Elle est là, en tôle et en plastique, et je n'en reviens pas. La deuxième voiture-rien-qu'à-moi de ma vie. 16 ans et 4 mois que je patientais. Ca y est. C'est fait. J'ai la liberté à portée de clé.
Evidemment, la démarche est loin d'être raccord avec l'écologie mais que faire d'autre quand, comme tous les français moyens, on a été rejeté loin de la ville à l'immobilier réservé aux privilégiés et que d'aller d'un point à un autre devient une épreuve, surtout lorsqu'on est en province.
De toute façon, à quoi ça sert, de garder ses trois derniers sous d'économie sur un livret A à 1,75 % ? Autant tout claquer et vivre... à crédit comme les américains.... mais VIVRE...
Vous avez compris, les filles, vous vous êtes gentiment égarées. Il ne s'agissait pas d'un entretien d'embauche. De ce côté, rien de neuf sous le ciel gris.
Dans la vieille bassine dégotée dans cette brocante super top du Doubs (merci Laurence !), j'ai décidé d'installer deux pieds de lavande. Mais pas n'importe comment...
Alors, d'abord, j'ai appelé l'homme pour faire des trous au fond de la bassine. Trop fier, il a dégainé sa perceuse et puis, il a bombé la torse pour se faire flatter (j'ai joué le jeu à fond, vous me connaissez...).
Bref, bref, bref... J'ai mis des cailloux au fond, puis j'ai mélangé le terreau avec un peu de sable.
J'espère que ça va leur plaire et qu'ils vont s'épanouir dans leur nouvel univers ! A suivre...
C'était prévu de très longue date... C'était une surprise... Un week-end spécial pour la fête des pères...
Malgré la houle, nous avons décidé de partir quand même. Rester ici n'aurait, de toute façon, pas changé grand chose. Et puis, je suis sure que ma petite Mamy Pompon nous aurait dit : "Allez-y, mes petits chéris, ne vous inquiétez pas pour moi."
Alors, voilà, ça a démarré fort ! A peine arrivés à Lorient, on s'est retrouvé à la Tavarn ar Roue Morvan... Du pur breton, de l'authentique...
Pas de bol, le Kig Ha Farz, c'est le vendredi. Nous, on a mangé du Kig autre chose (mon breton est extrêmement limité...) et c'était très bon aussi. Du filet mignon avec une sauce au Chouchen accompagné de pommes de terre. Du cidre. Ca tombe sous le sens.
Un tour de clé dans la serrure de la boite à lettres, la porte s'ouvre, le dossier est là. L'expéditeur : l'Agence Française pour l'Adoption.
Le programme : des tonnes de papiers à demander à droite, à gauche, actes de naissance, de mariage, certificats médicaux, attestations de travail, état de nos finances, rapport social, agrément, notice, actualisation... Tous ces mots qui résonnent à nouveau dans nos têtes. Surtout ne pas faire d'erreur, ne rien oublier, vérifier la moindre ligne. Expliquer, discuter, faire valoir ses droits, se battre.
Certains documents devront faire une halte à la mairie pour contrôle officiel des signatures puis le gros dossier partira au Ministère des Affaires Etrangères pour légalisation et se retrouvera ensuite au Consulat de Chine pour sur-légalisation... Après, il pourra enfin prendre la direction de l'AFA qui, 6 mois après l'enverra en Chine. Ensuite, eh bien, on attendra... 2 ans... 3 ans... On ne sait pas.
Pas d'autre choix. C'est le chemin que nous devons obligatoirement emprunter si nous voulons un deuxième enfant.
Nous l'avons déjà fait. Mais tout est plus compliqué aujourd'hui. Alors, advienne que pourra ! Nous attaquons la montagne !
Brave fille que je suis. Après avoir liquidé six dossiers dont deux teigneux et expliqué à une Miss Cocotine amère que si sa tortionnaire de maîtresse l'oblige à prononcer le plus vite possible ce-sont-cinq-sauterelles-silencieuses-sur-le-sentier-cendré, ce-sont-six-cerises-sucrées-dans-sa-savoureuse-salade, ce-sont-cent-sortes-de-sardines-sous-les-eaux-salées, ce-sont-seize-statues-superbes-qui-soutiennent-le-ciel et ce-sont-sept-singes-sages-sur-le-sable-sec, c'est pour son bien, je me suis mise à confectionner des cornets pour ma version 2011 du calendrier de l'Avent.
