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Le petit monde de Cocotine
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19 juin 2012

Le baratin du mardi 19 juin 2012

David Pujadas a changé ma vie le 14 mai 2012.

Non pas qu'il m'ait convié à déjeuner et proposé le job mirobolant qui aurait miraculeusement eu pour conséquence que je me voie plus belle dans les yeux de mon père, qui, de toute façon, ne me regarde plus depuis belle lurette.

Mais plutôt que ce jour-là, j'ai entrepris de me lancer dans des fouilles profondes et que, des Tribulations d'un petit zèbre à Talent différent en passant par Zébrattitude et le site de Jeanne Siaud-Facchin j'ai découvert petit à petit que j'avais tout un tas de clones un peu partout et que donc, je n'étais pas aussi cinglée que ma propre mère aimait à le le sous-entendre un peu trop régulièrement.

Bref (comme-dit-le-gars-à-la-télé), j'ai décidé, très humblement, de venir faire ici mon

coming out.

Car je suis, paraît-il et après moult tests effectués quand j'étais enfant et lors des mes recherches d'emploi, ce que les experts en la matière appellent une surdouée-douée-HP-à-haut-potentiel-HPI-HQI-APIE-HN-surefficient-mental.

Annoncé comme ça, ça fait peur, j'en suis bien consciente.

Ca pourrait même en pousser certains moins méchants qu'ignorants à hausser les épaules en me claquant la page d'accueil au nez d'un mais-quelle-crâneuse-celle-là.

Ils se fourvoieraient totalement. D'ailleurs, comment, après 9 mois passés à crever d'ennui dans le coin d'un bureau insipide de la collectivité la moins glamour de tout le double-four, je pourrais oser venir ici parader avec mon QI ventripotent ?

A ces termes ridicules qui n'ont finalement absolument aucun sens à mes yeux, je préfère amplement celui de

drôle de zèbre,

et je me retrouve étrangement dans cette description délicatement posée sur Zébrattitude.

Vous le croirez ou non, mais de me voir disséquée comme ça, blanc sur noir, ça m'aurait presque fait filer.

Pour autant, pas question de vous bourrer le mou avec cette histoire à deux balles puisque d'autres expliquent tout ça bien mieux que moi. Si le sujet vous titille ou vous passionne, vous pouvez aller vous balader sur les sites indiqués et dans le tag "Zébritude" que je viens de créer pour y jeter, de temps à autre, quelques posts sur mon cheminement.

En espérant que zébritude et zénitude iront enfin de pair.

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4 juin 2012

Le baratin du lundi 4 juin 2012

La méthode Scarlett a ses limites. Je le sais pertinnement mais ça ne m'empêche pas la pratiquer à outrance par pure survie mentale. Le souci, c'est qu'à force de tout remettre au lendemain, le jour tant redouté finit par pointer son nez sans que j'y sois le moins du monde préparée.

C'est exactement ce qui m'est arrivé jeudi dernier.

Léon en était alors à son troisième banquet d'adieu, son deuxième pot de on-t'oubliera-jamais, ramenait des cartes géantes remplies de sans-toi-la-vie-ne-sera-plus-jamais-la-même et des cadeaux douteux qui, même s'ils avaient été offerts avec le coeur, iraient probablement échouer sur le Bon Coin dès les blessures de la rupture pansées.

Comment vous dire ?

Le dommage collatéral de la carrière de Léon que je représente depuis bientôt deux décennies maintenant a d'abord applaudi bravement puis, exténuée par le trio infernal qui dirige de manière si malsaine le service où je crame d'ennui depuis 7 mois que j'en ai l'envie de vendre des informations à Zoé Sheppard pour le tome deux, j'ai fini par repenser à cette publicité de Chanel où les filles ouvraient les fenêtres les unes après les autres pour hurler

égoïste !

Là, au lieu d'aller me coller sous la couette comme me l'avait sagement conseillé Zoé, je me suis jetée à corps perdu dans l'élaboration d'un plan de vengeance du genre divorce-express-via-Internet et inscription-immédiate-sur-tous-les-sites-de-rencontres-existants. Et portée par ma-colère-mauvaise-conseillère - je la fais direct au cas où quelque altruiste aurait la volonté de me l'envoyer dans les dents - j'ai attrapé ma plus belle encre rose pour lister les côtés positifs que la prochaine disparition de Léon allaient entraîner dans ma vie :

- plus de poils dans la baignoire,
- une lanterne plus chic,
- des nuits paisibles sans ronflements terrifiants,
- les pleins pouvoirs sur la télécommande,
- et 4 kilos en moins.

D'un coup, d'un seul, ça m'a détendue et convaincue que, moi aussi, j'allais vivre pleinement

ma vie d'égocentrique. 

Et c'est à ce moment béni que les FACH ou Ferventes Admiratrices de la Charentaise Hyperactive (Chouchenn étant l'activiste la plus dangereuse du mouvement) ont débarqué avec trompettes et banderoles pour défendre la bonne foi de Léon-le-champion qui, clamaient-elles, partait en croisade pour le bien de la Cocotine's family et non pour se faire flatter le plumage, comme j'avais l'outrecuidance de le seriner.

L'affront a mobilisé ma bande de neurones frétillants et de pour en Contres, ils en sont venus à tourner comme des lions en cage. Un carnage. Finalement, tout à coup, le moins dégénéré des rescapés s'est redressé pour lancer une idée :

Faut travailler sur un projet !

Le petit malin n'avait pas tort. C'était le moment ou jamais de mobiliser mon énergie débordante pour crocheter 2 mètres par 3 de couverture en granny squares, user mes chaussures de courses neuves depuis 4 ans en faisant le tour du bled chaque soir et ouvrir enfin un tag "je vieillis bien" sur mon blog, peinturlurer ma cabane bringuebalante en rose bonbon ou commencer à yarn-bomber la caravane pas glop de Léon.

Vous le croirez ou non, mais juste à l'instant où mon ciel commençait à s'éclaircir, j'ai eu cette chance insolente de tomber sur Laurence Ferrari qui, comme un signe du destin, levait le camp en s'écriant :

Allez Yallah !

Ni une, ni deux, j'ai repris la formule à mon compte et remotivé mon troupeau de cellules frelatées. A l'heure où la simplicité était érigée en leitmotiv, il fallait arrêter de se compliquer l'existence et vivre l'instant présent.

Ca a duré ce que ça a duré.

A 6h35 ce matin, Léon se faisait la malle en lonesome cow-boy, et à 6h46, j'étais planquée au chaud dans le lit de Miss Cocotine qui, loin de pleurnicher comme sa mère, prit le taureau par les cornes et s'exclama joyeusement :

Mouchoirs à volonté !

Le carpe diem avait comme-qui-dirait pris du plomb dans l'aile.

26 avril 2012

Le baratin du jeudi 26 avril 2012

Si j'osais, je viendrais bien vous raconter ma semaine pathétique mais j'ai peur que vous ne me preniez pour une pauvre mythomane qui en rajoute des caisses pour se faire remarquer.

J'ai beau persévérer dans le qi gong et me masser le plexus avec des huiles essentielles, je sens que mon dossier reste scotché sur le bureau de Bouddha avec ce post-it jaune vif : "La pousser au meurtre, elle prendra perpète, se pendra en taule et là, on pourra enfin l'expédier chez les écureuils de Regent's Park. MAIS PAS AVANT."

Figurez-vous que Léon le champion a commencé gentiment à se demander où il allait bien pouvoir crécher dans le forty-one. C'est pas le tout de faire sa star en quittant le domicile conjugal la fleur aux dents, faut assumer. D'abord affreusement tenté par un mobil home 13 ans d'âge avec TV dans un camping deux étoiles au bord d'un lac, ce qui lui aurait permis de pêcher les soirs de blues éventuel, il a finalement craqué pour une piaule chez les curés.

Oui, je me doute de l'effet massue. Ma copine Vanessa a cru que c'était une blague à deux balles.

Que nenni.

Une cellule sans télé.

Mais avec demi-pension.

Là, j'ai senti comme un reproche dans ses yeux gourmands et j'ai mesuré toute la frustration du gars que je nourris, depuis que je suis une femme hyper active et super brillante, au haricot vert extra fin et à l'épinard en branches made in Picard.

Mes neurones se sont emballés et l'air hagard, j'ai tenté un mais-qu'est-ce-que-tu-vas-faire-le-soir-sans-télé-? auquel Léon, narquois, a répondu sans se démonter :

Je vais faire une retraite spirituelle.

Venant d'un matérialiste pure souche et parfois pire qu'une péroxydée à carte bleue greffée au bout du bras, la remarque ne manquait pas de sel.

Dépassée par ses décisions loufoques mais relativement rassurée par le site de ladite communauté sur lequel de petites cloches surréalistes remuent gentiment leurs ailes, j'en suis arrivée à la conclusion que cette sage décision ne lui ferait pas de mal et je suis revenue à mes moutons, c'est-à-dire à mon petit boulot à deux balles.

Comment vous dire ?

Alors qu'on attaquait bravement le cinquième jour sans chauffage avec 14° au thermomètre et que, pendant que mes petits camarades se promenaient dans les couloirs, l'un avec un bonnet vert pomme, l'autre avec son manteau d'hiver par-dessus son blouson d'été et que je me calais contre mon tas de graines de lin passées au micro-ondes de la cafet' orange seventies, les marteaux piqueurs et les coups de masse sont venus, d'un coup d'un seul, rappeler à toute la troupe que les travaux de rénovation du rez-de-chaussée venaient officiellement de démarrer.

Entre les murs qui tremblaient et les collègues qui pétaient les plombs, j'en ai appris des vertes et des pas mures sur la manière dont cette non-anticipation avait été soigneusement programmée.

Impossible de vous décrire la matinée qui a suivi, vous ne me croiriez pas. Entre une crise de rire et une séance d'effarement, j'ai baptisé l'épisode number 135 de ma vie de novice dans la FPT* :

Au-delà du réel.

La direction nous a cordialement invités à prendre un café et proposé de nous fournir des bouchons d'oreille. Puis il a été question de déménager à droite, à gauche, histoire de briller dans le last.minute.com.

Aujourd'hui, j'ai traversé ma journée assise sur ma bouillotte et emmitouflée dans une polaire, avec Agnès Obel dans les oreilles pour essayer d'oublier que les ouvriers avaient fougueusement entrepris de défoncer le sol juste au-dessous de mon fauteuil troué.

Eh bien, moi, ce soir, je me dis

njut, njut, njut* !

Ces bouffonneries me mettent le coeur en joie. Et dire qu'il y en a un qui claironne que ce n'est même pas un

vrai job,

quand il ne pointe pas d'un doigt féroce les joyeux lurons que j'irai, dans deux mois, rejoindre à Pôle Emploi.

Après tout, je m'en tape le coquillard que les qui-savent-tout-sur-un-chômage-auquel-ils-n'ont-jamais-eu-la-chance-de-goûter se mettent à déblatérer sur mon compte. 60 jours à ce tarif-là et

je serai sourde.

Craché, juré, tout ça, c'est vrai.

* Fonction Publique Territoriale

* ça se prononce nioute, nioute, nioute - c'est juste pour vous faire croire que je suis bilingue suédois - et ça veut dire profiter, désirer, découvrir, vibrer, s'éclater, délirer, rêver, découvrir, jubiler ...

20 avril 2012

Le baratin du vendredi 20 avril 2012

A peine avais-je repris ma souris, lundi matin, que l'une de mes collègues a débarqué pour m'annoncer qu'elle quitterait prochainement la collectivité. Toute à ma joie d'avoir découvert le forty-one et à mon angoisse de devoir m'y exiler, je l'ai chaudement congratulée.

Deux heures plus tard, je réalisais qu'elle venait d'être embauchée sur l'un des postes que j'avais moi-même brigué. 20 ans nous séparaient. Fallait avaler l'affront et occulter le commentaire épicé de mon chef qui, voulant probablement me rassurer, me certifia que ladite structure faisait dans le jeunisme.

