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Le petit monde de Cocotine
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9 mars 2011

Toucher le fond

Comment aurais-je pu, lundi matin, venir vous donner mes impressions sur cette 9ème semaine de l'an 2011 alors que j'ai Miss Cocotine sur le paletot qui me sert du Maman 457 fois par jour et me baragouine non-stop sur des sujets de la plus haute importance type tu-sais-Simon-y-m'a-dit-t'es-un-chihuahua ?

Au 12ème jour de vacances scolaires, j'avoue humblement que je suis ratatinée comme une vieille pomme et que j'ai une farouche envie d'indépendance et de liberté.

D'autant que l'homme m'a collé la responsabilité du chantier salle-à-manger-vintage sur le dos et qu'en me glissant une bise d'adieu à 7h30, il ne manque jamais d'ajouter une directive du genre j'ai-sorti-le-haut-du-meuble-dans-le-jardin-tu-peux-sous-coucher. Faut dire qu'il vient juste de démarrer une formation Management de proximité et qu'avant de briller en réunion, chacun sait qu'on peut déjà pratiquer à la maison.

Car du chômeur à la dérive comme moi, il faut savoir le motiver. D'ailleurs, c'est l'une des dernières missions de notre GG (sigle de mon cru pour Gentil Gouvernement) annoncée avec persuasion par mon PDPA-bien-aimé lors de son dernier show télévisé :

remettre l'abonné cramponné à Pôle Emploi sur les rails

"Tous les chômeurs, depuis plus d'un an au chômage, nous allons leur proposer, avec ces moyens, ce demi milliard que nous mobilisons, une formation ou un emploi. Nous allons dégager cet argent qui va nous permettre de faire recevoir dans les trois mois, tous les chômeurs de longue durée et de proposer à tous les chômeurs de longue durée soit une formation qualifiante, soit un emploi pour pas les laisser chez eux à déprimer et à s'éloigner du marché du travail."

Vous imaginez que ce soir-là, devant mon écran plat, j'ai frôlé l'extase. Les hautes instances avaient visiblement une pensée émue pour les écartés du système comme moi et s'inquiétaient même de leur état moral. Un coup à se prendre pour une VIP.

Seulement, voilà :

La formation qualifiante, j'avais déjà expérimenté le terrain miné. Gonflée à bloc par mon stage en gestion de la paie à l'AFPA, j'avais attaqué mes recherches persuadée que je trouverais vite chaussure à mon pied. Six mois après, j'avais fini par capter que la reconversion, dans ce si joli pays qu'est la France, n'est qu'utopie, les employeurs se retranchant systématiquement derrière des "Vous n'avez pas d'expérience." exaspérants, humiliants et décourageants.

Quant à l'emploi, j'en étais arrivée à renoncer à en décrocher un convenable quand à force de jouer du pinceau, j'ai enfin entrevu la possibilité d'évoluer vers un métier en demande : peintre en bâtiment. Trois heures et demie de badigeonnage plus tard, ma tendinite se réveillait, ma tête tournait, mes lombaires flambaient et mon projet capotait.

J'avais touché le fond du pot de Julien-plâtre-ciment-bois.

Allez savoir si ce sont les substances qu'il contenait, j'ai alors été victime d'hallucinations. Comme cette jeune russe rencontrée un soir d'errance télévisuelle qui s'offrait les services dociles d'un moniteur de l'ESF pour seulement 360 € la journée, ou ce PDG qui, après le ski, écumait les galeries d'art et craquait en direct live pour un petit plaisir de rien du tout à 250000 €, je me suis vue émergeant de mon hélico privé, toute de peau de bête revêtue et de bagages estampillés affublée, pour passer quelques nuits féériques à 800 € dans un palace de Courchevel.

Bug dans le karma.

J'ai repris conscience pour réaliser que j'étais scotchée au bled avec en plus, la perspective ô combien excitante de vivre sous peu dans un système répressif.

Quoi ?

Vous n'êtes pas au courant ?

Si l'on en croit ce quizz surprenant paru dans un magazine féminin "Etes-vous FN sans le savoir ?" dont je ne peux m'empêcher de vous livrer un extrait :

Votre nouvelle conquête vous met une heure et demie de retard dans la vue avant de vous proposer une virée à la cafet'.

A. Il mérite la peine mort.

B. Les garçons devraient avoir un droit à la formation continue, tout au long de la vie, pour lutter contre la misère affective.

Si vous cochez A, vous êtes FN friendly.

et les derniers panels interrogés, militer pour le-bout-du-bout semble devenu infiniment tendance.

Ca serait presque drôle (quoique) si ça n'était pas si grave.

La crise et l'exaspération, la peur, la violence qui en découlent, l'histoire nous somme de les contrôler pour éviter de dériver.

De sondages douteux en témoignages haineux, j'ai repris espoir en entendant mon PDPA-bien-aimé plaider la zénitude et arguer du fait qu'il restait encore quatorze mois à tirer avant l'échéance fatale.

Après tout, il avait raison. De l'eau, il en coulerait sous les ponts.

Et du fiel avec.

Bonne semaine à tous !

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18 octobre 2010

L'essence de la formule

Totalement ébouriffante, cette 41ème semaine de 2010.

Moi qui aie des prédispositions pour nager dans l'empathie, je n'ai pas arrêté de me faire des cheveux pour mon PDPA-bien-aimé. Tous ces barbares qui se mettaient à le défier, quitte à tâter de la matraque ou du flash-ball, quelle bande d'effrontés, tout de même.

Un coup à lui faire regretter la fermeture des bassins miniers.

Imaginez juste que notre doux pays ait connu cette aventure humaine extraordinaire de trente-trois types valeureux qu'on parvient à extirper du fond du trou après des semaines d'emprisonnement et qui, soudainement, se voient traités en héros par les journalistes du monde entier, couverts de cadeaux par des faiseurs de com', encensés par tout ce que l'hexagone compte de VIP et pour certains, écartelés entre femme et maîtresse.

Des applaudissements fougueux, des rires exaltés, des mains qui se broient, des larmes fédératrices.

De la cohésion sociale.

Une parenthèse enchantée pour mon PDPA-bien-aimé.

Toute à mes rêves d'unité sur fond bleu-blanc-rouge, je n'ai même pas remarqué que mon aiguille passait dans la zone dangereuse et c'est en passant par hasard devant la pompe du bled que j'ai senti qu'il fallait revenir illico presto à des considérations plus terre à terre.

La guerre était quasiment déclarée. Il fallait aviser.

Aussi sec, j'ai appelé l'homme à la rescousse. Après tout, c'était bien lui qui, cet été en Crète, nous avait sauvés d'une mort certaine en quêtant 10€ par ci, 20€ par là à des pompistes débordés. Le plan d'alerte a immédiatement été déclenché et les deux réservoirs gavés. A lui, on ne la ferait pas, il avait de la bouteille.

Bizarrement, dans les hautes sphères, on s'évertuait à faire avaler au petit peuple que le risque de pénurie était nul, pendant que dans les stations services, les panneaux "fermé" commençaient à se multiplier.

L'heure était grave. Pas d'essence, pas de voiture. Pas de voiture, pas de boulot. Pas de boulot, pas d'argent. Et valait mieux s'arrêter là pour éviter l'anémie.

C'est comme ça que j'ai commencé à douter des soldats de plomb de mon PDPA-bien-aimé. Puis, alors que je m'efforçais de déceler la vérité dans ce capharnaüm, je me suis heurtée à ce pape de la pub qui déclarait dans un forum professionnel de la communication :

"Nous, les pubards du 20ème siècle, nous en avons lourd sur le coeur. Nous avons cru inventé la société de communication, nous avons inventé une société de solitude. Plus on a communiqué au 20ème siècle, moins on s'est parlé. Nous avons été sans le savoir, moi le premier, des petits Goebbels. On a enfoncé des slogans dans la tête des gens sans qu'ils puissent réagir jusqu'à les rendre complètement marteau, à coups de marteau.

Et aujourd'hui, depuis à peine 5 ans, à peine 10 ans, voilà que tout d'un coup, le consommateur a la parole, qu'il a le droit de cité, voilà qu'il est tellement plus nombreux, tellement plus fort que nous, que c'est lui qui va décider demain de la communication".  

Et là, glacée par la formule, je me suis dit : pubards ou politicards, tout le monde ferait bien de revoir sa copie. Que les premiers continuent à balayer devant leur porte et les seconds à analyser la poussière cachée sous le tapis.

Mais sans nous perdre de vue, histoire d'échapper au chaos.

Bonne semaine à tous !

29 novembre 2010

Le BONHEUR quand je veux

De cette 47ème semaine de 2010, j'émerge lavée de toute amertume.

J'ai trouvé la solution pour accepter ma-vie-de-chômeuse-de-très-longue-durée-dans-un-bled-paumé-du-double-four.

LE FUNEMPLOYMENT

en provenance directe des Etats Unis d'Amérique !

Quoi ?

Vous n'étiez pas chez Guilaine et Françoise jeudi soir ? Quel dommage. Moi, à 20h30 pétantes, j'étais scotchée à l'écran plat, la bouche ouverte, les pupilles en éveil. Pensez-donc, un reportage intitulé avec audace, voire provocation :

PAS DE TRAVAIL, PAS DE PROBLEME

Ils ont connu ou connaissent le chômage et la précarité depuis des mois. Ils ont décidé de vivre autrement. La débrouille, pas de stress et le choix d'une vie plus harmonieuse,

c'était trop tentant.

Je ne pouvais pas rater l'occasion de comprendre enfin pourquoi, au bout de 5 ans et demi de recherche d'emploi et des centaines de candidatures ignorées ou rejetées pour des raisons vaseuses ou indicibles, je n'étais toujours pas capable, moi aussi, de clamer haut et fort "Pas de travail, pas de problème !".

C'est ainsi que, suspendue aux lèvres de ces chômeurs heureux, j'ai appris que sans en avoir conscience, j'étais hyper tendance depuis des années. Car pour être dans la mouvance du funemployment, il faut :

- profiter de cette période apparemment bénie pour aller au ciné, boire des pots et voir des expo
- réduire ses dépenses
- vivre sur ses réserves
- faire un bilan de compétences.....

et, et, et ,et....

- MONTER SA BOITE !

La liste cochée soigneusement, je me suis arrêtée net en hurlant :

Yes, JE SUIS FUNEMPLOYED.

C'était aller un peu vite en besogne. D'un coup, j'ai réalisé qu'il devait forcément y avoir un os quelque part. J'avais 20 sur 20 partout, certes, mais je n'avais jamais réussi à être pleinement épanouie dans cette période si intense et si enrichissante.

L'énigme.

Les neurones à fond les ballons, j'ai cherché au moins 20 secondes et j'ai fini par me souvenir que la condition indispensable pour pouvoir s'épanouir sans emploi, c'était

DE NE PAS CULPABILISER

Bougre de cruche que j'étais. Le grain de sable, c'était là qu'il était planqué, dans le culpabilitomètre.

Ca n'a pas fait un pli.

