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Le petit monde de Cocotine
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1 novembre 2010

No surrender

J'ai clôturé cette semaine number 43 de l'an 2010 toute guillerette.

Ca va vous épater, je vais mieux.

J'imagine quelques langues fourchues qui, bien abritées derrière leurs écrans, parieront que j'ai succombé à la tentation des boules-de-gomme-qui-font-voir-la-vie-en-rose-fuschia prescrites par mon toubib bien-aimé.

Même pas.

Que du bio.

MES endorphines A MOI produites par MON hypothalamus A MOI.

Je suppose qu'immédiatement, cette question vous titille : "Mais comment elle fait, pour aller bien, alors que la crise en encore en plein boom. Elle bluffe."

Vous n'y êtes pas.

J'ai juste dit NON.

Figurez-vous que fin septembre, alors que je me morfondais dans un bureau sans saveurs, j'ai envoyé ma candidature sur deux postes, l'un qui me plaisait et l'autre, pas du tout. Allez savoir pourquoi, un instant d'abnégation sans doute.

Une chance insolente. J'ai été convoquée en entretien pour le deuxième.

J'ai somatisé à n'en plus finir et puis, le jour J arrivant,  j'ai décidé bravement d'affronter mon destin. C'était le 12 octobre, jour de grève, à 11h pétantes.

De ce face-à-face avec ce que la FPT nomme un jury, j'ai émergé avec une boule au ventre. Certes, le job me rebutait mais le type avec qui j'allais pouvoir désormais partager mes journées avait l'air fort sympathique et des supérieurs sains d'esprit, force était de constater qu'à ce jour, je n'en avais pas croisés foultitude.

En bonne balance, je suis restée là, à osciller entre l'attrait de faire une fin en me casant sagement et l'ambition débile d'avoir un jour un boulot qui me plaise pour finalement parvenir à cette conclusion :

La bonne question à se poser, ne serait-ce pas au fond "Est-ce tu t'imagines vraiment passer les 20 ans à venir dans ce type de job ?"

C'est comme ça que, morte de trouille, j'ai dit NON.

S'en est suivie une période de culpabilité intense alimentée par quelques esprits sadiques conjuguant parfaitement le conditionnel, tendance parent normatif, qui aurait bien pu me flanquer à terre. Après tout, c'était vrai. Quel culot j'avais. Refuser du travail, à l'heure actuelle. Un coup à être blacklistée par mon PDPA-bien-aimé et ses soldats de Pôle Emploi.

Et pour couronner le tout, mon ex-futur-directeur m'a téléphoné en début de semaine pour insister si gentiment que ça m'a pété le tensiomètre.

Rendez-vous compte. En quelque sorte, je me faisais chassée. Une première.

Trois jours pour changer d'avis. Sans doute les pires de 2010 pour mon estomac.

Un dialogue intérieur incessant ne m'a lâchée qu'entre deux insomnies : non-mais-attends-t'as-trouvé-un-boulot-pauvre-cruche, ouais-mais-c'est-pas-du-tout-ce-que-je-veux-faire-et-pourtant-je-ne-mets-même-pas-la-barre-haut-maintenant, non-mais-attends-tu-trouveras-jamais-rien-d'autre-tu-vas-te-griller, ouais-mais-c'est-pas-une-raison-pour-faire-n'importe-quoi-faut-que-je-garde-ma-ligne-de-conduite, non-mais-attends-il-a-l'air-bien-sous-tous-rapports-ce-gars-là, ouais-mais-je-vais-crever-à-petit-feu-là-dedans, non-mais-attends-tu-vas-pouvoir-évoluer-c'est écrit-dans-le-livre-saint-de-la-FPT-ça, ouais-mais-je-suis-lucide-l'étiquette-collée-dans-le-dos-je-l'ai-pour-un-bail, non-mais-attends-tu-t'en-moques-c'est-la-titularisation-assurée-dans-un-an, ouais-mais-j'aurai-rendu-l'âme-avant-l'échéance, ... non-mais-attends-c'est-un-salaire-qui-tombe.

Un salaire. Au fait, c'était vrai, je n'avais même pas abordé le sujet à l'entretien. Trop de bonnes nouvelles en même temps, j'avais sans doute craint l'overdose.

1200 € nets par mois.

Un pont d'or pour une pauvre fille comme moi, trop ci et pas assez ça aux yeux des employeurs du privé.

J'ai médité longuement sur ce qui pourrait bien être le prochain sujet de philo "Se résigner, c'est comme prendre 10 ans d'un coup, non ?" et la queue entre les jambes, j'ai fini par expédier un mail pour dire NON, pariant avec infiniment d'audace sur ma bonne fortune et conservant l'espoir de dégoter un travail qui ne me donne pas envie de recourir derechef à la prescription sus-mentionnée.

