Mes dernières séances
Woody Allen, moi, je l'aime. De belles images, du jazz et une histoire touchante servie par de chouettes acteurs. Colin Firth et Emma Stone, j'adore.
Woody Allen, moi, je l'aime. De belles images, du jazz et une histoire touchante servie par de chouettes acteurs. Colin Firth et Emma Stone, j'adore.
Je me faisais une joie d'emmener Miss Cocotine voir ce film mais trois secondes avant de prendre les tickets, je me suis rendue compte qu'il était en VO. Autant vous dire que j'ai dû me rattraper et jouer à l'inteprête pendant toute la séance parce qu'elle m'a assommée de "Maman, il dit quoi là ?". Bien fait pour moi.
Mon programme du jour : se moquer du calendrier, ignorer les feuilles qui jaunissent et savourer ces derniers jours entre filles autour d'une salade colorée.
La recette à deux balles :
- Faire cuire des graines de couscous et les laisser refroidir,
- faire des bandes de courgettes avec un épluche-légumes,
- couper des tomates et de la feta en dés,
- ajouter persil, huile d'olive, vinaigre de vin, sel, poivre, piment d'Espelette,
- mettre au frais.
Bon appétit !
Des mois que je me demande : c'est quoi, un ami ?
Blessée et même dégoûtée par des gens qui sont sortis aussi vite de notre vie qu'on les avait invités à y entrer, je n'ai plus envie.
L'amitié, c'est un peu comme l'amour. Il faut parfois du temps pour oublier, digérer et faire confiance à nouveau. Et puis, surtout, il faut trouver la bonne personne.
Des copains, j'en ai eus plein.
Des amis, j'en ai eus peu mais ils ont compté et ils m'ont marquée.
Des amies aussi... mais moins. Peut-être parce que les hommes sont plus simples.
Lui, je l'ai rencontré en vacances à la Guadeloupe, en août 1990. Il ressemblait à ça :
On a bien ri et du coup, on s'est revus à Paris. Il travaillait chez Dalloyau. En 92, il m'a proposé de partir découvrir l'expo universelle de Séville, avec un copain du boulot. J'ai dit : "OK, pourquoi pas. Mais c'est qui, ce gars ?"
Et devinez qui c'était, le fameux pote ? M. Cocotine en personne !
Je ne vous explique pas comment s'est passée notre escapade espagnole...
Bref, on ne s'est plus quittés et on s'est mariés en février 97.
Quelqu'un qui vous présente votre mari, c'est bien UN AMI POUR LA VIE, non ?
Et le 4 juillet 1998, c'est lui qui s'est marié. On a traversé la Manche pour partager ce bon moment. Ca fait 10 ans.
BON ANNIVERSAIRE DE MARIAGE.
PROFITEZ-EN BIEN.
ON PENSERA A VOUS
ET ON TRINQUERA A VOTRE BONHEUR
POUR ENCORE DIX ANS.
PLEIN DE BISOUS.
L'homme et moi, on n'a jamais voulu gâcher la vie de Miss Cocotine en lui rebattant les oreilles avec ce deuxième dossier d'adoption. Lui en dire le moins possible nous est apparu comme une évidence.
Mais ces derniers jours, difficile de se contenir. Alors les questions fusent et les réponses aussi parfois. Hier soir en la couchant :
Miss Cocotine : Moi, je veux la petite soeur.
Moi : Ben oui mon amour, je sais. Mais c'est trop compliqué. Papa et Maman, ils vont sûrement laisser tomber. Il faudrait attendre encore trop de temps, faire des tonnes de papiers et trouver aussi une énorme montagne de sous...
Miss Cocotine, la tête tourné vers sa tirelire : Moi, j'en ai dans le cochon...
Les gens charmants qui habitent Le Clos des Simples et qui aiment jardiner nous avaient conseillé cette visite. Nous y sommes donc allés samedi, au Château de Carambar, comme s'amusait à le clamer Miss Cocotine... Euh plutôt Kerambar'h !