J'ai mis la leçon en pratique dès le lendemain et je suis allée lécher les vitrines de Nantes avec une copine.*

Franchement, si les 4 000 000 de sans emploi pouvaient être aussi euphoriques que ces deux-trois bocho (vilaine expression de mon cru pour bourgeois chômeurs) que France 2 a choisis de mettre à la une cette semaine, mon-amie-la-taupe serait infiniment soulagée et les agences de Pôle Emploi, des annexes du Club Med.

Comme quoi, le BONHEUR, ça tient à peu de choses, finalement.

Bonne semaine à tous !

* Je tiens à rassurer les passants à penchants "parents normatifs", je ne perçois plus un sou d'indemnisation depuis des lustres et à part deux chemises cartonnées, je n'ai rien acheté.

28 février 2011

Volée de claques

4h47. Le réveil d'Alain Duhamel n'a pas encore sonné que je suis déjà sur le qui-vive, un Ceylan à la main et deux crèpes dans le ventre, étourdie par cette question redondante :

Ma toute petite vie s'est-elle trouvée bouleversée par les sept jours écoulés ?

Au regard de ce monde enflammé, le sujet paraît ridicule, égocentrique voire pesant. Mais compte-tenu du fait que du ridicule, de l'égocentrique et du pesant, on en croise à chaque seconde, dans l'hexagone et même ailleurs, pourquoi mes aventures quotidiennes et la rage de vivre qui les accompagne seraient-elles plus illégitimes qu'autre chose ?

Et puis ma carrière douteuse de baratineuse, c'est tout ce qui me reste. Alors ce n'est pas le moment de flancher et de claquer mes volets virtuels sur un coup de tête. Vous aurez la lourde tâche de me supporter jusqu'à ce que je remporte le jackpot au Loto, que je braque la BDF ou que je signe un CDI.

Et ça, c'est pas gagné.

D'ailleurs, je sors de cette 8ème semaine de l'an 2011 aussi dynamique qu'un vieillard asthénique.

Remarquez, je ne suis pas la seule.

Moi qui m'émeus régulièrement du sort réservé aux femmes, je dois dire que l'éviction de MAM m'a soufflée. Que va-t-elle devenir ? Passer de MAE à FAF, ce n'est pas une sinécure. A son âge, c'est la descente aux enfers et le déclassement assurés. Un peu comme ce couple du 16ème croisé sur Arte mardi soir dans Classes moyennes : la peur du déclassement qui reluquait les beaux rôtis bien ficelés du joli boucher et finissait par chasser la promo à Casino.

Ou moi.

Pourtant, mon destin a bien failli basculer.

Figurez-vous que l'une des 221 communes de Loire-Atlantique s'est trouvée émue par ma candidature et m'a convoquée mardi dernier pour une conversation à bâtons rompus avec un jury composé de trois femmes charmantes.

J'en suis sortie assez contente de ma prestation mais sur mes gardes, vu le nombre de concurrentes croisées.

Rien d'extravagant pourtant. Juste un mi-temps payé avec un lance-pierre mais pour une déclassée qui n'a vu que deux feuilles de paie en cinq ans, un bon morceau de beurre à flanquer dans la pâtée d'épinards.

Vendredi après-midi, un peu fièvreuse,  j'ai décroché mon téléphone, prête à prendre une nouvelle claque.

Je l'ai prise.

Le jury avait beaucoup apprécié notre échange mais m'avait finalement collé en deuxième position. J'étais tellement brillante qu'à coup sûr, je trouverais très vite un autre poste.

Sans blague.

Vous savez quoi ?

Poulidor se ferait bien une petite semaine à Djerba la Douce avec une copine. Paraît qu'ils soldent à tour de bras. Je vais passer un coup de fil à MAM.

Bonne semaine à tous !

PS : Au fait, la coccinnelle, j'en trop envie de l'écrabouiller.

18 avril 2010

Mon mentor

Je dois vous avouer que cette 15ème semaine de l'an 2010 m'a beaucoup secouée. A tel point que les mots tournent et virent sous ma souris sans que je parvienne à les dompter. D'où ce baratin du lundi soir et tant pis pour la rime.

D'un clapotis gentillet, on est brutalement passé aux gros remous et c'est les yeux écarquillés que j'ai vu la liste des mécontents s'allonger dangereusement : les cheminots mais c'est comme-qui-dirait récurrent, les vendéens mais finalement tout va mieux depuis que zone de solidarité a gommé zone noire, les chauffeurs de bus et là, je-sèche-no-comment, les salariés kidnappeurs mais-comment-on-en-arrive-à-des-situations-si-violentes-ma-bonne-dame, les fins de droit que notre PDPA, en héros de tous les temps, a promis de ne pas laisser tomber, les gendarmes qui sont persuadés qu'on veut leur peau et même les généralistes qui se considèrent comme mal aimés. Somme toute, une chance folle que les profs aient été en vacances.

Mais pas question de tomber dans la décadence en singeant ce type qui, à bout de nerfs, a rétorqué au courageux journaliste venu prendre la température de la gare du nord : "Franchement, ils commencent à nous les briser menu avec leur grève !". Non, pas question. Au contraire, j'ai puisé dans mon sac à compassion et j'ai gentiment essayé de comprendre les uns et les autres. Ca m'a demandé une énergie folle et honnêtement, sur certaines corporations, j'ai échoué lamentablement. Je suis restée sèche comme un coup de trique. Même pas une larmichette. Que dalle. Mais inutile de me soudoyer. Je ne vous donnerai aucune piste. C'est pas mon genre.

Quand on pense qu'au milieu de ce marasme, le lancement de la réforme des retraites, vous savez, le fameux dossier qui doit être bouclé avant l'été, eh bien, il a presque failli passer inaperçu. Si c'est pas malheureux. Un débat si croustillant dans lequel d'entrée, personne n'est d'accord. Du pur sucre. En plus se donner juin comme deadline, c'est d'une bravoure sans nom. Défier les suédois à ce point, ça frôle l'inconscience.

Oui décidément, la vie bouillonnante de l'hexagone me permettait vraiment d'oublier mon triste sort de chômeuse-de-très-longue-durée-vieille-peau-de-surcroît.

J'en étais là dans mes réflexions intenses quand tout-à-coup, il m'est arrivé la plus loufoque des aventures. Non que j'ai raté mon vol aller simple pour les Bahamas à cause du coup de colère d'Eyjafjallajokull, mais plutôt qu'UNE BOITE M'A CONVOQUÉE EN ENTRETIEN. Eh oui, ça vous en bouche un coin, hein ?

Attendez, vu la fortune que me coûtent mes injections d'acide hyaluronique, fallait bien qu'un jour, les 32 ans affichés sur mon CV tout beau tout neuf portent leurs fruits.

Bon, c'est sûr, de prime abord, pas de quoi faire des bonds de trois mètres : un CDD de trois mois à 14 heures par semaine fois 8,86 €, on tombait pile poil dans l'emploi précaire. Mais comme faire la fine bouche n'est plus vraiment à ma portée, j'ai balancé mes trois grammes d'orgueil restant et  je me suis pointée toute guillerette au fin fond de la zone industrielle.

Surprise. Une TPE, mais alors très petite. Un couple. Le challenge à leurs yeux, c'était que la perle recherchée résiste à leur mariage. Une sorte de ménage à trois en quelque sorte et pour la vie en plus car de CDD, l'affaire avait évolué en CDI. Je n'avais jamais fait dans le vaudeville mais après tout pourquoi pas. Le concept de l'homme "Vas-y. T'as rien à perdre." collait à merveille à la gageure.

Eh bien, figurez-vous que nous nous plûmes. Tant et si bien qu'à peine rentrée chez moi, j'étais à nouveau pourchassée. Un coup à bomber le torse et à croire qu'on va tout péter dans la baraque. Mais vous me connaissez. Je suis restée sur mes gardes. Un employeur qui s'intéressait à moi et deux jours de suite de surcroît, c'était chose louche. La dernière fois remontait quand même au 24 décembre 2009 et point n'est besoin d'insister sur le fiasco terrible qu'en avait été l'issue.

Pas le moment de tergiverser pourtant. Fallait foncer. Vendredi matin à 10 h, je remettais donc le couvert avec le duo chamailleur. Très vite, j'ai appris que je n'avais plus qu'une concurrente et de fil en aiguille, tout le monde s'est détendu. Presque trop beau pour être vrai. La dame s'est vertigineusement dévergondée : "Ah mais vous êtes loin d'être sotte, comme disait ma grand-mère !", ce qui m'a déclenché un rire nerveux. Des compliments comme ça, fichtre de fichtre, c'était pas tous les jours que j'en avais.  Puis elle a poursuivi : "Ben, tu... Ah, on va travailler ensemble et ici, tout le monde se tutoie... Ca ne te dérange pas ?" Un sourcil resté en suspension, j'étais à deux doigts de jurer qu'une caméra était planquée derrière le philodendron douteux, mais bien élevée, j'ai donné mon feu vert : "Oh non pas du tout."  Puis son mari a surenchéri : "Je n'ai pas vu l'autre personne mais c'est vers vous que va ma préférence." qui m'a collé un sourire niais tout en me laissant tout de même dubitative sur la teneur intrinsèque du raisonnement. J'ai salué, volé vers la sortie et papillonné tout l'après-midi.

Mon destin allait virer, je le sentais.

A 17h05, un coup de fil. "Bon, allez, je me lance. On a choisi l'autre candidate. Mais vous êtes très bien." J'ai dit : "Ah bon." et puis j'ai raccroché abattue comme un lapin de garenne ayant croisé mon voisin Chasse-Pêche-and-co.

Autant vous dire que toutes mes bonnes intentions se sont décomposées d'un coup d'un seul et que le gars, à la téloche, je suis two hundred per cent d'accord avec lui. "ILS ME LES BRISENT TOUS MENU."

Bonne semaine à tous !

 

 

 

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29 mars 2010

Cette si chouette vie de gueuse

Autant être franche. Cette semaine 12 de l'an 2010, je suis bigrement contente de l'avoir enterrée. Si Dieu existe et que je me présente devant lui pour le verdict final, j'espère bien que ma bravoure de mardi dernier me rapportera des points et m'évitera d'aller griller en enfer. Dans l'attente de ce moment palpitant, je remballe la Casio Junior qui, il faut bien le reconnaître, me donnait un mauvais genre de je-porte-les-mêmes-accessoires-que-ma-fille-pour-qu'on-me-confonde-avec-elle. De toute façon, elle ne perd rien pour attendre, la championne en racines carrés. Trois ans de placard et elle attaquera le CM1 de Miss Cocotine.

En fait, à l'heure où le gouvernement tente de décimer la fonction publique, entre brave ou niaise, je ne sais plus à quel adjectif qualificatif avoir recours me concernant. Passons outre mes velléités de devenir fonctionnaire et attachons-nous plutôt à commenter ce début de semaine, si fort sur le plan émotionnel. Ce remaniement TECHNIQUE du gouvernement, ça m'a foutu un coup. Tous ces talents qui virevoltent, ces bureaux qui valsent, ces papiers peints à choisir et ces cadres à accrocher, ça m'a collé un tournis du diable. Et tout ça pourquoi ? Mais pour notre bien. Eh oui. Décidément, je ne comprendrai jamais pourquoi certains de mes compatriotes refusent de donner leur avis devant l'urne.