Vrai ou faux, allez savoir ce qui a motivé le recruteur. Les tâches décrites correspondaient à ce point à mon travail actuel que je pensais être au moins convoquée.

No comment.

Pour garder ma santé mentale un tant soit peu intacte, j'ai définitivement cessé de décortiquer le pourquoi du comment des recrutements de la Fonction Publique Territoriale du 44.

Les jours passant, j'ai commencé à me dire audacieusement que si je voulais bien voir le verre à moitié plein, cette nouvelle signifiait aussi qu'un poste allait se libérer dans les murs. Mais comme je m'étais déjà pris deux claques retentissantes, je me suis vite calmée, d'autant que personne, dans les hautes sphères, ne semblait se précipiter pour me proposer de remplacer la démissionnaire.

Alors j'ai traîné mes guêtres et me suis torturée en questionnement je-reste-moisir-dans-le-44-ou-je-pars-mourir-dans-le-41 jusqu'à ce que, ce matin, une dame bien-comme-il-faut, selon les critères douteux inculqués par ma mère, débarque dans le bureau pour réclamer un certificat de travail destiné à Pôle Emploi et me prenne à partie :

"J'ai 60 ans, je n'ai plus rien, je n'ai pas retrouvé de travail, je dois faire une demande d'ASS, vous imaginez, je ne me plains jamais mais quand même, j'ai élevé mes quatre enfants toute seule, je pense que j'ai donné à la société et maintenant, je me retrouve sans rien, je suis seule, qu'est-ce-que je vais devenir ?"

Essouflée, elle s'est arrêtée.

Atterrée, je l'ai regardée et j'ai murmuré :

"Je vous comprends très bien."

Elle a poursuivi :

"J'espère que les politiques vont faire quelque chose."

Et j'ai aquiescé pour ne pas lui casser son rêve :

"Oui, voter, c'est tout ce qu'il nous reste."

Depuis, je rumine comme une vache enragée et ce soir, en revenant de ma corvée de caddie, je suis tombée sur une émission de France Culture

Une vie sans futur ? Paroles de chômeurs.

Du coup, j'ai déboulé à l'apéro à cran devant un Léon qui pataugeait de bonheur coincé entre ses collègues actuels qui n'en finissent plus de lui déclamer leur amour et leur tristesse de le voir quitter le navire d'un côté, et le tapis rouge flambant neuf qui l'attend dans le forty-one de l'autre.

Après avoir débité mon monologue enflammé sur la détresse incommensurable du demandeur-d'emploi-de-durée-illimitée, j'ai attendu une réponse qui n'est pas venue et son regard quasi bovin associé à cette invitation pressante à boire un coup m'a renvoyé derechef dans ma solitude exténuante.

Après quelques gorgées, la situation est pourtant soudain devenue limpide dans mon esprit :

A nous deux, peu ou prou,

nous représentions la France.

La France qui gagne versus la France qui n'en finit plus de perdre. La France qui crie au pays d'assistés versus la France qui se demande comment elle va coller tous ses meubles Ikéa dans sa Logan pour y faire un nid douillet. La France qui croit être la seule à se lever tôt versus la France qui a travaillé très dur pendant des années et qui fait maintenant la queue à Pôle Emploi. La France qui croit que ça n'arrive qu'à ceux qui le cherchent versus la France qui n'en croit pas ses yeux d'être dans le prochain plan de licenciement.

Deux France qui ne se comprennent pas alors qu'elles devraient se serrer les coudes car basculer d'une situation à l'autre peut aller très vite, même lorsque l'on se sent, comme certaines personnes épatantes que j'ai pu rencontrer au hasard de mes balades, totalement invincible.

Et d'ailleurs, Léon a timidement tenté un rapprochement en me rappelant que lui aussi avait connu deux licenciements et le chômage juste derrière. Ce à quoi j'ai rétorqué qu'au niveau tentatives de fraternisation avec l'ANPE-Pôle Emploi, il n'était vraiment qu'un bleu bite par rapport à moi et que j'envisageais d'ailleurs de publier sous peu un guide répertoriant les différentes agences où j'avais été quémander du boulot sévèrement notées sur 20 pour la décoration, l'accueil et l'état des toilettes.

Je suis dans une colère noire,

et ça tombe bien car le moment d'aller se défouler dans les urnes est arrivé. Et je ne vais pas effleurer le bouton mais l'enfoncer du poing pour exprimer toute mon indignation d'avoir été traitée comme une pseudo délinquante par ce président sans majuscule qui n'a jamais raté une occasion, pendant 5 ans, de pointer du doigt les demandeurs d'emploi en répétant inlassablement à ceux qui n'attendaient que ça pour trouver des coupables à tout et à rien, qu'ils profitaient allégremment du système.

Le chômage et surtout celui de longue durée, c'est presque comme de souffrir d'une longue maladie. Quand j'annonce que je cherche du travail en société, les regards deviennent fuyants et généralement, on change très vite de sujet. Et pour parler de quoi, à votre avis ? De Léon le champion par exemple.

Le chômage des autres, ça fait trembler.

Ne vous méprenez pas, je suis très heureuse de ses multiples réussites car il l'a bien mérité et moi aussi, d'ailleurs, car, sans vouloir me vanter, j'y ai participé à bien des égards. Mais je n'ai pas une âme de femme-de et je voudrais bien, moi aussi, avoir ma petite heure de gloire if you see what I mean. Cesser d'être consignée à la maison entre une virée à Pôle Emploi et quelques mois de précarité au SMIC pendant que Léon part en croisade quand ça lui chante et avec tous les honneurs.

Je suis à bloc ce soir.

C'est moi, l'héroïne.

Celle qui prend les portes du saloon en pleine poire et qui se relève à chaque fois avec un gnon en plus et une dent en moins.

Moi, et tous les autres.

Ceux qui, comme cette femme rencontrée ce matin, se taisent ou n'osent parler de leur situation qu'à mi-voix.

Vivement dimanche.

2 avril 2012

Le baratin du lundi 2 avril 2012

Quand, entre les fêtes, cette proposition de poste dans le forty one est venue atterrir dans ma vie comme un cheveu sur la soupe, il faut bien avouer qu'avec Léon, l'ambiance est devenue aussi tendue qu'entre Le Pen et Mélenchon.

C'est dire.

Et puis, allez savoir pourquoi, Bouddha a dû se dire qu'il chargeait un peu trop la mule, j'ai vu débouler Ninon' mum sur mes pages virtuelles, une sorte de Jeanne d'Arc du 41, armée jusqu'aux dents et prête à en découdre avec quiconque dirait du mal de sa région. Quelques échanges plus loin et je m'apercevais avec stupeur que dans sa malle, se cachait un copié-collé de notre histoire personnelle, si extravagante et si palpitante.

Là, je me mise à croire au destin et de fil en aiguille, j'en suis venue à la conclusion que le Loir-et-Cher pouvait finalement avoir un certain charme, ce dont j'étais déjà persuadée, mais sans jamais avoir eu l'intention d'y passer plus d'un week-end.

Malgré tout, au plus profond de mon petit être fragile, je me disais que si Léon ne remportait pas le trophée, ma vie s'en verrait amplement simplifiée. Traumatisée par mes enquêtes minutieuses sur ce coin de France, j'en étais même arrivée à trouver mille milliards de qualités à mon bled du double four.

Et pourtant ce qui devait arriver arriva :

Léon a décroché le pompon !

Et après l'avoir chaudement félicité pour sa ténacité et sa victoire, je suis tombée dans une période comme-qui-dirait bipolaire. Un jour, j'étais emballée par l'idée de tout flanquer à la benne pour tout reconstruire à 300 kilomètres et le lendemain, j'envisageais de brader Léon et ses ambitions faramineuses tressées en collier.

Sans parler des nuits où les effroyables prédictions de Philippe venaient me hanter. Je me voyais dans 20 ans en train de guetter les voitures qui passent, sur mon perron, un fichu sur la tête, un châle en tricot sur mes épaules, des sabots aux pieds, des bigoudis, du poil au menton et marmonnant "On dirait qu'ça t'gêne, de marcher dans la boue, on dirait qu'ça t'gêne de dîner avec nous".

Finalement, mon dos s'est bloqué, mes cervicales se sont pétées, mes clavicules se sont coincées et mes bras se sont tétanisés. Autrement dit, entre une corvée de dossier et une séance de kiné, je traîne comme un boa qui aurait des problèmes gastriques et même mon bien-aimé Thomas Legrand n'arrive plus à me passionner pour les frasques des supposés grands de l'hexagone.

Léon a signé, et demain, Léon va démissionner. Et en mode à-chaque-jour-suffit-sa-peine, je me suis définitivement connectée.

Vous savez quoi ?

Je suis à deux doigts de flanquer mes SMIC dans une croisière Costa.

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13 mars 2012

Le baratin du lundi 13 mars 2012

Ce soir, j'ai comme une envie de me faire plaindre et puisque les fées - encore elles, ces grosses flemmardes - n'ont pas doté Léon de la moindre compassion envers le chômeur de longue durée, je me vois contrainte de rappliquer ici pour quémander du réconfort.

Car figurez-vous qu'au bureau, trois de mes petits camarades de jeu sont, depuis deux semaines, sur des charbons ardents.

Et pourquoi donc, allez-vous me demander ?

Allez, dites le !

OK, c'est cool.

Eh bien, tout simplement parce que, demain à 13 heures, ils passent le concours d'adjoint administratif de 1ère classe. Le même exactement que celui que j'ai

depuis un an et huit mois.

Et là, vu qu'ils sont tous embauchés définitivement alors que je moisis doucement mais sûrement sous contrat à durée limitée - je radote au cas où vous auriez oublié ma déconfiture et pour briefer les petits nouveaux qui doivent absolument savoir à quel point ma carrière professionnelle sent le souffre - je dois vous avouer que j'en bave des ronds de chapeau.

Et pourtant, au prix d'un effort incommensurable, je les ai écoutés, rassurés et encouragés poussant même jusqu'à répondre à des questions d'orthographe :

"Toi qui es bonne en français - je leur ai dit que j'avais eu 16,81 de moyenne - je n'ai jamais su si on disait à l'intention ou à l'attention de quelqu'un ?"

J'ai expliqué bravement tout en me disant que ses quinze jours de révision, à ma gentille petite collègue, c'était soit de la naïveté, soit de la témérité, et vu l'étendue des dégâts, je lui ai même glissé un conseil en douce : "Tu sais, j'ai bûché plusieurs mois, pour l'avoir, le concours."

Et dès que mon amour propre refaisait surface, je lui filais un grand coup de pied dans les fesses en lui assénant un "Casse toi, pauv' con", une expression inhabituelle chez moi et peu élégante, qui m'est venue d'on ne sait où d'ailleurs.

Au milieu de ces festivités, un grand ponte a gentiment déboulé hier avec une offre d'emploi qu'on venait juste de lui faire parvenir. Pour moi et rien que pour moi. Enfin, ça m'a fait plaisir d'y croire pendant quinze secondes, et puis, j'ai pris connaissance de l'échange et j'ai vu qu'elle avait été également envoyée à vingt-six autres collectivités.

Anyway,

les affaires reprenaient,

mon réseau bouillonnait,

il fallait mettre le paquet.

Le soir même, je peaufinai mon dossier et le jetai dans la boite mail de son homologue.

Ce matin, après avoir frimé un brin en lui démontrant à quel point j'avais été réactive sur ce coup là, j'ai obtenu une réponse qui m'a laissé dubitative :

"Bon, c'est bien, je vais pouvoir l'appeler pour voir si c'est une vraie annonce ou s'ils ont déjà quelqu'un sous la main."

Tout ça pour ça.

De fausses offres, ça fait déjà plusieurs fois qu'on me la joue, celle-là. J'ai beau ratisser large, à droite, et à gauche, essayer de séduire les uns et les autres, proclamer que je ne suis qu'une fille modeste qui cherche un job somme toute assez simple, rien ne porte ses fruits.