Mais malgré le temps superbe et la beauté des lieux, un soupçon de déception car c'était encore un peu tôt pour profiter des fleurs et du potager. A part les magnifiques cerisiers, beaucoup de terre... Si ça vous dit, prévoyez plutôt d'y aller en mai-juin.
Le jardin médicinal
Le potager
Le verger
Le jardin liturgique
Le bilan est imparable : les Dieux de l'univers n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour répondre à mes supplications.
Mon lavabo et mon robinet de baignoire sont bloqués dans l'entrepôt de Reuter Bathrooms en attente de mon pommeau de douche. 10-30 jours de délai de livraison affichés sur leur site se sont bizarrement transformés en 50. De dures négociations en menaces terrifiantes, je me suis épuisée. Rien à faire. Les allemands n'ont pas plié. A cause d'une malheureuse douchette, ma commande végète. J'ai eu beau les implorer, ils ont refusé de prendre en charge une deuxième livraison. Tant pis pour nous. Le rendez-vous avec le plombier a été reporté à une date ultérieure...
Quant à mes robinets de lavabo, aux cinq jours de livraison annoncés se sont substituées 3 semaines d'angoisse à se demander si j'avais bien joué en misant sur Plumbnation. Certes la malchance est venue se greffer sur un petit problème de stock, avec cette grève de la postoffice britannique qui a laissé moisir mon colis pendant plusieurs jours.
Et puis, vers midi trente aujourd'hui, une sorte de miracle. La camionnette jaune a pilé devant chez moi et j'ai enfin récupéré mes deux robinets tout pimpants. Pour les amateurs du genre, c'est un Concetto de Gröhe. De la belle camelote. Sur le devis du plombier, il figurait à 125 € hors taxes. Tout frais compris (port et frais bancaires), il m'est revenu à 80 € TTC. Plutôt étonnant, non ?
Alors si vous avez une envie folle de nouveaux robinets, allez-y, j'ai testé pour vous. A part le délai un peu long, je n'ai rien à reprocher à ce fournisseur anglais qui s'est montré très correct et qui a toujours répondu de manière claire et détaillée à mes demandes.
De toute façon, on n'a rien sans rien et surtout pas moi.
Et puis c'est un bon début. Le reste devrait suivre avant que je pète un tuyau...
Ou comment faire son gros mouton de Panurge ? Comme tout le monde, j'y suis passée, je me suis exclamée "Oh, c'est joli !", puis "Ah oui, quand même !", j'y ai bu un thé et j'en suis repartie en me disant "Ben voilà, j'ai vu." C'est certain, le lieu est fabuleusement beau et les différentes mises en scène bien orchestrées mais en tant que chômeuse-de-trop-longue-durée-habitant-dans-un-bled-du-double-four, je n'ai pas l'impression d'être tout à fait dans la cible. C'est seulement au rez-de-chaussée que, tout en contemplant le charmant potager, j'ai enfin pu craquer pour deux mugs et apporter ainsi ma maigre contribution au concept. Pour la robe de créateur, je repasserai dans ma prochaine vie.
C'est pour ce genre de raisons que j'assume totalement d'avoir signé un contrat avec l'homme chez le Consul de France à Thessalonique le 14 février 1997. Je ne manquerai pas de revenir vous expliquer pourquoi, d'autres jours, je m'en mords les doigts. Excusez-moi, je vais lécher la gamelle et j'ai trois métros de retard sur Miss Cocotine et ses moustaches au chocolat.
L'avantage de s'ennuyer comme un rat mort au réveillon, c'est qu'on peut passer ses nerfs sur les aiguilles. Partie en Baie de Somme avec deux pelotes, je suis rentrée avec une écharpe toute douce pour Miss Cocotine !
2 pelotes de laine Drops Alpaca rose clair n°3140, achetée chez Kalidou, même point Vagues que pour la mienne, aiguilles 3,5.
Qui n'a pas jamais senti ce doute terrible l'assaillir en goûtant un coleslaw : Mais pourquoi diable ai-je acheté ce truc infâme ?