Et cette taxe carbone qui à peine sortie de l'œuf, a été assassinée froidement. Bon, c'est vrai, je l'avoue, je n'avais pas du tout l'intention de la payer. Mais ma mauvaise humeur a-t-elle un poids quand il s'agit de sauver l'ours blanc ? Aucun et heureusement d'ailleurs. Mais les mots justice et équité ont-ils un poids quand il s'agit d'infliger un nouvel impôt au petit peuple ? Aucun et malheureusement d'ailleurs.

Submergée par tant de bouleversements, j'essayais de me raisonner pour finir ma semaine sereinement quand je suis tombée sur Capital qui posait cette question cruciale :

Réseaux, privilèges, écoles :

les secrets de la réussite en France ?

La panoplie ad hoc pour énerver le gueux de base qui sait pertinemment que le petit point d'interrogation est d'un faux-cul total. En même temps, ça m'a ramenée quelques années en arrière, au bon temps de Mike Brant et de Gérard Lenorman, quand j'étais persuadée que cette chouette république permettait à celui qui le voulait vraiment de s'en sortir et de gravir les échelons.

Là-dessus, la vie s'est chargée de me tracer un parcours à la Lara Croft. Toute mignonnette, tu débarques dans un endroit apparemment convivial. Un filet te tombe sur le dos. Tu t'en sors avec les dents. Mais la porte se verrouille. Tu te faufiles par le vasistas. Un fauve au crocs acérés te guette. Tu dégaines. Mais au loin, un mur de briques. Tu l'escalades tout en veillant à ne pas péter la couture de ton short-moule-fesses. Tu te retrouves au pied d'une montagne géante. Tu halètes, tu hoquètes, tu râles, mais tu arrives au sommet. Là, un monstre à six crochets t'accueille en hurlant :

Bienvenue, la gueuse.

T'as capté le message ou t'en veux encore ?

Sans réseaux, sans privilèges, sans écoles réputées,

tu as vécu, tu vis et tu vivras !

Autant vous dire que le père Lagache, il ne m'a pas impressionnée avec sa question à deux balles. Ca fait belle lurette qu'avec l'homme, on a compris la musique et qu'on est convaincu qu'on nait et qu'on meurt scotché à sa CSP. A quelques exceptions près bien sûr.

Mais tout de même, en observant tous ces hommes et ces femmes bien-comme-il-faut s'émoustiller pour les affaires, bien à l'abri dans leurs clubs ultra sélect de la capitale, je me demandais s'ils s'organisaient des débats enragés bicarbonate de soude contre Monsieur Propre, s'ils avaient déjà intégré les bénéfices de la trottinette par rapport à l'avion privé et s'ils s'étaient répandus en lamentations devant Home et Le Syndrome du Titanic.

Bonne semaine à tous !

25 mars 2010

Chronique d'un concours ordinaire

Faut croire que c'était écrit dans mon karma. Un beau jour de mars 2010, je devais participer au concours de  "La Nouvelle Star de la Fonction Publique du double four" .

Après une nuit diabolique à me répéter faut-dormir-sinon-tu-seras-une-loque-demain, j'ai émergé sans vie et sans envie. Il était convenu que l'homme s'occuperait de Miss Cocotine de A à Z pour que ma concentration d'athlète ne soit en rien perturbée.  Le bougre a disparu direction l'école, non sans me coller un Merde affectueux dans les gencives.

Je suis restée seule face à mon destin. La cerise sur le gâteau du jour, c'était que les fonctionnaires étaient appelés à la grève. Le Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale avaient prévenu les candidats ; ils devaient "prendre leurs dispositions". Cocasse.

En bonne parisienne de souche ayant traîné des heures sur les quais à attendre, hébétée, qu'un wagon daigne arriver, j'en étais arrivée à la conclusion angoissante que tout le centre de Nantes, voire la région entière seraient bloqués quand moi, pauvre-greluche-ayant-accepté-une-remise-en-question-relativement-énigmatique, je sauterais héroïquement dans ma petite voiture pour parcourir les 23 km qui me séparaient du Parc des Expositions de La Beaujoire.

S'en était suivie une salve de questions redoutables allant de je-prends-le-périph-ou-pas à mais-à-quelle-heure-je-pars se soldant par la décision de traverser Nantes mais en partant à 10h00 pour être sure d'être au rendez-vous à 13h30, ce qui, vous en conviendrez, s'appelle "être bigrement prévoyante".

Dans mon petit sac, le matériel nécessaire, multiplié par x, toujours au cas où, deux règles, trois calculatrices, quatre Bic noirs, du Tippex et dans la rubrique faut-un-déjeuner-qui-tienne-au-corps-mais-qui-ne-me-plonge-pas-dans-une-léthargie-épouvantable-à-13h30, une salade de riz aux tomates séchées et haricots verts. Et mon flacon de Rescue.

En fait d'embouteillages effroyables, j'ai juste croisé six gaillards qui, banderoles au vent, marchaient le long de la route en direction du centre. A 10h30, j'étais impeccablement garée sur le parking de La Beaujoire, ravie d'être arrivée sur les lieux du crime avec devant moi trois heures à savourer cette vue imprenable sur un foutu grillage blanc. Un coup de fil à l'homme pour lui faire part de l'exploit et échanger ces quelques mots qui resteront sans aucun doute dans les annales : J'ai-pas-envie-d'y-aller-T'as-rien-à-perdre. Un leader né. De quoi me remettre dans le droit chemin en moins de deux.

Un repérage des lieux, quelques révisions d'aires et de volumes et un épisode de respire-par-le-ventre-allez-gonfle-gonfle-gonfle-et-souffle tout en écoutant Billie Holliday chanter le blues et Andreas Scholl le Nisi Dominus pour passer le temps tranquillement tout en comptant les joyeux lurons qui commençaient à débarquer peu à peu. L'occasion de réviser les proportions et de constater que les femmes et les jeunes étaient largement majoritaires.

Puis le moment fût venu d'ingurgiter mon lunch tout en veillant à ne pas boire trop, histoire d'éviter un-tortillage-de-fesses-à-la-Miss-Cocotine en pleine épreuve, ce qui aurait été du plus mauvais effet. Je tentai ensuite une sieste qui ne s'avéra en aucun cas réparatrice.

A 13h00, mon supplice était à son comble et je décidai sagement de me balancer quatre gouttes de Rescue sur la langue tout en croyant très fort à leurs vertus supposées. Il était temps d'attraper mon bardas et de me diriger vers l'entrée du Parc. Là, force fût de constater que mille personnes, en vrai, ça fait du monde. L'ambiance n'était pas différente d'un jour d'exposition sauf que je n'étais pas là pour Créativa mais pour tenter d'être la meilleure du troupeau.

A part quelques exceptions, les mines étaient plutôt figées. Point de guitares et de bœufs dans la file d'attente. Sages comme des sardines devant l'entrée du Hall n° 4, personne ne mouftait et l'atmosphère était plutôt tendue. C'était le moment propice pour clore les paupières et se répéter en boucle j'vais-tout-péter-j'vais-tout-donner-j'vais-tous-les-écraser-comme-des-mouches, à l'instar des candidats remontés à bloc aperçus au hasard de mes errances télévisuelles.

A 13h30, le rideau se leva enfin et tous les candidats s'engouffrèrent dans le trou béant. Lentement, j'avançai et ce n'est certes pas le poste de secourisme planté là qui me rassura. Quelques pas de plus et brutalement, je découvris la salle de spectacle. 

Etourdissant. Un millier de petites tables regroupées en blocs de cinquante, ça peut réveiller un sentiment d'agoraphobie et filer un terrible vertige. Le regard braqué vers le sol, je repérai le bloc 26 qui se trouvait juste devant mon nez, me promettant ainsi un accès rapide au bouche-à-bouche. En deux coups de cuillères à pot, je trouvai mon matricule 1088 et m'installai sur ma petite table, bancale comme un vieux pirate. Pour me rassurer, je notai que de nombreux postes étaient vides autour de moi et je décidai qu'il valait mieux me concentrer sur les désistements que sur les présences. Question de survie.

Au loin mais si loin que je n'en distinguai même pas la forme, pas de Lio ou de Manoeuvre, mais une femme qui déclamait ses instructions dans un micro. En rabattant le coin de ma copie, je me dis qu'au moins, ici, je ne serai jugée que sur mon subjonctif et mes fractions, pas sur mon âge ou le fait que j'ai élevé Miss Cocotine pendant cinq ans.

Incapable de maîtriser mon stress à 100%, m'ôtant ainsi toute chance de postuler au GIGN en cas d'échec, je tremblotai un peu sur les maths mais le sujet étant somme toute assez simple, je réussis à boucler l'affaire en 50 minutes.

Un break plus tard et ce fût le tour du français. Connaissant désormais les lieux comme ma poche, j'avais retrouvé mon état normal. Et là, vous le croirez ou non, en retournant le sujet, j'ai pensé à vous...

Le réchauffement climatique

J'en aurais presque hurler de rire surtout que la question n° 5 m'imposait la réflexion suivante : Expliquez comment il vous semble possible de modifier en profondeur nos modes de vie afin d'apporter des réponses au problème du réchauffement climatique.

N'imaginez quand même pas que je suis allée parler de mon écolopote Colin, du gant de toilette, du foulage de linge et encore moins de MA-SECTE-DE-CELLES-QUI-VEULENT-BIEN-ÊTRE-ECOLO-MAIS-FAUT-PAS-POUSSER-MÉMÉ-DANS-LES-ORTIES-QUAND-MÊME. L'humour, la dérision et l'ironie n'étaient pas de mise en cette journée éprouvante. Non, je suis restée très sérieuse, bien propre sur moi et optimiste. Un vrai rôle de composition.

Quoiqu'il en soit, c'est plié. Le 28 mai, je saurai si je suis conviée aux épreuves orales d'admission.

MERCI POUR VOTRE SOUTIEN ET VOTRE GENTILLESSE.

Sacrée journée !

8 mars 2010

Gone with the wind

Quel charivari en cette semaine 9 de l'an 2010...

Pendant que certains retenaient leur souffle et flattaient la croupe pour la bonne cause, permettant ainsi aux journalistes d'établir un palmarès détaillé des performances de chaque camp - le grand vainqueur étant Villepin avec 9 heures à mastiquer-du-produit- du-terroir-tout-en-souriant-et-congratulant-à-tout-va -sans-postillonner, d'autres se rendaient compte que, dans un pays à l'affût du risque zéro et blindé de zéro tracas, zéro bla bla, la nature pouvait parfois remettre l'homme prétentieux à sa place. Compassion et tristesse ont d'abord été de mise et personne n'est resté insensible à ces cartes postales de la côte ouest prenant des allures de Picasso. Aucune raison, donc, de ne pas être solidaires des vendéens et des charentais touchés par ce déferlement.