J'ai la scoumoune.

Remarquez, depuis quelques jours, je me dis qu'il me reste encore une carte à jouer.

Demain, je me pointe au boulot

sur la musique de Superman.

Sûr, je remonte dans les sondages de la FPT.

Bonne soirée à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

9 février 2012

Le baratin du jeudi 9 février 2012

Depuis mardi soir, je ne suis plus la même. J'ai eu cette chance extraordinaire de rappliquer sur le service public vers 21h40 et de pouvoir ainsi assister à la troisième diffusion d'une émission qui, apparemment, devrait disparaître faute d'audience : Leurs secrets du bonheur.

Suspendue aux lèvres de l'expert ès psychologie positive, intelligence émotionnelle, acceptation, pleine conscience qui distillait sa science face à une mini brochette d'invités venus faire leur promotion, j'ai appris que si je m'évertuais à nager dans un pessimisme déplaisant, c'était à 50% à cause de Papa et Maman, à 10% parce que mes conditions de vie n'étaient pas favorables et à 40%

ma faute.

Une telle découverte, ça m'a donné un coup de fouet.

Plus question de promouvoir la mauvaise humeur à la sortie de Pôle Emploi, j'allais, moi aussi,

faire mon beurre du bonheur.

Mais pour tester mon aptitude à répandre la bonne parole de France 2, il me fallait des cobayes.

J'ai jeté mon dévolu sur mes collègues de la FPT, une cible de choix. Quand ce n'est pas le chef de service qui arrive à 9h en lançant un vivement-le-week-end probablement tiré d'un bouquin de management destiné à fédérer ses troupes, c'est le sous-chef qui, au bout du rouleau, nage dans un cynisme débordant et se lance volontiers dans du Margarete et Philippe de Beaulieu pur jus. La cerise sur le gâteau étant que 90% des membres du service cherchent un poste ailleurs, en s'en vantant, de surcroît.

Frédéric et Ilios, ils en mourraient, de voir ça.

Dès 8h30 mercredi, fermant les yeux sur l'atmosphère délétère, à mille milliards d'années lumière de Michel et Augustin, l'une des entreprises françaises où il fait bon travailler, j'ai remercié les uns, les autres, j'ai souri à droite, à gauche et multiplié les bonjour-as-tu-bien-dormi tout en me matraquant intérieurement la-gratitude-augmente-mon-bien-être-et-me-rend-plus-optimiste-et-me-permet-de-mieux-dormir.

Etant donné le peu d'impact que j'ai eu sur mon entourage bien trop embourbé dans un système dévoreur de bonnes volontés pour être à l'écoute de mon prêche, j'ai fini, ce matin, par me retirer dans une bulle de bonheur personnel et j'ai passé ma journée à rêver sur la toile. Tout en travaillant bien sûr, et bizarrement, j'ai abattu plus de dossiers que d'habitude.

Autant de ravissement

en si peu de temps,

j'en ai la tête qui tourne.

Ca va me manquer, cette émission.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

21 janvier 2012

Le baratin du samedi 21 janvier 2012

En ce samedi matin gris et pluvieux, je suis dans l'expectative. Avez-vous, ainsi que je vous l'avais vivement conseillé la semaine dernière, déraciné tous vos palmiers pour vous gratter la couenne et gobé des brochettes de fruits sans épines tout en vous tortillant le croupion ?

En d'autres termes, ma méthode à deux balles a-t-elle marché ? Vais-je enfin voir mon nom flamber au milieu des best-sellers promettant prospérité, intelligence, estime de soi et créativité,

et passer à la télé ?

Imaginez un peu la satisfaction personnelle que j'aurais à voir mon livre trôner sur les étagères des Molex, Sea France, Lejaby ou Cofinoga. Allez savoir si je ne pourrais pas même tenter un partenariat avec mon ex employeur, Pôle Emploi ? A chaque nouvelle inscription, j'offrirais 3 € de rabais sur ma bible so trendy et je partirais en tournée dans toutes les agences de France et de Navarre pour de folles séances de dédicaces dans le style A-Marcel-53-ans-fraîchement-licencié-après-30-ans-de-turbin-tous-mes-voeux-de-bonheur-et-bonne-reconversion-dans-le-BTP, A-Nathalie-46-ans-ex-directrice-du-marketing-pour-une-bonne-grosse-boite-sur-le-carreau-depuis-son-troisième-accouchement-tous-mes-voeux-de-bonheur-et-bon-retour-dans-l'aide-à-la-personne-au-SMIC, A-Thierry-45-ans-à-plat-depuis-la-faillitte-de-sa-société-pour-cause-de-vilaine-crise-et-endetté-jusqu'au-cou-tous-mes-voeux-de-bonheur-et-bonne-chance-pour-saisir-la-commission, A-Nadine-51-ans-ex-amoureuse-d'un-boucher-pour-qui-elle-a-travaillé-pendant-des-années-sans-être-déclarée-et-qui-après-son-divorce-sanglant-fait-le-ménage-pour-payer-le-loyer-tous-mes-voeux-de-bonheur-et-bonne-chance-pour-collectionner-les-points-de-retraite-jusqu'à-la-tombe.

Avec mille chômeurs de plus par jour, je ne mettrais pas deux mois à rouler sur l'or et au moins, j'aurais fait le bien autour de moi.

Ah, mon Dieu, ce que c'est bon de vivre !

A moins que Bouddha ne me refuse ce destin à la Dujardin et continue à se gausser de moi en m'imposant de finir mon parcours dans la peau d'une petite fonctionnaire de catégorie C. Après tout, j'ai encore envoyé mon dossier de candidature à deux collectivités. Si jamais ces offres ne sont pas fausses comme les diamants de Barbie, j'ai peut-être une infime chance d'être pré-sélectionnée. D'autant que j'ai pris le taureau par les cornes en m'attaquant au Bon Dieu, plutôt qu'à ses Saints qui, c'était évident, s'en tamponnaient le coquillard, de me voir couler sous leurs yeux en brandissant lamentablement mon concours tout mouillé. Si jamais, un jour, avant que je ne fête mes 86 ans, ça portait ses fruits ?

The best is yet to come, c'est certain.

Il suffit de s'en persuader et de suivre le conseil dudit calife sans tomber dans une crise nerveuse : rester patiente.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

4 juin 2013

Le baratin du mardi 4 juin 2013

Des semaines que je n'ai pas pu m'accorder quelques minutes de répit pour noircir une page ici. La faute à la FPT du double-four qui me grignote jusqu'à l'os. Mais j'aurais trop d'audace de m'en plaindre. Les statistiques du chômage sont si médiocres que ma maigre feuille de paie me donne l'impression de faire partie des nantis de ce pays.

Certes, ma bicoque est bien trop modeste pour s'attirer les faveurs de Stéphane Thébaut et mon automobile n'a de capote que dans mes divagations bloguesques mais je touche quand même au but : dans quelques mois, je serai définitivement du

sunny side of the street.

Enfin, sunny, oui, mais pas suffocant. Un agent de mon niveau à-ras-les-pâquerettes n'aura jamais à s'encombrer d'un conseiller fiscal.

Quoiqu'il en soit, mon GB (Gentil Boss) m'a récemment convoquée pour dresser le bilan de ces derniers mois et s'atteler à cette tâche ô combien réjouissante qui s'appelle

évaluation.

C'est ainsi qu'à mon âge canonique, sur 18 points, je me suis vu attribuer 11 croix au titre des "compétences acquises", 4 pour les "compétences à consolider" et 3 dans la rubrique "compétences en apprentissage". Quasiment le même bulletin que celui de Miss Cocotine qui va brillamment passer du CE2 au CM1. Sans les pastilles vertes, rouges ou oranges, c'est ballot.

Les quatre pages dûment signées sous le bras, je suis repartie vers mon bureau légère comme une plume. Tout le monde m'aimait et j'aimais tout le monde.

Ou presque.

Mais c'était vrai, juré-craché. Si l'on faisait abstraction d'une poignée de névrosés, ma joyeuse bande de GC (Gentils Collègues) avait bigrement grimpé dans mon estime. A les cotoyer plus que Léon-le-garçon, toujours pas monts et par vaux en quête d'or et d'argent, j'avais fini par m'attacher.

Comme une bernique à son rocher.

Vous le croirez ou non, mais mes déjeuners n'ont désormais rien à envier aux dîners de La Parenthèse Inattendue. Bien sûr, les protagonistes ne sont jamais tombés par hasard sur Truffaut en sortant du métro et le menu oscille plus de la paëlla-au-poulet-Fleury-Michon au kebab-frites-boulgour que du risotto-à-la-langoustine à la-brouillade-aux-truffes, mais le coeur y est.

Car comme l'a si bien détecté le recruteur dans mon-test-de-comportement-et-de-motivation-en-milieu-professionnel, j'ai une réceptivité telle que certains jureraient que je suis

la jumelle de Frédéric Lopez.

Là où le bât blesse, c'est que mon GB ne m'a pas fait de pont d'or pour que j'anime ces séances et que la décoration limite miteuse de la salle de convivialité dans laquelle j'officie chaque midi n'a rien de celle du moulin à 800 000 € sur lequel on peut loucher à l'écran.

Mais qu'importe, après tout, le résultat est tout aussi distrayant. L'une de mes collègues ne m'a-t-elle pas lancé avec force enthousiasme, alors que je venais de livrer au groupe toute la quintessence des relations que j'ai avec ma famille : "Ah ben, ça me rassure. Tes parents sont bien pires que les miens !" ?

Moi, si je peux aider...

Surtout si ça me permet de m'insérer.

D'ailleurs, c'est marqué sur mon papier : Bonne intégration de Cocotine.

Je suis quasi casée.

Ce post est dédié à tous ceux qui cherchent un job et qui seraient tentés de ne plus y croire.

Tenez le coup, il y a un chemin pour chacun.

Et je vous épargnerai le quand-on-veut-on-peut dont certains se gargarisent au café du commerce ou sur un plateau télé.

5 juillet 2012

Le baratin du jeudi 5 juillet 2012

Je dois avouer que depuis dimanche, jour béni où j'ai fêté mon retour à la case départ en me réinscrivant comme demandeur d'emploi, ma méthode take-it-easy, pourtant innovante, n'a qu'une emprise relative sur mes neurones récalcitrants.

J'ai beau les appeler

à la mobilisation générale,

ils en sont à se battre comme des chiffonniers à coup de tu-t'en-sortiras-jamais et de mais-qu'est-ce-que-tu-vas-devenir.

Pendant ce temps, Léon vit sa vie de Messie.

Autrement dit, comme me l'a écrit si drôlement ma copinaute Eternalia, il est sur un nuage tout rose de barbapapa et moi, sur celui de Tchernobyl.

Pour tenter d'oublier cette vague de néant qui ne va sans doute pas tarder à me submerger, j'ai réuni mon gang de cellules désabusées et leur ai infligé un discours d'une heure trente à l'issue duquel j'ai affirmé :

j'appelle à un effort colossal

mais je refuse l'austérité.

Vous le croirez ou non mais ils sont tous repartis en ricanant bêtement et les heures qui ont suivi, ils n'en ont fait qu'à leur tête.

A tel point que j'en suis arrivée, lundi, à finir ma soirée avec William Carnimolla qui remontait le moral à Anne-Charlotte qui se trouvait trop petite et à Cindy qui se jugeait trop grosse. De voir leurs yeux briller miraculeusement après trois coups de ciseaux et une couche de parce-que-je-le-vaux-bien, ça m'a donné envie de prendre rendez-vous chez le coiffeur dès le lendemain midi.

Ca a marché.

Une demi-journée.

Et donc pas assez pour que j'ai envie de poser nue.

Heureusement, finalement, parce que mon planning est déjà tellement chargé avec mon rencart à Pôle Emploi la semaine prochaine que j'aurais eu du mal à trouver un créneau.