Signes que je garde malgré tout une certaine fraîcheur. Ou que je suis parfaitement inconsciente.

Pour digérer l'affaire et ne pas virer maboule, j'ai épousseté ma MAC et nourri l'idée que j'avais derrière la tête.

L'avenir me dira si j'ai eu raison ou tort.

Après tout, la vie n'est-elle pas trop courte pour abdiquer ?

Bonne semaine à tous !

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24 août 2010

Se jeter à l'eau

Hier matin 9h15. Sous une pluie diluvienne, je traverse tout Nantes pour finalement me pointer à mon rendez-vous, trempée jusqu'aux os et la frange en bataille. Décidément, je suis une good girl. S'extirper de mon cocon et braver les éléments pour quatre semaines dans l'univers captivant de la poubelle, c'est déjà un bel effort.

A 10 heures pile, j'arrive sur les lieux du crime. Un type souriant me serre la main et m'invite à monter dans son bureau.  Impossible de reculer, je suis faite comme un rat.

La conversation s'engage calmement et plus les mots défilent, plus je m'aperçois que loin des olibrius croisés ces derniers temps dans le privé, le gars qui m'observe est gentil et poli. C'est charmant et rassurant.

Quand il me questionne sur ma reconversion privé-public, j'ai bien envie de lui répondre : "Je n'y suis pour rien. c'est ma copine Chrystel qui m'a embarquée dans cette aventure invraisemblable. Moi, au fond, je ne désirais qu'une chose : continuer à exercer tranquillement mon métier de gestionnaire commerciale export dans le privé." mais je me retiens et lui mens comme un arracheur de dents. Tout passe comme une lettre à la poste.

Au moment où j'aborde sans véritable entrain le sujet fatal du salaire, j'apprends avec surprise que mon concours ne me sert à rien du tout, que je serai considérée comme un adjoint administratif de 2ème classe et que ce mois ne sera pas pris en compte dans la période de stage obligatoire d'un an. Le verdict tombe : c'est le SMIC et rien d'autre.

Mais en revanche, il m'assure que si je suis sage et disciplinée, il m'attribuera de jolies notes et fera remonter un dossier bien ficelé à la DRH qui, elle-même, me gardera bien au chaud dans ses petits papiers. La promesse d'un avenir rayonnant.

Au bout de 25 minutes d'entretien, mon interlocuteur se met tout à coup à conclure : "OK, pour moi, c'est bon. Je donne l'aval à la DRH et vous recevrez le contrat dans les jours qui viennent."

En deux temps trois mouvements, je me retrouve sur le pavé ruisselant partagée entre la jubilation d'être enfin embauchée après six ans de recherche et l'amertume d'avoir à encaisser le coup.

Un contrat d'un mois au SMIC.

La pilule a du mal à passer. En un clin d'oeil, toutes ces années à me battre pour un poste plus intéressant et un meilleur salaire s'envolent en fumée. Je viens juste d'accepter ce que je m'étais juré de refuser en arrivant dans le double four : une baisse de salaire de 30% par rapport à Bordeaux, où j'avais déjà dû me plier à 30% de moins qu'à Paris. Force est de constater que cinq ans après mon débarquement dans le nord-ouest, de guerre lasse, j'ai dû lâcher prise.

Traîner ainsi par monts et par vaux derrière l'homme et sa carrière professionnelle, je me doutais bien qu'un jour ou l'autre, j'aurais à le payer cher.

Je viens juste de prendre l'addition dans les dents. En une poignée de secondes, les quelques barreaux escaladés à la sueur de mon front depuis 1981 se sont brusquement dérobés sous mes pieds, me propulsant direct au bas de l'échelle, hagarde et les fesses bleues. Comme une débutante, j'en suis réduite à devoir faire mes preuves.

Pour autant, ce n'est pas le moment de flancher. Je me suis laissée enrôlée quasiment de force dans l'aventure. Maintenant il faut assumer.

Et assumer, dans l'instant, c'est au-dessus de mes forces car une vague de culpabilité vient juste de me submerger.

Mais que va devenir Miss Cocotine si je quitte le domicile du lundi au vendredi de 7h30 à 17h30 ?

Là, je repense à cette FAF qui, heureuse de sa condition, avait écrit sur un forum quelconque :

"Je ne vois pas comment je pourrais travailler. Je n'ai pas le temps !"