Puis certains se sont posés la sempiternelle question : "Faut-il ou non continuer à autoriser les promoteurs à bâtir en zone rouge ?".  La cupidité mène tellement l'homme par le bout du nez qu'elle l'aveugle. Ca fait des décennies que ça fonctionne comme ça. Pourquoi ça changerait ? Pour une petite note pondue par une poignée d'expert ou pour l'amour du littoral français ? Autant croire à la sagesse de l'espèce et à sa capacité à voir plus loin que le bout de son nez... Je ne sais pas pourquoi mais ça me colle une envie irrésistible de me mettre à grogner version Jeanne Balibar.

D'autant que je me suis dégonflée comme un vieux pneu et que d'un clic rageur, j'ai envoyé Pôle Emploi aux pelotes et ruiné ainsi deux ans et demi de passion sauvage. Aux yeux de notre douce et gentille société, je ne suis donc officiellement plus rien, mais n'oubliez pas, vous qui me connaissez un peu, de faire + 1 lorsque vous entendrez les prochaines statistiques du chômage. En hommage à ma quête du Graal.

Allez, les devoirs m'appellent... Un grand merci à l'une de mes lectrices qui fait preuve d'une bravoure sans nom et me coache en silence pour me transformer en bête à concours. Alors... Surface du trapèze, A = (B + b) X h / 2... Manquerait plus que je me plantasse !

Bonne semaine à tous !

25 janvier 2010

Keep on fighting

Commanditée par le chef de chantier pour une virée spéciale réassort carrelage-joint, je n'ai même pas pu baratiner à mon aise ce matin. Vous avouerez que c'est quand même un monde !

Ceci dit, il n'aurait pas été correct de ma part de cracher sur un petit job d'hiver qui a eu cette vertu de me faire exister un tant soit peu, même s'il ne s'est agi que d'échanger un bonjour-merci-bonne-journée avec la caissière de Brico-Dépôt et de m'enquérir des caractéristiques de la plaque à carrelage 250 X 60 auprès d'un vendeur de Casto.

Regonflée par cette expérience hors du commun, je suis fin prête pour me poser cette question désormais célèbre à deux mètres à la ronde :

Mais bon sang de bois,

que retenir de cette 3ème semaine de l'an 2010 ?

Les yeux tournés vers les souffrances d'Haïti, il m'a été difficile de me concentrer sur les minuscules misères des irréductibles gaulois que nous sommes. Pour apporter ma petite pierre à l'édifice, j'ai hésité entre les différentes ONG et puis, poussée par l'affectif, j'ai choisi Médecins du Monde puisque c'est la seule OAA qui ait accepté notre dossier pour une adoption en 2003. Evidemment, je me garderais bien de vous dévoiler le montant de mon don mais je vais tout de même vous donner un petit indice : à côté d'Angelina Jolie et de Brad Pitt, je suis ridicule.

Et puis, Le Monde a soudain détourné mon attention en annonçant que 600000 braves français seraient bientôt en fin de droit et tout ça a ravivé de vieilles douleurs, me renvoyant à ma condition de femme dépendante et obligée de se plier à tous les caprices d'un carreleur du dimanche taciturne et autoritaire. Il devenait urgent de me jeter sur ma bibliothèque pour y trouver de quoi apaiser mon esprit embrumé. Où était donc passée la collection des "Ne vous noyez pas dans un verre d'eau..." ?

Voyons... à l'usage des couples... pour les femmes...  en amour... au travail...

Sacrebeleu, Richard Carlson n'aurait-il jamais songé à rajouter des zéro à son compte en banque avec un :

"Ne vous noyez pas dans un verre d'eau... au chômage" ?

Force fût de constater que l'impasse avait été faite sur le sujet douloureux de la perte d'emploi.

J'étais à deux doigts de m'aplatir dans le canapé devant Derrick quand tout-à-coup, j'ai entendu parler d'un type fichtrement astucieux qui avait deux salaires.

Et là, j'ai relevé le nez, j'ai ôté mes bigoudis, je me suis CouleurCaramélisée et j'ai balancé un dossier béton à cette boite qui cherchait une spécialiste de l'ADV. La suite s'est avérée moins pétaradante, il est vrai.

Vendredi soir, je me suis officiellement déclarée pathétique. Là dessus, l'homme a ouvert une bouteille de Cahors. Puis, grand seigneur, il a reconduit mon CDD pour le week-end et je me suis dit qu'à défaut de décrocher le premier job, j'avais au moins le deuxième.

Même pas eu le temps d'aller chez Roblot, avec tout ça !

Bonne semaine à tous !

PS : Merci aux petites nouvelles et aux vieilles routardes pour leurs com', toujours décortiqués, pesés, analysés et appréciés.

4 janvier 2010

Bonnes résolutions ?

Ah la Nouvelle Année... Elle nous arrive toujours bien enrubannée, trainant dans son sillage l'inévitable cortège de bilans douteux, de bêtisiers creux et de rétrospectives à la mord-moi le noeud.

Pourtant, c'est le nez qui plisse gracieusement et les yeux brillants qu'on passe du 31 au 1er en espérant que le Quo Vadis tout propret qu'on vient de s'offrir se remplira d'amour, de gloire et de beauté éternelle.

Oui, le premier matin de la Nouvelle Année, on est toujours plein d'espoir.

Mais dès le lendemain, quand on a digéré le gui et qu'on se reconnecte sur la vie du monde en appuyant sur le bouton du poste, les choses se gâtent sévèrement. Et je dois vous avouer qu'en ce tout début d'année, deux personnes m'inquiètent particulièrement : notre PDPA et notre Rosy.

Le premier qui n'a pas vu venir le coup bas du Conseil Constitutionnel et qui, de retour tout bronzé du Maroc, s'est pris son joli petit dossier "taxe carbone" dans les dents juste entre Noël et le Jour de l'An. Une chose pareille, ça ne devrait pas être permis.

Et la deuxième qui sent que le tribunal révolutionnaire va l'expédier à l'échafaud dès le premier trimestre 2010 et qui a noté frénétiquement sur toutes les pages de son nouvel agenda "Vendre, vendre, vendre, partout, à tous... et même sur e-Bay... tout vendre... sinon tu vas morfler, ma vieille..." La pauvre, elle qui voulait simplement nous sauver.

De ma fenêtre de gueuse de base, vous imaginez bien que tout ça me nourrit, me réjouit et me laisse à penser que de l'eau à mon moulin, je n'ai pas fini d'en avoir en 2010.

Mais vous allez me dire : "Dis-donc, toi, au lieu de te gausser du gouvernement, ne ferais-tu pas mieux de réfléchir à la façon dont tu vas améliorer ton existence, comment tu vas t'y prendre pour être meilleure et quelle contribution tu vas apporter au développement durable par exemple ?"

Eh bien, vous allez être déçus car dans mon cabas, point de vraies bonnes résolutions. Je n'aimerais pas plus mon prochain qu'en 2009 et mon voisin "Chasse, Nature, Pêche et Tradition" n'aura pas droit à davantage de sourires. Mon oreille restera collé à France Inter et je déjeunerai toujours avec l'équipe de Bruce Toussaint pour rester connecter avec l'intelligence, ingrédient essentiel qui manque parfois cruellement à mon quotidien. Je jure de continuer à détester profondément ma belle-mère parce qu'elle le vaut bien et de remarier mes parents une nuit sur deux. Je continuerai à rêver d'un ailleurs et pourquoi pas d'ouvrir une chambre d'hôtes sur Gj1214b, à 40 années-lumière de cette planète en bataille. Regarder Miss Cocotine grandir en remerciant tous les Dieux de l'univers de m'avoir refiler ce karma délirant et signer bravement pour une nouvelle année d'amour féroce avec l'homme demeureront dans ma ligne de mire. Bloguer restera mon refuge suprême et la condition sine qua non de ma survie dans le bled.

Vous l'avez compris, avec mes torts et mes tares, je persévérai dans mon rôle d'humaine mais une chose est sure : ce n'est pas en 2010 que je rendrai mon clavier.

Quant à vous, soyez sages, brillants, hédonistes, fougueux, libres, ouverts...

Bref, vivez pleinement 2010 !

Et quoi de mieux que Duke Ellington pour enclencher la première ?

Bonne semaine à tous !

18 janvier 2010

Pas de flocons sur Haïti

Curieuse semaine que cette semaine 2 de l'an 2010.

Comment ne pas être profondément émue par cette dame qui ne pouvait pas faire les soldes à cause de cette foutue neige et qui réclamait à corps et à cris des kilos de sel à son maire déconcerté ?

Comment ne pas être émue par tous ces camionneurs bloqués par cette satanée poudre blanche et tous ces rayons de supermarché à moitié vides laissant présager une apocalypse imminente ?

Comment ne pas être émue par ces commerçants affligés de ne vendre que des bottes et contraints de pelleter des monceaux de gadoue glacée pour ne pas qu'un passant se pète la clavicule et leur fasse un odieux procès ?

Nul ne peut contester que les gros flocons collants, quand on n'est pas à Val d'Isère mais entre Saint-Paul et Bastille, ça perd son charme, que gratter son pare-brise vingt minutes dans le blizzard, ça ruine la manucure, que quand on a les rotules qui se dévissent, on déteste le triple axel et qu'on peut s'étouffer au rayon fruits et légumes d'Auchan en voyant sa laitue bourrée de pesticides passer de 0,75 € à 1,10 €.

Oui, comment ne pas être émue par tous ces bonnets râleurs et ces moufles contestataires qui, pour certains, étaient persuadés au bout de cinq jours que le phénomène frôlait la catastrophe naturelle et qu'il fallait désigner des coupables ?

J'en étais là dans mes réflexions quand tout à coup, la neige a quitté mon écran et tous les projecteurs ont été braqués sur une moitié d'île des Caraïbes où jamais un flocon ne tombe.

C'était sûr, les 20 cm de neige qui mettaient les nerfs en pelote à une poignée d'enfants gâtés, un jour ou l'autre, ils finiraient bien par fondre.

Bonne semaine à tous.

28 septembre 2009

Mauvais rêve

Je suis une rêveuse. Jusque là, pas de scoop. Vous êtes déjà au courant. Cette faiblesse m'amène parfois à fantasmer de manière inconsidérée sur du papier bien glacé et de belles pages numériques. C'est ainsi que depuis des mois, voire des années, je louchais sur Le Manoir de l'Isle, une chambre d'hôtes plantée au fin fond des Côtes d'Armor. N'y pouvant plus tenir,  je décidai en août de fracasser le cochon et de booker deux nuits dans cet endroit apparemment merveilleux.

Et c'est vendredi matin de très bonne heure que l'homme, RTT en poche, avala les 290 km pour emmener la petite famille dans le 22. Seulement, voilà. A peine j'avais mis un doigt de pied dans les lieux qu'une déception gigantesque me tomba dessus. Et par la suite rien ne vînt malheureusement à l'encontre de ce flot de dépit. Au contraire.

