'est le CREDOC qui le dit. Et d'ailleurs, sans aucun ménagement, il ajoute que quand la moitié de la population qui gagne moins de 1500 € par mois a vu son pécule bondir sauvagement jusqu'à 1550 € au cours des dernières années, celui des plus aisés a muté tranquillement de 6000 à 7000 €.

Et selon deux sociologues chercheurs au CNRS, mon-PDPA-bien-aimé ne serait ni plus ni moins que Le Président des riches.

Ces informations m'ont tout bonnement anéantie.

Moi qui battais ma coulpe en étant persuadée que si mon ascenseur social était grippé, c'était que je me mettais volontairement des bâtons dans les roues et que je n'avais pas suffisamment investi dans le rayon développement personnel de la Fnac, voilà que les experts me collaient subitement sous le nez la preuve qu'il était également en chute libre pour bon nombre de mes compatriotes et que le fossé se creusait de plus en plus durement avec la France-d'en-haut.

Je n'étais donc pas la seule à connaître la panne sèche et la perspective décapante de croupir au SMIC jusqu'à la fin de ce que je me refuse catégoriquement à appeler une carrière.

Cette découverte justifiait à elle seule de se jeter sur une ligne.

De verres de Muscadet.

Finalement, l'alcool aidant, j'ai fini par éclater de rire et vous le croirez ou non, je suis restée comme ça trente cinq bonnes minutes, à hoqueter, à postillonner, à m'étrangler de gaîté jusqu'au moment où j'ai enfin repris mon sérieux pour déclarer solennellement :

Pas question de tomber dans un manichéisme à faire peur. Des riches, il en faut.  Sinon Côté Ouest, Intérieurs et Question Maison n'auraient plus rien à se mettre sous la dent et que ferait la-gueuse-de-base que je suis si elle ne pouvait plus se fendre de 6 € pour reluquer des maisons à 900 000 € minimum et des intérieurs ré-agencés non pas par une vieille et brave paire de charentaises mais par des architectes DPLG bouillonnants d'idées et alléchés par une enveloppe illimitée ?

Là, dans un instant de lucidité, j'ai réalisé qu'un sevrage était devenu indispensable. Fini, le voyeurisme exacerbé. Les 6 € seraient réorientés, à l'avenir, vers mon petit caviste, digne représentant des classes moyennes.

Une idée comme une autre pour éviter de me pâmer comme certaines précieuses ridicules devant ceux qui ont la vie facile et me laver à tout jamais de mes pêchés d'envie.

Et pour compenser la clinique privée que ma mutuelle ne m'offrirait jamais, je décidai de me calmer en jetant ces quelques lignes salvatrices sur mon cahier virtuel.

Bonne semaine à tous !

10 mai 2010

Un avenir austère

A vrai dire, je sors de cette 18ème semaine de l'an 2010 complètement ébouriffée.

A peine remise de cette bringue virtuelle, j'ai été convoquée par mon conseiller en com'. Furieux, il m'a reproché d'avoir voulu en mettre plein la vue à tout le monde avec mes bulles luxueuses et mes discours de jet-setteuse. De son point de vue, pour être d'équerre avec mon image, il aurait fallu vous proposer un petit mousseux à deux balles en vous implorant de ne surtout pas vous lancer dans le BILAN de mes trois ans de frasques blogosphériques alors que je suis et demeure DANS L'ACTION, mon mandat n'étant pas encore bouclé.

Après ces échanges houleux, il m'a sommée de garder désormais un profil bas et d'aller derechef bûcher mon baratin du lundi matin. La queue entre les jambes, je suis sortie de son bureau en maugréant mais compte-tenu de l'actualité foisonnante de ces derniers jours, j'ai dû très vite oublié blâmes et remontrances pour m'atteler à la tâche.

C'est que l'heure était grave. Il fallait sauver l'euro.

Sauver l'euro. Si je voulais être honnête avec moi-même, l'euro, je m'en fichais comme de ma première chaussette. 38 ans d'amour avec ce bon vieux franc, ça ne s'oubliait pas comme ça, pour une amourette mouvementée de quelques années qui m'avait imposé, en plus, une maîtrise diabolique de la table de 6,55957. Non, l'Europe du nord pouvait bien lâcher le sud et la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal retrouver leurs monnaies d'origine à la suite de la Grèce, je m'en tapais le coquillard.