30 mai 2011

Célibataire

Certes, j'aurais pu décider de passer cette soirée à boire des Campari orange - mon pêché mignon - dans un lounge en refaisant le monde avec une poignée de copines tout excitées à l'idée de débattre de ce sujet brulant :

La France est-elle en proie

à un machisme archaïque ?

Mais n'ayant plus aucune illusion en la matière depuis qu'un jour sans gloire, à la question :

- Mais pourquoi tu as payé des études à rallonge à mon frère et que moi, je n'ai jamais eu grâce à tes yeux ?

ma propre mère m'ait répondu :

- Oui, mais lui, c'est pas pareil, il avait besoin d'avoir un métier,

j'ai renoncé à partir m'encannailler dans la capitale du double four.

Après tout, j'étais chef de famille par procuration et la morale judéo-chrétienne m'interdisait de me vautrer dans la débauche en l'absence de mon Léon.

Il fallait trouver une parade.

Et là, j'ai eu cette lueur de génie :

Je me suis offert une soirée pyjama.

Quoi ?

Pourquoi vous vous moquez ?

C'est bien, une soirée pyjama. Et puis d'ailleurs, je ne l'ai pas passée avec n'importe qui.

J'ai choisi d'assister aux conversations inédites de Pierre Moscovici et Michel Onfray dans un Face aux Français concernant la morale en politique et j'ai enchaîné avec la dernière Semaine Critique de FOG ponctuée par la semaine mythomane de mon Nicolas-bien-aimé (à revoir en cliquant sur mots en couleur, si ça vous intéresse).

Samedi, à 00h27, je me suis couchée, épuisée mais heureuse, sur cette folle veillée en solo.

15 mai 2011

Chacun son festival

Jeudi dernier, 3h42. Presque aussi pétocharde que Mélanie Laurent la veille au soir mais nettement moins griffée, je saute dans ma décapotable pour vivre le xième épisode de mon feuilleton terrestre. Il fait nuit noire, pas un chat en vue. Hantée par ma lecture en cours, je m'enferme à double tour et mets France Inter pour me sentir moins seule. Allez savoir si mon destin ne pourrait pas basculer, là, d'un coup de fil d'acier. Les rues de mon bled du double four sont tout autant sordides et peut-être même aussi dangereuses que celles de Londres en 1880.

Soudainement, je réalise que je fais enfin partie de la France qui se lève tôt. Submergée par une sorte de fierté patriotique, je m'égarerais presque dans un "Alons enfants de la patrie..." tonitruant quand une pensée émue pour mon PDPA-bien-aimé m'assaille. Et s'il lui venait ce désir fou de m'accrocher la Légion d'Honneur ? Décaniller à 3h06 pour nourrir le bon peuple français, si c'est pas un service rendu à la nation, alors je ne m'appelle plus Cocotine.

Noyée dans mes fantasmes à deux balles, j'abats tranquillement mes 4 kilomètres et aperçois enfin le filet de lumière tant convoité. Il est temps de me garer et j'hésite quelques secondes. Trop de choix. Il faut bien qu'il y ait un avantage à roder dehors à cette heure inhumaine. J'attrappe mon fourre-tout et descend héroïquement de ma voiture. Je longe la devanture et tourne à droite. Au fond du coupe-gorge, une porte vitrée douteuse est éclairée. Je toque poliment. Mon nouveau patron, la mine un peu défaite et la tignasse en bataille, me salue et m'accompagne dans un cagibi exigu donnant sur des toilettes.

A 3h56, toute de blanc vêtue et sans aucun artifice superflu, je monte enfin les marches du fournil sous les éclairs aveuglants des néons.

Enfin sur les lieux du crime.

Le premier rôle est peu bavard et du genre taciturne. Habilement et méthodiquement, je le crible de questions. Sur ses gardes, il divulgue ses secrets au compte-gouttes et acculé, m'avoue tout à trac que de toute façon, il n'aime pas la boulangerie. Trop répétitif et pas créatif. J'en suis pour mes frais. Apparemment, j'ai parié sur le mauvais cheval.

Le second rôle est à lui seul un monument de la profession. Sanguin jusqu'au bout des ongles, il jure sans arrêt et se donne un genre canaille en tapant dans les portes quand il est contrarié. A coup sûr, sur ses vieux jours, il aura son hommage à la cérémonie d'ouverture. Le pantalon plissé sur des chaussures gentiment trouées, il dévoile ostensiblement son bedon arrondi et quelques centimètres d'un sillon fessier foisonnant. Je me donne alors comme impératif de ne plus jamais baisser les yeux au-delà d'une certaine limite.

C'est l'heure sacrée des cuissons. Pains divers et viennoiseries vaporisées sont englouties par un four géant d'un côté et son pendant à bois de l'autre. D'abord en observation, le patron me tend soudain la lame de rasoir et à 4h46 précises, d'un geste mal assuré, je signe ma première baguette ordinaire.

Rapidement, je me retrouve à dégazer, souder, façonner de la flute. Puis, tel un tueur aguerri, je brandis le coupe-pate et effectue de multiples pesées. Le gigantesque pétrin agite ses bras derrière moi. Mes neurones s'emmêlent et j'essaie de comprendre où débute et quand se termine le processus de fabrication des dizaines de pains que je vois défiler.

Mon enquête minutieuse de ces dernières semaines m'est heureusement fort utile. Face à ces deux professionnels, il s'agit de ne pas se laisser impressionner et montrer que j'en ai sous le capot. Poolish, autolyse, poussée lente, apprêt, toutes mes récentes découvertes m'aident à garder la tête haute.

Vers 6 heures, un troisième personnage entre en scène : la jeune pâtissière. Apprentie de son état et sur le point de passer son CAP, elle ne me paraît être la cible idéale pour entamer une causette entre filles. Je suis déçue. Aussi brute de décoffrage que ses deux collègues, elle me renvoie vite dans mes buts en m'expliquant qu'elle déteste la pâtisserie, qu'elle se moque d'avoir son diplôme et qu'elle va tout laisser choir à la rentrée. Je bats en retraite.

La pendule tourne. Il est 6h45. Avec un quart d'heure de retard sur l'horaire affiché, la boulangère lève le rideau, dans sa petite blouse fleurie. Une poignée de clients commence à débarquer pour s'offrir un pain au chocolat tout chaud ou une ficelle qui chante, sans avoir la moindre idée de ce qui se trame en coulisses, les bienheureux.

L'intrigue prend alors une autre tournure lorsque je me mets à analyser les éléments du décor. Roger Harth est à la retraite. Ca se voit. L'état des murs, les salissures du carrelage, les fenêtres rafistolées et la poussière sous le tapis laissent à penser que le maître des lieux n'est pas une fée du logis et si quelque chose me révulse, c'est bien la négligence dans l'alimentaire. Pour garder un esprit sain, je décide de fermer les yeux sur la scénographie ratée.

Ca vaut mieux car un grand moment de vie m'attend au tournant. C'est la pause. Pas davantage de propreté dans le coin pâtisserie, une cafetière glauque et un micro-ondes maculé trônent sur un plan de travail désordonné. Heureusement, j'ai ma bonbonne de thé en bandoulière. Je crève de faim et m'attend à un service haut de gamme avec farandole de pains et viennoiserie dorée. Amère déception. Le patron apparaît avec une vulgaire baguette et commence à se faire une tartine sans aucune sollicitude pour l'équipe. Obligée de quémander, je me retrouve avec un malheureux bout de pain blanc à me mettre sous la dent. Quand je pense aux souvenirs de jeunesse de mon Léon qui, lui, se voyait offrir des sandwiches luxueux chez Mulot, je me dis qu'il n'y a vraiment pas de justice.

La conversation va sûrement combler mes manques, habituée que je suis à passer mes mercredis soirs dans les bras de Guillaume Durand face aux français ou à veiller jusqu'à pas d'heure avec FOG le vendredi pour me gargariser de la semaine mythomane de Nicolas Bedos. Mais ça parle essentiellement clubs de foot, sujet qui, il faut bien l'avouer, me laisse totalement de marbre. Le langage est fleuri, voire carrément grossier mais bonne pâte, je participe dans la limite des mes moyens. Heureusement, la radio qui hurle sert à mes compagnons l'occasion inespérée de partir sur un nouveau terrain et vient alors cette question métaphysique :

- Eh, toi, qu'est-ce-que tu ferais si tu gagnais l'Euro Millions ?

S'en suit une énumération de marques de voitures de luxe, puis, dans un élan de coeur, l'un d'eux interpelle le patron :

- Vous donneriez pas un peu aux pauvres ?

Et là, la replique vole, agrémentée du ton ad hoc :

- Les pauvres, y peuvent aller crever !

Et emballé par le sujet, ce héros du commerce de proximité explose d'un éclat d'humanisme :

- Ah non, j'achète un bateau, je fous tous les bougnoules dessus et je l'envoie au large !

Les deux jeunes ricanent bêtement. Au bord de l'évanouissement, je déglutis et classe ce film médiocre en série B.

Les deux projections suivantes me confortent dans mon jugement. Certes, le réalisateur me laisse mettre la main à la pâte sans me cantonner à la plonge ou au balayage, ce dont je lui serai certainement éternellement reconnaissante, mais dans quelle panade je suis encore allée me fourrer ?

A 11h06 ce matin, en repassant par le fournil pour saluer les deux compères, j'entends qu'ils sont encore en train de s'époumoner vertement au aujet d'équipes de deuxième division et je leur lance :

- Encore sur le foot ?

Et là, avec une verve qui n'appartient qu'à lui, mon patron me rétorque :

- Ah ben, c'est ça ou le cul !

Affligée, je lui réponds calmement :

- Ah bon... Eh bien, faites ça quand vous êtes tous les deux mais, pas en ma présence.

Et trois pas plus loin, j'ajoute entre mes dents :

- Pitié !

Sur cette happy end, le rideau est enfin tombé sur mes trois premiers jours d'EMT. Et dire que je suis supposée y retourner cette nuit et mercredi pour boucler mes 35 heures de bénévolat. Pour supporter autant de crétinisme, je devrais quand même être payée ou moins recevoir un pain quotidien en cadeau. Même pas. Tous les matins, je regarde avec tristesse la miche que j'aurais pu manger la veille au soir et qui croupit dans le sac des malheureux invendus.

Mauvais casting, mauvais scénario, mauvais décor, mauvaise musique. J'ai peut-être une chance aux Gérard.

J'irais bien passer une petite semaine à Cannes, moi.

23 juin 2010

Ils ont tué mes clowns

Chaque matin à 8 heures, j'avais un rendez-vous sur France Inter. Miss Cocotine avait pris le pli et ces derniers temps, elle me tendait gentiment le poste en hurlant :

"Maman, C'EST TON CLOWN !"

Guillon, Porte et Morel, ils mettaient du piment dans mes matinées de chômeuse-de-trop-longue-durée-qui-se-morfond-dans-un-bled-paumé-du-double-four.

Les deux premiers viennent d'être virés.

Ca m'a collé des nausées toute la journée et fait gamberger à n'en plus finir.

A ma copine Dominique aussi, ça a foutu le bourdon. Et je sais qu'on n'est pas les seules.

Certes, les deux loustics ne sont pas des tendres mais c'est justement ce qui faisait vibrer les deux millions d'auditeurs à l'écoute, chaque matin, de la différence.

Si on ajoute à la disparition de ces deux clowns, celle de Demorand, qui, lui, a décidé de se faire la malle, ça fait du vide en prévision pour la rentrée.

Décidément, celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile ne sera plus jamais comme avant...

Et si je ne l'écoutais plus,

en représailles ?

25 avril 2009

Juste, vous avez dit juste ?

Rue des entrepreneurs ce matin sur France Inter. Le thème : Qu'est-ce-qu'une juste rémunération ? Je tends l'oreille...

