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Le petit monde de Cocotine
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19 janvier 2013

Le baratin du 19 janvier 2013

Des jours et des lunes que je n'ai pas rappliqué ici pour baratiner un coup.

N'en déduisez pas pour autant que les déboires de l'hexagone ne m'émeuvent plus ou que je boude les charmes de Laurent Delahousse et de Patrick Cohen. C'est juste que les sujets qui déchaînent les passions depuis quelques temps me donneraient plus envie de chialer que de rigoler.

D'ailleurs, mardi dernier, en entendant les vociférations de certains qui, apparemment, tremblent pour la survie de l'espèce, je suis tombée très bas, et, rongée par une lassitude profonde, j'ai fini par donner raison aux anglais : la France est un beau pays, dommage qu'il y ait les français !

Alors, j'ai songé à l'exil, non pas fiscal,

mais vital.

Loin des querelles incessantes, des propos haineux et des manifestations à répétition.

J'étais ainsi plongée dans mes rêves de fuite, quasi prête à donner un coup de fil à Poutine, lorsque le téléphone a sonné. Au bout, ma copine Catherine. Celle qui adore me livrer ses analyses à deux balles sur l'actualité brûlante.

Vous le croirez ou non, mais en deux temps, trois mouvements, elle m'a redonné le goût du pays.

340 000 ou même 800 000 sur 66 000 000, ça fait au mieux 0,5 % de la population, au pire 1,2 %,

c'est une minorité.

J'ai levé le sourcil gauche. Elle avait bigrement raison.

1,2% des français qui prétendent parler au nom du peuple, si mes calculs sont justes, ça fait tout de même 98,80% qui se taisent.

Ils doivent déneiger.

Et je sais de quoi je parle puisque le double-four s'est réveillé sous la neige ce matin. La balayette, à coup sûr, ça apaise l'esprit de celui qui est au bout. Au fond, peut-être que si les 1,2% se mettaient, eux aussi, à pratiquer l'exercice, on entrerait dans une ère de calmons-nous-les-uns-les-autres reposante pour tous.

Voeu pieux ?

Bon week-end !

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7 septembre 2012

Regrets éternels

Pôle Emploi a inventé une méthode fabuleuse et complètement déshumanisée qui s'appelle

la télécandidature

et qui consiste à envoyer sa demande à une machine et recevoir la réponse sur une autre machine.

C'est à ce genre d'exercice bienfaisant pour l'ego que je me suis livrée mardi matin :

Assistant / Assistante comptable (Code métier ROME : M1203)

Type de contrat de travail : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 4 MOISVOUS FEREZ DE LA SAISIE COMPTABLE SU R SAP R3. COMPTABILITE FOURNISSEURS ET CLIENTS, RELANCE ET DIFFERENTS DO SSIERS GESTION A SUIVRE. SOIT UNE CONNAISSANCE SAP OU ANGLAIS COURANT. RECRUTEMENT IMMEDIAT. CDD EVOUTIF.

Expérience: EXIGEE DE 3 ANS
Lieu de travail : 44
Horaires : 20H HEBDO HORAIRE EVOLUTIF
Salaire indicatif : MENSUEL 1 040 EUROS SUR 12 MOIS
Taille de l'entreprise : 10 A 19 SALARIES

et hier soir, j'avais ce petit SMS de rien du tout qui m'attendait gentiment sur mon portable :
 
Pôle Emploi/ offre 721209A. Regrettons de ne pouvoir donner suite à votre candidature qui ne correspond pas aux critères souhaités par l'entreprise. Merci.
 
avec, heureusement, quelques précisions complémentaires dans mon espace personnel :
 
Réponse : Refusée
 
Motif : Candidature non conforme

Vous avez candidaté le 4 septembre sur l'offre de Assistant / Assistante comptable numéro 721209A. Votre candidature n'a pas été retenue car les informations que vous nous avez communiquées ne correspondent pas aux critères exigés par l'entreprise. Le Pôle emploi étudiera avec attention toute nouvelle candidature que vous enverrez sur d'autres offres.

Et comme la vie d'un demandeur d'emploi ets décidément trop active, ce matin, j'avais quelques nouvelles annonces dans ma boite mail. Emballée par l'une d'elle :

ASSISTANT COMMERCIAL / ASSISTANTE COMMERCIALE  (Code Métier ROME D1401)

SUR SECTEUR GEOGRAPHIQUE DETERMINE, EST CHARGE(E) DE RELATION CLIENT APR ES-VENTE (SUIVI CDES, FACTURATION, E TC.), PRISE EN CHARGE RESOLUTION REC LAMATIONS CLIENTS EN COLLABORATION A VEC EQUIPES AVANT-VENTE (CIAL, DISTR IB, SIEGE). CONNAISSANCE SAP R3 UN + ET PACK OFFICE. PROLONGAT POSSIBLE.

Lieu de travail :    44 - NANTES
Type et Nature du contrat : CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 3 MOIS / CONTRAT DE TRAVAIL
Expérience : EXIGEE DE 3 ANS
Formation : Bac+2 ou équivalent Gestion commerciale Exigé
Connaissances bureautiques : Tableur Utilisation normale Traitement de texte Utilisation normale
Salaire indicatif : MENSUEL 1 810,53 EUROS SUR 12 MOIS CHEQUE REPAS, MUTUELLE
Déplacements : JAMAIS
Horaires : 35H HEBDO HORAIRES VARIABLES
Pour postuler sur cette offre, cliquez sur le lien suivant : ► Postulez à cette offre

j'ai cliqué sur le lien comme une dingue pour finalement tomber sur ce message sans espoir :

La publication de l'offre dont la référence est 911326A a été suspendue (Recrutement en cours).
 
D'un coup, j'ai envie de casser un vase, moi.
 
Non pas que c'était le job de mes rêves, un CDD de 20 heures hebdo pour 1014 € bruts, mais plutôt que c'est la seule annonce potable que j'ai rencontrée ces derniers jours.
 
Allez savoir pourquoi, ça me fait penser aux jolies plaques "Regrets éternels" qui trônent parfois sur les pierres tombales.
 
Peut-être un signe que je dois faire le deuil de ce genre de pratique.
 
Adieu Pôle Emploi,

nous nous sommes tant aimés.

18 septembre 2012

The entretien

Lundi matin, alors que j'étais en train de survoler les offres de Pôle Emploi d'un oeil torve, l'une d'elle m'a soudain explosé au nez. A la quatrième ligne était indiqué :

Expérience : Exigée de 10 ans.

C'était pour moi.

Tout me plaisait - mis à part le salaire, évidemment, qui était annoncé à 9,40 € bruts de l'heure mais comme chacun sait, l'affaire peut être débattue -, surtout le secteur d'activité : Conseil affaires/ gestion.

Mon dossier complet, affublé d'une photo flambant neuve, est parti plus vite que son ombre vers le destinataire indiqué, et, sentant que ma vie pourrait peut-être d'un coup d'un seul se teinter de rose bonbon, je téléphonai dans la foulée pour mettre l'accent sur mon inimaginable motivation.

Allez savoir si c'est mon nouveau portrait, le son de ma voix ou la qualité de mon CV, quelques heures plus tard, j'étais convoquée en entretien.

Ce matin, après m'être habillée, déshabillée, puis rhabillée, avoir traversé toute l'agglomération nantaise et jeté sous ma langue quatre gouttes de Rescue, je débarquai, toute souriante et pleine d'espoir, dans un bureau avec vue sur jardin.

La déception a été à la hauteur de mes attentes.

Le type poli, intelligent et dynamique que j'avais face à moi n'était pas mon futur boss mais recrutait pour le compte d'un fabricant d'objets si kitschissimes que toutes mes oeuvres en crochet entourées de nains de jardin auraient semblé, à côté, ultra chics.

La claque.

Bonne joueuse, je n'ai rien laissé paraître et me suis boostée d'un certes-c'est-pas-sexy-mais-attends-de-voir. Là-dessus, j'ai entendu qu'il ne fallait pas que je m'attende à travailler dans un bureau propre, que c'était un atelier bruyant et plein de poussière, où "on se marchait un peu dessus", avec des odeurs de peinture et de solvants à supporter.

Vu l'énergie que je déploie pour vivre à peu près bio, j'ai commencé à avoir des remontées acides.

Charmant, le recruteur m'a ensuite assurer qu'au niveau des compétences, il était convaincu que je ferais l'affaire mais qu'il devait s'attacher aussi, et surtout, au côté humain, de façon à trouver la perle qui acceptera, non seulement de prendre en charge tout l'administratif de l'entreprise et éventuellement les lettres personnelles de son dirigeant car "il ne fait pas la différence entre vie professionnelle et vie privée", mais aussi de supporter son comportement apparemment particulier, "nature et impulsif", le tout pour la moitié d'un SMIC.

A ce stade, mon sourcil gauche a failli resté pétrifié en l'air mais je l'ai rappelé à l'ordre sans ménagement.

Relativement anéantie, j'ai, du coup, fini par poser cette question qui me semblait pertinente : "Et quels sont les outils mis à la disposition de la personne pour travailler ?"

"Le patron doit acheter un ordinateur,

il en est conscient."

Totalement rassurée, je suis partie poliment non sans être chaleureusement remerciée pour le déplacement.

J'ai repris le périph' pour m'arrêter chez Horizon Vert où, comme une automate, j'ai acheté un paquet de farine T150 et un sac de bonbons au miel.

Puis j'ai appelé Léon afin qu'il mesure la-joie-de-vivre-du-chômeur-au-bout-du-rouleau. Son conseil est tombé comme un couperet : "Laisse tomber".