Surtout que connaissant un peu leur façon de voir la vie et les services fiscaux - puisque pour les beaux yeux de l'homme, j'ai plaqué ma vie parisienne en 1996 pour me mettre au régime féta - je suis restée extrèmement dubitative à l'écoute de certains grecs s'étonnant de cette situation de faillite et intriguée par la colère et la violence qui en découlaient.

Mais comme je suis très lâche et que je n'ai aucune légitimité en matière d'expertise économique hellénique, je vous renverrai directement à votre libre arbitre en vous proposant toutefois de regarder un reportage de "Complèment d'enquête" intitulé "La Grèce au régime sec" qui est passé extrèmement tard lundi dernier et qui présentait l'avantage, à mon avis, d'être un peu moins politiquement correct que tout ce qu'on a pu entendre aux heures de grande écoute, si je fais exception de mon-Yves-Calvi-bien-aimé.

Ainsi selon certains cerveaux bien construits rencontrés au hasard de mes errances télévisuelles, nous étions en train de passer d'une crise des banques à une crise des états qui, elle, promettait d'être d'une violence infinie et d'une durée autrement plus angoissante que la précédente.

Banqueroute, décroissance, chômage, austérité. Plus les mots s'agglutinaient en sombres guirlandes, plus ma réserve de chocolat noir aux écorces d'orange signé Klaus fondait à vue d'œil et moins les trous de mon Rambouillet étaient centrés dans les losanges.

C'était clair. On allait en baver des ronds de chapeaux.

Il se murmurait déjà que d'un plan de relance archi raté, la France allait être submergée par un vrai régime d'austérité qui clouerait certainement le bec à nos plus viles ardeurs latines. Et là, j'ai commencé à me faire des cheveux blancs.

Comment nos ministres allaient-ils pouvoir voler plus vite que leurs ombres si on les empêchait de faire un petit saut aux Antilles pour 116500 € et surtout comment notre-PDPA-préféré allait-il pouvoir poursuivre le réaménagement de son-nouvel-avion-sans-prétention-à-185-millions-d'euros blindé de cuir de Cordoue, agencé par un ébéniste surdoué et cachant, selon les dires des Dernières Nouvelles d'Alsace, une petite merveille de four à Calzone?

Oui, comment les supposés grands de l'hexagone se débrouilleront-ils pour faire avaler au gueux de base qu'ils méritent amplement les privilèges très particuliers qu'ils s'offrent sur leur dos ?

Et d'un coup d'un seul, j'ai eu une lueur que je m'autoriserai sans aucune modestie à qualifier "de génie" :

Il suffisait juste d'envoyer quelques ministres au charbon en les obligeant à batifoler sans retenue avec tous ceux qui sont planqués en Suisse, en Belgique ou à Las Vegas* afin qu'aveuglés par l'amour, ces petits malins abandonnent leurs domiciles fantômes et reviennent goûter aux joies de notre douce France, non sans passer par cette case désopilante nommée "perception", le tout ponctué d'un plan com' bien ficelé pour montrer au vilain peuple assoiffé de justice la bravoure avec laquelle les hautes instances traquent les méchants fraudeurs.

Moi qui ai commencé la semaine d'humeur plutôt chagrine, voilà maintenant que je ne parviens plus à m'arrêter de pouffer bêtement...

Ah mais j'y pense. Faut que je paie mon deuxième tiers...

Bonne semaine à tous !

* N'hésitez pas à écouter l'humeur du jour de Stéphane Guillon à ce sujet.

10 septembre 2010

Premières impressions

Le type qui m'avait recrutée ne m'avait laissé aucun espoir en matière de déco : "Je vous préviens, les locaux ne sont pas de première jeunesse." Il m'a effectivement suffit d'une visite guidée à travers les deux étages du bâtiment pour être persuadée que je n'avais aucune chance de voir une équipe d'Intérieurs débouler pour filmer le carrelage terne et les PC démodés.

Côté ambiance, impossible de confondre avec la Défense. Pas de commercial en sueur qui court dans les couloirs, sa liste d'objectifs chimériques à la main ni de secrétaire prétentieuse qui toise la nouvelle et l'inscrit aussi sec dans sa liste d'ennemies à abattre ni même d'arrivistes aux dents acérées qui jonglent avec sadisme entre brimade et flagornerie.