A l'époque, la pertinence de cette remarque m'avait fait hurler de rire. Aujourd'hui, les deux journées en 24h, clairement, je ne suis pas plus prête qu'elle à les affronter.

L'oeil vif et les joues enflammées, je me dis soudain que l'heure a sonné de frapper à la porte de l'autre moitié d'autorité parentale. Je dégaine mon portable :

- C'est moi. Je suis embauchée.

- Félicitations.

- On se voit ce soir pour savoir comment on s'organise pour la petite ?

- D'accord.

L'homme, qui quitte régulièrement le domicile de 7h30 à 19h30, n'en est sûrement pas conscient mais sa vie va changer. Il va apprendre qu'un enfant de 6 ans va chancelant à l'école à 8h50 et en ressort affamé à 16h30, que le réfrigérateur ne regorge pas de douceurs sur un coup de baguette magique, que la poussière reste collée si un chiffon ne l'étouffe pas et que les petits plats crétois de Koula se transforment en prêt-à-servir-Picard si personne ne campe en cuisine pendant 2h30.

Somme toute, ça va remettre les pendules à l'heure, que la MAF réinvestisse le monde du travail.

Et puis, après tout, la gestion des déchets, c'est top tendance !

Mardi midi :

Hier soir, l'homme, a promis d'amener Miss Cocotine au périscolaire tous les matins en déclarant, fanfaron : "Bah, c'est que pour 4 semaines."

19 novembre 2011

Le baratin du samedi 19 novembre 2011

Dans ce monde débile où l'on préfère rassurer des marchés irrationnels plutôt que d'apaiser les peuples et où l'on nie volontiers les dangers potentiels de l'énergie nucléaire pour sauvegarder des intérêts économiques, je continue à gamberger sans relâche sur l'avenir de l'humain.

Ca me distrait.

D'ailleurs, pointer du doigt tous ces horribles fraudeurs qui plombent le budget de l'Etat

en volant les français

ça, c'est une croisade palpitante qui me mettrait presque en transe. Si jamais l'exercice pouvait être élargi aux paradis fiscaux, allez savoir, d'un coup, d'un seul, ça pourrait drôlement renflouer les caisses sans même que la middle class ait à se saigner encore et toujours plus.

Oui, décidément, ces quatre jours de carence pour le privé quand le public n'en a qu'un tout petit, ça m'a laissé pantoise. Je ne prêche pas pour ma nouvelle paroisse, c'est vrai, mais d'un, je suis avide d'égalité et de deux, je ne suis toujours pas fonctionnaire et apparemment loin de l'être.

Et, pour être franche, ma semaine, si ardente pourtant, s'est finie en eau de boudin.

Quinze jours que je dissèque des dossiers parfois douteux pour le bien de l'humanité et sans moufter, tout en priant pour que l'huile trois-en-un que je vaporise consciencieusement et virtuellement chaque matin sur la roue de ma fucking life réussisse enfin à la dégripper.

Parce qu'un contrat de six mois, c'est peut-être mieux que rien, comme je l'entends à droite, à gauche,

mais ce n'est pas non plus la panacée.

Et surtout, ça peut s'avérer destructeur.

En deux misérables semaines, de subterfuges en manigances, j'ai déjà réussi à trouver un vieux bureau bien astiqué, une chaise à roulettes qui a toute sa peau et un Stabilo encore en vie. Je connais le code de la photocopieuse par coeur, je tutoie mon chef et j'ingurgite docilement toutes les chouquettes, les Bounty et les gâteaux maison qui me sont cordialement offerts.

D'ici trois semaines, j'en serai probablement à sucer la poire à mes collègues préférés et à refaire la collectivité à la machine à café en vantant les bienfaits d'un potage à la tomate à 10h17.

Autrement dit, en une moitié d'année, j'aurai largement eu le temps de prendre mes aises et de m'ancrer dans la place.

L'erreur.

Car le 30 avril, le glas sonnera et il faudra mettre les voiles sans la moindre prime de précarité à me mettre sous la dent pour tromper mon désespoir.

Tout ça pour vous expliquer que pour éviter cette nouvelle chute que je ne pense pas mériter, je me suis accordée l'incroyable audace d'envoyer mon CV si pimpant pour remplacer l'une de mes collègues qui, fin décembre, va voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

Evidemment, j'ai essayé de rester sur mes gardes et de ne pas m'emballer puisque la gentille chargée de recrutement qui devait examiner ma candidature m'avait déjà envoyé paître en octobre sur un poste similaire. Malgré cela, j'avais tout de même une raison essentielle d'avoir un brin d'espoir : je faisais désormais partie des murs et personne ne se plaignait de la qualité de mon travail.