En raccrochant, je me suis mise à cogiter sur le retour gagnant de l'humanisme en entreprise, et très vite, j'ai décidé de venir rire de cette nouvelle mésaventure ici.

Ca m'évite d'en chialer des seaux.

17 septembre 2012

Espoirs en pagaille

Léon vient d'attirer mon attention sur cet article de Tom S. Khan paru dans RSE, le magazine de la responsabilité sociale de l'entreprise, de la gouvernance, et du développement durable, et intitulé :

Le retour gagnant de l'humanisme en entreprise

Vous imaginez avec quelle ferveur je me suis jetée dessus. De l'espoir, enfin !

Cependant, remettre l'humain au centre de toute organisation est une simple question de bon sens et ce n'est pas la première fois que j'en entends parler. En ce qui me concerne, j'ai toujours pensé qu'une société ne pouvait pas aller dans le droit chemin sans tenir compte des hommes et des femmes qui la font vivre mais rarement constaté que ces valeurs, pourtant essentielles, étaient prises en considération dans ma vie de salariée.

"Ainsi les entreprises sont de plus en plus conscientes du fait que leur richesse ne réside plus seulement dans la "valeur ajoutée", mais également dans l'attitude et le bien-être de leurs salariées."

Si seulement c'était le cas du chef d'entreprise que je vais rencontrer demain, je me transformerais derechef en Schtroumpf heureux.

Car, oui, vous n'avez pas la berlue,

j'ai un entretien demain matin à 11 heures !

Evidemment, avec une promesse de 17h30 à 9,40 €/heure, pas de quoi chanter à tue-tête toute la nuit, mais imaginez seulement que cette TPE adhère à la philosophie sus-décrite et qu'elle veuille à tout prix faire mon bonheur ?

A suivre...

3 septembre 2012

Au pied du mur

Un matin de juillet, ivre de soleil et probablement influencée par ma lecture du moment, j'ai juré à la montagne crétoise qui me faisait face que, foi de Cocotine, à la rentrée,

plus rien ne serait jamais

comme avant.

J'allais, moi aussi, me gaver de quand-on-veut-on-peut, de c'est-toi-qui-choisis-ta-vie et de suis-ton-instinct-et-fais-toi-plaisir.

Gonflée à bloc, j'ai décidé dans la seconde qui a suivi de flanquer mon concours d'adjoint administratif de 1ère classe

au feu,

et de vivre sereinement, loin de toute collectivité territoriale française. Après tout, j'avais suivi ce chemin à reculons, manipulée par deux-trois personnes qui trouvaient qu'au point où j'en étais, il n'y avait plus que ça à tenter.

Ca m'a fait un bien fou.

Sauf qu'une fois rentrée dans mes pénates du double-four*, et passée la période le-corps-au-bled-la-tête-en-Crète, l'ambiance torride je-suis-ce-que-j'ai-décidé-d'être a pris du plomb dans l'aile.

Le poste et l'écran, tenus à distance pendant vingt bonnes journées, histoire de m'éviter un retour trop violent, se sont donnés le mot pour me plomber la boite à neurones d'un le-seuil-des-3-millions-de-chômeurs-a-été-dépassé.

Pour autant, ça ne servait à rien de s'appesantir sur son sort. Alors ce matin, à J-1 de la rentrée, j'ai décidé que l'heure était grave et qu'il fallait se remuer le popotin.

J'ai dépoussiéré mon tas de 23 centimètres de recherches d'emploi infructueuses et j'ai patiemment classé le contenu de mon dossier ANPE-Assedic-Pôle-Emploi, ouvert en 2005, à mon arrivée à Nantes.

J'ai ensuite fabriqué un magnifique tableau Excel dans lequel j'ai flanqué mes 31 candidatures refusées par la FPT en deux ans et de fil en aiguille, j'ai découvert que, sur la dernière liste d'aptitude éditée par le Centre de Gestion du 44, j'avais encore 43 vieux amis qui cherchaient un poste.

Puis, inévitablement, en regardant tout ce fatras, je suis tombée dans un bilan à la Carrie Bradshaw sauf qu'elle, elle comptabilise ses amoureux et ses paires de chaussures, pas les claques des employeurs qu'elle a pris en pleine poire.

Des années que j'écris à des recruteurs qui me balancent dans le mauvais tas. Mon CV, refait 1267 fois, ma lettre remaniée aussi souvent, ne sont pas à remettre en cause puisque le tout a été validé par des experts en la matière.

Alors ?

Que me fait-on payer ? Le fait que j'ai suivi mon mari et péniblement refait surface après chaque déménagement ? Le fait que j'ai élevé ma petite fille pendant quelque temps, partant du principe que si j'avais été la chercher à 10000 kilomètres, ce n'était pas pour m'en débarrasser chez la première assistante maternelle venue (impossible à assumer, de toute façon, avec un seul salaire, et la crèche m'a gentiment envoyé paître sous prétexte que je n'avais pas de travail. La bonne blague.) ?

Ou mon âge ?

Ce qui me défrise, c'est bien que je n'ai aucune réponse à ces questions car même si je les pose poliment, la langue de bois pratiquée par le milieu du recrutement, tant dans le privé que dans le public, a pour conséquence que jamais, je ne saurai la vérité.

Au moment où l'état pitoyable du pays exige que tout le monde travaille plus longtemps, comment vais-je parvenir à combler les

17 ans

qu'il me reste à cotiser avant de pouvoir enfin m'enfermer dans un village de vieux totalement sécurisé et goûter à une retraite paisible et dorée ?

Mystère et boule de gomme.

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26 février 2012

Le baratin du dimanche 26 février 2012

Je vous ai menti.

Si j'ai choisi cet exil temporaire en terre autrefois ennemie, ce n'est pas par pure frivolité mais parce que je n'en pouvais plus de me ronger les sangs.

Quand mon-PDPA*-bien-aimé se déciderait-il enfin à cracher sa Valda et annoncer solennellement s'il avait coché la case lâcher-le-morceau-pour-faire-de-l'argent-et-se-jeter-dans-la-dolce-vita ou essayer-de-sauver-la-France-pour-la-deuxième-fois-en-dressant-les-uns-contre-les-autres.

Quand ce suspens insupportable prendrait-il fin ?

Oui, quand ?

A 72 jours du premier tour, je n'étais plus que l'ombre de moi-même, droguée à la tisane d'aubépine et bourrée de Sédatif PC. Il devenait impératif de prendre du recul.

Sage décision. A peine avais-je sorti le nez du tunnel que j'apprenais qu'il s'était enfin déclaré et sur ma chaîne préférée de surcroît. Vous le croirez ou non mais à partir de cet instant précis, j'ai repris foi en la vie. Après tout,

5 ans, c'est court, pour faire ses preuves.

Là-dessus, j'ai repris mes fonctions d'ersatz de fonctionnaire, la tête scotchée outre-Manche, et figurez-vous que mardi dernier, mon chef m'a convoquée :

Lui : Est-ce que ça t'intéresse de rester deux mois de plus ?

Moi, sentant le loup : Pour faire la même chose que ce que je fais ?

Lui : Ben oui.

Moi : Ah bon.

Vous dire que la proposition m'a bouleversée et enchantée serait exagéré. Je suis retournée à ma place et j'ai gambergé : 129 dossiers déjà traités avec pour chacun, une trentaine de lignes en moyenne, j'en arrivais tout de même à ce score honorable de

3870 lignes écrites à la main.

5 Pilot Réxgrip flingués, 2 kilomètres de ruban correcteur épuisés, environ 6400 agrafes ôtées et toutes les cervicales en purée.

A l'idée des 4000 lignes supplémentaires qui m'attendaient au tournant, j'ai failli replonger et ingurgiter derechef un litre d'infusion soporifique. Puis je me suis ressaisie. Tout bien réfléchi, la république avait besoin de moi, la FPT me chassait et tourner le dos à un tel pont d'or,

ce serait comme un abandon de poste.

Je devais assumer mes responsabilités et affronter mon destin flamboyant. Alors, héroïquement, j'ai ouvert mon armoire en grand et j'ai attrapé

un col roulé noir.

Puis fièrement, je suis sortie aux aurores et dès son arrivée à 9h12, j'ai toqué à la porte du grand manitou de mon service. Là, la main sur le coeur, je lui ai déclaré :

Travailler ou ne pas travailler,

ce n'est pas la même chose.

Je suis partante pour un second mandat.

Semblant apprécié ma réponse, il m'a confirmé qu'il allait soumettre l'idée à qui de droit.

Car finalement, le plus croustillant dans l'histoire, c'est que l'affaire ne sera dans le sac que lorsque les hautes autorités de ma collectivité auront approuvé cette prorogation de contrat.

En tout cas, n'ayez crainte, si jamais c'est accepté, jamais je n'irai fêter ça au Fouquet's.

Vous savez quoi ?

J'échangerais bien ma vie contre celle d'Omar Sy, moi.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

* PDPA : Président Du Pouvoir d'Achat

10 février 2012

Feel

Un jour, l'une de vous m'a écrit en plaisantant : "Avec toi, on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon." Elle fait pourtant partie, j'en suis sure, de celles et ceux qui ont réussi à déceler un peu de ma personnalité dans mes baratins à deux balles et savent donc très bien que je n'ai absolument rien contre le 41, pas plus que je n'ai quelque chose contre le 44 d'aillleurs.

Le noeud du problème,

c'est ma recherche d'emploi infructueuse.