Tout est étrangement calme. Mes nouveaux collègues sont doux, polis, souriants et non-violents.

A mon arrivée, j'ai été priée de m'installer au poste dit "vacant" où je n'ai pas mis quatre secondes pour capter que le mot n'était pas employé à tort. Les touches du téléphone sont couvertes d'une couche de poussière rébarbative et quelques moutons errent ça et là entre les tampons sales et les pots de crayons entourés d'élastiques en voie de décomposition avancée. Le papier à entête et les enveloppes nagent dans l'oubli, disposés sans aucun ordre dans une banette à la couleur incertaine. Des post-it délavés collés au disque dur témoignent qu'une quelconque auxiliaire a déjà souffert des lombaires sur cette chaise bleu dur qu'on ne peut décemment pas qualifier d'ergonomique.

Supporter une telle crasse au quotidien étant au-dessus de mes forces, ne serait-ce que pour vingt-trois jours, je réclame vite fait un chiffon à ma voisine qui, relativement désabusée, m'explique que la femme de ménage manque de temps pour faire son travail correctement. Armée de lingettes au doux nom de "Niceday", je me lance dans un réaménagement de l'espace alloué tout en me disant que si l'argent public est gaspillé quelque part, ce n'est certainement pas du côté entretien qu'il faut mener l'investigation.

Un saut à la cafétéria minuscule et dépourvue de fenêtre me conforte dans mon analyse. Le micro-ondes est repoussant, la cafetière maculée, la bouilloire encrassée et quand mon regard écoeuré tombe malencontreusement sur la hotte, je frôle l'apoplexie.

Mais comment font ces drôles d'hurluberlus pour naviguer dans une telle atmosphère sans qu'aucun d'entre eux n'ait succombé à l'envie pressante d'enfiler une paire de Mapa vert pomme ? D'un seul coup d'oeil, je mesure l'étendue des dégâts et le planning que je m'imposerais si j'avais à fréquenter l'endroit de manière récurrente. Mais comme je n'ai pas l'intention de camper là, je classe le projet en pensant que mes futurs-ex-collègues n'ont qu'à expédier un dossier à Valérie Damidot.

Mis à part ces anecdotes, tout est verrouillé à merveille. Dévoué, mon responsable consacre une partie de sa matinée à me dévoiler les mystères du monde du déchet et dès l'après-midi, je suis conviée à une réunion plus que fascinante dans le Saint des Saints.

Le crâne farci d'ordures ménagères et de déchets secs, je m'entraine à truffer ma prose de sigles-barbares-qui-font-pro, à espionner le camion poubelle,  à jauger le discours de l'administré qui veut à tout prix changer de bac et à assimiler toutes les subtilités d'un compostage dûment équilibré.

Bonne élève, me voilà finalement prête à accueillir l'usager perturbé, acharné, exalté voire emporté.

Ainsi se sera déroulé mon premier jour dans la FPT. Vendredi soir, j'aurai déjà décelé quelques fêlures dans ce petit monde apparemment lisse et insouciant. Une chose me paraîtra pourtant évidente. Quand on n'a pas à craindre d'être licencié pour un oui ou pour un non, on est forcément beaucoup plus détendu.

30 août 2010

Changer tout

J'émerge de cette 34ème semaine de l'an 2010 les oreilles saturées et la matière grise barbouillée.

Car j'ai dû avaler sans moufter le chapelet insécurité-fêlure-solidarité-malaise-stigmatiser les Roms migrants-bafouer les droits de l'homme-tâche de honte-efficacité de la politique-+138% de la délinquance des membres de nationalité roumaine sur Paris-tolérance-indignité-respect et me dépatouiller toute seule pour trouver un sens à cet imbroglio.

Et je vous avoue que lorsque mon-JPP-adoré a annoncé au 13 heures que les puissants de notre si douce France allaient reprendre du service, j'ai été grandement soulagée. Au placard l'attirail cuissard-sacoches-pompe-beignets, mon-PDPA-bien-aimé était attendu de pied ferme par la populace avide d'avoir enfin une explication à cette politique ressemblant à s'y méprendre à du diviser-pour-mieux-régner. Au risque pour lui de dégringoler encore plus dans les sondages. Un coup à ce qu'il n'en commande plus jamais un seul.