Comme je suis à peu près dans les clous cette année, je vous propose de me suivre dans ce projet que je vais réaliser à base de presque rien :
- du papier à dessin blanc et du kraft ou toutes sortes de papiers de récup' qui vous plaisent,
- un bout de grillage à poules (Merci, Dominique !),
- et évidemment, des surprises à cacher dans les pochettes.
Pour les nombres, j'ai utilisé la police Armalite rifle que vous pouvez télécharger gratuitement ICI et je les ai ensuite découpés avec une règle et pas forcément très droit pour un effet volontairement imparfait.
La suite au prochain épisode.
A chaque jour suffit sa peine, je vais me coucher.
Notre Miss Cocotine a 5 ans aujourd'hui. La fête se prépare...
...mais dans ma tête, les pensées s'emmêlent et s'entrechoquent... Comme à chacun de ses anniversaires, ce jour résonne en moi de façon particulière, douce et violente, joyeuse et triste.
En 2004, début mars, je n'étais pas là. Elle, elle était là.
Et elle a choisi de me faire le plus beau des cadeaux.
Cette femme, je la porte dans mon coeur.
Où est-elle ? Qui est-elle ? Quelle est son histoire ? Est-elle en vie ?
On ne sait pas.
On ne saura probablement jamais.
Pense-t-elle à sa fille aujourd'hui ?
Peut-être.
Peut-être pas.
Aura-t-elle un jour envie de la voir ?
Peut-être.
Peut-être pas.
Notre fille aura-t-elle envie de connaitre ses parents biologiques ?
Peut-être.
Peut-être pas.
Est-ce que nous allons réussir lui faire accepter son histoire si particulière, à surmonter les passages difficiles ?
Peut-être.
Peut-être pas.
Enfin, on l'espère.
Des questions sans réponse.
Des souvenirs de ventre vide, désespérément vide.
Deux histoires de douleur qui se rejoignent pour en construire une nouvelle, très belle.
Deuxième coin à découvrir sur la Costa Brava et pas trop loin de Perafita : les calanques de Palafrugell à Tamariu, Llafranc et Calella de Palafrugell.
3 très jolies criques, très différentes les unes des autres... mais toutes bourrées de voitures, de parasols, de glacières remplies de bières, de bateaux-dauphins-crocodiles gonflables... et de leurs propriétaires... En plus, y'avait encore des cailloux et les vieux habitués étaient tous chaussés pour aller se baigner. Vous l'avez compris : on est des sauvages et la promiscuité des bords de Méditerrannée en juillet-août, c'est pas trop notre truc.
Bref, je songe à l'Islande pour l'année prochaine...
Lever 6h30 pour aller à la mer quand on adhère à l'agro-tourisme... 1h30 de route et on débarque pas frais à Tossa de Mar. Là, parcmètres partout, des bipèdes à foison. C'est beau, Tossa de Mar, mais les plages, un cauchemar ! Assis en rang d'oignons, tous les trois sur une serviette, on a regardé la mer, on s'est baigné en se tordant les pieds sur les cailloux et puis, on a vite couru pour ne pas avoir un PV. Ouh la la, c'est quoi ça ? Eh ben, c'est ce que le fameux "tourisme de masse". Bienvenue sur la Costa Brava qui veut dire, si vous ne vous en rappelez plus COTE SAUVAGE ! Ca doit être chouette, en novembre !
Visiter Le jardin du marais, c'est profiter d'une parenthèse enchantée, c'est découvrir mille choses sur les techniques bio mais c'est surtout rencontrer deux personnalités hors du commun, Yves Gillen et Annick Bertrand, qui prônent un jardinage intelligent et propre pour l'environnement.
Complètement séduite, vous l'avez compris ! Allez-y. C'est à Hoscas, à côté d'Herbignac dans le 44.
Difficile en cette journée un peu spéciale de se la jouer individualiste en continuant à deviser déco comme si de rien n'était... D'autant que je suis hyper concernée. Cependant, ce blog n'étant pas un blog politique, je me contenterais de dire que je pense beaucoup aux salariés du privé, de Continental et d'ailleurs, qui sont sur le point d'être licenciés et qui vont rejoindre sous peu la joyeuse bande de chercheurs d'emploi dont je fais partie. Mais je dois vous dire que la personne qui m'inquiète le plus aujourd'hui, c'est Laurence Parisot ! Pas vous ?
Si vous ne comprenez pas tout, c'est ce que vous n'êtes pas, comme moi, une adepte de L'EDITION SPECIALE (du lundi au vendredi à 12h20 sur Canal+) et du
Si ça vous dit, il est encore temps de le voir en cliquant sur l'image. Bonne réflexion.