Certes, la bâtisse est belle. Un manoir du 17-18ème siècles qui a plutôt fière allure (mais pas plus que d'autres endroits). Et côté déco, c'est bien rénové (mais pas plus que d'autres endroits). Le souci, c'est que quand on a eu la chance ultime, dans sa vie terrestre, de se prélasser chez Flore, à L'Epicerie du Pape au Clos des Simples, au Presbytère de la Chaise-Dieu au Pré Oudot et qu'on a bénéficié d'un accueil irréprochable et si attentionné, on s'attend benoîtement à un traitement similaire.

La claque monumentale.

Quand on tient des chambres d'hôtes, qu'on se gargarise d'avoir des papiers partout et qu'on se positionne plutôt haut de gamme en réclamant 97 à 112 € la nuit, certains écueils sont à éviter.

Vous l'avez compris. Je ne vous conseille pas l'adresse.

14 décembre 2009

Changer le monde

La première partie de cette 50ème semaine de l'an 2009 m'a laissée perplexe, le crâne bourré de mots à classer comme minaret, interdiction, musulmans, favorable, croyants, catholiques, diviser, sondage. 

Et la faute à qui ? La faute aux suisses, qui habituellement nagent dans une neutralité rassurante et ne mouftent pas.

Alors il a fallu que je suive la tendance, que je m'engage corps et âme dans cette polémique essentielle, que je prenne position et tout ça a donné naissance à un débat houleux entre mes deux hémisphères.

Est-ce-que j'étais pour ou contre la construction d'un minaret dans le bled ? Bon sang de bois. Il fallait réagir et statuer de manière urgente.

Prudence étant mère de sureté, mieux valait ne pas bâcler l'histoire. Des heures de recherches, d'analyses pointues et de lectures attentives plus tard, j'en déduisais que compte-tenu des chiffres, y'avait pas péril en la demeure. Grosso modo, selon les sondages consultés, les catholiques représentent environ 64% de l'hexagone, les musulmans 3%, les protestants 2%, les bouddhistes 1,30%, les juifs 1%.

Et là, fins limiers comme vous êtes, vous me rappelez à l'ordre : "Eh, ça ne fait pas 100 % !"

Oui, car en France, peu ou prou, il existe aussi 28,7% de "sans religion", d'athées, d'agnostiques.

Peut-être pourrions-nous tous nous souvenir, y compris le gouvernement, que nous appartenons à une République censée être laïque et que la question de la religion est avant tout une affaire personnelle ?

En d'autres termes, pourrais-je allumer la radio sans entendre sans arrêt parler de religion, moi qui fais partie des presque 30% de très grands sceptiques ?

Est-il vraiment raisonnable de focaliser sur une hypothétique construction de minarets alors que les principaux intéressés n'ont apparemment rien demandé et qu'ils sont une minorité dans la population : 3% ? Pourquoi ne pas les laisser tranquilles tout simplement ?

J'en étais là dans mes réflexions sur cette discussion épineuse quand, un sujet en écrasant lamentablement un autre, je me suis retrouvée propulsée dans un nouveau débat de fond : Faut-il ou pas se faire opérer à la clinique Monceau ?

Sur la question, je n'ai pas eu besoin de me pencher des heures car je suis vite arrivée à la conclusion que passer sur le billard dans le 17ème moyennant une fortune pour être obligée ensuite de courir chez Nouvelles Frontières acheter un billet d'avion pour Los Angelès et repasser en salle d'op' à 9057 km du bled tout en sommant mon avocat d'attaquer le chirurgien de Monceau, c'était trop d'émotions pour moi, et j'en ai déduit qu'en cas de pépin,  le CHU en sous-effectifs de Nantes ferait bien l'affaire pour la brave gueuse de base que je suis.

Et puis après tout,  l'anonymat le plus complet me semble enviable quand je vois à la manière dont l'hospitalisation de notre idole des jeunes est couverte par les médias. Mille milliards de mille sabords, et si on le laissait se refaire une santé en paix ?

Bref, tout ça ne va pas bouleverser ma toute petite vie de demandeur d'emploi... Par contre, par contre... Le dernier clip de l'UMP, ça, ça me met du baume au coeur, ça me booste, ça illumine mon quotidien !

Allez, tous ceux qui veulent changer le monde, avec moi, s'il-vous-plaît !

"CHANGER LE MONDE, tous ceux qui veulent changer le monde, venez marcher à mes côtés... Dans un chant de fraternité, j'entends la révolte qui gronde, ...une nouvelle société... CHANGER LE MONDE, tous ceux qui veulent changer le monde, venez marcher à mes côtés... Vivre d'amour et mourir d'espérance, à chaque jour l'avenir recommence, le temps est court, le parcours est immense... CHANGER LE MONDE, tous ceux qui veulent changer le monde, venez marcher à mes côtés..."

Et j'espère bien que cette superbe prose vous tournera toute la journée dans la tête... et que vous mettrez un point d'honneur à faire des heures sup' pour travailler la choré...

Ne me remerciez pas...

Bonne semaine à tous !

26 décembre 2009

Joyeux Noel et bon chômage

Jeudi 24 décembre 2009, 8h30. Je quitte la maison bien emmitouflée et je saute dans ma décapotable pour vivre le moment le plus excitant de ma vie professionnelle de l'année :

mon premier et dernier entretien d'embauche de 2009

C'est un mi-temps vanté par une petite agence d'intérim du coin qui pourrait me rapporter la coquette somme de 4 heures par jour X 9,56 € bruts. Vexée comme un pou que ma formation en gestion de paie se soit soldée par un échec cuisant, je me refuse à faire le compte de ma future fortune de salariée de base. En même temps, c'est pas plus mal. Je risquerais de mal digérer mon breakfast. Mieux vaut se concentrer sur la rencontre du troisième type qui m'attend.

Après 20 minutes de route, je me gare dans une sorte de no man's land postée sous un pont terrifiant. A peine sortie de ma voiture, une nausée violente m'attaque et je me dis qu'il faut être très fort pour rappliquer ici tous les matins en sifflotant sans avoir une valisette de Prozac en bandoulière.

Je franchis le seuil et dès l'accueil, je note l'humeur douteuse de l'hôtesse d'accueil. L'état des lieux me laisse perplexe. Une chose est sure. Je suis loin de la Silicon Valley.

Dans l'escalier, deux jambes apparaissent. A cet instant précis, je tiens encore l'espoir de voir débouler un type qui me donnerait envie d'accepter un tel salaire. Et là, devinez quoi ?

Je serre une paluche molle tout en me disant que Pierre Richard, à côté de moi, il a la baraka. Comme pour en rajouter une couche, le gars salue la standardiste d'un "Bonjour jeune fille" qui séduit tellement la quadra qu'elle en grimace de dégoût. A cet instant, je commence à avoir des doutes atroces sur l'humanité de l'ostrogot. Apparemment, j'ai encore décroché le pompon. En grimpant les marches, je me sermonne et dans ma grande mansuétude, je décide de lui laisser une vague chance.

Assis dans une salle de réunion avec vue sur les bretelles gorgées de camions, il me lance une attaque surprenante : "Alors, qu'est-ce-que vous faites là ?" Je n'ose pas lui répondre que c'est bien la question que je me pose aussi et je lui demande gentiment et poliment de m'exposer la description du poste. Au passage, je tente de savoir si c'est un CDD pour surcroit de travail ou pour remplacement. Très agressif, il me répond : "Non mais pourquoi vous me demandez toutes ça ? Qu'est-ce-que ça change ?" Tout en jetant un regard derrière moi pour savoir à qui il s'adresse, je ne me départis pas de mon calme et je lui explique doucement. A ce stade, il s'agit de le rassurer. C'est juste l'antithèse du recruteur chevronné.

Cet entretien sans queue ni tête dure encore quelques poignées de minutes. J'apprends que la boite d'intérim m'a raconté des sornettes, que les horaires ne sont pas ceux annoncés et qu'il s'agit d'un poste bien plus commercial qu'administratif. Petit à petit cependant, le bonhomme se radoucit et de confidences en bavardages, il me livre quelques secrets sur sa boite qui me font comprendre son embarras et son angoisse. Le bougre mériterait fichtrement une thalasso à Carnac.

Et alors que ma tactique est à deux doigts de payer et que je sens qu'on pourrait devenir copains comme cochons, il me met soudain KO en une phrase :

"La personne, ça, c'est sûr, elle ne reviendra pas... Elle s'est suicidée."

Les sourcils restant scotchés en l'air, j'hésite entre le rire hystérique et les gros sanglots. Sans réfléchir davantage, j'en arrive vite à cette conclusion qui vaut ce qu'elle vaut : "Sauve qui peut la vie. Faut que j'me casse." Bien élevée, j'attends que mon interlocuteur mette fin avec délicatesse à cette demi heure de torture mentale d'un "Oh la la, déjà 30 minutes. Je n'ai pas le temps de rester plus. Il faut que j'y aille." et je m'enfuis à toutes jambes, non sans jeter un regard plein de compassion à la standardiste.

Une fois dehors, j'ai l'envie cruelle de me jeter à genoux pour implorer le ciel de m'expliquer pourquoi je tombe toujours dans des traquenards infâmes et je décide illico que l'heure a sonné de briser la loi des séries pourries. Ce drôle de diable se passera de mes services et je retournerai à mes chiffons et mes casseroles sans aucun regret.

La queue entre les jambes, je rentre et quand l'homme me lance d'un air gai : "Alors, c'était bien ?", je le regarde et avec toute la misère du monde dans les yeux, je lui réponds :

"Un cauchemar. Tu vas pas le croire."

Toute la journée, j'ai ronchonné, marmonné et pesté. C'était évident, ce stupide Père Noël n'existait pas.

7 décembre 2009

Peur

Cette semaine 49 m'a encore fait tourner les sangs !

PEUR, j'ai eu peur de tout.

Peur de perdre une main rongée par cette hydro-alcoolisation effrénée, peur de voir un minaret surgir de terre au beau milieu de mon bled paumé, peur d'oublier ma carte de l'UMP le jour où je déciderai de plonger dans la Seine, peur de devoir m'inscrire aux restos du coeur l'année prochaine, peur que le Père Noël apporte à ma fille des jouets bourrés de substances inavouables, peur que notre ex-président se fasse mordre par son tout nouveau tout beau Bichon frisé, peur que la crise revienne frapper mon gentil banquier, peur que la montée des eaux ne ravage le 44, peur que mon ombre ne m'attaque sauvagement...

Au bord de l'apoplexie, j'étais prête à m'exiler comme Marie Ndiaye mais direction Saturne, quand un espoir a jailli brusquement...

Dans le poste, ils disaient qu'au milieu de ce marasme épouvantable, un eldorado existe. Mais oui...

Les cabinets ministériels de la République Française !

De 2008 à 2009, les effectifs ont augmenté de 11 %...
et les salaires de 57 %...

Ce René, vous avouerez, il en abat du boulot. Heureusement qu'il est là. Noyés comme on est dans la PEUR, on pourrait presque passer à côté d'opportunités comme celle-là.

Heureusement, j'avais gardé une paupière en veille et dès que j'ai eu vent de l'affaire, j'ai tout de suite attrapé ma plus belle plume et je me suis vendue corps et âme à tous nos ministères.