Ceci dit, ça tombait plutôt bien, cette supposée économie, car en milieu de semaine, un journaliste se moquant bien de mes états d'âme m'a annoncé sans aucune précaution que la dette publique avait explosé et se pavanait désormais à 1500 milliards d'euros. Autrement dit,  selon lui, je devais, comme chacun de mes compatriotes, 25000 € à nos divers créanciers.

Là, j'ai bien cru trépasser sous le choc. Comment allais-je bien pouvoir rembou rser cette somme faramineuse avec mon futur SMIC temporaire de 1 055,42 € nets ?

Cet épisode douloureux m'a immédiatement renvoyée à ma non-réussite-sociale et la malchance qui me colle aux basques comme une colonie de casseroles à la 2 CV de la mariée. J'ai éclaté en sanglots en me lamentant sur mon sort et sur celui de la France réunis. Après tout, d'un côté comme de l'autre, une question s'imposait :

Mais-bon-sang-de-bois-comment-on-a-bien-pu-en-arriver-là ?

Je me suis finalement mouchée bruyamment - uniquement parce que j'étais seule et déboussolée - et j'ai décidé que plutôt que de m'appesantir sur de piteux bilans et désigner des coupables, mieux valait regarder à l'horizon et tenter de redresser la barre.

J'étais donc en passe de revenir à des considérations positives car comme chacun sait, le positif est de retour, en tout cas chez les publicitaires, quand ma télécommande m'a entraînée vers la première chaîne où les yeux écarquillés devant une-bande-de-pleurnicheurs-peinant-à-monter-une-mayonnaise-mais-tellement-heureux-de-se-faire-humilier-devant-des-caméras, j'ai compris instantanément que j'avais commis la bourde de mon existence.

Pour CHANGER DE VIE, c'était à Master Chef, ce nouveau show si bien goupillé que si l'on reste aveugle devant les ficelles grossières qui en composent la recette, on en ressort intimement persuadé que c'est la seule solution pour faire évoluer son piètre karma, qu'il aurait fallu que je m'inscrive, pas au concours d'adjoint administratif de catégorie C de la FPT.

Une bévue pareille, c'était sûr, j'allais m'en mordre les doigts pour le restant de mes jours.

Bonne semaine à tous !

9 août 2010

Echange régime crétin contre régime crétois

Comme c'est dur de réintégrer le-bled-paumé-du-double-four. Entre une séance recherche d'emploi et une corvée lessive, je préfère rester scotchée à mon écran, la tête dans mes images ensoleillées ou encore me lancer dans un atelier de cuisine crétoise. C'est pas nouveau. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu des retours de vacances assez obscurs.

Alors que vous dire de distrayant sur cette 31ème semaine de 2010 que j'ai eu la chance de passer partiellement au bout de l'Europe ?

Pas grand chose, à vrai dire, car ce que celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile m'a rapporté depuis quatre jours sur l'ambiance consternante qui règne dans notre douce France me donne juste l'envie furieuse de rappeler Transavia pour un aller simple en direction de là d'où je viens.

Pas de boite-à-Ferrari, aucune radio, seulement un bon potager, quelques chèvres (maintenant que je sais les traire...) et une bicoque sans aucun ponçage à faire, après tout, quoi de mieux pour vieillir tranquillement sans même avoir besoin de s'épiler les poils du menton ?

Bonne semaine et surtout bonnes vacances à ceux qui en prennent.

12 juillet 2010

Il est temps

C'est complètement échevelée que je suis sortie de cette 27ème semaine de l'an 2010. Pire que tout, je n'ai même pas pu me peindre tous les ongles de pieds.

Pourquoi ?

Eh bien, tout simplement parce qu'à chaque fois que je brandissais mon pinceau gorgé de vernis, celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile m'annonçait un nouveau rebondissement dans ce sombre roman feuilleton de la-petite-comptable-qui-empêche-tous-les-gros-bonnets-de-dormir, me laissant la langue pendue, les yeux exorbités et les oreilles déployées, dans l'attente insoutenable de l'épisode du lendemain.

Oui, ce duel enragé entre journalistes et politiques, autrement plus palpitant qu'un Peyton Place ou un Drôle de dames, m'a bigrement emmêlé la boite à neurones.