Eh bien, j'ai dans ma mallette de quoi vous réconcilier avec ce plat qui paraît barbare quand il est mal goupillé mais qui est un pur bonheur quand il est fait-maison.
Pour Miss Butterfly et autres nostalgiques des terres royales, voici ma recette :
On se dégote un chou blanc, des carottes, du yaourt, un citron, des raisins secs. La mayonnaise, soit vous l'achetez, soit vous êtes une pro et elle n'a pas son pareil. Ici, c'est l'homme qui l'a montée au robot sous mes yeux émerveillés, dans la rubrique faut-toujours-lui-faire-croire-qu'il-est-merveilleux-sinon-il-pourrait-bien-s'aplatir-dans-le-fauteuil-en-décrétant-que-puisqu'il-est-incompris-il-ne-touchera-plus-jamais-à-rien.
Alors, l'avant-veille du jour où on prévoie d'engloutir son coleslaw, on fait tremper ses raisins dans l'eau pour qu'ils gonflent. Puis on vaque.
La veille, c'est le grand jour. On s'installe et on épluche ses carottes. Puis on les lave ainsi que le chou. On prend sa petite planche à découper et son couteau. Et là, attention, on émince le chou ; plus c'est fin, meilleur c'est. On râpe ses carottes.
On attrape son joli saladier et on mélange mayonnaise et yaourt moit'-moit' comme dirait Miss Cocotine, le jus d'un citron, sel, poivre. On ajoute chou, carottes et petits raisins. On touille et on met au réfrigérateur pour le lendemain.
Vous m'en direz des nouvelles, surtout celles qui ont des enfants et qui se noient au chapitre mais-comment-lui-faire-avaler-cinq-fruits-et-légumes-par-jour-à-cette-crapouille.
Ce lilas est arrivé dans le double four tout petit, en provenance du lopin périgourdin de ma grand-mère. Mais au jardin, patience est maître mot. Ca fait trois ans que je guette une fleur. Eh bien, ça y est. Pas de quoi faire des bouquets dégoulinants mais on tient le bon bout... En tout cas, j'aime l'idée qu'en observant certaines de mes petites pensionnaires, mes pensées s'envolent doucement vers l'endroit d'où elles viennent ou vers la personne qui me les a offertes.
Il est arrivé dans la boite comme si j'avais tendu la joue gauche.
En retour.
Quatre mois après notre capitulation, le service d'adoption chinois vient de nous renvoyer notre joli dossier bleu accompagné d'une lettre bourrée d'idéogrammes et de sa traduction en anglais.
Le numéro F 170 est clos. On nous remercie pour notre intérêt et nos efforts, on nous dit qu'on avait toutes les qualités pour faire de bons parents, on s'excuse au cas où ces années d'attente nous auraient apporté du stress et on nous souhaite "a happy life".
Se lancer dans un parcours d'adoption, c'est accepter que d'autres décident de son sort sans qu'on ait le moindre mot à dire et c'est aussi donner des sommes parfois folles sans jamais pouvoir cracher-jurer qu'on sait à qui elles vont profiter. Sujet infiniment tabou et également très complexe.
Il faut se résoudre à faire confiance. Et fermer bien fort les yeux si jamais on s'est vu doté d'une trop grande lucidité par une vilaine fée.
Mais ce matin, non, non, non, je n'ai plus envie de me taire. Ma soumission a des limites et puis, de toute façon, elle n'a plus de raisons d'être.
Où est donc passée la monnaie des 1000 € que j'ai envoyés en Chine en octobre 2007 pour la gestion de notre dossier ? La procédure n'a pas été menée à terme. Cet argent que nous avons mis des mois à économiser, pourquoi le service d'adoption chinois se réserve-il le droit de le réquisitionner ?
Pas un mot là-dessus dans la jolie lettre. "J'ai le regret de vous informer que les autorités chinoises ne procéderont pas au remboursement des frais engagés pour la traduction et l'instruction de votre dossier", confirme juste l'AFA dans son courrier d'accompagnement.