Que je passe de mon misérable statut de MAF à la limite du burn out à une belle planque comme ça, ça lui en boucherait un coin, à l'homme, avec ses 30€ d'augmentation tous les 2 ans !

Ah non, moi, j'y crois dur comme fer. Avec le beau CV tout neuf que je viens de me tricoter sur les conseils de ma coach personnelle,

JE VAIS TOUT PETER !

Bonne semaine à tous !

23 novembre 2009

Jeux de mains

Vous savez qu'habituellement, je me refuse à bavarder sur ce qui se passe au-delà de nos frontières. Je vous ai déjà expliqué. Trop de boulot. Mais en cette 47ème semaine  de l'an 2009, un mot a attisé ma curiosité :

TRILLION

Moi qui n'ai jamais plus qu'un billet de vingt euros dans mon porte-monnaie, il a fallu que je malmène mon cerveau pour qu'il accepte d'intégrer le fait qu'un trillion était égal à mille milliards.

MILLIARD

Oui, je vois à peu près. Un milliard d'êtres humains souffrent de la faim dans le monde, par exemple.

ALORS, TRILLION ?

Eh bien, selon un rapport de la Norvège, les transferts illégaux dans le monde sont estimés à environ un trillion de dollars, soit mille milliards de dollars.

Vous allez me dire : Mais que fait la justice ?

JUSTICE

Un mot amusant qui a de moins en moins de sens (si tant est qu'il en ait eu un jour d'ailleurs...), même sur un terrain de foot...

Quand on voit qu'en plus, un candidat de valeur comme Treber rate son Koh Lanta, on se dit :

NON, MAIS OU VA LE MONDE, JE VOUS LE DEMANDE !

Bonne semaine à tous !

30 novembre 2009

J - 1116

Cette semaine 48 de l'an 2009 est à classer dans les plus désopilantes de l'année !

Quoi ? Ne me dites pas que vous n'avez pas remarqué...

J'AI 54200 COPAINS DE PLUS ! Franchement, vous pourriez être un peu moins individualistes et vous réjouir pour moi. D'autant que comme j'ai bouclé l'affaire avec mon coach personnel et quasi inutile, je vais bientôt être reconvoquée par ma conseillère Pôle Emploi, celle-qui-donnerait-tout-pour-que-je-retrouve-un-job-histoire-de-ne-plus-m'avoir-dans-les-pattes.

Plus de 2 ans que je lui pourris la vie. La pauvre, elle est à bout.

En réalité, ce qu'elle ne sait pas, c'est que c'est loin d'être fini car j'ai décidé de me draper dans ma dignité et de faire du maintien de mon statut de demandeur d'emploi un acte hautement politique. Imaginez, si je capitulais, je n'existerais plus aux yeux de notre douce société. Une sorte de descente aux enfers... Peut-être que de temps à autre, un journaliste honnête parlerait de moi en m'incluant dans les 4,9 millions de personnes qui sont en réalité touchées par le chômage. Mais rien n'est moins sûr...

Alors non, non et non ! Je garde la foi et je reste accrochée à mes privilèges.  Et puis, franchement, tout abandonner maintenant, ce serait d'une sottise incommensurable. Juste au moment où tout va mieux, où la crise est presque terminée, où la croissance redémarre... D'ailleurs, notre PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat pour les petits nouveaux) l'a hurlé fougueusement cette semaine :

"Les destructions d'emploi ont été quasi stoppées au 3ème trimestre. CA VA DANS LE BON SENS. ON VA Y ARRIVER."

Evidemment, en entendant ça, on peut se jeter sauvagement sur le Robert pour vérifier la signification du mot "quasi" mais moi, je ne suis pas suspicieuse comme ça... Non, c'est pas mon genre. Je préfère rester confiante.

Imaginez, tout ce bonheur qui nous attend ! Moi, je ne veux pas rater ça. Du coup, j'ai couru chez le toubib pour savoir si je devais ou non me faire vacciner contre la grippe A. Il m'a regardé en souriant et m'a dit : "C'est sûr que vous avec ce qui vous est arrivé en août..." Les phrases sans fin, moi, je m'en méfie comme de la peste. Alors je l'ai un peu asticoté. Il a fini par me déclarer que dans l'état actuel des choses, il n'avait aucun pouvoir pour m'éviter un destin tragique et assez remonté, il a conclu que le boulot de Rosy ne valait pas un clou. Classée dans les populations à risque mais pas dans les destinataires du petit-bon-qui-peut-sauver-la-vie-de-la-sécu ! Finalement, pour ne pas trop me frustrer et me faire croire que je comptais pour lui, il m'a prescrit le Pneumo 23. Là, je me suis sentie comblée et je me suis fait piquer dans la foulée. Debout près de la porte, il m'a serré la main en disant : "Allez, on va faire en sorte de ne rien attraper cet hiver !"

Le challenge.

Sur ces paroles encourageantes, je suis rentrée tranquillement chez moi en priant tous les dieux auxquels je ne crois pas de ne pas tomber sur le H1N1. Et puis, en allumant le poste, j'ai appris que la fin du monde était désormais datée, certifiée, tamponnée.

LE 21  DECEMBRE 2012, TOUT VA PETE !

Là, j'ai soufflé et j'ai remercié les mayas. Enfin une bonne nouvelle !

Ca veut dire que si je ne suis pas terrassée en quelques jours par la grippe A, emportant l'homme lui aussi catalogué dans les-qui-feront-pas-long-feu-si-ça-leur-tombe-sur-le-coin-du-poumon laissant Miss Cocotine aux mains des barbares de sa classe, j'ai encore 1116 jours heureux à couler avant l'échéance fatale.

Après tout, l'apocalypse, c'est pas si mal comme concept. Ca pourrait au moins sauver la France de 5 ans de plus avec notre PDPA.

Bonne semaine à tous !

2 novembre 2009

Qui suis-je ?

De cette semaine 44, je sors exténuée. Certes dans ma bataille acharnée avec les allemands, j'ai perdu 400 g et tous mes a priori sur la supposée droiture en affaire des teutons. Mais c'est surtout notre MIIINDS (Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Développement Solidaire, retenez-le impérativement, je ne pourrai pas le retaper deux fois), qui m'a poussée à une introspection épuisante dont je ne suis d'ailleurs pas prête de sortir.

C'est quoi, pour toi, être française ?

La question est apparue, abrupte et saugrenue. Je me suis figée et j'ai du coup occulté tous les autres feuilletons en cours : Villepin is back, Jacquot et tous ses amis, le H1N1 anéantira-t-il enfin toute la planète pour faire plaisir à Rosy.

Mon Préfet attendait ma conclusion. C'était du sérieux.

S'en est suivie une période de mal de tête phénoménal talonnée par un moment de lucidité tout droit issu de mes cours de vente de DUT Techniques de commercialisation. Il fallait d'entrée lui renvoyer un point d'interrogation, au MIIINDS, histoire de noyer le poisson et lui montrer accessoirement que je n'étais pas née de la dernière pluie :

Mais cette question a-t-elle un sens

et sacrebleu, pourquoi la poser maintenant ?

Que représentent ces deux mots : identité nationale ? J'ai perdu 30 ans en deux secondes, j'ai attrapé le Waterman de ma communion et une copie pour bachoter. Il s'agissait d'être à la hauteur de mon 13 sur 20 en philo de 1981.

Alors, voyons, la langue française... Oui, elle, j'adore la faire danser, la triturer, la décortiquer... Le drapeau... La première et la dernière fois que je l'ai secoué, j'étais sous l'emprise d'une Kilkenny, debout dans un pub de Londres à regarder un match de rugby dont je ne me souviens même plus de l'enjeu... Euh la Marseillaise... L'étendard sanglant, ces féroces soldats, un chant de guerre  que je n'ai pas  forcément envie d'entonner sous ma douche quand couverte de bulles de lavande, j'essaie vainement de me libérer de mes angoisses existentielles... Euh, Liberté-égalité-fraternité... Plus je vieillis et moins j'y crois...

Euh, quoi d'autre ? Tournez Manège, Sheila, PPDA, la Sécurité Sociale, Plus Belle la Vie, Johnny, le Louvre, Attention à la marche, la 2 Chevaux, les Châteaux de la Loire, Le Roi Soleil, le PSG, la Bastille, les guinguettes, Astérix, les Claudettes... Impossible, oui d'accord, dans les Guignols c'est tout, faut la sauver, plus tarte surtout, oui du temps de Gabrielle, carrément, ignoble, trop mignonne, classiques, despote mais belle maison, à la limite sans les supporters,  ils ont bien fait de la prendre, et les guirlandes, sympa mais gaulo-gaulois, toute une époque... Un peu de ci, pas trop de ça, c'était pas par-là que j'allais trouver mon identité française. Ca se compliquait.

Ah, ça y est, le béret...  Non, toujours pas ça... Euh, alors la baguette, le camembert, le saucisson, les tripes à la mode de Caen, le Cassoulet, l'Aligot, la mique, la blanquette de veau, le Munster, le pot-au-feu, les rillettes du Mans... Oui, là, côté marmite, j'étais bien française !

Et puis non, ça n'allait pas passé chez le Préfet. Pas assez sérieux, le coup de la tête de veau. Alors j'ai continué à gamberger... et j'ai enfin trouvé quelque chose qui tenait plus la route.

Les deux valeurs qui sont pour moi essentielles et qui pourraient éventuellement me pousser à revendiquer mon appartenance à la France : la démocratie et la laïcité. J'y crois dur comme fer.

A part ça, il m'arrive de me sentir bien plus proche de certains estrangers que de compatriotes mal embouchés et teigneux. La fierté est un sentiment que je ne comprends pas car il peut trop vite devenir synonyme d'orgueil, de supériorité et donc de mépris des autres. Nous avons à construire ensemble et pas les uns contre les autres.

Les uns contre les autres. C'est exactement ce que la France développe déjà actuellement en interne. Alors, non, en ce moment, je n'ai aucune raison d'éprouver de la fierté pour mon pays.

Je suis et je reste avant tout une habitante de la planète Terre. A chaque fois que je pose mon regard hors frontières, je mesure toute la veine que j'ai d'être née ici mais en tirer de la vanité équivaudrait à céder à la sottise. Les autres cultures, les différentes histoires représentent une richesse indéniable et quand on a l'opportunité d'y goûter et la volonté de s'en nourrir, c'est une chance qu'il faut saisir et ne jamais lâcher.

Le repli sur soi n'a jamais rien engendré de louable.

Enfin, tout ça, c'est des jolis discours. La vérite, c'est que je révise quand même la Marseillaise. Vous voyez pas que mon Préfet me dénonce et que le MIIINDS décide de m'expulser...

Allons z'enfants...

Bonne semaine à tous !

27 octobre 2009

Peur sur La Défense

Je vous ai déjà avoué que noyée par le calme plat de mon bled et ce chômage a priori irréversible, il m'arrivait de rêver d'être à nouveau salariée à La Défense, comme au bon vieux temps.