Evidemment, ça m'a un peu tourneboulée mais bon, c'est très bien fait. Malheureusement, on ne peut pas revoir les deux premiers épisodes sur le Net mais les deux derniers seront diffusés le mardi 24 mars à 20h37 et 21h40. A ne pas rater pour ceux qui sont concernés ou intéressés par le sujet.
Je vous avais parlé du Clos des simplesen juin. Superbe chambre d'hôtes où il faudra que vous passiez un jour...
Eh bien, de cet endroit poétique, nous ne sommes pas repartis les mains vides. Notre hôte, passionné de jardinage, nous a gentiment donné une pousse de Pimprenelle et une de Physalis. J'ai honteusement laissé mourir la Physalis et je le regrette amèrement aujourd'hui quand je vois dans les autres jardins ces superbes petites lanternes oranges qu'elle produit à l'automne.
Par contre, la Pimprenelle, elle, a prospéré. C'est une petite plante rigolote. Elle était utilisée autrefois dans bon nombres de plats et son goût est proche de celui du concombre. On peut en mettre dans les salades.
et ultra bon ! Ma version de la mousse de betteraves...
Les ingrédients :
- 2 betteraves - 2 cuillères à soupe de crème fraîche - du lait (moi, je prends du lait de soja mais peu importe) - le jus d'une orange - un petit morceau de gingembre frais rapé
On met tout dans le mixer et on appuie sur le bouton. Puis, on verse dans de jolis verres et on ajoute du persil.
Depuis très longtemps, il fallait qu'on s'occupe de ce coin du jardin. Pas simple car complètement à l'ombre d'un grand camélia et peu de plantes aiment ce genre de situation. On a choisit des petites Pervenche blanches et des Bugles rampantes pourpres... A suivre !
Évidemment, le changement ne paraît pas bouleversant. De près, la Pervenche, ça donne ça...
La couverture m'a attirée ! Faut croire que j'avais besoin de me plonger dans de l'acidulé. C'est bien un comble pour quelqu'un qui n'aime pas trop le sucre !
L'histoire... Euh, voyons, c'est une fille qui se défoule en concoctant des gâteaux dès qu'elle a une petite contrariété avec les barjos qui constituent son entourage... et je ne vous raconterai pas la fin !
Gentillet, pas compliqué. Ca se lit avec la moitié du cerveau au repos. C'est bien pour les vacances non ?
Et puis, la suite des Yeux jaunes des crocodiles. Je suis une inconditionnelle de Katherine Pancol. Ceci dit, les 3/4 du livre sont bien et puis, ça part en vrille avec des histoires d'envoutement, de schizophrène, de serial killers et là, on se dit que ça fait un peu, beaucoup... Bref, déçue par la fin.
Lorsque nous habitions à East Sheen, au sud-ouest de Londres, nous étions à deux pas de Richmond Park. Un régal ! L'ancien terrain de chasse de Charles 1er. Immense, avec des daims en liberté.
A cette époque, on n'avait pas de voiture mais deux vélos et on se faisait des balades géniales.
Un coin sublime que je vous invite à découvrir si vous passez par Richmond Park un jour de mai :
Isabella Plantation, un jardin où les rhododendrons sont en fête à cette époque. La beauté à l'état pur.
Ici, c'est beaucoup plus modeste : on a deux rhododendrons ! Mais c'est la fête des couleurs quand même et ça me fait penser à ce merveilleux jardin de Londres.
Une nouvelle vie pour nos deux fauteuils de réalisateur achetés il y a un bail. Le bois était clair et verni. Je n'aimais pas trop. Je les ai laissés dans le jardin tout l'hiver, dans la pluie, le vent, la neige... pour que cette couche disparaisse. Ca n'a pas mal marché mais il fallait les retravailler un peu derrière. Dimanche, avec ce soleil, je m'y suis mise, armée de mon papier de verre et de ma brosse à bougies ! Ah ça, c'est sûr, ils sont patinés maintenant !
Le 7 juin, je fais la Fête du Vélo, ça c'est sûr...
mais dans l'urne, je mets quoi ?
Ouh la la, il est grand temps de mobiliser tous mes neurones : "Garde à vous ! Présentez
arme ! Et on ne rigole pas. L'avenir de l'Europe en dépend."