Peut-être faut-il essayer d'envisager, pour la millième fois, une reconversion et m'engager vers une autre façon de vivre ?

Avant que, par referendum, le peuple français ne m'oblige à me former dans la soudure, la chaudronnerie ou la maçonnerie.

En attendant ce grand moment de fraternité, je vous remercie pour les échanges que nous avons, ici ou en aparté. Les rencontres que j'ai faites grâce à ce petit blog ont beaucoup d'importance à mes yeux. Certains d'entre vous sont si fidèles que j'en suis aussi épatée qu'heureuse, d'autant ce que je cherche avant tout, c'est de la profondeur dans mes relations. Même si c'est par écrans interposés.

Merci pour votre confiance.

Et n'oubliez pas que ma copinaute Gris Pomme a ouvert sa boutique aujourd'hui. Allez la voir LA !

24 juin 2012

La France d'en face

A l'heure où le soleil préfère encore briller ailleurs qu'ici, Léon tond et moi, je suis en pleine addiction. Je viens de décrouvrir

La France d'en face

Et je me demande à quel étage la Cocotine's family pourrait bien s'installer.

Pas loin de Corinne Dumond, j'espère. Pour qu'elle me donne des nouvelles des States.

Amusez-vous bien et bon dimanche !

19 mars 2012

Le baratin du lundi 19 mars 2012

Vendredi soir, à l'issue de cette semaine pathétique, je me suis convoquée. Cette susceptibilité à deux balles parsemée d'accès aigüs de vanité, ça ne pouvait plus durer.

J'ai aussitôt organisé une bataille rangée entre mes états du Moi. Mon Parent Normatif en a collé plein la tête à mon Enfant Rebelle qui ne s'est évidemment pas laissé enguirlander sans se rebiffer.

Un carnage sous le chapeau.

De temps à autre, mon Parent Nourricier pointait son nez pour lancer un : "Tu vas voir, tu vas y arriver, à trouver un boulot stable, tiens le coup." mais sans succès. A chaque fois, mon Enfant Rebelle lui rétorquait : "Non, je suis foutue, je suis trop vieille, paraît-il, je déteste tout le monde, j'en ai ma claque, je n'en peux plus !"

Heureusement que mon Adulte a finalement débarqué majestueusement pour annoncer le programme du week-end :

Spécial Cloclo.

Pas la peine de me le dire deux fois. J'ai plongé dans les seventies pour ne plus en sortir pendant 48 heures. Et si Léon ne m'avait pas tiré par la manche hier soir pour voir Capital et profiter ainsi des conseils réchauffés de mon-PDPA*-bien-aimé en matière de chômage des plus de 45 ans, j'aurais fini le week-end avec Waow-je-lis-Podium tatoué sur la fesse gauche.

C'aurait été dommage, de rater un si grand moment de téloche.

Car figurez-vous qu'après avoir rabâché que les séniors écartés du marché de l'emploi devaient se former en vue de répondre aux offres qui pullulent apparemment dans les secteurs en tension, il a déclaré tout de go :

Oui, à 57 ans,

on peut apprendre un nouveau travail.

Là, j'ai perdu le contrôle et j'ai pété un ressort du club.

Léon, voyant que son patrimoine était en péril, m'a sommé de me calmer mais rien n'y a fait. J'étais dans un état d'excitation diabolique. Moi qui, jusque-là, pleurnichais volontiers à l'idée pas glop d'entrer dans l'arêne des quinqua, je vis soudainement mon avenir briller de mille feux.

Vous le croirez ou non mais j'ai passé la nuit à gratter le ukulélé de Miss Cocotine en chantant à tue-tête. Ce matin, j'ai sauté dans mon costume à paillettes, chaussé mes vernis rouges, peaufiné mon brushing, astiqué mes Ray Ban et j'ai déboulé au bureau avec la ferme intention de les harceler comme Claude François a harcelé Philips.

Vous allez voir,

je vais le sortir,

ce 45 tours.

Faut juste que je lui trouve un titre.

Et si vous m'aidiez ?

Bonne soirée à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

*PDPA : Président Du Pouvoir d'Achat

7 janvier 2012

Le baratin du samedi 7 janvier 2012

Le 1er janvier, c'est toujours l'occasion de dresser des bilans et même si j'ai fermement lutté pour ne pas succomber, cette question fatale est revenue brutalement s'imposer à moi hier matin à 10h56 :

Alors, ça fait combien de temps

que je cherche un job ?

5 ans ?

5 ans, je dis ça depuis 2 ans.

Donc, 7 ans.

Au lieu de me passionner pour le Paris Dakar, de rendre hommage à Jeanne d'Arc ou de me cultiver à midi sur TF1, voilà que je me cherchais à nouveau des poux dans la tête en essayant de comprendre pourquoi j'étais abonnée au concept aide-toi-le-ciel-te-plombera.

Pourtant, tout allait bien dans ma petite vie de lauréate-qui-se-demandait-à-quoi-pouvait-bien-servir-un-concours-de-la-FPT. Au boulot, 2012 avait démarré sur les chapeaux de roue. Après m'avoir regardé avec des yeux de cocker battu pendant deux mois en me disant "Ma pauvre, c'est bête, on n'a pas de place pour vous." en oubliant sciemment que la balle était dans son camp, le grand manitou dont je dépendais avait cependant pris soin de me rassurer avant de tout planter pour aller farcir sa dinde : "Au pire, Bidule n'est pas là le 4 janvier, vous pourrez vous installer dans ses meubles et après, comme Trucmuche doit solder ses congés, vous aurez la possibilité de déménager chez lui."

Emerveillée par cet accueil VIP qui m'était réservé depuis le 1er novembre et la future vie de nomade qui m'était si aimablement imposée, je rentrai chez moi la queue entre les jambes, mais avec l'intention, toutefois, de remettre gentiment le sujet sur la table dès le lundi suivant.

Et c'est là, que pendant la trêve des confiseurs,

ma vie d'ersatz-de-fonctionnaire a basculé.

Mes deux collègues préférés ont soudain eu pitié de moi et ensemble, nous avons planché pour transformer le bureau-de-deux en bureau-de-trois. Deux armoires ont valsé dans le couloir, les meubles ont été chamboulés et les murs poussés. Pendant que l'un s'armait de l'aspirateur, l'autre démélait les fils du téléphone, et j'attrapais un chiffon pour faire la peau aux moutons qui vivaient en toute quiétude au rez-de-chaussée des placards.

Mon dernier jour de l'année bouclé, j'ai pu ainsi rassembler tous mes trésors, à savoir ma chaise à roulettes, mon ordinateur, mon Bic, ma gomme, mon crayon à papier et mon Stabilo bleu, dans le coin qui était désormais le mien et je suis partie enterrer 2011 avec Thierry Pastor et autres consorts, ainsi que je vous l'ai déjà longuement expliqué.

Le mardi 3 janvier, vous le croirez ou non, mais j'avais un beau bureau de récup' qui m'était livré à 9h36, quasiment en même temps que celui-à-qui-j'avais-dû-rendre-la-place et celui-dont-j'aurais-aimé-avoir-le-poste débarquaient dans les lieux.

Autrement dit, un vent nouveau s'est mis à souffler sur le service et là, d'un coup, d'un seul, j'ai senti que je pourrais tirer parti de cet afflux de sang neuf.

Je faisais désormais partie du clan des anciens.

Ce qui me vaudrait probablement certains privilèges et surtout celui, non négligeable, de voir ma période de bizutage enfin terminée. Et d'ailleurs, ça n'a pas fait un pli, une paix royale s'est abattue sur mon quotidien de bureaucrate à deux balles.

Depuis, j'observe tranquillement ma petite nuée d'abeilles favorites durant 7h30, et le soir, en rentrant chez moi, je fais des heures sup pour envoyer des candidatures ailleurs, dans ces collectivités chimériques où le concours doit certainement être le sésame suprême vanté aux pauvres novices qui viennent d'aterrir sur une liste d'aptitude quelconque.

Parfois, pour me détendre et me distraire, je m'offre un saut dans l'actualité et au milieu des polémiques incessantes, j'arrive heureusement à trouver de vrais moments de réconfort.

Quoi ?

Mais non, tout n'est pas si noir, vous êtes trop pessimistes.

Allez, je vous donne un exemple pour vous remonter le moral : le parti de mon-PDPA*-bien-aimé, brieffé par ses conseillers en com', a compris qu'en temps de crise, de nombreux électeurs potentiels étaient dans la mouise et qu'il fallait donc absolument faire preuve de sobriété :

Pas de champagne aux voeux de la presse.

Vous en voulez un deuxième ? Gourmands que vous êtes. Le concurrent principal de mon-PDPA-bien-aimé, brieffé par ses conseillers en com', lui a fait sa Dalida à la une et a déclaré qu'il voulait retrouver

le rêve français.

Toutes ces bonnes nouvelles, ça m'a émue aux larmes. La France allait connaître un grand changement, inévitablement.

Plus que quatre mois à tenir.

Avril ne serait pas le mois du poisson mais celui du rose bonbon.

Avril ? Mais le 30 avril, c'est la date de la fin de mon contrat précaire, ça ?

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

*PDPA : Président Du Pouvoir d'Achat

23 décembre 2011

Le baratin du vendredi 23 décembre 2011

A deux jours de Noël, je suis dans un état d'excitation difficilement contrôlable. Figurez-vous que mon Léon a touché la-fameuse-prime-de-1000 € mise en place à grand renfort de publicité par mon-PDPA-bien-aimé.