Mais bon sang de bois, qui croire et que croire dans cette débâcle honteuse ? Ce n'était certes pas le moment d'être de l'avis du dernier qui a parlé. Un coup à finir en derviche tourneur. Non, il fallait se montrer forte et se jeter à corps perdu dans la recherche de la vérité. 

Dans un premier temps, j'ai bien été tentée de conclure que, comme disent les mômes, y'a que la vérité qui blesse. Après tout, si 64% des français étaient persuadés que tous les politiques étaient corrompus, ce n'était sûrement pas pour des prunes.

Et puis dans un deuxième temps, je me suis dit que tomber dans le côté monstrueusement désabusé et clamer haut et fort tous-pourris-moi-je-vous-le-dis-c'est-bonnet-blanc-et-blanc-bonnet, c'était quand même un peu court.

En accord avec moi-même et complètement sur le flanc, j'ai alors décidé de m'en remettre à la justice, tout en jouant de ma tapette à mouches pour chasser les doutes horribles qui me collaient aux basques quant à son indépendance réelle.

J'en étais là, seule et égarée dans mes tentatives de compréhension du monde qui nous entoure, quand tout à coup, j'entendis une poignée de joyeux lurons chanter à tue-tête...

"Il est temps, il est l'heure, il est temps de tourner la page, passer partout notre message, il est temps de choisir l'histoire qu'on veut écrire...Liberté, égalité, fraternité..."

Eh bien, vous le croirez ou non, c'était la bande à Martine qui singeait tous-ceux-qui-veulent-changer-le-monde, mais sans avoir le cran - et on peut le regretter amèrement - de nous livrer la choré ad hoc.

Ce souffle de fraîcheur si optimiste qu'il pourrait presque être qualifié d'utopiste, au milieu de ce tableau grisâtre et nauséabond, ça m'a donné un coup de fouet vital.

Et puis, soudainement, je me suis souvenue de ce type qui avait écrit une petite histoire qui débutait comme ça : "La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fût venue..."

J'ai refermé mon flacon de Mavala d'un geste rageur tout en émettant quelques hypothèses sur ceux-à-qui-le-crime-pourrait-bien-profiter.

Là dessus, agacée, j'ai quitté l'histoire de l'hexagone pour revenir faire un tour du côté de la mienne tout aussi pathétique, mais malheureusement moins virevoltante.

Pas question de m'endormir sur mes lauriers. Entre un coup de boutonnière et deux rangs de jersey, c'était sûr, il fallait lancer la première bouteille à la mer. Ce qui fût dit fût fait. Mon CV bien mieux repeint que mes ongles de pied s'envola d'un clic vers la mairie de Nantes et quelques jours après, je décrochai mon téléphone pour tâter le terrain. Une dame charmante m'assura qu'elle avait bien reçu ma candidature et quand je me mis à l'asticoter gentiment, elle en vînt à me dévoiler quelques-uns de ses secrets de recrutement.

C'est comme ça que je pris ma première claque en provenance directe de l'administration. Les candidatures internes étaient toujours privilégiées. Je retournai donc à mes pochons l'air ronchon en marmonnant force privé-public-bonnet-blanc-et-blanc-bonnet.

Il est donc temps, il est donc l'heure, pour moi aussi, de tourner la page et de fermer doucement mes volets. 

Bon courage à ceux qui ont l'impression de moisir dans un bureau, ceux qui sardinent entre Charles-de-Gaulle et Nation, ceux qui maudissent leur chef, ceux qui trouvent leur collègue bien trop blonde, ceux qui haïssent leur réveil, bref, à tous ceux qui travaillent plus pour gagner plus. Même si vous n'en êtes pas forcément persuadés tous les matins à 6 heures, vous avez une chance phénoménale.

A ceux qui cherchent éperdument le boulot qui les mènera cahin-caha au minimum vieillesse, je dis : "Tomorrow is always another day."

Et aux gâtés du monde qui ont le culot monstre de péter le cochon pour tailler la route par temps de crise, je dis : "Vous avez raison."

Bon été à tous !

5 juillet 2010

Le meilleur reste à venir

Je sors de cette semaine 26 de 2010 totalement rassurée sur l'avenir de l'hexagone et pleine d'espoirs quant à l'ambiance torride qui va régner dans les hautes sphères à la rentrée.

Mon-PDPA-bien-aimé va enfin nous livrer cette république irréprochable tant promise.