Euh... Alors, celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile annonce une abstention record mais elle assure aussi que les petits soldats de l'UMP, vous savez, le parti dirigé par le PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat), eux, ils vont tous s'y rendre, à l'isoloir. Et tous ces braves gens, on sait depuis deux ans comment ils voient le monde.
Ben alors ? Tous ceux qui râlent tout le temps, ils auraient prévu autre chose, ce jour-là ? Je ne comprends pas. Ils n'ont que l'embarras du choix pourtant !
Attention, d'entrée, je laisse tomber les extrêmes. Jamais bon même si Olivier est le postier le plus sexy de l'hexagone, qu'il a du bagou et de l'humour, faut pas oublier que sous son nouveau logo NPA (Nouveau Parti Anticapitalisme), y'a du très lourd. L'autre bout, de de Villiers à Le Pen, je préfère ne pas en parler. Ca radote très grave.
Ben, qu'est-ce-qui reste ? Ah oui ! Le PS... Alors... Le PS... Comment dire ?
Ségo, celle-qui-voulait-la-place-d'Aubry, depuis que je l'ai vue avec ses bouclettes et sa djellaba bleue, je me dis qu'elle est tellement barrée qu'on se demande si, un jour, elle va pouvoir revenir avec toute sa tête.
Aubry, celle-qui-voudrait-être-branchouille-comme-Ségo, elle, elle s'accroche pour nous faire avaler que c'est une boute-en-train... OK, on veut bien y croire mais on émet une condition : qu'elle appelle d'urgence Dati ou Bruni pour se faire prêter une robe, histoire d'être à la hauteur de la concurrence.
Ceci dit, depuis quelques jours, j'ai repris confiance. Ben oui, j'ai bon espoir qu'à l'instar de Marceau-Belluci, Ségo-Aubry posent nues pour la couv' de Match afin de bien ancrer leur réconciliation.
Bon... En désespoir de cause, on peut toujours espérer que, son CDD à New York bouclé, DSK cherche un nouveau job.
Pour l'instant, c'est pas encore d'actualité. Alors, on fait quoi ? On peut finir par se dire que rien ne vaut mieux que la modération et coller la balle au centre chez Bayrou. Ou encore opter pour la dernière option et remettre la planète au milieu du débat Européen en misant sur Cohn-Bendit-Voynet-Bové.
Les neurones en tempête, j'aperçois soudain un arc-en-ciel. "Attention, ma vieille, on vote pour des idées, pas pour autre chose." Et là, tout s'éclaircit. Je peux astiquer ma carte d'électeur, je sais à qui je vais donner ma toute petite voix.
3 septembre 2005, 18h05, Roissy-Charles-de-Gaulle.
L'homme et moi, le regard fixé sur l'écran.
Air France AF126. Beijing 18h55. On time. Boarding at 18h10.
Le vol de notre vie. Notre petite fille, notre premier bébé, nous attend à Changsha, province du Hunan. Après-demain, on l'aura dans les bras. Heureux et assez anxieux, on pénètre dans l'avion et on s'installe.
Des soupirs lancinants attirent notre attention. A gauche, derrière nous, assis au centre, un homme. Chinois apparemment. C'est lui qui gémit. Debout, deux gars l'encadrent. On trouve ça étrange mais sur le coup, on ne comprend pas. Au fur et à mesure que l'avion se remplit, le râle s'amplifie et l'atmosphère s'alourdit. Quelques personnes se retournent, la plupart s'enfoncent dans leur fauteuil.
On finit par capter. C'est une expulsion.
Les messages d'usage retentissent. Soudain les choses s'accélèrent. L'homme se met à hurler et se débat. Les deux policiers sortent leurs brassards et le maintiennent assis tout en maitrisant leurs gestes au maximum car autour, les yeux s'écarquillent.
Nous, on part chercher notre fille, d'autres sont en voyage d'affaires ou en vacances. L'ambiance devient insoutenable pour des gens ordinaires qui tout à coup, sont confrontés malgré eux aux forces de l'ordre et à la violence.
Prise de conscience forcée et brutale.
Ca se met à tourner dans ma tête. Mais c'est qui, ce type ? Qu'est-ce-qu'il a fait ? Pourquoi il est là ? Que va-t-il lui arriver à sa sortie de l'avion ? Mon sang se glace.
Brusquement, comme un polichinelle qui sort de sa boite, l'homme, à bout de nerfs, se lève et au milieu des passagers étonnés, s'adresse aux policiers et déclame : "Messieurs, faites quelque chose, ce n'est pas pas possible, c'est insupportable !"