Bien sûr, au début des festivités, on est de bonne humeur et on ne veut pas penser à un échec éventuel. Et puis l'argent, c'est vilain d'en parler. Alors on signe les chèques sans moufter et même si on comprend bien qu'on perdra tout en cas de pépin, on occulte.
A-t-on le choix ?
4 ans et demi plus tard, on se retrouve puni deux fois : notre demande n'a pas abouti et nos sous se sont envolés.
Si seulement je savais que cet argent sert à aider des enfants démunis et placés en orphelinat, je serais plus que sereine. Mais je n'ai reçu aucune information en ce sens.
Epilogue
Aujourd'hui, quand je regarde ma fille, je mesure toute la chance que j'ai eue d'arriver jusqu'à elle.
Aujourd'hui, quand je regarde le numéro F 170, je me demande quel petit minois aurait eu ma deuxième fille si j'avais continué à ramper sur ce chemin de croix. Faire une fausse-couche à 54 mois, ce n'est pas si banal et si simple que ça. Deux parcours si diamétralement opposés. Je pense à ceux qui ne connaissent malheureusement que le deuxième et j'esp
ère que la petite fille qu'on n'a pas eue ira chez un couple qui attend son premier enfant depuis de longues années.
EDIT DE LUNDI SOIR : Merci pour vos com' sur ce post. On pourrait parler des jours et des lunes sur le désir d'enfant et sur l'adoption. La vie est pleine de joies mais c'est aussi un parcours initiatique truffé de deuils plus ou moins importants à faire. Chez les uns, c'est rapide, chez d'autres, c'est plus long. Parfois, on jure l'affaire enterrée et tout ressurgit en un instant avec cette question glaçante, immédiatement suivie d'une affirmation évidente : "Mais pauvre truffe, comment t'as pu renoncer à ça ? T'es qu'une grosse nulle.".
Je laisse le dernier mot à Chouchenn :
"Vive la vie qui continue à... 3 !"
Vintage à souhait, c'était forcément ma tasse de thé. A quelques détails près, ma mère tout craché avec son crêpage impeccable et ses talons ultra chics. A quelques détails près, mon père tout craché avec sa haine des syndicats et ses principes réac. Conclusion : j'ai bu du petit lait.
Ca démarre fort avec une Deneuve qui fredonne "Emmène-moi danser ce soir" en vidant son lave-vaisselle. Les acteurs sont excellents. Lucchini et Viard m'ont rendue dingue mais le clou du spectacle, c'est le duo Deneuve-Depardieu sur fond d'Il était une fois. Du grand art.
Jubilatoire, comme on dit.
J'adore Noirmoutier. Ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça. L'un de se charmes, c'est sans aucun doute le passage du Gois qui s'ouvre et se renferme au gré des marées. Samedi matin, vers 10h15, la mer s'était retirée, laissant place à des dizianes de pêcheurs affairés s'oubliant dans des positions improbables et c'est à ce moement précis que la Cocotine's family quitta le continent pour vivre une aventure hors du commun.
Ce matin, Miss Cocotine a trouvé une pièce sous son oreiller en échange de sa dent. Ca l'a réjoui. Un peu plus tard, à la radio, il était question de l'euro :
Miss Cocotine, perturbée : L'Europe ?
Moi : Mais non, pas l'Europe, l'euro, la monnaie, l'argent.
Miss Cocotine gambergeant : Ah oui, l'euro...
Moi tentant d'éclaircir le sujet : Tu sais, c'est la monnaie qui est utilisée par tous les européens, dans tous les pays d'Europe.
Miss Cocotine, radieuse : ET PAR LA PETITE SOURIS AUSSI !
Quatre jours après notre retour obligé du sud, il se passe à nouveau des choses bizarres dans la bicoque. Je vous l'ai déjà raconté, j'ai signé un contrat de mariage avec un hyperactif. Certains jours, ça m'épuise totalement, mais comme je sais que vous adorez voir la charentaise frétiller, j'accepte tous les chantiers, uniquement pour vous faire plaisir.
Je fais du boudin.