40 €

Eblouie par tant de largesse, j'ai immédiatement décidé d'employer cette ressource inattendue pour me lancer dans un projet d'envergure. Après tout, les travaux de la maison étant bouclés, il fallait absolument que je m'invente un nouveau défi pour vivre pleinement 2012.

C'est là que j'ai eu un coup de génie.

Pour avoir récemment écarquillé les yeux devant les si voluptueux bonnets GG présentés chez Marks and Spencer, j'ai opté pour

deux nouveaux seins.

Fière de ma trouvaille, j'ai commencé à chercher un chirurgien qui accepterait de me coller vite fait bien fait des prothèses bon marché, histoire de ne pas dépasser mon faramineux bugdet.

Alors que j'étais toute légère à l'idée d'être plus lourde, celle-qui-me-dit-tout sur ce monde débile est venue plomber mon humeur joyeuse en m'annoncant froidement que 60000 seins allaient bientôt être vidés pour la bonne et simple raison que les dés étaient PIPés, leur concepteur n'étant apparemment qu'un ancien charcutier aux pratiques douteuses.

La nuit suivante, j'en ai fait des cauchemars épouvantables. J'étais en train de courir à toutes jambes avec deux andouillettes AAAAA en guise de mamelles. Derrière, un type affreux portant un long tablier blanc me menaçait avec un énorme couteau de boucher et au loin, le ministre de la santé s'époumonait et m'invectivait :

il faut garder le quintuple A !

Au petit matin, terrorisée par mes aventures nocturnes, je ne savais plus si c'était du lard ou du cochon. Lorsque je suis revenue à la raison, j'ai enfin capté qu'il fallait impérativement abandonné cette idée saugrenue de voir ma poitrine tripler de volume,

surtout en low-cost.

Privée d'un plan qui me tenait tant à coeur, j'ai commencé à bouder.

Mais lorsque j'ai entendu que cette affaire allait plomber le budget de la Sécurité Sociale de 60 millions d'euros, je me suis jetée sur le premier escalator venu - et croyez-moi, vu le bled dans lequel je suis scotchée, c'est dur d'en trouver un - et j'ai chialé

à la mode nord-coréenne.

Et puis je me suis souvenue que j'avais mes 40 € pour acheter de l'or.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

28 janvier 2012

Le baratin du samedi 28 janvier 2012

En cette matinée baignée de soleil, tout va bien. J'ai mon crachoir à portée de main et du quotidien à revendre à prix cassés.

Le tout est de savoir si je vais encore céder à cette tentation obscure de plomber l'ambiance avec mes histoires à deux balles alors que vous mourez certainement d'envie de vous enfermer dans une bulle, loin de la laideur de ce monde débile.

Qui vous jeterait la pierre ?

Franchement, la vraie vie, c'est dégoûtant.

Et nombreux sont ceux qui réclament du positif à cors et à cris. A deux pas de moi, j'en entends qui arguent d'un mais-après-tout-la-crise-moi-je-m'en-fous-je-ne-suis-pas-touché quand d'autres écrivent oh-ma-chère-ne-vous-mettez-pas-vous-aussi-à-parler-des-déshérités-on-s'en-moque-éperdument ou affirment moi-à-part-ma-femme-et-mes-enfants-j'en-ai-rien-à-carrer-des-autres et que les plus altruistes grimacent à la vue d'un SDF étalé sur un bout de carton déchiré en soupirant regarde-quand-même-ça-fait-sale.

C'est sûr, dans un tel contexte, je me dois de répondre à la demande générale de vie-rose-bonbon et mon coach en communication m'a récemment conseillé de ne plus étaler mes aventures grotesques de chercheuse-d'emploi-à-durée-indéterminée en m'assènant un ça-userait-le-plus-fidèle-des-lecteurs-ton-scénario-basé-sur-l'échec-récurrent.

Trouve de la beauté dans la banalité, m'a-t-il ordonné.

Je lui ai signé un chèque indécent pour qu'il puisse la dénicher plus vite que moi, la beauté dans la banalité, en réservant un chalet avec spa à Courchevel, et j'ai tourné les talons en bougonnant. Comment une fille comme moi qui a déménagé 21 fois et qui fait donc partie de la minorité de français qui s'escrime à chercher une vie meilleure ailleurs (7 sur 10 habitent la région où il sont nés, paraît-il), pourrait-elle réussir à voir le verre à moitié plein alors qu'il reste manifestement à moitié vide ?

Jugez vous-même. Jeudi, à 10h34, j'ai appris que l'une de mes deux candidatures récentes avait été, encore une fois, écartée du recrutement en cours.

La vraie vie, c'est dégoûtant.

Mais comme je ne suis pas rancunière et que j'ai hâte de pouvoir clamer, moi aussi, que la France peut bien couler, je ne suis pas concernée, je continue, bon an mal an, à envoyer de jolis dossiers bien ficelés à diverses collectivités.

Car là où je rafistole actuellement des chemises dans lesquelles personne n'a eu le courage de faire le ménage depuis plus de dix ans, mon chef, si drôle soit-il, me fait régulièrement comprendre à mots couverts qu'il serait ridicule d'avoir un quelconque espoir de décrocher un vrai contrat dans les murs. Du coup, il y a fort à parier que le 1er mai, je ne fêterai pas le travail mais le chômage.

La vraie vie, c'est dégoûtant.

Et comme j'ai encore un demi gramme d'amour propre survivant, j'ai failli, hier soir avant de partir, me mettre à hurler dans le couloir :

En cas d'échec,

je changerai complètement de vie,

vous n'entendrez plus parler de moi.

Remarquez, ça aurait été juste un moyen de faire mon intéressante car, au fond, je suis convaincue de ma prochaine victoire.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

14 juin 2013

Le baratin du vendredi 14 juin 2013

De cette semaine remplie de gloire et d'espoir, je sors complètement enivrée.

Jugez plutôt.

En une poignée de jours, j'ai appris avec surprise :

- que le fait d'avoir démarré ma vie trépidante de bureaucrate en 1981 dans le secteur privé me vaut aujourd'hui l'honneur de me voir attribuer une reprise de carrière dans le public de

6 ans 5 mois et 23 jours,

- et que d'ici 1 an, 6 mois et 7 jours, je serai propulsée à l'échelon supérieur de ma catégorie et donc créditée d'un point d'indice, ce qui m'apportera

4,63 € bruts de plus par mois.

Ma bonne fortune me donnerait presque le tournis.

Pas question de péter le Ruinart pour autant. Je reste concentrée sur mon objectif : attaquer la face nord de la grille indiciaire pour en voir le sommet avant mes 114 ans.

Et bûcher sur le concours de septembre, seule bouée pour éviter de végéter dix ans sans l'ombre d'une augmentation décente.

Le souci, c'est que ma vie a pris une telle tournure que me regarder le nombril est devenu mission impossible ; j'ai déjà du mal à m'épiler une jambe le jeudi et l'autre le vendredi.

Autrement dit, je n'en rame pas une.

Mon tout-en-un Foucher me suit dans tous mes déplacements intérieurs et extérieurs mais quand j'ai deux minutes pour l'ouvrir, je me mets à bailler lamentablement.

Hier soir encore, alors que j'essayais de faire rentrer l'imparfait des trois groupes et la division à étages dans les disquettes de Miss Cocotine, j'ai tenté de me plonger en même temps dans le M14.

Un fiasco.

A tel point que je doute de ma zébritude. Si je ne suis pas capable d'ingurgiter toutes les données nécessaires pour pondre la note de synthèse qui fera la différence, c'est que les tests qui m'ont désignée comme faisant partie de ce groupe étrange et minoritaire devaient être avariés.

La sagesse me pousse donc vers cette conclusion :

Pour une carrière à la Johnny, il faudra attendre une prochaine vie.

21 avril 2013

Le baratin du dimanche 21 avril 2013

0h52, un samedi d'insomnie. C'est le moment ou jamais de pointer mon museau ici pour vous raconter le 689ème épisode de ma vie chaotique.

Mercredi dernier, j'avais pris un RTT et fermement décidé de me la couler douce toute la journée. Mais, dans la vie, et surtout dans la mienne, rien ne se passe jamais vraiment comme prévu.

A quoi peut donc servir un jour off, de toute façon, si ce n'est à faire tout ce qu'on n'a pas eu le temps de faire depuis au moins 7 bonnes semaines ?

En l'occurence, je devais absolument passer au cabinet de radiologie du bled pour une échographie des voies biliaires et une radio pulmonaire. A 8h40, je débarquai donc à l'accueil à moitié endormie en ayant, accessoirement, complètement oublié qu'il fallait être à jeun pour l'examen.

Quelques minutes plus tard, le médecin, après m'avoir barbouillé le ventre de gel glacé, me lançait son diagnostic obscur : "Ca m'étonne pas que vous ayez mal, vous avez

un gros calcul

à la vésicule."

Quelques questions pertinentes plus tard, j'appris que ledit caillou, loin de fondre, voire de disparaître miraculeusement, se mettrait probablement à grossir. Lorsque que j'entendis : "Non, il faut enlever la vésicule.", j'arrêtai de déglutir et je pris un air benêt.

Puis, je me rhabillai et traversai le couloir pour passer aux rayons X. Un quart d'heure plus tard, j'apprenais qu'il y avait une tâche bizarroïde sur le cliché et qu'un scanner de contrôle serait le bienvenu.

Sur cette brillante conclusion et un chèque de 137,84 €, je suis sortie du cabinet en me répétant en boucle

ben-c'est-le-pompon.