Je me demande quelle mouche a bien pu le piquer, lui tire la manche et lui dis de s'asseoir. Il n'écoute pas. Un steward vient le calmer. Pour justifier cet éclat, je lui raconte bêtement ma vie : "Excusez-le. Il est sur les dents. On part chercher notre fille." L'homme se recale dans son fauteuil. Je lui remonte les bretelles en catimini et il finit par s'adoucir.
Heureusement. Comment on appelle ça déjà ? Entrave à... euh... entrave à décision de justice. C'est plutôt grave.
L'homme, derrière nous, gémit de plus belle. Les gens finissent par craquer. Une émeute fomente et quelques personnes se lèvent. L'une d'elles appelle les passagers à la révolte : "Levez-vous ! C'est inadmissible. Si on se lève tous, ils seront obligés de le débarquer."
Le commandant de bord quitte son cockpit et déboule s'expliquer avec les rebelles, leur intimant l'ordre de boucler leur ceinture. Il ne peut pas décoller tant que des passagers sont debout.
Personne n'obéit. L'avion reste cloué au sol.
Vingt minutes après, d'autres policiers débarquent dans l'avion et font descendre le passager expulsé. Mais ils ne s'arrêtent pas là et demandent au commandant de bord de désigner les fameux rebelles qui à l'instant même où ils s'apprêtaient à crier victoire, se voient sommés de quitter l'avion sur-le-champ. Leurs bagages sont eux aussi débarqués. Ils auront à expliquer leur prise de position à la police et se verront probablement poursuivis pour obstruction à décision de justice.
Tout le monde reste bouche bée.
Avec tout ça, ça fait une heure et demie qu'on est collés au tarmak. Ce départ manqué a engendré un problème technique et l'équipage nous informe qu'il faut également remettre du kérosène. Plongés dans une semie obscurité, on attend que le voyant lumineux défectueux soit réparé. D'ors et déjà, on sait que notre correspondance à Pékin est ratée.
A 22h, avec trois heures de retard, l'homme et moi, on décolle enfin pour la Chine. On a eu chaud. Si l'homme en avait rajouté une couche, c'est nous qui serions restés scotchés au poste de police de Roissy...
J'ai eu maintes fois l'occasion de repenser à cet épisode épique et triste qui m'a beaucoup marquée par sa violence.
Samedi soir encore, je me suis à nouveau interrogée sur le sort réservé à tous ces gens qui cherchent juste une vie meilleure. Rien n'est simple bien sûr et je n'ai aucune solution à proposer. Je pense simplement que chaque cas est unique et que derrière des chiffres affichés par un gouvernement, il y a juste des histoires singulières et cruelles, pleines d'espoirs, tristes souvent et dramatiques parfois.
A la place de ces gens qui en sont juste à se demander comment ils vont sauver leur peau, que ferions-nous ?
Calais est loin de chez moi mais cette expérience et ce film m'ont permis d'alimenter ma réflexion sur ce sujet brulant.
Il me semble que mesurer ses propos évite de tomber dans l'indécence.
Depuis six jours, je n'avais eu à prêter l'oreille qu'à des usagers conciliants et parfois même amusants.
Ma collègue qui trouvait certainement que je faisais un peu trop ma maligne en déclarant, conquise, mais-ils-sont-tous-gentils, s'était contentée de me lancer un regard perplexe signifiant probablement t'as-rien-vu-godiche-attends-un-peu.
C'est au terme de cette longue journée de doléances que j'ai pu enfin comprendre à quoi ressemblait l'administré acariâtre et volontairement blessant contre lequel certaines bonnes âmes m'avaient mise en garde.
A 16h14, en ce lundi 13 septembre 2010, je me suis fait, pour la première fois de ma vie, traitée de
SALE FONCTIONNAIRE.
Magnanime, j'ai évité de décevoir le coco en lui exposant mes états de service au plus profond du privé et en lui dévoilant la teneur de mon contrat d'auxiliaire précaire. Ca l'aurait tué.
J'ai plié bagages lessivée en me disant que somme toute, j'étais comme-qui-dirait TITULARISEE !
Les objectifs affichés par la direction n'étant pas atteints, il s'agissait, en ce dimanche matin, de décaniller tôt pour mesurer, tracer, couper, casser, couper, coller, ébrécher, couper, croisillonner, viser, tapoter, vérifier.