Quoi ?

Vous n'y croyez pas ?

Moi si.

Et je dois vous avouer que je ne suis pas loin de tomber en amour pour lui. Allez savoir quelle mouche l'a piqué. Voilà qu'il a décidé que l'Etat devait faire preuve d'exemplarité et de dans la foulée, il a puni deux mauvais élèves et les a tout bonnement renvoyés.

Remarquez, il a peut-être été trop laxiste. Moi, je les aurais expédiés en camp disciplinaire à Oslo avec pour objectif un formatage complet du cerveau. Mon rêve absolu. Que ceux qui nous gouvernent soient à l'image de leurs homologues scandinaves. Du travail et du respect en lieu en place de jolis discours et de bling-bling.

Et à l'heure actuelle, je suis horriblement excitée car je sens que mes souhaits vont être bientôt exaucés. La garden party du 14 juillet a sauté et le rideau est tombé sur les chasses présidentielles à Chambord. On tient le bon bout. Il ne manque plus qu'un remake de Camping 2 bien médiatisé pour le couple présidentiel et la gueuse de base que je suis se laissera emballée les yeux fermés.

En plus, au vu du bilan miteux de la baisse de la TVA accordée aux restaurateurs, notre ministre du budget s'est montré affreusement bougon et je peux vous dire que pour avoir examiner des dizaines de cartes à la loupe, son coup de sang m'a ravie. Attendez, je sais compter. J'ai révisé tout le programme de maths de CM2 pour mon concours. Un taux qui passe de 19,60 à 5,50 %, ça n'est pas équivalent à un café à 1,40 au lieu de 1,50 € et 0,70 de moins sur un menu enfant, surtout lorsque d'autres plats ont bizarrement augmenté en parallèle.

Non, vraiment, j'y crois dur comme fer.

Quoi ?

Woerth ?

Ah, quelles mauvaises langues vous faites. Chaque chose en son temps. Vous ne voudriez, en plus, qu'ils s'attaquent à tout ce qui se balade offshore ?

Franchement, vous être trop idéalistes.

Allez, moi, je vais faire comme beaucoup de français en cette période estivale. Je vais me concentrer sur mon petit nombril, boire des apéro colorés, lire des bouquins qui détendent, me peindre les ongles de pieds et tartiner mes coups de soleil d'aloe vera, mais loin de cette douce France qu'il faut pouvoir quitter de temps en temps, histoire de ne pas s'étouffer de dégoût et rester à peu près sain d'esprit.

Histoire aussi d'y revenir en se persuadant que si ce n'est pas le plus beau pays du monde, ça y ressemble et qu'on a une chance écoeurante d'y avoir vu le jour.

Bonne semaine à tous et profitez bien de l'été !

16 novembre 2009

A l'amitié franco-allemande

Il faut bien avouer que la seule question qui a couru le pavé en cette semaine 46 de l'an 2009, c'est :

"Où étiez-vous quand le mur de Berlin est tombé ?"

J'ai bien imaginé un instant vous raconter que tout comme notre PDPA,  en ce 9 novembre 1989, j'étais à Berlin en pleine allégresse et qu'à coups joyeux de pioche, j'avais moi aussi oeuvré à la réunification de l'Allemagne.

Et puis, je me suis dit que quelques journalistes scrupuleux s'engageraient certainement à vérifier l'information et que je risquais vite de perdre la face.

Comment vous dire ?

Le 9 novembre 1989,  j'étais sur scène, en bas résille affriolants, pleine de plumes extravagantes et les faux-cils au garde-à-vous, loin de me figurer que l'histoire du monde était en train de basculer.

Vous le croirez ou pas, à cette date, j'étais GO au Club Med de Da Balaïa au Portugal et pour les beaux yeux du clan Trigano, je travaillais comme une esclave, 17 heures par jour, 6 jours sur 7, tout ça pour des clopinettes.  Un coup à virer fan d'Arlette Laguiller.