Hier soir, bien enfoncée dans mon tas de plumes, les yeux rivés sur mon écran plat, j'ai été soudain frappée par un boomerang de réalisme et d'un coup, cette auto-critique virulente s'est imposée : "Ma pauvre fille, comment tu peux être à ce point malhonnête ? A ta place, j'aurais honte. Si loin de l'Arche et du Cnit, tu es une chômeuse de longue durée heureuse."

Là, vous allez me dire : "Mais qu'est-ce-que tu regardais, bon sang, pour en arriver à considérer qu'une chômeuse peut être plus heureuse qu'une travailleuse ?"

Eh bien, je regardais un reportage de Jean-Robert Viallet sur France 3, La mise à mort du travail. Les deux premiers volets seront rediffusés demain, mercredi 28 à 00h50, et le dernier volet sera diffusé mercredi 28 à 23h05 et rediffusé vendredi 30 à 04h20. 3 T sur Télérama...

Tout ça n'a fait que raviver des souvenirs douloureux de mal-être au boulot du temps où en parler n'était pas du tout tendance et où les gentils collègues préféraient occulter le thème en tirant la couverture bien à eux, pendant que consignée dans le bureau du directeur, j'étais contrainte de jurer-cracher-signer que jamais au grand jamais, je n'attaquerais ma future-ex-société aux Prud'Hommes. Tout ça parce que j'avais eu le mauvais goût d'être arrivée la dernière dans le panier de crabes.

Une chose est sure. Je ne regarderai plus jamais un pare-brise sans avoir une pensée émue pour ces salariés qui doivent supporter tant de mépris d'une direction si persuadée d'être drôle et pertinente et pourtant si déshumanisée. D'ailleurs, à la fin du reportage, le DRH, sans doute épuisé par l'animation de ses épouvantables séances d'endoctrinement plie bagages en expliquant qu'il a décidé de vivre autre chose. Edifiant.

Le monde de Oui-Oui n'existe pas plus dans le travail que dans le chômage. C'est bien pour ça que je ne cherche plus d'emploi. Heureusement que l'homme, dans sa grande bonté, m'accorde chaque jour ma pitance.

Vous croyez que j'aurais dû zapper sur "Maman cherche l'amour" ?

19 octobre 2009

Ensemble tout devient possible

Cette 42ème semaine m'a déclenché une crise de rire dont seule une cure de Sédatif PC pourrait me faire sortir.

Voir le Dauphin ainsi métamorphosé et propulsé à la tête de La Défense malgré ses deux redoublements tout en écoutant attentivement le Papa proclamer : "C'est de l'école que sortiront les élites, pas de la naissance.", ça m'a rassuré sur l'avenir de notre république. Sans aucun doute, nous sommes et resterons une démocratie moderne et exemplaire au regard du monde.

Comment Vincent Lindon peut-il avoir à ce point honte des gens qui nous gouvernent ? Fichtre, je ne comprends pas. Peut-être a-t-il raté la prestation de Luc Chatel qui criait au délit de faciès ou celle du PDPA qui déboulait prendre l'apéro à Gandrange, histoire de détendre l'atmosphère. Il devrait plutôt les encenser pour leur brio et leur talent comique. Vraiment, quel ingrat !

Cependant,  comme d'habitude, les délires du microcosme n'ont pas retenti sur mon petit monde car figurez-vous que j'ai enfin trouvé ma voie. Une sorte de révélation. Je veux travailler à la télé...

Et pour mettre toutes les chances de mon côté, j'ai décidé de faire la nouvelle école Bataille et Fontaine. Franchement, quoi de mieux pour parvenir au plus haut niveau ?

Je ne touche plus le sol !

Bonne semaine à tous !

12 octobre 2009

Nicolas Culot

En cette fin de semaine 41, j'ai nagé dans la terreur.

Pourquoi ?

Eh bien parce que dans la douce nuit qui m'a menée du jeudi 8 au vendredi 9, j'ai fait un cauchemar diabolique. J'étais debout, trempée de sueur, dans une espèce de tribunal planté en pleine nature bien verte et très sauvage. Le ciel était sombre et grondait méchamment. En face de moi, un monstre à trois têtes portant un tee-shirt Ushuaïa vociférait :

- Petite créature satanique, comment oses-tu vouloir posséder un sèche-linge quand la Terre meurt à petit feu sous tes yeux ?

- Pitié, pour compenser, j'ai renié l'employeur de Juliette Binoche et je me suis Couleur Caramelisée à vie...*

- Comment as-tu eu l'audace de t'acheter une voiture alors que tu as un vélo au fond du jardin, sale feignasse ? La Planète s'étouffe et tu n'as même pas le courage de pédaler 30 km chaque jour pour aller au Pôle Emploi ?

- Pitié, en échange, j'ai brûlé le nounours Cajoline de ma jeunesse et depuis, je fais pénitence avec mes culottes douceur crin...*

- Comment te permets-tu de partir en week-end et de polluer la Bretagne avec tes gaz d'échappement quand tu pourrais rester dans ton potager à planter des légumes pour nourrir ta famille tout l'hiver ?

- Pitié, ça n'arrive que 4 fois par an. Pour me racheter, j'ai divorcé de Monsieur Propre et je récure désormais mon évier au bicarbonate de soude et à l'huile de coude. Mon seul extra, c'est une rondelle de citron...*

- Aucune pitié, je n'aurai aucune pitié ! Qu'on la jette dans l'arène et que le dernier ours blanc de la Planète venge les siens en la dévorant jusqu'au dernier os !

Heureusement, mon réveil-chant-d'oiseau-enrhumé-Nature-et-Découvertes est venu me sauver d'un sort que je ne pense pas mériter.

Mais cette nuit agitée m'a poussé à cogiter et je me suis demandée comment m'auto-infliger un bon lavage de cerveau afin d'oublier définitivement :

- que j'ai quand même vécu dix ans des trente glorieuses et qu'à l'époque, pour être dans le coup, fallait consommer de la cuisinière, du robot ménager, de la télé noir et blanc et rouler en 404,

- que mon père était un valeureux banquier, qu'il rêvait à ce point d'une Jaguar qu'on se payait tous les salons de l'auto et qu'il rêvait à ce point d'un bateau qu'on se payait tous les salons nautiques,

- que j'ai passé mes eighties chez Rank Xerox à La Défense, le temple de l'argent facile où les commerciaux grands comptes ne roulaient qu'en 205 ou Golf, mais toutes deux GTI, la seule vraie valeur qui avait cours dans les couloirs,

- que pour m'échapper de tout ça,  mon unique but a toujours été de sauter dans un avion pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs...

En résumé, comment les quadra formatés de la même manière que moi peuvent accepter aujourd'hui de virer à la décroissance profonde ?

Eh bien, même si mon accablant chômage y contribue sans que je ne l'ai réellement souhaité, pour le reste, je préfère continuer mon parcours terrestre sans plus me ronger les sangs.

Quoi ?

Vous ne voudriez quand même pas que je jette au feu ma misérable armoire pour passer à la chemise de chanvre, que j'échange mes 85 m2 de propriété en pierre contre une cabane en bois (de la folie, j'ai lu les trois petits cochons, moi !) ou que l'homme parie sur un set cheval-de-trait-charrette pour parcourir les 80 km quotidiens qui le séparent de son gagne-pain-noir,

tout ça parce que Nicolas Culot nous bourre de culpabilité après avoir sauté d'avions en ULM pour se tricoter une vie rêvée ?

Dites-moi. Il n'aurait pas bon dos, le brave français moyen ?

Bonne semaine à tous !

PS : L'affaire qui a fait la une cette semaine est tellement glauque que je préfère m'abstenir d'en remettre une couche. Ca tombe bien car Guillon l'a largement commentée ce matin. Si le coeur vous en dit, c'est ICI !

EDIT de mardi : * JE LE FAIS VRAIMENT !

14 septembre 2009

Hold-up arnaque et méditation

Cette semaine 37 m'a foutu une de ces trouilles. Faut dire que je suis mal conçue. Vouloir à tout prix déceler un semblant de vérité dans toutes les informations qui nous sont larguées, tout en aspirant à une certaine  justice, ça relève de l'utopie la plus profonde, voire d'une sottise effrayante.

Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Tout flotte en camaïeu de gris. Trancher peut donc s'avérer dangereux mais y'a pas à tortiller, à un moment ou un autre, faut bien choisir son camp.

Cette fille très sure d'elle et très floutée qui, sur une plage privée du sud, au milieu de gens insouciants et gais qui n'ont d'autres priorités que de s'arroser de Champagne à 900 € la bouteille, rétorque au journaliste qui lui tend la perche : "Et la crise ?", "La crise, c'est pour les pauvres.". Gris clair ou gris foncé ?

Brice de Neuilly qui, de manière extrêmement cocasse,  s'en prend d'un coup aux auvergnats qui sont pourtant des gens bien blancs comme il faut. Gris clair ou gris foncé ?

Un livre scud envoyé comme par hasard sur un PS qui, dans une illusion d'unité, essaie péniblement de renaître de ses cendres. Gris clair ou gris foncé ?

Ces salariés qui décident de partir définitivement alors qu'ils travaillaient dans une société dont le métier est de relier les hommes. Gris clair ou gris foncé ?

Le porte-parole du gouvernement et son acolyte du Figaro qui bien installés dans leurs privilèges respectifs font preuve d'un dédain sans borne sur le plateau de Mots Croisés, face à un type dont les tripes sont tellement emmêlées et le destin si incertain qu'il sort de ses gonds toutes les 5 secondes. Gris clair ou gris foncé ?

Et c'est là que comme d'habitude, je vous plante en vous laissant trouver les réponses tout seuls.

Moi, ce qui me rassure, c'est que notre PDPA a déclaré, dans une plaidoirie dont lui seul a le secret : "LE MONDE NE SERA PLUS JAMAIS COMME AVANT."

En conclusion, je pourrais être tentée de me lancer dans un couplet à la Grand Corps Malade mais tout bien réfléchi, je préfère rester légère et frivole et je lève mon verre de Champ' saturé de paillettes d'or à cette audacieuse promesse.

Après tout, ça ne changera pas mon tout petit univers. En revanche, mon plombier, mon menuisier et mon zingueur, eux, sont convoqués en novembre pour améliorer mon quotidien. Ca y est, c'est officiel. MA SDE TANT DETESTEE VIT SES DERNIERES HEURES !

Bonne semaine à tous !

7 septembre 2009

Tout va bien

Cette semaine de rentrée m'a mise d'excellente humeur. Savoir que les traders ont été semoncés par notre gouvernement et que les 3000 fraudeurs qui se sont faufilés en Suisse vont se faire coincer incessamment sous peu, ça réconforte d'emblée la française moyenne que je suis. Cerise sur le gâteau, notre PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat pour les novices) assume tout et réitère : il sera juste avec le haut et avec le bas. Moi, entendre ça, ça me booste total. Incontestablement, tout va bien.

D'autant qu'en ce moment, je suis traitée comme une VIP. Hormis le coach que m'a attribué Pôle Emploi dans sa grande mansuétude qui m'oblige à me pencher sur mes points forts et mes points faibles pour la 86ème fois dans ma vie de chercheuse de job, je suis suivie de très près par mon généraliste qui se demande bien quelle mouche m'a piquée soudainement.