Il fallait clore le chapitre du mur droit et figurez-vous que ce qui nous a donné le plus de fil à retordre, c'est le petit pan flanqué en bas. Au bout de trois tentatives vaines, l'homme avait la mine blanchâtre et je frôlais la crise d'hypoglycémie.
Mais la persévérance étant la clé de tout feuilleton de cet acabit, je m'ingurgitai aussitôt un verre géant de jus de carotte et repartis en guerre contre l'adversité. Le carrelage vert ayant été posé de manière fantaisiste, le support n'avait rien de plan et il fallait bien composer avec.
A partir de ce moment, insidieusement, la situation a viré. Le chef de
chantier, flapi et mou, commençait à bigrement lâché du leste pendant que, de mon côté, revigorée par le béta-carotène, je recourrais de plus en plus à
l'impératif. C'est ainsi que les heures défilant, les rôles se sont complètement inversés, me propulsant aux plus hautes responsabilités.
Consciente que le management était une affaire délicate et sentant qu'une atmosphère délétère pourrait bien s'installer si je ne prenais pas soin de mon subordonné, je l'ai cordialement convié à boire un café autour d'une galette, seule gratification des 24 heures, pour lui, comme pour moi d'ailleurs.
A 18h, alors que l'homme, passablement décomposé, voulait jeter l'éponge, je prenais l'initiative de remotiver le petit personnel et le troisième mur fût attaqué, après 3/4 d'heure de réflexion intense sur ce sujet pointu : Comment-je-vais-bien-pouvoir-fixer-ce-maudit-tasseau-au-mur-pour-qu'il-soit-droit-vas-y-enfonce-le-clou-et-passe-moi-le-niveau-que-je-vérifie ?
A 20h, j'avais éclusé tout mon stock de mots grossiers et Dieu sait si je peux être créative en ce domaine. Il était temps de sonner la cloche.
L'homme, livide, s'est réconforté d'un verre de Cahors en avalant quelques petits fours. Puis, il a disparu sans laisser de trâces. Je suis restée toute seule à aligner des rangs en me disant que jamais plus, je le jurais, je ne regarderais un carreleur sans penser "Ce type est un héros."
A tel point que lorsque j'ai dit "oui" à Mon Léon à Thessalonique il y a bientôt 15 ans, c'est là et nulle part ailleurs qu'on a voulu passer notre semaine de honeymoon. Et c'est d'ailleurs comme ça que, de rencontres en négociations, on y a débarqué en juillet 97 sous la pluie pour y travailler pendant 4 ans.
Autant vous dire que quand il a fallu trouver la destination de rêve pour aller faire la belle en combinaison de ski griffée, je n'ai pas hésité une seconde.
Armée de mon pass acheté à Saint Pancras, je vais m'engouffrer dans la première cabine de bus qui passera et arrivée sur les hauteurs de Primrose Hill, je me laisserai glisser avec style jusqu'à Covent Garden avant de finir ma soirée dans l'un des chalets italiens de Jamie Oliver.
7 ans sans regarder à droite avant de traverser, ça ne pouvait plus durer.
I'm so excited.
Il fallait bien que je trouve un moyen de dépenser mon salaire indécent d'ersatz de fonctionnaire. Tiens, d'ailleurs, pourquoi je n'ai pas pensé à descendre au Savoy, moi ?
Miss Cocotine, bientôt 6 ans ET DEMI et toutes ses dents de lait, a découché pour passer une nuit sous la tente au centre de loisirs. On l'a récupérée un peu crasseuse et complètement à l'ouest.
Moi : Alors, c'était bien ?
Miss Cocotine : Trop génial !
Moi : Tu t'es lavée ?
Miss Cocotine : Oui dans la piscine !
Moi : Ah, bon ! Avec du savon ?
Miss Cocotine : Non, avec pour la vaisselle !
Moi : Nom d'un chien, et vous avez mangé où ?
Miss Cocotine : Dehors, pas de lumière, c'est tout noir !
Moi, renonçant à l'interroger sur le menu : Incroyable, et après, vous avez dormi ou vous avez fait une veillée guitare ?
Miss Cocotine : Mais non, ON A FAIT LA BOUM !
Moi,amusée : Epatant, t'as dansé ?
Miss Cocotine : Oui mais la musique, c'est trop fort.
Moi : Ah bon, et après, tu t'es couchée sous la tente ?
Miss Cocotine : Oui et j'ai vu des fées !
Moi à l'homme : Ah d'accord ! Soirée mousse, musique à fond et hallucinations... Non mais c'est quoi, ce lieu de débauche ?