Evidemment, pour partager ce moment fort, j'ai appelé mon-Léon qui, tout penaud, s'est fendu d'un oh-zut-alors.

Et après, à votre avis, qu'est-ce-que j'ai bien pu faire d'intelligent ?

Je suis allée sur Internet.

En deux temps trois mouvements, j'en savais tellement sur la cholécystectomie que j'aurais pu en pratiquer une moi-même, et pendant les deux jours qui ont suivi, j'ai envisagé toutes les issues possibles à ce genre de petite sauterie, y compris, et essentiellement, celle d'en sortir les pieds devant.

Prudemment, j'ai listé mes dernières volontés, histoire de refourguer mon ours en peluche 48 1/2 d'âge et ma collection inestimable de kitscheries au crochet (là, Fabrice, j'ai pensé à toi de suite).

Puis j'ai décrété héroïquement que plus vite on m'enleverait l'intrus, mieux ce serait. Jeudi soir, ma check-list pour une entrée immédiate aux NCN (Nouvelles Cliniques Nantaises) où j'ai déjà failli laisser ma peau en 2009 était bouclée.

Mais vendredi soir, alors que mon épitaphe, à savoir "Ci-gît Cocotine, qui n'a même pas été foutue de rendre sa mort plus glamour que sa vie.", allait partir chez le tagueur, mon généraliste, suprêmement agaçé par le bilan alarmiste de son confrère, m'a remis les idées en place en me conseillant de voir un gastro-entérologue avant le chirurgien, et un pneumologue avant de faire un scanner. En le quittant, je lui ai glissé un bon-ben-je-fais-pas-mon-testament-alors-? auquel il a répondu en riant : "Non, pas tout de suite".

Comme-qui-dirait, je suis en sursis.

Enfin, c'est pas nouveau.

Le drôle de zèbre que je suis

sans avoir demandé à l'être

vous souhaite une bonne nuit.

6 septembre 2011

Le baratin du mardi 6 septembre 2011

Le bol d'air dominical n'a pas suffi. Aujourd'hui, mardi, je suffoque déjà.

Il faut dire qu'hier, j'ai cherché l'embrouille. Pour préparer mon rendez-vous avec l'association déjà citée dans un précédent post et susceptible de m'aiguiller vers un emploi, je me suis obligée à dresser un bilan de mes recherches depuis mon glorieux licenciement bordelais en 2003.

Dangereux.

La simple vision de cette fabuleuse feuille Excel me déclenchant de violentes nausées et l'envie pressante de me coller la tête sous le premier oreiller venu, il m'a paru urgent de me vautrer plutôt dans le bouddhisme à deux balles enseigné par mon ex-copine et de conclure

c'est limpide,

dans ma vie précédente,

j'étais un patron du CAC 40

Et j'ai dû multiplier les coups bas parce que Mon-Bouddha-malicieux me fait maintenant payer très cher toutes ces incartades.

Très cher.

Figurez-vous que, mes deux échecs de début d'été avalés, de travers, mais avalés, j'ai envoyé une candidature pour un poste qui me plaisait beaucoup - et ça ne m'arrive pas tous les jours - dans la FPT*. Là-dessus, j'ai tout balancé sur ma pile de 27 cm de hauteur et je suis partie me terrer dans le sud en essayant oublier.

Pourtant, une fois encore, je n'ai pas pu m'empêcher de tirer des plans sur la comète en m'imaginant enfin invitée-acclamée-couronnée de lauriers dès la rentrée.

Seulement voilà. La date limite ayant été fixée au 1er septembre, plus les jours passent sans que mon téléphone ne vibre et plus je me tasse derrière mon bureau.

Et si cette opportunité me passait encore sous le nez, que me resterait-il pour m'aider à passer cet hiver 2011-2012 sans trépasser ?

Heureusement mon Pôle Emploi veille sur moi et je suis convoquée le 23 septembre pour un

Cible Emploi

le même que celui auquel j'ai bravement assisté en 2009, sauf que manifestement, mes flèches étaient biscornues ou trafiquées. Encore un coup de Bouddha, je parie.

Avec en prime, un atelier théatre animé par un comédien et des sessions image de soi, le tout concocté par mon CCAS. En espérant qu'ils tiennent M6 à bonne distance du dernier package car je n'ai pas l'intention de me laisser placarder en 4 par 3 et juste pourvue d'un attirail de base culotte-soutien-gorge sur la tour Lu.

Alors, elle n'est pas belle, ma vie ?

Quand je pense que ma Bri, inconsciente du fait que ma rue pitoyable bordée de maisonnettes et de garages souvent douteux et de poteaux électriques à la mode turque ne peut en aucun cas être confondue avec la très chic Wisteria Lane et que ma 4 CV à 3 portes n'a rien de commun avec la Maserati de Gaby, m'a taxée, par méprise, de poor desperate housewife. Et que d'autres sont venues me demander si j'avais vraiment besoin de travailler.

Perturbant. N'étais-je finalement qu'une pseudo bourge frappée d'amnésie mais inconsciente de l'être et souffrant donc

d'anosognosie ?

Et si elles décidaient de me traîner en justice pour exiger que je justifie mes jérémiades sur ma condition de MAF-dépendante-et-avide-de-retrouver-un-tant-soit-peu-d'autonomie alors que j'ai le culot, parallèlement, d'afficher mon cerisier fructueux, mon escalier luxueux et mes voyages fastueux, ce qui leur donne apparemment instanément le besoin de jauger mon compte en banque ?

Je demanderais à mes avocats de me représenter et je continuerais, l'air de rien, et avec les encouragements de Brigitte au moins, à venir témoigner ici de ma ténacité à ne pas vouloir finir dans la grande pauvreté au cas où un accident de la vie me tomberait sur le paletot.

Après tout, ce matin, à l'assos', j'ai reçu cette phrase qui se voulait réconfortante et qui fait vivoter mon désir de partager :

vous n'êtes pas la seule

Evidemment et malheureusement.

*Fonction Publique Territoriale

19 avril 2011

Une belle rencontre

Ces derniers jours, l'énorme victime que je suis a eu cette chance invraisemblable de tomber sur une Bri Vandekamp fermement décidée à, selon ses dires, me faire prendre du recul par rapport à ce que j'écris ici et secouer un peu la fourmillière.

Comme quoi, la blogosphère regorge de trésors !

Là où elle m'a profondément déçue, c'est qu'elle est venue sans son panier de muffins tout chauds.

Enfin, grâce à elle, I'll never be the same, c'est certain.

Bref, je faisais à peine surface après cette partie de catch acharnée quand j'ai reçu un mot doux :

"Bonjour,
 
Nous avons été très sensibles à l’intérêt que vous avez témoigné à notre société et vous en remercions.
 
Après étude des éléments que vous nous avez transmis et malgré la qualité de votre candidature, nous vous informons que nous ne donnerons pas de suite favorable à votre demande.
 
Nous vous souhaitons un rapide succès dans vos recherches,
Et vous prions de croire à l’expression de nos salutations distinguées.
 
Le Responsable"

Bri Vandekamp, les recruteurs sont trop méchants, reviens, j'ai besoin d'une bonne dose de fiel pour me requinquer !

25 août 2011

Le baratin du jeudi 25 août 2011

Quasi certaine que ma liste des réjouissances à affronter à la rentrée était exhaustive, j'ai pensé, ce matin, qu'il serait de bon ton de lui adjoindre quelques bonnes résolutions.

Oui, pour moi, l'année commence en septembre. C'est mon côté ado atardée, accentué par les Converse. Un coup à prendre en pleine poire un ma-chérie-mais-ça-va-pas-du-tout de Cristina Cordula.

La première idée qui me vînt à l'esprit, en entendant la pluie s'abattre sur mes Vélux, c'était :

ne plus jamais croire que l'été va arriver un jour

En effet, depuis bientôt six ans que j'étais coincée en Bretagne sud, voire en Vendée nord - nul ne le saurait jamais - j'avais eu maintes fois l'occasion de vérifier que du printemps, on enchaînait directement et sans ménagement sur l'automne.

J'en étais là dans mes réflexions profondes quand celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile se mit soudainement à brayer que c'était plié,

un plan d'austérité venait de s'écraser sur la France.

Comment, dans mon baratin de mardi, avais-je pu oublier ce détail si croustillant ?

Ma faute était impardonnable.

Il faut dire que depuis que certains nantis français, dans un élan d'altruisme sans pareil, avaient annoncé qu'ils souhaitaient mordicus participer à l'effort national, j'avais lâché tout cynisme et décidé, dans la foulée, de n'être plus qu'amour.

La vie était vraiment beautiful, nom d'un chien.

Cependant, l'affaire avait l'air de se corser. Avide de savoir à quelle sauce le français moyen allait encore être griognoté, je tendis l'oreille vers notre ministre du budget qui, en deux temps trois mouvements, me rassura sur l'équité du plan de rigueur.

Les riches allaient bien mettre la main à la poche. Un peu. Quant aux autres,

privés de sodas.

La douche froide. Pas pour moi qui déteste cordialement tout ce qui ravage une pièce de monnaie en moins d'un quart d'heure, mais pour l'image d'Uma.

Ben oui.

Imaginez un peu que le type en sueur qui l'interviewe colle à cette nouvelle réalité :

And you, would you... have some Schwe...

just me... and you ?

I'm sorry, Uma, but you mean tax, right ?