En tout cas, en ce 9 novembre 2009, j'aurais été bien avisée d'y faire un saut, à Berlin, pour soutenir notre PPDA qui manifestement, n'a pas eu la chance, comme moi, de suivre aveuglément sa meilleure copine partout. Affublée qu'elle était d'un père alsacien, si elle avait opté pour l'espagnol, il l'aurait reniée dans la seconde. C'est comme ça que je me suis fait embarquer en anglais-allemand-latin où j'ai subi toutes les vexations quand mein Professor se penchait sur mon cas, les sourcils froncés. Je suis arrivée au Bac traumatisée en jurant que je l'aurais du premier coup, tout simplement pour ne pas devoir commenter un texte truffé de mots illisibles et de verbes flanqués en bout de phrase devant un examinateur qui n'aurait certainement pas manqué d'être médusé par ma prononciation.

Ceci dit, pour déclamer deux malheureuses phrases basiques sujet-verbe-complément, à savoir "Wir sind brüder, wir sind Berliner", je suis sure que j'aurais été plus à la hauteur que notre PDPA.

A propos de bouillon...

Bonne semaine à tous !

26 octobre 2009

Week 47

Cette semaine 43 était pourtant bien partie quand jeudi soir, notre petit Calimero Généraldoptiqué et Swatché a renoncé héroïquement à la présidence de La Défense en direct du théâtre France 2.  Là, j'ai vu tous mes espoirs de pouvoir bénéficier du Sarkoshow-de-père-en-fils jusqu'à mon dernier souffle s'écrouler lamentablement. Le fiston rendait les armes et se retirait. Peut-être allait-il même reprendre son look de surfeur...

Quelle tristesse ! J'ai de suite téléphoné à ma copine Catherine pour en discuter. Férue de politique, elle m'a instantanément remonter le moral.

"Mais non, pauvre cruche, te mets pas la rate au court bouillon. C'est une manoeuvre pour mieux revenir sur le devant de la scène. Ils ont tous des tas de conseillers en com' qui leur bottent le train et leur dictent ce qu'ils doivent raconter au peuple. T'as pas remarqué que le p'tit blondinet, il parlait comme Papa ? Il est pas fini, le spectacle !"

"Oh, tu crois ? Ben alors là, tu m'en bouches un coin !"

Fallait reconnaître que ma copine Catherine, elle était vraiment pas née de la dernière pluie. Je pouvais lui faire confiance et me coucher sereinement en réfléchissant à la Swatch que j'allais commander au Père Noël. Un jour ou l'autre, c'était certain, Jean reviendrait et je pourrais compter sur la dynastie pour me distraire jusqu'à mes 102 printemps.

Malheureusement, ma bonne humeur a viré dès le lendemain quand j'ai reçu ce mail de mon fournisseur allemand me disant que mon lavabo, mon robinet et mon pommeau de douche arriveraient à leur entrepôt WEEK 47 ! Le couac.

Mon plombier était sensé installer la baignoire le 5 novembre et ces braves gens promettaient sur leur site une livraison en 30 jours maximum. En prenant le pari de commander sur le Net, l'homme se serait-il fourvoyer ? Me serais-je fait rouler dans la farine ?

J'ai pris mon crayon de bois comme ils disent en Loire-Atlantique et j'ai pointé les jours sur mon petit calendrier. 50 jours de délai au moins... ça sentait très mauvais.

L'homme à mes côtés pour le soutien moral, j'ai ouvert Outlook et j'ai crié ma déception et mon mécontentement à Mönchengladbach. Bien sûr ils m'ont répondu qu'ils déclinaient toute responsabilité. Alors j'ai tenté de renégocier et là-dessus, mon interlocuteur est parti en week-end.

Conclusion : Le projet de la SDB pourrait donc bien traîner lamentablement jusqu'à janvier. J'hésite entre cotoyer mon horrible cabine pendant encore 10 semaines sans moufter ou refuser purement et simplement de me laver jusqu'à temps que la Jacob Delafon soit vissée au sol.

Bonne semaine à tous !

29 juin 2009

De caprices de roi en folies de star

Cette semaine qui a démarré sur les chapeaux de roues m'a galvanisée. Admirer notre si jolie monar république étaler ses fastes chez le Roi Soleil, ça m'a mise dans tous mes états. Ce PDPA, vous avouerez  quand même qu'il est bourré d'idées géniales pour développer à chaque instant ce concept fou inventé par quelques révolutionnaires échevelés et gravé sur le fronton de nos mairies : "Liberté, Egalité, Fraternité".