Pour éviter ce petit souffle glacial qui s'invite sous la porte du jardin, j'ai crocheté des rangs et des rangs de brides et mélangé mes pelotes de Drops Karisma, achetées, comme d'habitude, chez Kalidou. Je suis peut-être d'une humeur de dogue mais je reste une fille fidèle.
Bon week-end à tous !
L'envie pressante de tailler la route vers l'Angleterre et la Belgique nous tenaillait, histoire de jeter le double-four aux oubliettes pour un temps et retrouver cet esprit de Noël si bien marqué à l'est. Mais on n'a rien sans rien et le voyage est long de Nantes à la frontière flamande. Alors, pas question de s'abrutir d'autoroute sur des centaines de kilomètres mais plutôt de déguster le chemin en s'accordant de petites pauses dans de jolis coins. Une étape à Lyons-la-Forêt pour boire un coup au Café du Commerce et assister aux discussions savoureuses des commerçants qui viennent juste de remballer leur attirail et se réchauffent autour d'un café (un clin d'oeil en passant à La Mule du Pape puisque c'est son fief, la bienheureuse).
C'est nauséeuse et chancelante que j'ai lâché cette 7ème semaine de l'an 2011.
De l'obsolescence programmée décortiquée par Arte dans Prêt à Jeter (à revoir ICI) au périple essoufflant auquel Guy Lagache m'a conviée dans Capital Terre mercredi soir (à revoir ICI), mes neurones se sont baladés, avides de démanteler les systèmes de génie qui font avancer ce monde si palpitant.
Ou reculer.
Relativement désorientée, j'ai fini par craindre qu'à l'instar des dinosaures, l'homme ne disparaisse assez rapidement de la surface de la Terre, victime de ses choix cupides et inconsidérés.
Littéralement épuisée par ces tentatives de réflexion, je revins à mes considérations quotidiennes et décidai d'envoyer une prod' de pancakes. Imaginez la déception. Le revêtement de ma crêpière Téfal, achetée l'an dernier pour une bouchée de pain, s'est soudainement déchiré en cinq points, me laissant comme deux ronds de flan, la spatule figée et la prunelle effarée.
Irritée, je me souvins que l'emballage bariolé m'avait pourtant juré un "antiadhésif haute résistance" et une qualité "New Resist". Or, cette foutue poêle qui ne m'avait servi que trois ou quatre fois, était désormais bonne à jeter. Un coût de revient unitaire de la crêpe plutôt excessif et une hérésie pour l'environnement.
C'était évident. J'étais à mon tour frappée de plein fouet par "l'obsolescence programmée".
Ni une ni deux, je lançais un SOS à Téfal qui, allez savoir pourquoi, ne daigna pas me répondre.
Penaude et désemparée, je quittai ma peau de consommatrice arnaquée pour réintégrer celle de chercheuse-de-job-au-long-cours. De site en site, je tombai tout-à-coup nez-à-nez avec l'offre de mes rêves et m'embarquai derechef dans un quart d'heure d'illusions grotesques, m'imaginant enfin casée et heureuse d'être considérée comme une chose non périmée.
Cinq jours plus tard, personne ne m'ayant réclamée, j'étais définitivement calmée.
Aussi désintégrée que ma poêle, j'étais à deux doigt de me faire hara-kiri avec son manche, prouvant ainsi à quel point j'étais, moi aussi, "made to break", quand tout-à-coup, j'entendis un murmure.
Dolce Francia,
Etait-ce une sorte d'hymne de campagne que l'amoureuse-qui-n'est-plus-de-gauche offrait à mon-PDPA-bien-aimé ?
Que tout ça était romantique et attendrissant. Un peu de douceur dans un plan de communication et de manipulation grossier dont le dessein ne faisait aucun doute, ça tombait vraiment à pic.
A observer les combats fielleux, les regards haineux et les carnages odieux qui fleurissaient ça et là dans le monde politique, j'en étais presque arrivée à désirer que certains soient sacrifiés, comme ma poêle et moi, sur l'autel de "l'obsolescence programmée".
Bonne semaine à tous !