Pourtant, hier après-midi vers 14h13, j'ai appris que j'avais été, une nouvelle fois, écartée du recrutement. Là, je dois avouer que mes instincts primaires ont pris le dessus et que, l'espace d'une poignée de secondes, je me suis imaginée, vêtue d'une peau de bête puante, les cheveux embroussaillés et le sourire faisandé, défoncer la porte de ce

capitaine de pédalo

pour lui péter toutes les dents en deux temps trois mouvements.

Puis j'ai réalisé, en regardant mes jambes recouvertes d'un collant écossais ô combien fun, qu'on était en 2011, et j'ai donc choisi de chialer de rage et de dépit devant mon écran, non sans avoir appelé mon Léon à la rescousse pour lui notifier mon éième

Je ne peux plus.

Après tout, pourquoi n'aurais pas le droit, moi aussi, comme tous les français, d'afficher crânement un

7,3/10 en note de bonheur ?

Pour me consoler, j'ai écouté les news et quand j'ai appris qu'être gentil et généreux avec son prochain libérait des endorphines et agissait donc en anti-dépresseur et qu'ensuite,  j'ai vu cette campagne de pub montrant les grands de ce monde s'aimer follement les uns les autres, j'ai décidé, dès lundi, d'attraper cette teigne de recruteuse et

de l'embrasser à pleine bouche.

Vous croyez que ça va marcher ?

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

3 décembre 2011

Le baratin du samedi 3 décembre 2011

Quand en 2009, ma copine Chrystel m'a balancé sans ménagement tu-devrais-passer-un-concours ponctué d'un

au point où t'en es

qui m'a fait la haïr pendant quelques semaines tellement l'idée me paraissait absurde, je n'imaginais pas à quel point j'aurais encore plus envie de l'étriper deux ans après.

De cette semaine de bons et loyaux services pitoyablement rémunérés, je sors tellement dégoûtée que l'effet de ma cure de rajeunissement pour 5,01 € s'en trouve irrémédiablement altéré. Moi qui rêvais du front de Marcia Cross, j'en suis plutôt aux poches à Balladur, ce qui me permet d'affirmer aujourd'hui qu'elle a recours à d'autres fournisseurs de jouvence que Carrefour Market.

Et la fille qui crânait sur son blog il y a trois petites semaines en annoncant avec fierté qu'elle lâchait ses chiffons microfibres haute qualité pour retourner dans la vie dite active rapplique aujourd'hui pour vous informer que

la peur est revenue.

Car à l'issue de ces 37h30 de misère, je sais, qu'à moins d'un phénomène extraordinaire du type corruption-de-hauts-fonctionnaires-ou-d'élus-moyennant-malettes-de-macarons, je n'obtiendrai pas un poste stable dans le petit monde fabuleux où j'erre actuellement et du coup, j'en ai à nouveau le plexus encombré.

Il faut dire que, pour des raisons évidentes, je n'ai jamais eu à croiser quotidiennement une recruteuse qui avait éjecté mon CV, et deux fois de surcroît. Et comme disait Sophie Daumier dans les bras de Guy Bedos, on peut dire que ça me coûte.

Au milieu de cette poignée d'enfants gâtés qui, peut-être parce qu'ils sont des titulaires indéboulonnables, ne ratent jamais une occasion de déblatérer les uns sur les autres tout en répétant haut et fort qu'ils sont débordés, et vont, de surcroît cafter à la maîtresse dès qu'on les envoie paître, ce qui garantit une ambiance assommante de cour de récré, la-parigot-tête-de-veau-qui-pourrait-être-leur-mère comme certaines écervelées s'amusent à me le faire remarquer avec force délicatesse

se paie la honte de sa vie.

La honte d'être tombée aussi bas à 48 ans, de taper "stagiaire" pour se connecter au logiciel, de n'avoir aucune adresse mail parce qu'un contractuel, ça n'a apparemment pas besoin d'exister, et d'avoir pris, en plus, dans la figure, que six mois de précarité, c'était déjà un beau geste de leur part.

Sauf que l'auxiliaire que je suis travaille un peu plus que la caricature de fonctionnaire auprès de laquelle j'ai échoué lamentablement et qui, elle, est merveilleusement bien protégée par ce système un tantinet véreux. Me l'avoir collée sous le nez - et ce n'est rien de le dire, faut sentir son eau de toilette bon marché pour comprendre - relève de la torture mentale et c'est plus que difficile de tirer une quelconque philosophie de cet épisode que mon-karma-à-deux-balles m'impose.