D'ailleurs, regardez, au moment même où il claquait 400000 € que perso, j'adore remettre en Francs sonnants et trébuchants... attendez, je calcule... 2 623 828... Donc, je disais, au moment même où il claquait 2 623 828 Francs Français avec ses potes, grand seigneur, il augmentait le pouvoir d'achat du gueux de base en lui accordant royalement 16,70 € bruts mensuels que perso, j'adore remettre en Francs sonnants et trébuchants... attendez, je calcule... 109,54 Francs Français...

D'un coup, ça m'a ôté un poids. Parce que ces derniers temps, non seulement, Pôle annonce au compte-gouttes, mais quand il pond une bafouille et qu'on jette un oeil sur le salaire proposé, on constate qu'une assistante-commerciale-français-anglais-espagnol-et/ou-allemand-5-ans-d'expérience-exigée ou qu'une technicienne-de-paie-39h-débutante-acceptée à Nantes, c'est parfois grassement payée 8,82 X 151.67 = 1337,73 € bruts.

Voilà qui, vous l'imaginez, m'a rassurée, moi à qui il ne reste que quelques années pour gaver mon cochon rose et me payer ma Rollex-diplôme-de-ma-réussite-sociale.

En même temps, faut être pragmatique. Supporter la charge de travail d'une assistante export ou d'une gestionnaire de paie pour à peine plus de 1000 € nets par mois, est-ce-bien raisonnable ? Un coup à mourir précocement sans pouvoir bosser plus pour gagner plus jusqu'à 67 ans.

Alors, pour le même sacs de deniers, pourquoi ne pas se la jouer tendance et aller planter des choux, plutôt que de rester enfermée dans un bureau à supporter tous les caractériels qui y circulent. Je sais, ça fait blasée, voire négatif de raconter ça, mais c'est que y'a du vécu derrière le raisonnement...

C'est comme ça que mon début de semaine s'est joué entre le Lycée Jules Rieffel, le Pôle Emploi de Beaulieu et Jardiland. Une course que sans mes quatre roues, je n'aurais jamais réussi à gagner. Un challenge qui consistait à faire remplir tout plein de papiers en un minimum de temps pour pouvoir faire ce qui est pompeusement appelée une EMT, Evaluation en Milieu de Travail, et qui consiste à travailler sans être payée du tout 2 semaines maxi (ben quand même, faut pas abuser...) chez un employeur sensé te montrer toutes les ficelles du métier et invité à t'évaluer en fin de stage.

Tout ça, Mesdames, Messieurs, pour que la Cocotine prouve sa bonne foi au Lycée Rieffel qui veut vérifier si elle a vraiment envie d'apprendre tout sur l'horticulture, le maraîchage et la pépinière en 8 mois pour ressortir avec un Brevet Professionnel Agricole. Ce qui n'est pas complètement absurde vu le contenu actuel du CV de la gueuse.

Ainsi, ce matin, pendant que vous lisez mon baratin, je me pavane gracieusement dans les rayons de Jardiland en arborant fièrement un Tee-shirt estampillé "Jardiland - Je suis en stage". Si on m'avait dit à 20 ans, quand dans mon bureau-boite-à-chaussures de La Défense, je rêvais de tout plaquer pour la campagne que 20 ans plus tard (ouais, je triche un peu, je sais...), j'exaucerais mon voeu et que je regarderais des plantes pousser sans encaisser un radis, j'aurais été plus confiante.

Bref, gone with the wind. Je vous raconterai tout, promis.

Quant au mileu de la semaine, il m'a remplie d'espoir. Un nouveau gouvernement, tout neuf, tout frais, quoi de mieux pour repartir du bon pied, je vous le demande !

Y'a que la fin qui m'a rendue triste. Michael et Jill qui rejoignent Mike Brant le même jour, c'était enterrer brutalement deux décennies de mes souvenirs. Mais honnêtement, j'ai plus de tendresse pour Farrah Fawcett qui bravement, a décidé de rester blanche, plutôt que pour Michael qui n'a finalement jamais été plus beau et adorable que quand il chantait avec les Jackson Five. "We are the world" reste mon dernier souvenir de lui, ses extravagances m'ayant ensuite donné, à moi aussi, l'envie de m'isoler dans un caisson.

Rest in peace.

"Liberté, égalité, fraternité",

"We are the world",

mais nom d'un chien,

QU'EST-CE-QU'ON A ENVIE D'Y CROIRE !

Bonne semaine à tous !

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