C'est vrai qu'on peut se poser la question... surtout quand on déboule dans la salle de bain à 6h34 et que la radio nous saoule avec les sommes toujours plus exorbitantes qui virevoltent dans les hautes sphères de ce bas monde...

Que croire, qui croire ? Des primes et autres gâteries que s'offrent certains seigneurs aux portes qui ferment brutalement sur des salariés exaspérés et abattus, on ne sait plus à quel saint se vouer. Sauf, qu'un moment donné, faut bien choisir son camp... Ouh la la, c'est compliqué, là. Parce que les séquestrations, on trouve que quand même, ça va un peu trop loin. Et en même temps, on voit bien que ces gens sont manifestement à bout et on s'interroge : "Mais s'ils en arrivent là, c'est forcément qu'il y a une raison. Pourquoi dans d'autres pays d'Europe, les salariés et les patrons parviennent à trouver un consensus alors qu'ici, on en arrive à parler de... REVOLUTION..."

Révolution, voyons voir... Est-ce-que je suis prête à monter, fourche en main,  sur le 55 du Faubourg-Saint-Honoré ? Euh... Réfléchissons...

Soyons pragmatique, revenons à ce qu'on connait hyper bien. Nos nombrils. Aïe, pas brillant. Perte sèche de pouvoir d'achat depuis des années déjà. Pourtant y'a de la bravitude... Déménagement à 800 km 2 fois en 4 ans pour suivre l'homme qui lui-même court après le travail, tout ça après avoir supporter 3 licenciements à deux avec Prud'Hommes, ça relève de l'exploit ! Eh ben, même pas récompensés... Un bilan s'impose avant d'attraper la fourche...

L'homme

Il travaille bravement dans une société régionale qui se porte plutôt bien. Un poste clé, un statut cadre certes, mais alors très loin du cadre sup', pas même du cadre moyen, mais plus proche du petit cadre qui fait des tonnes d'heures et qui, en compensation, est convoqué à la remise des prix de janvier, la fameuse évaluation qui donne droit ou non à une augmentation personnelle. Oui, personnelle car chez ces gens-là, on ne pratique pas d'augmentation générale en raison de l'inflation. Probablement que l'inflation, ça ne remet pas en cause leurs week-end golf à La Baule.
Année 1 : Zéro augmentation. Ben quoi ? Tu viens d'arriver... T'as pas fait tes preuves... Bon, soit !
Année 2 : On apprécie tes efforts. Allez, une augmentation. Combien ? 31 € nets par mois ? Ah génial ! L'homme a fait la gueule jusqu'à fin janvier...
Année 3 : Non, t'es pas assez si, t'es pas assez ça. Ah bon ? Verdict : pas d'augmentation. L'homme est rentré en dépression presque profonde jusqu'en mars... J'étais à deux doigts d'appeler un psy...
Année 4 : Ca y est, t'as remonté la pente, mon vieux. Allez, une augmentation. 35 € nets par mois ? Ah génial ! L'homme a courbé l'échine et a remercié. Il n'a pas fait la gueule en janvier. Il déclare que ça lui passe au-dessus. Moi pas.

Je résume. En 4 ans, 31 + 35 = 67 € d'augmentation, soit 16,75 € par an. Glorieux, non ?

Moi, la "qui-suit-l'homme"

En apnée depuis mon licenciement en 2003. Impossible de ressortir la tête de l'eau. Dès que j'essaie, une bonne âme me renvoie direct au fond. Au gré des emplois de l'homme, j'ai rempli et vidé quelques dizaines de cartons, passé des heures à pleurnicher dans les agences immobilières (tiens, ceux-là, je les hais profondément...), géré toutes les galères post déménagement-à-l'autre-bout-de-la-France, monter et démonter une pâtisserie, surmonté deux parcours d'adoption dont un réussi, fait pousser Miss Cocotine de 70 cm à 1,13 m, bidouillé deux blogs toute seule dans mon coin, cousu des tonnes de fanions,  envoyé 6 cm de candidatures, testé l'AFPA  et soutenu l'homme de janvier à février selon les années... Paraît que j'ai un trou dans mon CV ! C'est Pôle et les recruteurs qui le disent. Et eux, ils savent...

J'ai perdu mes indemnités Assedic depuis belle lurette, mon amour-propre avec,  j'ai perdu la maigre alloc de la CAF pour Miss Cocotine, j'ai perdu tous mes statuts, y compris celui de demandeur d'emploi parce que je saturais qu'on m'assène mille conneries et qu'on exige que je fasse de la soudure à Saint-Nazaire, et je suis à deux doigts de perdre mon numéro de sécu.  C'est ma copine Nadine, hier matin au coin de la rue,  qui m'a ouvert les yeux sur les sombres intentions du régime général à mon égard... Je vais bientôt être ayant-droit de l'homme, autant dire que je vais disparaître du circuit. Ben, ça craint du boudin, l'affaire !

Et si jamais un jour de chance, avant d'être complètement moisie, j'arrive à retrouver un job, j'aurai quel salaire ? Celui d'il y a 10 ans, 15 ans, 20 ans ? Trop valorisant ! Pôle et ses copains disent qu'à Nantes les salaires sont bas et que au point où j'en suis, je peux bien accepter le SMIC. Ben oui, c'est ça, et puis c'est la crise, non ?

Moi, je vous le dis, la crise elle a bon dos !

Alors, je la fais, la révolution, ou pas ?

19 septembre 2012

Au coeur du sujet

Comme je vois que vous êtes friands d'anecdotes qui semblent débarquer tout droit de Saturne, j'ai décidé, à 18h52 hier soir, de venir ici me livrer à un petit bilan à deux balles des entretiens que les chefs d'entreprise du double-four ont bien voulu m'accorder en 7 ans.

Histoire que les plus coriaces d'entre vous m'absolvent et comprennent enfin pourquoi j'ai de gros problèmes d'intégration dans le coin et que, donc, je crève d'envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte (mais pas dans le forty-one).

Le premier entretien auquel j'ai été gentiment conviée dans la zone industrielle la plus proche de chez moi en 2008 avait un goût de vaudeville.

Il s'agissait d'une TPE dans le secteur de la formation, a priori ma tasse de thé. C'est donc avec enthousiasme que je me suis présentée à la patronne des lieux, qui, singulièrement, m'a reçue

avec sa soeur,

parce que, m'a-t-elle expliqué, vu son background, celle-ci était bien mieux armée qu'elle pour évaluer les candidates. Analyse empirique qui, vous le comprendrez, plus tard, restait à démontrer.

La description des tâches s'est vite avérée aussi longue que le salaire proposé était bas, et l'état du bureau qui était censé devenir le mien m'empêcha très vite de déglutir harmonieusement. A droite, à gauche et même au centre, traînaient lamentablement des papiers divers et variés et des dossiers à l'abandon et je sentais bien que la propriétaire de ce foutoir avait un poil dans la main et n'attendait qu'un esclave docile pour se débarasser de la corvée.

Je m'attachai pourtant à me rendre le plus aimable possible et à démontrer mes qualités d'organisation et d'autonomie.

Le plus croustillant arriva vers la fin de l'entretien lorsqu'elle m'expliqua à demi-mot qu'après un dégât des eaux, les locaux avaient été tellement endommagés, quelle était, avec son mari, en train d'embrumer l'assureur pour pouvoir remettre le local en état à ses frais et le quitter à la vitesse de la lumière.

Devant une telle démonstration d'honnêteté, j'arrêtai d'un coup d'avaler ma salive et nageai doucement vers le malaise vagal.

Ce n'était pourtant pas le moment de faiblir car j'allais être reconvoquée, deux jours plus tard, pour faire connaissance

avec sa moitié.

En tête-à-tête avec lui, tout se déroula paisiblement et il me parut bien plus fiable et posé que sa femme qui, malheureusement, ne mit pas longtemps à nous imposer sa présence abrutissante.

En les observant tous les deux, j'ai senti à quel point mon quotidien professionnel risquait, s'ils me choisissaient, de virer à la pièce de boulevard. Lorsque l'un se lançait dans une explication, l'autre lui coupait la parole et quand ce dernier argumentait, le premier le contredisait, me laissant dubitative sur le rôle que j'allais bien pouvoir jouer dans la pièce.

Les yeux quasi exorbités, je tentai finalement de les ramener à la raison en leur demandant ce qu'ils pensaient de ma candidature. Lui me préférait à l'autre candidate retenue et elle, qui avait, bien évidemment, le penchant inverse, n'hésita pas à me le coller brutalement dans les dents.

Une fois dans la rue, je me suis dit que les carottes étaient cuites et effectivement, elles l'étaient.

24 heures plus tard, elle m'appela pour m'expliquer qu'elle avait choisi ma concurrente.

Mais la farce ne s'est pas arrêtée là. Un an plus tard, le téléphone sonna.

C'était elle

qui, à plat ventre, venait me dire combien elle avait regretté son choix, combien la personne qu'elle avait choisi l'avait entourloupée et combien elle était désireuse de me revoir.

Bonne poire, j'y suis allée.

Le déménagement avait bien eu lieu et j'appris avec surprise qu'un autre était en préparation. Lorsque, sans aucun scrupule, elle se mit à m'expliquer qu'elle comptait sur moi pour remplir et scotcher ses cartons, j'ai commençé à me demander si Marcel Béliveau n'était pas planqué sous la moquette usée.

Quelques jours après, je lui envoyai un mail sanglant mettant un terme à nos relations.

Le deuxième entretien, reçu en cadeau pour mon Noël 2009, m'a à ce point accablée que j'en ai fait le résumé ici 48 heures après.

Et comme pour certifier que l'expression "Jamais deux sans trois" marche à tous les coups, le troisième entretien m'a été infligé hier à 11 heures et exposé ici à 14h30.

Que tirer de ces trois entretiens mirobolants, sinon qu'apparemment, ma candidature sort du lot uniquement quand il s'agit de cas désespérés et désespérants ?

Mardi soir, alors que j'en étais à vivre mon 19ème jour à l'usine avec Alexandra Alévêque, une journaliste qui a décidé de partager le quotidien des ouvriers de Sidéo pour mieux les comprendre, je me disais qu'il serait finalement judicieux que je cache une caméra au fond de ma poche pour avoir des preuves irréfutables à présenter à ceux qui douteraient de mes compte-rendus rocambolesques.

Non, je n'en rajoute pas, et oui, j'ai bien vécu ces instants si palpitants dans la vraie vie.

Vous savez quoi ?

Je boucle mon rapport et je fonce au 36 quai des Orfèvres pour livrer cette énigme aux meilleurs flics de France : Qui s'acharne à planter des aiguilles dans une poupée à mon effigie ?

18 avril 2012

Explication de textes

Pour ceux et celles qui débarqueraient dans ma vie virtuelle et essaieraient tant bien que mal de décrypter mes baratins glauques, je me dois d'éclaircir certains points qui, j'en ai bien conscience, peuvent paraître extrèmement vaseux.

Que signifie the désormais famous (pour les fidèles)

double-four ?

Eh bien, vous le saurez en cliquant LA !

Et pour quelle raison bizarroïde j'ai baptisé mon mari

Léon,

Eh bien, vous le saurez en cliquant LA !

J'espère qu'après de telles révélations, vous allez enfin pouvoir dormir sur vos deux oreilles. Bonne nuit et merci pour vos commentaires qui, je vous le rappelle, nourissent mon blog affamé.

28 juillet 2009

L'année prochaine si tout va bien

Faut pas croire que seuls les grands écrivains peuvent connaître un jour l'angoisse de la page blanche. Moi aussi, ça m'arrive. Tenez, hier, par exemple, c'était lundi, le jour où je devais publier mon petit papier de rien du tout. Eh bien, rien, le cerveau sec. A tel point que j'ai tout envisagé : deleter purement et simplement "Le baratin du lundi matin" ou jouer à la star et tel Demorand, me retirer de la vie publique tout l'été, histoire de me faire désirer encore plus à la rentrée ou bien embaucher un nègre en CDD, solution qui aurait au moins eu la vertu de créer un poste.