Honnêtement, moi, je crois que les français peuvent s'estimer heureux car quand un auditeur a téléphoné en demandant pourquoi le train de vie de l'Etat n'était pas remis en cause et le salaire de mon-PDPA-bien-aimé diminué, notre ministre du budget a rétorqué que s'il avait été décidé de réduire la rémunération des français, comme l'avaient fait certains pays d'Europe, là, le gouvernement, grand seigneur, aurait fait un geste.

Comme-qui-dirait, on a eu chaud.

Enfin, moi, je dis ça, je dis rien.

Après tout, en tant que demandeuse-d'emploi-de-longue-durée-totalement-épanouie-par-cet-été-torride-de-deux-jours, je m'en battrais l'oeil, d'une éventuelle réduction de salaire.

Vous savez quoi ?

L'avantage de l'abandon du baratin du lundi matin, c'est que désormais, je peux baratiner deux ou même trois fois par semaine et ce bonheur incommensurable qui va nous être inssuflé jusqu'en avril 2012 risque fort de m'inspirer.

Fichtre, il est bien trop tôt pour boire de l'acool, mais, ce soir, à coup sûr, je lève mon verre à la réussite de ce plan anti-déficit.

Quoi ?

Le vin et le rhum restent des niches fiscales !

Bonne journée à tous.

18 juin 2011

Partage des tâches

Cette semaine, prenant comme prétexte la transformation radicale de mon bureau, j'ai sournoisement repoussé la corvée Leclerc-Horizon-Vert-la-ferme jusqu'à ce que j'en arrive à ce triste constat d'un vendredi soir sans éclat :

Y'a plus rien dans le frigo, c'est ballot.

N'écoutant que son courage, mon Léon m'a immédiatement susurré un j'irai-demain-moi tout mielleux qui m'a d'abord ébouie, puis épatée, puis inquiétée.

Allait-il seulement se rappeler du chemin ?

En homme d'honneur, il a tenu parole et ce matin, pendant que j'émergeais d'un sommeil artificiellement plombé par mes-5-gouttes-du-soir, il s'est lavé, habillé, peigné puis m'a réclamé une liste. Pour éviter tout malentendu, je me suis abstenue de lui envoyer un débrouille-toi trop permissif et j'ai obtempéré en notant, à sa demande, les marques, les prix au kilo et les commentaires ad hoc. Fier comme Artaban, il a ensuite trouvé opportun de lancer un bon-j'y-vais tellement triomphal que je me suis vue obligée de le ramener à la raison avec un t'as-oublié-les-sacs monstrueusement ironique.

C'est comme ça que, dûment affublé de mes cabas La Marelle, mon Léon a finalement quitté la maison à 10h22.

L'heure a tourné.

Tout en buvant tranquillement mon thé, puis en me brossant méthodiquement les dents, puis en lustrant soigneusement les robinets, puis en plongeant courageusement dans les toilettes, puis en faisant consciencieusement cuire du riz pour midi, j'imaginais mon Léon errant de têtes de gondoles en rayons et me demandais comment cette escapade improbable pouvait bien se dérouler.

Pendant ce temps, la petite aiguille trottait comme une folle.

A 12h14 précises, j'ai commencé à avoir la puce à l'oreille et brusquement, tel Thomas Pitt*, j'ai eu cette lueur de génie : mon Léon ne m'avait pas proposé d'aller faire les courses par pur dévouement,

il avait une idée derrière la tête.

Quand il a enfin déboulé avec ses commisions, c'est sans surprise que j'ai constaté qu'au milieu des yaourts et des pâtes trônaient

une majestueuse pompe à vélo

et son équivalent en modèle réduit

ainsi qu'un démonte pneu du vert pomme le plus pur.

Vous savez quoi ?

Léon le garçon, je l'adore !

* héros des romans policiers d'Anne Perry que je dévore actuellement sur les conseils avisés de Makanai.

17 mai 2011

Le baratin du mardi 17 juin 2011

Avant d'entrer dans la fosse aux lions, j'avais sagement pris conseil auprès de mon-toubib-préféré : "Je vais passer 5 nuits dans une boulangerie, je fais quoi ?". Sûr de lui, il m'avait rétorqué : "Si vous travaillez, vous arrêtez.", misant apparemment tout sur le dicton  "Le travail, c'est la santé."

Disciplinée, j'ai donc cessé d'avaler mes-5-gouttes-magiques, persuadée qu'effectivement, ce n'était pas le moment de dormir comme un plomb quand mon-innommable-réveil-Nature-et-Découverte se mettrait à cuicuiter à 3 heures du matin.

Oui, mais voilà. Cette interruption de traitement m'a certes permis de décaniller pour multiplier les pains sans encombre mais elle m'a, en revanche, déclenché des hallucinations terrifiantes et des troubles de perception déconcertants.

Jugez vous-mêmes.

Dimanche matin, alors qu'à 7h23, j'ouvrais mon Mac pour vous faire part de mes états d'âme, je suis tombée sur une page Orange qui annoncait l'arrestation de celui-qui-devait-bientôt-rentrer-au-pays-pour-nous-sauver. Mon coeur s'est mis à palpiter, mes yeux sont sortis de la tête et mes jambes ont flageolé. Consciente que mon sevrage pouvait occasionner des périodes d'égarement, j'ai filé sur le site du Monde, puis sur celui de Libération et enfin sur Rue 89. Partout, c'était le même refrain. Il était question d'une sombre affaire de moeurs que, prude comme je suis, je n'oserai jamais vous dévoiler ici.

Immédiatement, j'ai ingurgité 1 litre et demi de tisane d'aubépine pour me calmer.

Mais dans les heures qui ont suivi, mon malaise s'est amplifié. Chez Bruce, chez Yves ou chez David, tout le monde ne parlait plus que de lui. Je divaguais, le voyant sortir d'un commissariat de Harlem, menotté et encadré de cinq policiers, le tout bombardé par les flashes du monde entier. La presse internationale s'en pourléchait les babines et sortait des titres plus pervers les uns que les autres.

Pour tenter de sortir de cette fièvre galopante, je me suis jetée dans une baignoire d'eau bien fraîche. Sans succès. J'ai ensuite vu défiler tous les grands de l'hexagone, certains franchement pâlichons, d'autres dissimulant leur jubilation. Tout s'emmêlait dans mon imagination et les mots les plus violents s'entrechoquaient : complot, carrière brisée, justice, griffures, chaud lapin, séisme, présomption d'innocence, victime, séducteur, défense, ADN, 70 ans de prison.

Là, j'ai décidé de me coller un sac de glaçons sur le crâne. Ca ne pouvait plus durer. A coup sûr, mon Léon allait me faire interner et me coller sous tutelle.

Mais rien ne m'a apaisée et mon delirium tremens s'est accentué. Je me suis retrouvée en plein tribunal pénal avec une juge américaine qui l'interrogeait et qui décidait de l'enfermer dans une prison dangereuse et surpeuplée flanquée sur une île, pendant que ses deux avocats remballaient leur caution d'un million.

Là, j'ai commencé à douter.

Et si c'était vrai ?

Ce serait monstrueux.

Et si c'était faux ?

Ce serait crapuleux.

Transpirant à grosses gouttes et incapable de croire pareilles horreurs, j'ai fini à genoux pour implorer le ciel de larguer Jack Bauer, Derrick, le commissaire Moulin, the mentalist et Maigret afin de connaître enfin la vérité.

Ce matin, après une nuit bourrée de cauchemars épouvantables où la-fille-de essayait d'égorger mon PDPA-bien-aimé sur le toit de l'Elysée et où vêtue d'une combinaison orange, je jetais dans une urne un bulletin estampillé UMP, mon état s'était fortement aggravé.

Et là, au lieu des héros sus-nommés, c'est Papy Pale et Mamy Marisa que j'ai vu débouler.

Vous ne devinerez jamais ce qu'ils m'ont annoncé.

Un bébé à l'Elysée.

Exténuée, je me suis couchée en attendant les infirmiers.

Vous ne pensez pas que je devrais vite fait bien fait reprendre mes-5-gouttes-du-soir ?

26 avril 2011

Le baratin du mardi 26 avril 2011

Franchement, ce soir, j'ai beaucoup hésité entre pleurer devant Tchernobyl forever et venir jouer la martyre sur mon blog. Lâche, comme d'habitude, j'ai opté pour l'exercice le moins douloureux.

Car je dois avouer que depuis que, de manière bien trop impulsive, j'ai envoyé paître ma Bri et son fouet, je ne suis plus que l'ombre de moi-même.

Elle me manque.

Bien sûr, vous êtes là, et je loue chaque jour votre sympathie... mais il faut bien reconnaître que vous êtes un peu trop conciliant(e)s, trop aimables, trop indulgent(e)s, trop poli(e)s. Elle, bon sang de bois, elle avait du chien et on pouvait compter sur elle pour nous coller une ambiance du diable.

Incontestablement, il y aura un avant et un après Bri dans ma vie de blogueuse éperdue.

Honnêtement, avant qu'elle ne débarque dans ma vie comme une tornade, je ne m'étais jamais posé cette question pourtant essentielle :

Mais quelle mouche m'a piquée

d'appeler l'homme "l'homme" ?

Décidément, ma Bri me poussait dans mes retranchements et des années de divan ne suffiraient sans doute pas à décortiquer le pourquoi d'un tel choix.

