Le sauveur
Mon lopin de terre est certes charmant mais depuis que j'en suis l'heureuse propriétaire, j'essaie vainement d'éradiquer ces saletés d'othiorynques qui dévorent méthodiquement toutes mes feuilles tendres.
Et pendant que je dors à poings fermés, les lâches.
Fatigués de sortir ma panoplie de spéléo pour partir à la chasse à 23h56 et peu convaincus par l'effet des nématodes soi-disant utiles à 15 € le sachet, on avait fini par renoncer et s'accoutumer à la dentelle ambiante.
Et puis le soir d'Halloween, mon Léon est rentré avec un hérisson qu'il avait trouvé errant dans une rue du bled.
Tout le monde a sauté de joie et la bête tant espérée par la Cocotine's family a immédiatement été baptisée
Citrouille
puis déposée délicatement sur l'herbe pour poser afin d'immortaliser ce grand moment de vie.
Deux caresses plus loin, je lui ai souhaité la bienvenue et lui ai refilé sa description de poste :
"Tu te débrouilles comme tu veux mais tu me dévores tous les othiorynques du jardin, mon bonhomme. Tu vas voir, ici, tu es tombé dans une bonne maison. Vas-y, fais-toi plaisir, c'est buffet campagnard gratuit."
Là-dessus, on l'a laissé découvrir son nouvel univers, non sans avoir peur de le retrouver occis le lendemain matin pour cause d'indigestion foudroyante.
Depuis, plus de nouvelles, il est planqué toute la journée et malgré des recherches régulières et minutieuses, impossible de le dénicher. Et personne n'a encore eu le courage de faire sonner le réveil à 3h54 pour aller voir ce qu'il trafiquait.
Encore un qui n'a pas envie de faire partie de la France qui se lève tôt.




































