Et puis voilà que ce matin, en écoutant Rosy deviser sur l'attaque imminente de la grippe A, mes neurones ont commencé à danser gentiment et je me suis dit qu'il n'était pas question de laisser tomber lâchement ma poignée de fidèles lecteurs. Comme quoi, l'inspiration, ça tient quand même à peu de choses.

Me voilà donc de retour après un break extrêmement tendance au coeur de la Franche-Comté. Je suis fière de moi. Par ce choix extravagant, j'ai évité de contribuer à toute nouvelle pollution aéronautique, ma petite voiture presque propre ayant largement suffit à couvrir le trajet Nantes-Besançon. Une jolie chambre d'hôtes au milieu des collines boisées qui décline toute la gamme de l'Arbre Vert, rien de tel pour dormir la conscience tranquille. Et puis parier sur le Nord de la Loire reste presque la seule solution pour écarter tout risque de cancer de la peau. Je suis rentrée plus blanche que je ne l'étais avant de partir, mon lait solaire peut être refourgué ni vu ni connu sur e-Bay et mon maillot n'est sorti de la valise que pour m'accompagner lors de mon unique tentative de baignade au milieu de monstres surexcités à la piscine de Morteau, un jour de pluie et d'égarement.

Dans ce contexte, vous imaginez bien que le seul vrai réconfort réside dans la consommation contrôlée de Savagnin et la fréquentation quotidienne de restaurants proposant la saucisse de Morteau sous toutes ses formes, régime qui, outre le plaisir instantané qu'il apporte côté papilles, permet en plus de faire du gras pour l'hiver. Et de nos jours, de l'énergie gratuite, ça ne se refuse pas.

Là où le bât blesse, c'est quand on réintègre le bled à l'ouest et qu'à partir du 20 juillet, il faut regarder tous les autres partir au fur et à mesure en se disant que les vacances d'été ne seront à nouveau d'actualité que dans environ 350 jours.

Alors, pour se consoler, on essaie de se persuader que d'ici là, c'est sûr, on aura un job top avec un salaire monumental et que ce voyage pas du tout trendy en Grèce, là où le soleil pète de mille feux, là où on peut ressortir ses yassou et ses efkaristo poli, là où la mer est bleue et bouillante, là où on se baffre de feuilletés à la feta et d'octopus sèchée, là où en plus, on a des souvenirs à en chialer (pour ceux qui ne suivent pas, je m'y suis mariée avec l'homme en l'an 1997), ON SE LE FERA, nom d'un chien, ON SE LE FERA.

Bonne semaine à tous et bonnes vacances à ceux qui en ont !

26 novembre 2011

Le baratin du samedi 26 novembre 2011

Envolée, l'extase que m'a apporté ma désinscription à Pôle Emploi et désintégré, l'infime espoir que j'avais en posant le pied dans ce nouvel univers professionnel, l'effet panier-de crabes-enragés m'a flinguée et je sors de cette semaine apocalyptique aussi peu amène que mon hérisson.

Car la vie de bureau est décidément une jungle et mon intégration dans un milieu extrèmement négatif où les rancoeurs et les rivalités sont assez vite décelables s'est soldée par un coup de mou et une chute violente de motivation. Après avoir été témoin involontaire de paroles incontrôlées, j'ai senti que ça puait le roussi. Sagement, j'ai donc décidé de reculer de dix pas, histoire de rester en retrait des inimitiés ambiantes et de me protéger des vilaines langues.

C'est ça, mon problème fondamental.

Me torturer les neurones pour comprendre qui-flatte-qui-et-le-massacre-par-derrière, qui-déteste-qui-parce-qu'il-a-la-place-qu'il-voulait, qui-minaude-devant-qui-pour-se-faire-mousser ou qui-enfonce-qui-pour-prouver-qu'il-existe me traumatise et me pousse en général à me replier sur moi-même car rien ne m'intéresse moins que d'avoir à jauger les passifs des uns et les aigreurs des autres.

Etant donné que je viens de débarquer la gueule enfarinée, je n'en suis pas responsable et comme-qui-dirait, je m'en moque comme de ma première chaussette.

Mais le refus de prendre parti peut valoir certains déboires et c'est ainsi qu'après avoir pris position

en faveur de ma non-implication,

j'ai fini par me faire insulter sans qu'aucun des protagonistes ne sorte le nez de son bureau pour calmer l'acariâtre. 

Assez écoeurée, j'aurais voulu pouvoir claquer la porte avec mon solde de tout compte sous le bras mais ça équivalait à refuser cinq mois supplémentaires de SMIC, luxe que je ne pouvais décemment m'accorder, mes impôts locaux venant d'échouer dans ma boite à lettres.

Alors, je me suis souvenue que si la grand-mère de celle-qu'on-ne-voit-plus lui disait que quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup, la mienne me répétait souvent :

L'indifférence est le plus grand des mépris.

Moi qui n'ai pas peur de mettre les mains dans le cambouis, mais en silence, je fais des efforts surhumains pour assimilier un système qui me paraît pour l'instant opaque, lent, inefficace et incohérent, et dans lequel je ne vois à l'horizon aucune lueur d'épanouissement, le poste qui me plairait étant vraissemblablement et pour des raisons qui m'échappent, en train de me passer sous le nez.

Une bonne raison pour recommencer bravement à envoyer des candidatures dans le privé et peut-être dans d'autres collectivités.

Pour calmer ma déception, j'ai fouillé dans mes plus vils instincts et dans un élan jouissif bien que totalement virtuel, j'ai dédidé de

refuser de gracier la dinde.

Puis j'ai jeté un oeil torve à ma feuille de paie en jurant de consacrer une partie de mon salaire à combler mes horribles frustrations. Autant vous dire qu'il ne restera

pas un denier pour mon banquier.

Avec tout ça, je n'ai même pas eu le temps de m'attarder sur la passionnante campagne présidentielle de mon-PDPA-bien-aimé et celles non moins captivantes de ses adversaires.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

28 octobre 2011

Le baratin du vendredi 28 octobre 2011

Ravie d'avoir quelques euros de plus à jeter dans l'économie, j'avais, hier soir, programmé une escapade en tête-à-tête avec mon Léon. Enfin plutôt en côte à côte vu qu'il s'agissait de grimper dans ma décapotable pour foncer s'encanailler à l'UGC d'Atlantis.

Du coup j'ai honteusement et complètement inconsciemment séché le cours d'économie que mon-PDPA-bien-aimé avait décidé de dispenser au bon peuple français.

La grosse mécréante.

Ce matin, je m'en veux horriblement de ne pas lui avoir accordé autant de temps de parole que je n'en ai consenti au parti qui, en monopolisant les médias, a rendu maboules tous les lieutenants du susnommé.

Remarquez, j'avais déjà bravement écouté notre ministre du travail le matin même sur France Inter et à en croire l'état de bête enragée dans lequel son discours m'a projeté, il valait mieux arrêter les frais pour la journée, histoire de remettre mon bataillon de neurones en ordre.

C'est qu'il m'en a fait bavé.

D'ailleurs, je ne sais pas ce qui m'a le plus emberlificoté les nerfs entre cet aveu lancé après 4 ans de pouvoir :

"Maintenant, on doit gérer l'Etat comme un père de famille gère le budget familial. Si vous avez moins d'argent qui rentre, vous devez veiller à ce que les déficits n'augmentent pas. Pendant des années, on s'en est allégrement moqué."

ou sa difficulté à défendre une baisse de la TVA dans la restauration qui a coûté 3 milliards et qui a été compensée par seulement 35000 à 40000 emplois et quelques réductions sur les cafés ou les menus enfant pour faire gober au consommateur que la mesure avait eu un réel impact.

Je me tâte.

A moins que ce ne soit son terrible souci de trouver du personnel pour le secteur de l'hôtellerie-restauration apparemment désespéré, alors qu'il a, le pauvre, 2 700 000 demandeurs d'emploi dont il ne sait que faire.

D'un coup, j'ai senti la moutarde me monter au nez car le discours qui est servi depuis 2007 et qui consiste à faire croire que les personnes qui ont perdu leur emploi n'ont qu'à se reconvertir vers un métier en tension n'est destiné qu'à contenter tous ceux qui crachent en permanence sur les chômeurs soi-disant profiteurs et qui par ailleurs, n'ont pas la moindre idée de ce que c'est, de se retrouver à faire la queue à Pôle Emploi après un licenciement ou une fin de contrat précaire.

La réalité du terrain est infiniment plus complexe et ce genre de propos simplistes et électoralistes ne fait que dresser les uns contre les autres.

Et que dire de ce qui a suivi ? Peut-être que c'est la cerise sur le gâteau.

"C'est des vrais emplois, c'est des emplois dans lesquels vous pouvez rentrer comme serveur, comme plongeur et si vous voulez gravir les échelons, vous pouvez même aussi prendre la tête d'un établissement."

Voilà un vrai argument à faire avaler à ceux de plus de quarante ans, par exemple, qui ont toute une carrière derrière eux mais qui pourront, s'ils en ont le courage et la volonté parce qu'il s'agit bien de mettre ces formidables qualités en exergue pour mieux pointer du doigt ceux qui sont désemparés devant tant d'absurdités, repartir vers un nouveau défi en acceptant un poste de plongeur.

Aide-toi, le Ciel t'aidera, il faudra en parler aux salariés de PSA qui vont peut-être se retrouver sur le carreau.

Accessoirement, si certains employeurs de la restauration et de l'hôtellerie avaient traité leur staff avec un peu plus de dignité ces dernières décennies, ils auraient probablement plus de facilité à embaucher aujourd'hui.

Etouffée par cette hypocrisie,

il fallait que je pointe mon nez ici

pour redorer le blason

du demandeur d'emploi de bonne foi.

Et même si je ne les connais ni d'Eve ni d'Adam, je claque la bise à tous ceux qui passent ici et qui cherchent un job.

Vendredi 14h : J'a rattrapé mon cours grâce à La Nouvelle Edition sur Canal et si dans un premier temps, je suis restée dubitative tellement les concepts c'est-pas-ma-faute et heureusement-je-suis-votre-sauveur étaient déclinés à l'infini, dans un deuxième temps, j'ai été totalement rassurée par le fait que mon-PDPA-bien-aimé ait choisi de faire référence aux Borgia pour m'expliquer que le monde avait évolué depuis le 16ème siècle.

Après tout, si j'en croyais le teaser de la série :

Borgia
N'ayez pas foi en eux

Complot
Trahison
Déviance

je n'avais aucune raison de douter de sa leçon.

24 octobre 2011

Le baratin du lundi 24 octobre 2011

Mardi dernier, écroulée dans mon canapé sans âge mais finalement plus pimpant que sa propriétaire, je regardais les "Conti" continuer désespérément à chercher un sens à leur éviction en me disant que j'avais cet avantage indéniable sur les salariés qui, après 30 ans de fidèlité, voyaient leur château de cartes s'écrouler d'un souffle malsain :

Je n'étais pas nostalgique.

Pour étayer cette affirmation, je savais que je pouvais compter sur ma bande de neurones dégénérés mais toujours zélés quand il s'agit de mener l'enquête. En moins de deux, le dossier "Emploi" enfoui aussi profond qu'une tonne de déchets radioactifs a refait surface et je me suis laissée embarquer dans une NDE de la plus pure intensité.

J'ai lâché mon enveloppe charnelle sur le tas de plumes et bercée par une lumière mystique, j'ai vu défiler ma compilation personnelle d'efforts non récompensés et destinés à péter les nerfs de la CRAM le jour où je déboulerai avec mon déambulateur dernier cri et des poils au menton pour réclamer mes milliers de points retraite récoltés au hasard de mes pérégrinations.