Après tout, si ce nom somme toute commun la défrisait, il fallait que je m'attelle à la tâche et que je trouve quelque chose qui soit à la hauteur de ses attentes. C'est là que, consternée, j'ai vu les limites de ma créativité :

  • mon mari... beurk, trop conventionnel,
  • mon conjoint... ouh la la, trop formel,
  • mon époux... mille fois pire, trop prout-prout,
  • mon Chéri... ah non, ça me rappelle Sheila, Patrick mon chéri, ça va pas être possible,
  • mon ange... ben voyons, il ne le mérite pas,
  • mon amour... ça, c'est réservé pour les grands jours,
  • ma moitié... ben ça, ça serait le pompon,

et puis beaucoup trop possessif, tout ça... euh... euh...

  • Loulou... non, je deviendrais Chouchou, j'y perdrais mon identité,
  • Robert... bof, ça ferait de moi Raymonde, trop Bidochon,
  • l'extra-terrestre... pile poil le profil, mais trop long,
  • Cocotin, c'est déjà pris...

A court d'idées, je me suis précipitée sur Wikitruc et j'ai lu attentivement :

Un mari est un homme uni à une autre personne par le mariage. On utilise aussi le synonyme d'époux. Le nom vient du latin maritus qui signifie nuptial, ou selon certains, vient du grec, mar qui signifie maître.

  • mon maître... faut pas pousser, déjà que je me sens emburkanée, des clous.

Là, la colère a commencé à monter en moi.

J'avais déjà une foultitude de soucis,

ma Bri venait d'en ajouter un de plus à la liste.

J'en étais là, à ronchonner, quand j'ai regardé l'heure.

Non ! C'est pas possible. 20h00. Mais il est où encore ?

Plus de nouvelles de lui...

plus de nouvelles d'elle... qui, audacieusement, lui a envoyé des bises ici même...

Louche, l'affaire devenait infiniment louche.

Il se serait pas barré avec ma Bri quand même, mon mari, mon conjoint, mon époux, mon Chéri, mon ange, mon amour, ma moitié, Loulou, Robert, l'extra-terrestre, Cocotin (ah tant pis, le levain s'en remettra, lui), mon maître ?

Eh, Léon, reviens !

Tiens Léon... C'est pas mal, Léon...

22 avril 2011

Sur les chapeaux de roue

L'une de vous, et je l'en remercie chaudement, m'a conseillé d'aller voir du côté de la Direction Régionale des Finances Publiques si par hasard, ils n'embauchaient pas des vacataires.

A 8h32, ni une ni deux, je décide d'exploiter l'information. Après tout, c'est pas tous les jours que mon réseau secret me refile des tuyaux. Je farfouille sur le Net et trouve leur numéro :

- Bonjour, j'aimerais savoir si vous recrutez des vacataires actuellement ?

- Oui mais faut passer par Pôle Emploi, le numéro de l'offre c'est 611662A.

Je me précipite sur ledit site et tapote le fameux code. Une fenêtre amicale s'ouvre :

L'offre 611662A est suspendue (recrutement en cours).

Je rappelle le type pour tenter la corruption de fonctionnaire :

- L'offre est suspendue sur Pôle Emploi. Est-ce possible de vous envoyer mon dossier directement ?

- Je veux bien mais vous savez, il y a déjà 120 personnes avant vous. J'ai 120 candidatures sur mon bureau. Alors je vous mettrai sous la pile.

- 120 candidatures... de Pôle Emploi ?

- Non, 120 candidatures spontanées. On est obligé de passer par Pôle Emploi et ce qu'ils vont m'envoyer, ce sera en plus. Vous voyez un peu ?

- Oh ça, pour voir, je vois. Bon, je vais quand même tenter ma chance.

- Oui, je vous donne mon mail mais je ne peux rien vous promettre.

- OK, je comprends, Je vous remercie pour votre accueil en tout cas.

J'ai préparé mon dossier en le prévenant :

Ne t'inquiète pas, tu seras maltraité, tu vas te retrouver écrabouillé sous un tas de 120 candidatures. Et estime-toi heureux car si le gars fait deux piles, une de spontanées et une de Pôle Emploi, car s'il n'en fait qu'une, je ne donne pas cher de ta peau.

Il a fait le beau et m'a répondu héroïquement : J'y vais !

J'ai cliqué sur "Envoyer"... et JE SUIS ALLEE CHEZ LE COIFFEUR !

18 avril 2011

Le baratin du lundi 18 avril 2011

Toute bousculade mérite explications.

En venant vous raconter mes déboires pour retrouver un job malgré mes tares, je n'ai pas d'autre but que de retracer ce qui se passe vraiment sur le terrain, loin des manipulations d'un gouvernement ou des racontars de médias qui ne songent qu'à amasser de l'argent en vendant des balivernes. Néanmoins, je n'ai jamais prétendu détenir la vérité et mon expérience ne vaut que pour ce qu'elle est : une expérience.

Comme tout le monde, j'ai été façonnée par une histoire familiale, un parcours professionnel, des amours, quelques amitiés et ce que je suis aujourd'hui résultent des rencontres qui ont marqué ma vie.

J'ai appris à écouter les autres et je tente de les regarder sans les juger, ce qui n'est pas toujours évident mais qui est, à mes yeux, essentiel pour évoluer vers un respect d'autrui absolument indispensable à toute vie en communauté.

Pour autant, je pourrais enchaîner en vous chantant "A nos actes manqués" de Jean-Jacques Goldman. Autrement dit, je ne suis pas parfaite et malgré mes efforts, je suis certainement bourrée de paradoxes.

Si le passant vient chercher ici du lisse, du sans âme, du politiquement correct, il sera probablement déçu.

Je suis comme je suis.

Une chose est sure : celle ou celui qui n'est pas satisfait est libre de quitter les lieux sur le champ. Rien n'est plus inutile que de se faire du mal.

Contrairement à ce que certaines pensent, aucun job ne me paraît dégradant. Je parle juste du fait que le gouvernement a eu cette idée lumineuse, il y a déjà quelques années, de résoudre le problème du chômage et exigeant des personnes privées d'emploi qu'elles se reconvertissent dans les métiers en demande. Effectivement, sur le papier, ça peut paraître génial et on se demande même comment ceux qui se sont succédés au pouvoir depuis des décennies n'y avaient jamais songé.

En réalité, c'est une aberration parce que tout est beaucoup plus compliqué dans la vie réelle que dans un beau discours rempli de sornettes distillées en vue d'une campagne présidentielle.

Quand on sort d'un univers de bureaux et qu'on se trouve face à quelqu'un qui nous demande si la soudure, on y a déjà pensé, on croit cauchemarder. N'y voyez là aucun jugement de valeur. Les soudeurs et soudeuses ont toute ma sympathie et leur travail est bien aussi utile que les autres. Simplement, un changement de secteur aussi radical n'est pas toujours facile à envisager.

Ainsi, dans la liste des métiers en demande, on en trouve beaucoup qui sont très techniques comme chaudronnier, tourneur-fraiseur, enduiseur-façadier, chauffagiste, plombier, tailleur de pierre, technicien agricole, carreleur qui, pour une fille comme moi, qui a 47 ans, fait 54 kilos et a une carte de fidélité chez le kiné, paraissent assez inacessibles.

Pourtant, j'ai compris depuis plusieurs mois déjà, que, dans mon secteur, à savoir la gestion administrative et commerciale, export ou non, j'étais foutue. D'abord parce qu'ici, le bassin d'emploi est très industriel et que les sièges de grosses boites ne sont pas légion et d'autre part, parce que même s'il y a de temps à autre un poste épatant qui correspond exactement à ce que j'ai fait qui est à pourvoir, les employeurs ne miseront pas un kopeck sur quelqu'un de mon âge qui a arrêté de travailler pour suivre son mari et ensuite élevé sa fille.

Sans compter ceux qui sont des virtuoses du recours aux contrats aidés dans le but de débourser le moins possible, ce qui pénalisent les demandeurs d'emploi expérimentés.

C'est un constat, pas une supputation. Dans les boites d'intérim de Nantes, on m'a dit très clairement que quand les clients paient cher pour trouver le mouton à cinq pattes, les candidatures comme la mienne sont écartées d'office. De l'opérationnel, c'est ça qu'ils exigent. Et l'opérationnel, de leur point de vue, c'est ni plus ni moins des gens qui sont déjà en poste ou ceux qui viennent juste d'en quitter un.

Je parle ici des secteurs saturés comme le mien et bien évidemment pas des secteurs ou le rapport de forces est inversé et où les employeurs sont nettement moins exigeants, voire carrément aux abois. Quand on voit arriver sur son bureau 400 candidatures pour un poste, il n'y a plus aucune limite à choisir la couleur des yeux de son-candidat-idéal.

Pour avoir envoyé de multiples dossiers sans jamais avoir reçu aucune réponse, je peux rétorquer à ceux qui oseraient me dire que je suis négative ou que c'est dans mon esprit que les employeurs français embauchent entre 30 et 40 ans ou pire, que les femmes qui ont lâché leur poste pour rester à la maison un temps sont bien accueillies sur le marché du travail, que je suis saturée d'entendre des absurdités.

Le marché du travail est une jungle et il vaut mieux, de nos jours, avoir des relations haut placées pour s'en sortir.

Ce que je n'ai pas.

Je renvoie ceux qui passeraient par là et qui creveraient d'envie de me juger de lire d'abord ICI tout ce que j'ai raconté depuis le 12 septembre 2008 concernant ma recherche d'emploi sur Nantes, ville si souvent décrite par la presse comme idyllique.

Loin de moi l'idée de me faire plaindre mais plutôt de témoigner, ainsi que je l'ai dit au début de ce post.

Pour le coup, on pourra dire qu'aujourdh'ui, les 5 gouttes ne m'auront pas donné envie de faire la sieste mais plutôt de m'indigner.