PS : La chanson que j'ai choisie est celle du film Azur et Asmar qui est un pur bonheur.
Vous connaissez mon goût un peu bizarre pour certaines affiches de propagande chinoise des années 50 et 60, en aucun cas motivé par une passion dévorante pour le Grand Timonier. Même si mes élucubrations pourraient faire penser à certains lecteurs qui passeraient en coup de vent que je suis une gauchiste de la pire espèce, je suis certainement bien plus centriste que maoiste.
Ce penchant n'a donc pas grand chose à voir avec l'idéologie véhiculée par ces dessins et ce ne sont que les images d'enfants, de femmes ou de familles, tous plus radieux les uns que les autres, qui me plaisent pour leurs couleurs pétantes et leur fraîcheur utopique. Et évidemment, j'y vois avant tout le sourire de ma fille.
Une sorte de monde parallèle gai et illusoire qui ne peut que me faire du bien.
Pssst, Doudette, le masking tape, ça a l'air de bien tenir...

Des années que trouver un toit correct à Paris me paraît plus compliqué que de ramener le Rubik's Cube à son état originel. Après m'être risquée dans les hôtels bas de gamme du Routard, avoir erré dans les chaînes avec vue imprenable sur le périph', j'ai voulu m'offrir le coeur de Paris. Et c'est comme ça que
j'ai renoué avec les MIJE.
Je connaissais déjà Fourcy et là, j'ai passé quatre nuits insolites à Maubuisson, avec boules Quiès vissées à fond. Certes, l'adresse est alléchante, le bâtiment somptueux et l'accueil relativement charmant mais quand j'ai découvert ce qu'on me livrait en échange de
mes 300 € pour 3 nuits pour 3 lits,
je me suis demandé qui était derrière cette association qui recevait aussi piteusement les jeunes du monde entier, tout en prétendant sur Internet que les trois hôtels avaient été dûment rénovés.
Et à propos d'auberge de jeunesse, j'y ai croisé des familles et des gens plus âgés qui, comme nous, n'ont probablement pas 250 € par nuit à mettre dans un hébergement digne de ce nom et qui savent donc ce que compromis, renoncement et choix signifient.
Moi qui m'étais dit que j'allais perdre 25 ans dès la porte franchie et que les petits déj' me rappeleraient certainement mes plus belles heures d'UCP'.
Si la première rame ne vous fait même pas ciller, si vous n'avez pas peur des murs qui s'éffritent, si les odeurs de vieux vous laissent de marbre, si les portes qui claquent jusqu'à pas d'heure ne vous perturbent pas outre mesure, si les fenêtres ruisselantes et moisies vous passent au-dessus, si les breakfast insipides ne vous coupent pas l'appétit, si vous pouvez aisément vous dispenser de faire une pause entre midi et 15h dans votre piaule, en gros, si une vie plus monastique que classique, psychédélique ou romantique, vous fait tripper, c'est le bon plan.
Sinon, restez chez vous.
Quand je pense que Mme Bettancourt exige un matelas neuf à chaque fois qu'elle déboule à l'hôtel, je me dis que c'est quand même very exciting, d'être riche.
Y'a plus qu'à se marteler que les quais de la Seine à 7h30 un beau matin d'hiver, ça vaut tous les sacrifices du monde.
Au fait, j'ai oublié de vous parler
des toilettes sur le palier.
C'est ballot, ça.
Dans mon petit guide London menu, j'avais coché Tom's Kitchen, la so posh cantine du chef Tom Aikens à deux pas de King's Road et de son restaurant gastro. Soup of the day, red onion risotto, fish pie, passion panacotta, tout était à tomber par terre. Même la saucisse purée avec compotée d'oignons et ketchup fait maison était à se damner. Un sacré bon moment.