De 1981, année bénie où j'ai débarqué sur le marché de l'emploi en tentant, sur les pas de mon père, de faire carrière dans une agence bancaire du 16ème, sans être totalement conscience que je n'avais pas récupéré 100% de ses gènes, à 2003 où, parce que j'étais la dernière arrivée, j'ai été la première éjectée, avant que la société bordelaise dans laquelle je mourais à petit feu ne finisse par être méthodiquement décimée par le grand groupe du CAC 40 si clinquant à laquelle elle appartenait,

j'ai tout revu.

Tout ce parcours cahotique rempli d'illusions et de déceptions et que j'ai réussi, les années passant, à analyser à peu près pour en déduire que :

le monde de l'entreprise

n'est pas plus fait pour moi

que je ne suis faite pour lui

Incapable de viles manipulations, de calculs machiavéliques et de pièges assassins, je les repère et les démantèle par contre assez vite. L'autoritarisme me fait fuir à toutes jambes et ceux qui ont voulu me coller dans un moule s'y sont cassés les dents. Sans Dieu ni maître, j'ai longtemps cru que seule la qualité de mon travail suffirait à être reconnue et éventuellement récompensée.

J'ai déchanté.

D'entretiens plus répugnants les uns que les autres - parce que les méthodes récemment filmées par Didier Cros ne datent pas d'hier - en intérim, CDD et CDI avortés toujours pour d'excellentes raisons comme, par exemple, la guerre du Golfe, j'ai fini par comprendre que pour s'attirer les bonnes grâces de la direction, il fallait certainement avoir d'autres cartes dans son jeu que de la bonne volonté.

J'en étais là dans l'analyse scrupuleuse de ma non-carrière quand le téléphone a sonné.

La FPT me chassait.

J'ai raccroché, des dollars plein les yeux. Certes, 151,67 heures au SMIC, ça rapportait moins qu'un go-fast mais à vrai dire, je n'avais rien du clone de Jason Bourne et passer le reste de ma vie avec tous les flics de France à mes trousses - ou en tout cas ceux qui n'ont pas été mis en examen - c'était un coup à rendre l'âme bien plus vite que les statistiques ne le prévoyaient.

Mais ne vous imaginez pas que l'attrait d'une nouvelle feuille de paie me fasse sauter au plafond pour autant. Ma dernière aventure m'a bien refroidie et du coup,

je nage en pleine Flambytude.

Quoi ?

Après tout, quand on voit à quel point ça met le-parti-qui-a-perdu-le-Sénat en transe, c'est finalement plutôt hype.

Bonne semaine à tous !

15 octobre 2011

Le baratin du samedi 15 octobre 2011

Plombée par mon inaptitude crasse à intégrer l'équation diplômes + expérience+ formations + concours = cocktail détonant chômage-SMIC-précarité, j'ai traversé la 40ème semaine de l'an 2011 dans la plus pure misanthropie en priant Bouddha de m'aiguiller vers une existence de molosse aux crocs acérés, le seul vrai moyen, à mes yeux, d'assouvir ma terrible vengeance :

Déchiqueter les fonds de culottes de tout ce que le pays peut compter de sélectionneurs-recruteurs-chasseurs-trieurs aussi avides de sang que les cinq toréadors filmés en pleine jouissance par Didier Cros dans La gueule de l'emploi et oeuvrant pour une compagnie d'assurance fort connue à laquelle je ne risque pas de confier un jour un seul centime.

C'est donc sans surprise que je me suis extirpée du lit dimanche matin complètement burnoutée.

Point de pancakes crépitants ou de confitures alléchantes à l'horizon, mon Léon, propre comme un sou neuf, venait juste de claquer la porte, sa carte d'électeur et son euro sous le bras.

Aquaboniste à souhait, j'ai traîné ma carcasse jusqu'à la bouilloire en persiflant pauvre-gars-il-y-croit et teigneuse, j'ai lancé aux trois moustiques présents moi-j'en-ai-rien-à-carrer-c'est-pas-ça-qui-va-changer-my-life.

La matinée a défilé dans cette douce quiétude et notre saladier de pâtes quotidiennes englouti, la Cocotine's family au grand complet - j'aime bien, au grand complet, ça me donne l'illusion d'avoir droit, moi aussi, aux allocations familiales - s'est jetée dans le tas de plumes défraîchi pour savoir si l'exercice proposé déchainait les passions.

Allez savoir si c'est l'effet des sucres lents ou la vision de mon ancien bureau de vote du 11ème blindé de monde, j'ai tout-à-coup réalisé que je ne pouvais décemment pas passer à côté d'un si grand moment d'histoire. Ni une ni deux, j'ai vidé mon porte-monnaie et fière d'être une bonne citoyenne, je suis partie me défouler dans l'isoloir.

Sans suspens extravagant, les deux candidats que les sondages nous avaient promis sont sortis du chapeau et mon espoir infinitésimal de vie meilleure en bandoulière, j'ai attaqué ma dernière semaine de contractuelle en m'interrogeant sur leurs réelles capacités à effacer les 26000 € de dette publique que, tout comme chaque français, je me traîne comme un boulet.

Martine ou François

François ou Martine

Lequel des deux pourra enfin délivrer mon-PDPA-bien-aimé d'une lourde présidence et lui permettre - car peut-être n'aspire-t-il qu'à ça après tout - d'être un père aimant et assez vigilant pour que son rejeton ne soit pas étiqueté "à haut risque" dès la grande section ?

Martine ou François

François ou Martine

Depuis mercredi, je réfléchis.

Qui s'est le mieux vendu ?

Qui a le plus

la gueule de l'emploi ?

A moi les bandérilles et la muleta, je vais pouvoir utiliser les méthodes condescendantes et humiliantes vues à la téloche, leur balancer du vous-avez-de-la-chance-d'être-avec-nous, les humilier d'un vous-êtes-conscients-que-vous-nous-donnez-l'impression-d'être-lent-à-comprendre, les torturer de c'est-très-opportuniste-votre-candidature-je-vous-sens-fébrile-vous-avez-les-pieds-qui-s'agitent et pérorer lui-il-est-un-cran-au-dessus-pour-que-son-intégration-soit-réussie.

Quoi ?

Pour une fois que je suis du bon côté du bureau.

Quoi ?

C'est le système qui impose ces méthodes et je n'en suis pas personnellement responsable.

Quoi ?

Ce n'est pas une fiction ?

Dommage, je me sentais prête à tout pour les départager.

A lire, les réactions de Libération, Le Nouvel Observateur et L'express suite à la création d'un site indépendant par quelqu'un que le documentaire susnommé a visiblement encore plus énervé que moi, et qui, manifestement, n'a pas la sagesse ou la naïveté suffisantes pour attendre que Bouddha l'aide à régler ses comptes dans une prochaine vie.

Vous le croirez ou pas mais pendant que je m'usais les neurones à déterminer qui serait le plus compétent pour nous éviter une faillitte à la grecque, réguler un peu le monde économique et financier

et remettre de l'humanisme

dans le chaudron,

mon Léon, tout émoustillé par le destin rose bonbon du gagnant des 162 millions d'euros, en profitait pour flanquer les 8 € restant du billet de 10 dans une grille d'espoir.

En voyant ça, j'ai perdu les pédales.

S'il abandonnait son avenir aux doigts crochus de la Française des Jeux, c'est qu'il n'avait peut-être pas autant la foi qu'il avait bien voulu me le faire croire dimanche matin et qu'il pensait probablement que l'ascenseur social n'était pas prêt de repartir dans le bon sens.

Là, je me suis dit :

Quand c'est flou,

c'est qu'il y a un loup.

Un tel désenchantement, ça m'a foutu un coup.

Me faire ça à moi,

qui suis en tout début de carrière.

Un coup à perdre définitivement l'ambition de parader en catégorie A à 79 ans.

Vous dansez, vous chantez ?

Parce que, bizaremment,

tout ça, ça me donne envie

de me trémousser comme une dingue.

J'accepte toutes les bonnes volontés !

Her name was Lola, she was a showgirl
With yellow feathers in her hair
and a dress cut down to there

She would merengue and do the cha-cha...
And while she tried to be a star, Tony always tended bar
Across a crowded floor, they worked from 8 till 4
They were young and they had each other
Who could ask for more?

At the Copa, Copacabana,
The hottest spot north of Havana
At the Copa, Copacabana,
Music and passion were always the fashion
At the Copa....they fell in love...

Bon week-end à tous !

Samedi 12h44 : Mon Léon a coché les mauvaises cases. Elle est où, ma carte d'électeur ?

25 septembre 2011

Le baratin du dimanche 25 septembre 2011

En pénétrant, lundi à 9h00, dans le bunker où j'allais passer les vingt-cinq prochains jours ouvrés de ma so exciting existence, ma tête a dû s'allonger de 20 bons centimètres. L'odeur, le décor, la poussière, les tiroirs défoncés et le tissu troué de la chaise à roulettes, tout portait à croire que j'allais encore manger du pain noir.

Et puis deux collègues rigolotes et aux petits soins ont débarqué pour m'aider à remettre les lieux au goût du jour. S'en sont suivis deux jours de chiffon et l'évacuation manu militari de six sacs poubelles remplis de documentation datant de Mathusalem.

Pas un instant n'est passé sans que je ne m'imagine entourée de ces bougies extravagantes dont Linda nous fait régulièrement l'article. A défaut de me shooter aux effluves de jasmin, j'ai ouvert la porte en grand et comme l'être humain s'habitue à tout, au bout de deux jours, je ne sentais pratiquement plus rien.

Il faut dire que j'avais d'autres chats à fouetter. Car figurez-vous que l'une de mes missions, c'est de coller des feuilles dans des recueils, ce qui requiert de manier parfaitement le tube de glue et d'attendrir la responsable des fournitures pour qu'elle accepte de déroger à la règle du bon de commande à ne lui apporter que la dernière semaine du mois. Violation de règle légitime quand on sait que j'en ai 600 à enduire et que jeudi après-midi, quatre pots tout neufs y sont passés. Pour me distraire entre deux badigeonnages, j'ai également des fichiers audio à frapper au kilomètre, sans remaniement ni créativité, tâche si captivante qu'elle pourrait bien me faire ressortir quelques bonnes vielles plaques d'eczéma si je ne me rabâchais pas à chaque instant que cette folle mission ne durera pas ad vitam aeternam.

Ainsi, cahin-caha et les cervicales en purée, j'ai bouclé ma semaine en concluant qu'aucun de mes deux hémisphères ne devrait se sentir menacé par cette définition de poste affriolante.

La bonne nouvelle dans tout ça, car vous savez qu'il faut absolument et envers et contre tout positiver, c'est que ça me laisse du disque dur disponible pour me livrer à d'autres reflexions que de savoir quel instrument est le plus approprié pour péter les cartons de sacs à déchets que je dois distribuer.

En écoutant attentivement les dernières news de l'hexagone, j'ai donc décidé de continuer à m'intéresser aux supposés grands qui le gouvernent ou aimeraient tant le gouverner qu'ils en deviennent maboules, et dans un élan un peu cavalier je vous l'accorde, j'ai baptisé le dossier :

des histoires de quéquettes

aux histoires de mallettes

Et dès qu'un nouvel épisode du feuilleton naîtra, j'y glisserai une belle sous-chemise colorée. Comment ne pas être persuadée aujourd'hui que les mois à venir me réservent des surprises encore plus insensées, encore plus loufoques, encore plus écoeurantes ?

Faites-moi confiance, une fille qui, sur les promesses de son conseiller bien aimé, a flanqué ses misérables économies sur un PEA moitié BNP, moitié Crédit Agricole, c'est ce qu'on appelle une visionnaire.

La fête foraine ne fait que commencer.

Faut-il s'en plaindre, s'en réjouir, rester la tête dans le sable ou toquer bravement à la porte de l'Elysée avec cette question en bandoulière :

Y a-t-il ici,

dans le saint des saints,

quelqu'un qui se préoccupe

de ma vie à deux balles ?

Une tentative de réponse ce soir sur France 2 qui aurait pu être diffusée en prime time mais qui ne le sera finalement - la faute à qui ? - qu'à 22h20.