Ma conclusion : Il est toujours beaucoup plus facile de sortir sa liste d'ifoyaka que d'écouter l'autre.

10 avril 2011

Le baratin du dimanche 10 avril 2011

Mais qu'est-ce qu'elle mijote, la Cocotine ? Si telle est la question que vous vous posez en boucle depuis ce jour funeste où j'ai annoncé que je boudais et que désormais, il n'était plus question de baratiner le lundi matin, alors voici la réponse :


elle se morfond.


Engluée dans mes soucis qui ne valent pas un clou comparé à ceux des japonais, des lybiens, des ivoiriens, des tunisiens, des coréens du nord, des haïtiens, et j'en oublie certainement, j'ai cédé aux directives de mon médecin et depuis trois semaines, je prends tous les soirs mes cinq gouttes de Laroxyl.


Certes, la potion soi-disant magique de Roche, qui s'avèrera peut-être diabolique dans quelques années lorsque l'Afssaps aura à nouveau l'idée lumineuse d'effrayer et d'embrouiller la population avec une liste de médicaments dûment estampillés d'une AMM mais noyés dans un bouillon de doutes, a la vertu de me donner envie de dormir plutôt que de ruminer mais elle n’a pas apaisé la colère sourde qui gronde en moi.

 

Autant vous dire que la question « Comment j’ai bien pu faire pour en arriver là ? » revient volontiers me tarauder entre deux siestes. Oui, comment j’ai bien pu faire pour m’entendre dire aujourd’hui par mon médecin : « Vous allez droit dans le mur, il faut en passer par là. »

 

Par là ?

 

Par un traitement.

 

Aucun doute, depuis que j'ai remis mon destin entre les mains de "la biochimie dont les effets reposent sur une diminution du recaptage présynaptique de la noradrénaline et de la sérotonine, facilitant ainsi la transmission synaptique", je suis comme-qui-dirait sur le bon chemin.

 

Tu parles.

 

Même assommée par la molécule, je pourrais convaincre qui voudrait bien m'écouter que je ne suis pas dépressive.

 

J'en ai juste ras-la-casquette.

 

Ras-la-casquette d'être MAF sans l'avoir désiré et du coup chômeuse-de-longue-durée sans l'avoir mérité. Le tout noyée dans une solitude digne de l'ermite le plus retiré du monde.

 

Ecoeurée de me battre contre des moulins à vent, dégoûtée de subir le manque d'écoute et de compassion de l'homme, fatiguée d'être responsable en chef de la gestion d'un quotidien auquel je trouve très peu d'intérêt.

 

A écouter Eliette Abecassis ou Stéphanie Allénou, je me demande aujourd'hui si je ne serais pas en dépression post partum ou en plein burn out. Après tout, pourquoi n'aurais-je pas le droit, moi aussi, d'avoir mon baby blues et de l'étirer au moins aussi longtemps que j'ai attendu ma fille, à savoir 11 ans ? Et n'ai-je pas bien des raisons de cramer d'ennui et d'amertume après 5 ans à jouer à la parfaite petite MAF tout en m'épuisant en recherche d'emploi infructueuse et dévastatrice ?

 

Les beaux yeux de ma fille ont beau me chauffer le coeur, il n'en demeure pas moins que certains jours de caprices, elle me court gravement sur le haricot. Et quand on quitte la maison de 7h à 19h30, on a beaucoup moins besoin de disserter sur la privation de liberté que quand on reste scotchée entre la gamme complète de l'Arbre Vert et l'épopée Leclerc-Picard-la-ferme en veillant à être au garde à vous à midi et à 16h30.

 

Pour autant, il m'est interdit de râler, de pester, de ronchonner, de bougonner, de protester - ce en quoi j'excelle pourtant - sous peine de me voir immédiatement taxée d'un typiquement masculin "Toutes façons, t'es jamais contente." ou d'un trop facile "Ca ne peut plus durer, va voir quelqu'un.". Parfaite, je dois l'être sans faille et surtout sans bruit. Ad vitam eternam.

 

Sauf que.

 

Je n'ai plus du tout envie d'être parfaite.

 

J'ai envie de pèter les plombs. J'ai envie de concerts, de cinéma, de rires, de théatre, de copains, de restaurants, de voyages. J'ai envie de discuter, de partager, de vivre.

 

Et accessoirement de travailler pour avoir un salaire nécessaire.

 

Alors c'est sûr, quand on en est à revendiquer des choses aussi grotesques, la camisole chimique s'impose.

21 mars 2011

Demain sera parfait

De cette 11ème semaine de l'an 2011, je sors submergée de mots et d'émotions.

Apocalypse, plutonium, millisievert, séisme, zone de confinement, survivant, césium 137, tsunami, catastrophe, fissure, strontium, tension, explosion, miraculé, dose maximale de radioactivité, iode 131, samouraï de l'atome, mauvais film.

De quoi investir dans un répertoire.

Entre ceux qui se sont mis à hurler qu'ils l'avaient prédit et les autres qui clamaient haut et fort que tout ça n'était qu'un incident mineur, il fallait parvenir coûte que coûte à trouver la vérité. Ballotée par des images terrifiantes et malmenée par des reportages atroces, je n'ai pourtant pas réussi à faire un tri qui me satisfasse pleinement.

Et la faute à qui ?

La faute à Françoise et Guilaine qui sont venues, jeudi soir, me conter l'histoire de Tchernobyl, épisode tragique dont j'avais oublié certains détails croustillants. A regarder ces liquidateurs donner leurs vies pour sauver la moitié de l'Europe, je suis restée pétrifiée, tout comme je n'allais pas tarder à être horrifiée par le bricolage opéré à Fukushima pour éviter le pire.

Certains avaient beau prendre un air docte pour me bourrer le mou sur tous les plateaux en vogue, comment aurais-je pu être assez-cruche pour ne pas voir que même les plus érudits en la matière étaient incapables de maîtriser la situation, à tel point qu'un empereur choisisse de s'en remettre à la prière.

Pendant ce temps, le prix d'un Tokyo-Paris s'envolait, les bourses dégringolaient et quelques français anxieux, de cachets d'idode, se bourraient.

Monde étrange.

Monde étrange dans lequel une info en écrase une autre à chaque seconde. Ce matin, j'apprenais que 55,63% des français se moquaient éperdumment de leurs conseillers généraux et que mon PDPA-bien-aimé avait enfin trouvé des fans, mais de l'autre côté de la Méditerranée.

Bizarrement, au milieu de ce marasme,

le mot ESPOIR avait le culot d'apparaître ça et là.

Pour toutes les victimes,

je souhaite que ce ne soit pas en vain.

Bonne semaine à tous.

14 mars 2011

Coluche, si tu voyais ça

A l'issue de cette 10ème semaine de 2011, j'aurais pu facilement tomber dans l'amertume, voire le cynisme, en constatant que le procès de notre ancien président était habilement reporté, donnant ainsi l'occasion à la gueuse-de-base que je suis d'apprendre que la très glamour QPC était à la disposition du citoyen lambda, que le 8 mars avait été une fois encore l'occasion de mettre en exergue le brio avec lequel la majorité des hommes esquivait la Scotch Brite ou que les enfoirés fêtaient tristement leurs 25 ans d'existence malgré toutes les promesses de mon PDPA-bien-aimé.

Vous me connaissez, je me suis contrôlée.

Dédaignant le pessimisme ambiant du début de semaine, je suis, par un heureux hasard, tombée sur les employés de John Lewis qui ovationnaient leur patron, lequel venait de leur annoncer que les bénéfices engrangés seraient partagés et qu'ils bénéficieraient donc chacun d'un bonus de 9 semaines de paie.

Cet élan de générosité m'a tellement enthousiasmée que j'ai décidé de ne plus me pencher désormais que sur la bonté de ce monde.

Quoi ?

Vous êtes sceptiques ?

Très bien, puisque qu'il en est ainsi, je vais derechef vous prouver ma bonne volonté.

Pour me mettre en appétit, j'ai littéralement bu les paroles de notre Ministre des économies concernant l'odieuse augmentation de mon plein d'essence et mis immédiatement en pratique ses conseils terriblement positifs :

- pointer son nez sur prix-carburant.gouv.fr pour dénicher la station service la moins chère des environs, quitte à tuer 20 kms pour gagner 3 centimes,

- faire du gonflage de ses quatre pneus une véritable obsession,

- réfléchir intensément à sa manière de conduire et arrêter de s'identifier à Prost,

- et enfin, chose à laquelle personne n'avait vraiment pas songé auparavant, couper le contact quand on n'a plus besoin de son véhicule.

Eh bien, vous le croirez ou non, essayer d'être la plus maligne possible, ça m'a galvanisé.

Là-dessus et toujours dans l'optique de voir la vie de l'hexagone en rose criard, j'ai sorti mon calepin et pris des notes sur le savoir-faire incontestable de DSK en matière de cuisson de steak et sur sa manière économe et futée de défroisser un costume en faisant couler l'eau chaude pendant une demi-heure.

Finalement, sa vie intime si étrangement proche de la mienne, associée au dernier sondage qui le plaçait à nouveau en tête de la course à la présidence ne pouvaient que me rassurer sur l'avenir du pays. Un homme comme ça, bourré d'astuces et de simplicité, correspondait en tous points au Messie que chaque français avide de justice attendait.

En quelque sorte, la France était sauvée.

Pétulante et radieuse, j'ai achevé ma semaine en braillant à tout-va :

On demande pas la lune...

Bonne semaine à tous !

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