En avril, après avoir soigneusement étudié les conseils de Makanai, j'ai réussi à donner naissance à un petit levain que j'ai évidemment baptisé Cocotin. Comme je vais bientôt fêter mes six mois de boulangerie, j'ai maintenant adopté un rythme qui me permet de le maintenir en vie et cet été, j'ai même réussi à surmonter notre première séparation. Voici donc le récit de cette aventure fusionnelle qui n'est pas à prendre à la lettre, puisque chaque boulanger a ses habitudes propres :
Au quotidien
Je fais du pain environ tous les 3 ou 4 jours. Les jours sans, Cocotin doit être dûment rafraîchi pour rester vaillant. Alors qu'il est préconisé de le faire matin et soir, dernièrement, je me suis un peu laissée aller et finalement, je ne le fais que le matin.
So far so good.
Je prends un ramequin en verre propre que je pose sur ma balance. Avec une spatule en bois, j'y verse 5 g de mon levain de la veille, j'y ajoute deux fois son poids en eau (filtrée en carafe), soit 10 g et deux fois son poids en farine T65 bio, soit 10 g.
Je mélange bien le tout et je couvre le ramequin d'une petite assiette.
Dans ma cuisine, il ne fait pas chaud, aux alentours de 19°.
Cocotin reste ainsi à buller jusqu'au lendemain matin où je refais la même opération.
Quand je suis plus respectueuse des usages, il m'arrive de procéder à un rafraîchissement matin et soir mais comme finalement, je me suis rendue compte que ça fonctionnait bien avec un seul rafraîchissement, la plupart du temps, je me cantonne à cette méthode.
Préparation du levain pour boulanger - A entreprendre la veille au matin
La veille du jour où je veux faire mon pain, j'effectue, le matin, un rafraîchi avec les proportions suivantes et dans un petit verre mesureur (+ grand que le ramequin habituel) :
- 10 g de levain chef
- 20 g d'eau filtrée
- 20 g de T 65 bio
Abracadabra, j'en obtiens 50 g.
Le soir, je le rafraîchis à nouveau comme ceci :
- tout le levain chef du matin, soit 50 g
- 100 g d'eau filtrée
- 100 g de T65 bio
Les 250 g ainsi obtenus sont recouverts d'une petite assiette et emportés au premier étage, où il fait plus chaud qu'en bas. Mon levain va ainsi buller toute la nuit et monter en volume.
Le lendemain matin, il est prêt à l'emploi.
Pendant les vacances
Avant de claquer la porte pour d'autres horizons, j'ai rafraîchi Cocotin une dernière fois en guise d'adieu, puis je lui ai souhaité un bon repos et je l'ai collé dans la partie basse de mon réfrigérateur.
Quand j'ai réintégré la bicoque trois semaine splus tard, à vrai dire, je me suis fait des cheveux. Cocotin avait manifestement un pied dans la tombe. Il était tout gris et dégageait une odeur franchement nauséabonde. J'ai bien cru que j'allais le perdre. Cependant, comme j'avais retenu les conseils de Makanai qui, à chaque coup de panique, répondait à ses fans du-calme-rien-n'est-perdu, je me suis dit que j'allais prendre mon courage à deux mains et essayer de le faire renaître de ses cendres.
Et ça a marché.
J'ai tout bonnement repris les rafraîchis matin et soir pendant 3 jours, dont un à la T110, et toujours avec les proportions indiquées ci-dessus dans le paragraphe "Au quotidien". Peu à peu, Cocotin a refait surface et j'ai pu réouvrir ma petite boulangerie.
Désormais, je peux presque me risquer à dire que
Cocotin et moi, cest une affaire qui roule.
Multiplier les galettes et les brioches des rois en se répétant que les jours rallongent, c'est à peu de choses près le programme que je me suis fixé en janvier. Et pour la bonne conscience, j'accompagne le tout de pommes au four.
La recette à deux balles :
- faire préchauffer le four à 200°,
- attraper des Golden, les évider et trancher la base pour qu'elles tiennent debout,
- mettre du gingembre frais râpé, une cuillerée de sucre roux et un petit morceau de beurre dans chaque trou,
- rassembler toute la clique dans un plat et verser deux verres d'eau au fond,
- enfourner 20 mn à 200° en arrosant d'eau à mi-cuisson.
Oups, j'avais oublié de vous dire "Bon appétit !".