Le titre du reportage ?

Les fauves.

Tout ça me flanque la rate au court-bouillon.  Imaginez seulement que, dans l'aventure qui fait la une actuellement, le juge se rapproche un peu trop de mon-PDPA-bien-aimé et que l'affaire dégènère.

Un coup à lui flinguer son congé paternité et à ce que Carla soit obligée de faire face toute seule aux couches, aux biberons et aux courses à Auchan, le tout en Wii Fittant comme une damnée pour retrouver sa taille mannequin.

Elle n'aurait même plus le temps de chanter. Ce serait ballot, ça.

Bonne semaine à tous !

6 octobre 2011

Le baratin du jeudi 6 octobre 2011

Ce matin, le réveil m'a tirée d'un rêve si doux et si charmant que mes premiers mots se sont noués en un chapelet de grossiéretés tout à fait inavouables.

Il faut dire que mon inconscient s'était déchaîné. Après m'avoir fait virevolter dans un bureau classieux donnant sur un bouquet de tours vertigineuses, il m'avait plantée en pleine rue de Rivoli, nageant dans un état mental proche de celui d'un grand maître de qi gong.

The working girl.

Autant vous dire qu'un seul coup d'oeil dans le miroir a suffi à me remettre vite fait bien fait dans la triste réalité.

Il était 6h57, j'étais on ne peut plus scotchée dans mon bled du double-four, mon accoutrement tee-shirt-verdâtre-sans-forme-shorty-cinq-ans-d'âge-troué n'avait rien du tailleur chic et griffé que je portais un quart d'heure auparavant et j'allais passer ma journée à crever d'ennui pour décrocher le deuxième SMIC de ma vie.

D'un coup d'un seul, j'ai failli à ma promesse de positiver et je me suis jetée dans un puits de "si" dont je vous épargnerai l'inventaire pour ne vous en livrer que la quintessence :

Et si j'étais à Paris,

est-ce-que j'en baverais autant ?

Question récurrente à laquelle, à moins de tout plaquer ici pour rentrer chez moi la fleur au fusil, je n'obtiendrai jamais de réponse, mais qui doit certainement soulager la grosse frustrée que je suis devenue au fil de ces dix années d'exil en province.

Car frustrée, je le suis et je le reste.

Et pour cause.

Mardi dernier, cela faisait donc douze jours que je distribuais des sacs poubelles tout en m'adonnant au collage, et ce avec le sourire, car je me devais de bien recevoir l'usager moyen qui n'était en aucun cas responsable du désert intellectuel qui s'êtait abattu sur ma vie professionnelle.

Douze jours de bons et loyaux services dans le seul but de décrocher un entretien pour ce fameux poste que je convoitais depuis juillet et dont le recrutement traînait tant en longueur que j'en avais la rate au court-bouillon.

Une affaire à rebondissements puisque mon indic, peut-être dégouté que je le récompense en macarons plutôt qu'en valises de dollars, m'avait refilé de l'info avariée en m'annoncant, en septembre, que tout semblait bouclé. La brute. J'en avais broyé du noir pendant des semaines avant de capter qu'en réalité, les dés étaient loin d'être jetés, ce qui m'avait redonné un tantinet de vigueur.

J'en étais là dans mon attente quand à 15h56, toute guillerette et assez inconsciente, j'ai décroché mon téléphone à fil pour connaître enfin le montant de mon salaire de remplaçante. Les 987 € annoncés m'ont fait l'effet d'une douche froide, les conditions de rémunération étaient pires que l'année dernière et sans aucun avantage, pas même le moindre ticket restau. J'ai raccroché en me disant que cela couvrirait tout juste ma taxe foncière et ses 9% d'augmentation, ainsi que les frais de garde occasionnés par mon abandon du foyer.

Dire que ce n'était pas mon jour est un doux euphémisme.

A peine 20 minutes plus tard, la responsable du recrutement, celle qui malgré mes relances, m'avait bien fait mariner, nourrissant ainsi mes espérances de convocation imminente, m'appelait pour écraser tous mes espoirs en quatre phrases assassines :

- Votre candidature n'a pas été retenue. Je ne pouvais pas vous le dire avant. Nous avons eu de très bons CV, des gens qui connaissent parfaitement bien le travail. C'est vrai que vous n'avez pas d'expérience.

Exaspérée d'être encore traitée de la sorte, je me suis rebiffée arguant de mes 20 ans de secteur privé et j'ai ajouté, assez remontée, que ce n'était pas utile de faire passer des concours aux gens pour les écarter ensuite systématiquement des recrutements sous prétexte qu'ils n'ont pas d'expérience dans le secteur public.

Là-dessus, il m'a fallu avaler cette invitation bourrée de piment :

- Mettez-vous à la place des recruteurs !

puis des encouragements plus formatés que sincères :

- Faut pas que ça vous empêche de continuer à chercher. Il y aura peut-être un autre poste.

et j'ai préféré écourter la conversation.

Puis je suis tombée dans une sorte de néant duquel je ne pouvais sortir vivante qu'en avalant sagement ma moitié de calmant.

Comment vous dire ?

Je ne peux plus.

Engluée dans ces échecs multiples, ces humiliations répétées et ces passages à vide, je me demande juste quand Bouddha voudra bien me lâcher les basques.

Me suis-je à ce point mal comportée dans ma vie précédente ?

Après tout, j'étais peut-être le plus odieux, le plus vicieux, le plus monstrueux des recruteurs.

Ceci expliquerait alors cela.

Vous savez quoi ?

Ce soir, pour me rappeler le bon vieux temps où le secteur privé me trouvait valable et où je me faisais déshabiller l'âme par des pro de l'entretien pervers, je vais regarder

La gueule de l'emploi

à 23h10 sur France 2, histoire de me persuader que seule dans mon bureau vide, j'ai tout de même de la chance et qu'à Paris, l'herbe n'est pas forcément plus verte.

Pas sure que j'y parvienne mais je vous promets d'essayer.

16 septembre 2011

Le baratin du 16 septembre 2011

Mes mois de septembre se suivent et se ressemblent.

Figurez-vous qu'avant-hier, la FPT m'a sollicité pour un remplacement d'un mois. Et comme l'année dernière, la mission en question n'étant pas extrèmement folichonne, j'ai raccroché en pestant. Nom d'un chien, pourquoi personne ne me faisait confiance sur un poste qui m'attirait comme un aimant plutôt que de toujours m'appeler pour de la précarité qui ne me permettait ni de valoriser mon concours, ni d'aller vers la titularisation.

Je suis quand même allée au rendez-vous, en traînant un peu des pieds. Mais comme je ne suis pas une si mauvaise fille que ça, je n'ai rien laissé paraître devant mes interlocutrices et pour détendre l'atmosphère, j'ai même tenté de finir sur une note d'humour.

Allez savoir si c'est cette conclusion brillante, le téléphone a sonné hier soir. J'étais embauchée. En vue,

mon salaire mensuel-annuel de 2011.

Afin de ne pas me bloquer le plexus, je n'ai demandé aucun renseignement sur ma rémunération. Ce sera la surprise.

Donc pas de quoi faire des bonds de six mètres et pourtant, c'est peut-être l'occasion inestimable de me constituer un réseau à la Robert Bourgi et de découvrir enfin les us et coutumes de l'établissement en question.

Arrêtez de saliver, je ne vous dirai rien. Pas question que je fasse ma Zoé Shepard, j'ai été tellement humiliée par les employeurs du secteur privé du double-four que je ne vais certainement pas cracher dans la soupe. Je connais la valeur d'un entretien dans la FPT, moi, et une embauche, même temporaire, de nos jours, ça vaut de l'or.

Quoi ?

Allez, je trouverai bien quelques anecdotes croustillantes à vous livrer. Moi qui préfère mille fois être backstage, là, je serai en première ligne et je ne désespère pas de me faire assez rapidement traiter de sale fonctionnaire comme l'année passée. En tout cas, c'est une belle occasion d'aider mon prochain, même s'il est vilain.

23 août 2011

Le baratin du mardi 23 août 2011

Quand la canicule tombe sur le bled, en général, on le paie très cher dans les jours qui suivent. Depuis 48 heures,

fini le naturisme at home,

il fait gris et il pleut.

L'occasion inestimable pour se punaiser dans le crâne que l'été 2011 est dead et que la rentrée approche à grands pas, avec son lot d'échéances et de nouveautés promettant une vague d'allégresse :

- l'odieuse-virée-au rayon-des-fournitures-scolaires le 6 septembre, pile au moment où Leclerc ressemble à La Mecque, tout ça parce que l'école de la République du bled n'a pas encore trouvé le moyen de fournir cette stupide liste crayons-gomme-ardoise avant le jour de la rentrée,

- le troisième tiers à règler aux seigneurs et qui, comme je ne peux décemment pas m'offrir une chaudière neuve tous les ans et bénéficier ainsi de la poignée de niches fiscales concernant les classes moyennes - pour le peu de temps qu'il lui reste encore à vivre avant d'être trucidée pour raison d'Etat -, va douiller et anéantir derechef tous mes espoirs d'escapades automnales,

- mon Léon qui, balloté entre les productions intensives de choux à la crème et la réunionite aigüe dont souffre sa boite, va endosser sa cape d'invisibilité du lundi 7h au vendredi 20h, me laissant affreusement seule pour affronter Miss Cocotine et son aversion naissante pour le français,

- la reprise de la bataille sanglante à tendance purulente des supposés grands de l'hexagone en vue des élections de mai 2012, méticuleusement retracée par ma-boite-à-Ferrari et celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile et dûment épicée par le retour apparemment imminent au pays de celui-qui-devait-sauver-la-France-s'il-ne-s'était-pas-égaré-là-où-vous-savez,

et surtout

- mon nouveau conseiller Pôle Emploi qui va me tomber sur le paletot puisque je fais fièrement partie des bleu-bites nouvellement inscrits, sommés de venir rendre des comptes sur leurs méthodes de prospection s'ils n'ont pas réussi à se recaser après 3 ou 4 mois d'inscription.

Voilà comment je pourrais démarrer ce baratin de fin d'été...

Sauf que.

Après les deux râteaux qui m'ont partiellement édentée fin juin, j'ai rendu les armes et décidé que, dans ma tentative de séduction des entreprises nantaises comme dans celle de la FPT du coin, il fallait que j'implore de l'aide.

Du coup, j'ai appelé l'association Un parrain-un emploi au secours, puis le CCAS de mon bled en clamant haut et fort je-suis-au-bout-du-rouleau et help-Dieu-vous-le-rendra-enfin-peut-être. Et après avoir résister à la folle tentation de m'auto-radier de Pôle-Emploi, je me suis dit que je ferais mieux d'attendre sagement mon prochain entretien, au cas où une lueur de génie traverserait l'esprit du mercenaire-qui-a-12-minutes-chrono-pour-remettre-les-brebis-galeuses-dans-le-droit-chemin.

Vous le croirez ou non,

je suis remplie d'espoir.

Sous peu, des cendres de la-chômeuse-de-trop-longue-durée-ayant-échoué-par-hasard-dans-un-bled-paumé-du-double-four*-où-il-fait-gris-330-jours-par-an, il renaîtra la-femme-hyper-active-qui-assume-à-l'aise-Blaise-boulot-marmot-épiceriecuisineménagejardinagebio-tricot-Bricodépôt-libido-et-affiche-volontiers-sa-vie-si-saine-et-si-sereine-de-néo-rurale-ayant-sciemment-choisi-la-banlieue-de-Nantes-the-place-to-be-d'après-les-magazines-du-monde-entier dans la peau de laquelle je crève d'envie de me glisser depuis six longues années que je claque d'ennui entre les quatre murs de ma bicoque.

Et là, je n'aurai plus rien à vous raconter.

C'est ballot, ça.

* un clic ICI et, chanceux que vous êtes, vous saurez ce que veut dire double-four...

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