"Mais pourquoi elle nous a fait une pleurésie ?", a-t-il marmonné vendredi après-midi, dubitatif et moins bronzé.

Faut dire que j'embrouille les pistes exprès. Une infection au scan mais rien dans le bilan sanguin. Des douleurs mais pas de toux ni de fièvre. Plus un épanchement qui vient de disparaître miraculeusement à la radio. C'en était trop pour l'homme de science qui, à bout, en est venu à me dire : "Soit c'est infectieux, soit c'est viral, soit c'est des métastases suite à un cancer local."

Oui, OK. Alors, moi, je coche les deux premières cases et je fais plouf, plouf. La troisième, je préfère l'occulter jusqu'au prochain examen périphérique... Ben oui, mon toubib ne lâche pas le morceau et continue son enquête. Ce qui l'honore d'ailleurs.

Le truc qu'il n'a pas saisi, c'est que j'ai tout manigancé pour être sur la liste des premiers à vacciner...

En attendant que le mystère soit élucidé, je vous salue bien mais attention, comptez pas sur moi pour vous serrer la pogne ou vous bisouter. C'est devenu d'un vulgaire...

Bonne semaine à tous et pensez à vous entraîner à dégager moins de CO2, bande de pollueurs !

11 août 2009

Cible emploi

C'était écrit. Les lundis de mon mois d'août 2009 devaient être hyper actifs et captivants. Vous le savez déjà. Lundi dernier, j'ai reçu un appel d'une boite d'intérim, le coup de fil du semestre.

Eh bien, figurez-vous qu'hier, j'étais convoquée à Pôle Emploi. Il faut dire qu'à bout de forces et ne sachant plus qu'inventer, je leur avais lancé un SOS en mai, autrement dit, je m'étais réinscrite d'un clic sur leur site. Confiante, j'attendais donc de pouvoir bénéficier des prestations de la nouvelle structure.

Ce lundi 10 août allait être un jour béni. Forcément. Pour la première fois de ma vie, j'allais enfin entrer chez Pôle Emploi. Et je n'étais pas seule pour vivre cette aventure extraordinaire. Miss Cocotine n'étant pas répertoriée sur le registre du centre de loisirs cette semaine, elle allait, de ce fait, à 5 ans 1/2, avoir la chance suprême de pénétrer ce lieu entièrement réservé aux adultes.

Lundi 10 août 15h23. La main dans la main, mon dossier complet sous le bras et sa mallette de coloriage sous l'autre, nous nous présentons à l'accueil. Aucune attente. Comme quoi, tout ce qu'on peut entendre au café du coin est quand même vrai. Ces chômeurs, tous des fainéants qui ne pensent qu'à aller la plage au lieu de chercher du boulot. Autour de nous, un lieu chaleureux et convivial dans lequel un ré-agencement assez fou a été rondement mené pour faire croire à un vrai renouveau. Je soupire d'extase. Une poignée de secondes plus tard, ma conseillère apparait. Tiens, elle, elle n'a pas changé. Tant mieux car j'ai cette chance écoeurante de ne pas avoir écopé de la plus pénible du staff de l'agence. Pour vous dire, et c'est top secret, on finit toujours par sourire de toutes ces nouveautés que pond le gouvernement. Mieux vaut s'en gausser de toute façon. Sinon, on pourrait bien en chialer d'horreur. Et je crois que c'est ce qu'elle fait certains jours.

Tenez, étant donné que Pôle est complètement dépassé, il paraît qu'à la rentrée, chaque demandeur d'emploi sera dès son inscription, propulsé chez un opérateur privé qui sera sommé de le remettre sur le marché de l'emploi en deux temps trois mouvements moyennant une très belle contrepartie. 466 millions d'euros sur deux ans. Mais pourquoi pas ? Ben oui, tiens, pourquoi pas, c'est plutôt une bonne idée.

Sauf que cette mesure ne concernera que la cohorte (terme déterminé par les hautes instances pour morceler et classer la population de chômeurs) de ceux qui sont très facilement "recasables". 320 000 personnes seulement.

Les autres, les incurables, les trop ci et pas assez ça continueront à être suivis par le Pôle Emploi débordé ou peut-être par d'autres prestataires moins rémunérés que les grands élus. Pourquoi ? Ben oui, tiens, pourquoi ? Liberté, égalité, fraternité, ce serait juste un joli slogan gravé sur les frontons de nos mairies, alors ? Dans les chômeurs aussi, il y aurait des castes privilégiées ? Oh non, ce serait trop triste.

Le gouvernement n'aurait-il comme objectif que de dépenser le moins possible pour la majorité des demandeurs d'emploi ou bien serait-il obsédé par le but de sortir des statistiques à peu près supportables dans les mois qui viennent ? Ou bien les deux ? A vous de trouver les réponses tout seuls. Moi, j'ai trop mal à la tête.

Parce que finalement, si le but ultime, c'est de ne pas trop plomber le budget du pays, ce qui est fort louable, on peut alors légitimement s'interroger sur cette merveilleuse idée de baisse de la TVA dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. 2,35 milliards d'euros quand même, la petite blague.

Remarquez, c'est vrai que la plupart des dirigeants des hôtels et restaurants de l'hexagone avaient largement plus besoin de ce genre de cadeau que les français privés d'emploi (par exemple). D'ailleurs, à ce sujet, ne ratez pas l'amusante prestation de Mme Pujol, présidente confédérale de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), ce midi chez Philippe Bertrand.

Et surtout continuez à y croire, aux résultats. Moi, je ne vois par ci par là que des cafés qui passent de 1,60 € à 1,50 € et du coup, je me dis que les calculatrices des restaurateurs ne doivent pas fonctionner de la même manière que la mienne. De toute façon, les pauvres consommateurs que nous sommes avaient déjà compris, avant que la belle affaire soit conclue, qu'ils n'en seraient pas les bénéficiaires. Quant à l'augmentation des salaires ou l'embauche massive sur le secteur, autant rêver. Elle va où, alors, la différence ? A vous de trouver les réponses tout seuls. Moi, j'ai trop mal à la tête.

En tout cas, moi qui fait partie de la population qui fait s'arracher les cheveux aux gros cerveaux qui planchent sur le dossier de l'emploi - le chômeur de très longue durée (euh, pourtant, j'ai rien fait de spécial à part suivre mon mari, élever ma petite fille pendant quelques années et du coup, vieillir...) -, j'ai l'impression que la chance s'est enfin décidé à frapper à ma porte. Ma conseillère m'aiguille sur une prestation "Cible Emploi" dans un cabinet extérieur.

Imaginez le truc. La Cocotine va avoir un coach perso pendant trois mois. Quoi ? Un coach ? Comme Madonna ? Attends, j'en ressortirai avec un corps de rêve, un mental d'acier, une spiritualité démente et des dents qui rayent le parquet ? Non ?  Mais c'est ENORME.

Euh, non. Comme je ne fais pas partie des 320 000 mais des autres, ça pourrait plutôt ressembler à une pomme pleine de vers.

Bon, je me calme et je fais tourner ma devise préférée en boucle dans mon crâne de gueuse : "We shall see."

En tout cas, c'est lundi prochain, 10h30.

Bonne semaine à tous !

4 août 2009

Etat de veille

Cette semaine à nouveau, force est de constater que le baratin du lundi matin a du mal à sortir de l'oeuf. Faut que je vous avoue que mon stock de bonne humeur est pantelant et que les lendemains de week-end sont quelque peu mornes. "Vacances, j'oublie tout", c'est déjà à conjuguer à l'imparfait et le ciel maudit qu'on a eu ces derniers jours m'ont propulsée à l'automne sans passer par la case été. De quoi ressentir le besoin de repartir directement plein sud sans s'arrêter, quitte à toucher le bout de l'Afrique. Là-bas, au moins, le soleil n'est pas avare de rayons.

Oui, mais voilà, tout ça n'est pas du tout prévu au programme. L'homme m'a dit : "Attends, tu vas pas chercher du travail en plein mois d'août ! Du 1er au 15, de toute façon, c'est mort. Fais-toi plaisir !" Le concept "Fais-toi plaisir" étant extrêmement éloigné de mes préoccupations, j'ai haussé les épaules en lui rétorquant : "Justement, ils sont tous à la plage. Si jamais ceux qui restent ont besoin de quelqu'un, je serai là !" Vous avouerez que la stratégie est quand même fine et que la chômeuse est loin d'être idiote.

Du coup, j'ai zappé du dossier "Souvenirs de Franche-Comté" au dossier "Recherche d'emploi depuis deux ans et pour ... ans encore". Et voilà qu'hier après-midi, alors que je venais d'envoyer quelques CV comme des confettis, une boite d'intérim m'appelle soudainement pour un poste de gestionnaire de paie. Quoi, gestionnaire de paie ? Ils ne sont pas au courant ? J'ai abandonné l'idée. Depuis, j'ai voulu faire horticultrice, mais le projet s'est avérée archi douteux. Au point que je dois écrire une bafouille penaude au Lycée Rieffel pour expliquer que face à l'adversité, je renonce.

Finalement, je me dis que l'effort de reconversion, ça a ses vertus. Ca occupe bien le cerveau et ainsi, les mois de chômage défilent sans qu'on s'en rende compte. De chômeuse LD (longue durée), on glisse gentiment vers chômeuse TLD (très longue durée). Sauf qu'un jour ou l'autre, faut bien regarder son destin en face et dresser le bilan. Et moi, les comptes, je les fais le 1er septembre. C'est comme ça. J'ai gardé mon âme d'enfant et je suis restée bloquée sur le calendrier scolaire. Pour moi, l'année démarre quand on s'achète une trousse neuve et qu'on paie la danse.

Début août, je suis donc en pleine effervescence. Des dizaines de feuilles Excel, des rapports Word et des diapo PowerPoint à peaufiner pour être prête à me présenter le bilan 2008-2009 dès le 31 minuit 01. Et puis, là, tout à coup, un entretien ce matin. Une sorte d'évènement qui, s'il avait été filmé, aurait pu passer au zapping. Ben quoi ?

Bon, restons calme. Faire la causette avec un chargé de recrutement, c'est pas non plus l'affaire du siècle. Mais quand même.... Ca peut déboucher.... Faut voir.... Et pas s'emballer.... Ah mais non, s'emballer pour si peu, c'est pas mon genre.... Non, non, pas mon genre...

Aaaaah, nom d'un chien, je suis excitée comme une puce premier prix de saut en hauteur ! Si jamais je décrochais un job, là, en plein mois d'août, mon bilan 2008-2009 serait finalement positif. Je serais obligée de rayer la conclusion "Tout ça pour ça." Et surtout, ça lui en boucherait un coin, au père Cocotine, avec ses grandes tirades !

Vous savez quoi ? S'ils me disent non, je téléphone à notre PDPA préféré et je m'invite au Cap Nègre jusqu'à fin août. Cette année, paraît que le programme est zen. Tout ce qu'il me faudra pour me remettre de la claque.

Bonne semaine à tous et n'oubliez pas de vous tricoter un masque !

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