D'autant que, malgré la solidarité ambiante pour cultiver la langue de bois, j'ai enfin intégré, après avoir perdu beaucoup de temps, que

le concours, c'est du pipeau,

et que derrière les beaux discours que certains étalent lors de réunions qui leur donnent bonne conscience et justifient leurs traitements, les belles valeurs d'équité semblent bafouées à tire-larigot.

Alors que faire ?

Leur claquer la porte au nez et réintégrer le foyer en me résignant à vivre chichement et en priant que mon Léon n'en vienne pas à rejoindre tous les quadra qui sont écartés du marché de l'emploi, céder aux voeux de Pôle Emploi et me résoudre à faire chez les autres ce que j'adorerais déléguer chez moi en me disant qu'au moins, l'aspirateur et le balai WC seront de vrais partenaires et pas des langues de vipères, persévérer dans mon rôle de

cheveu sur la soupe

par pure cupidité ou peut-être attendre patiemment qu'M6-notre-sauveur en vienne à créer l'émission dont j'aurais le plus grand besoin :

On ne choisit pas ses collègues,

pour voir enfin mon sombre destin s'éclairer grâce au bon sens de Stéphane Plaza.

Une chose est sure : Le peu de naïveté qu'il me restait a pris du plomb dans l'aile. Aux prochaines élections municipales, cantonales et régionales, il y a de fortes chances pour que je reste chez moi.

Bon week-end à tous

et n'oubliez surtout pas d'être heureux

envers et contre tout et tous !

27 janvier 2011

Napoléon pourra toujours m'attendre

En janvier me vient toujours cette envie furieuse de faire des bilans, le tout étant généralement suivi par les conclusions qui s'imposent.

Ainsi dimanche matin, d'un clic las, j'ai tué mes guirlandes. Ca mijotait depuis ce jour de novembre où la perception me réclama la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), jolie remplaçante de la taxe professionnelle qui, d'après mon enquête, privilégie les entreprises aux énormes chiffres d'affaires mais plombe sans vergogne celles qui vivotent péniblement. S'en est suivi un coup de mou épouvantable à l'issue duquel j'ai décidé de rendre mon SIRET à qui de droit, après avoir plaidé ma cause et réussi à me faire exonérer. Exceptionnellement.

Une fois l'affaire enterrée, j'ai fait preuve d'un courage extraordinaire et n'ai pas succombé à la tentation de m'enfermer avec pour seuls compagnons Grand Corps Malade, Barbara, Lalanne et quatorze litres de pâte à crêpes.

J'ai relevé la tête et me suis présentée souriante et bien peignée à la party galette organisée par l'homme chez un type avec lequel il fraternise tous les samedis matins en attendant la fin du cours de danse de sa fille.

Un traumatisme.

Le petit couple parfait, gentil et même pas arrogant, qui a décidé de quitter Paris pour Nantes, la ville où la vie est paraît-il si douce et où le chômage est paraît-il inférieur à la moyenne nationale. Lui a trouvé le job de ses rêves tout de suite. Elle a démissionné pour le suivre mais son entreprise l'a rappelée quinze jours après pour finalement lui offrir un poste à Nantes. Ils travaillent tous deux à quelques kilomètres de la maison qu'ils ont achetée à peine débarqués, un-vrai-coup-de-coeur, peuvent même déjeuner ensemble parce-qu'ils-sont-à-trois-minutes-l'un-de-l'autre et font garder leurs trois enfants par une nounou adorable et compétente dénichée sans encombres.

Un papier pour Femmes Actuelles ou Prima.

Imaginez, quand, poliment, ils se sont mis à nous retourner les questions et que la bouche pleine de feuilleté, il a fallu que je résume mon parcours chaotique en veillant à écarter tout détail susceptible de les amener à cette conclusion fracassante : mais-elle-traine-une-poisse-cette-pauvre-fille-comment-elle-fait.

Question légitime que je me pose aussi depuis des décennies, sans jamais avoir entrevu l'ombre d'une réponse.

Au fait, je n'ai pas eu la fève.

Quoi de plus normal ? Je n'ai jamais la fève.

Je suis rentrée chez moi comme un vieux pneu épuisé d'être rechapé à outrance.

Dommage car le programme des réjouissances de janvier ne s'arrêtait pas là. Lundi matin à dix heures, j'étais convoquée pour un entretien de l'autre côté de la Loire.

Un entretien.

Sûrement celui de 2011, l'unique.

Depuis plusieurs années, je n'ai jamais plus d'un entretien par an. C'est mieux comme ça. Vu les propositions grandioses qui me sont faites, en affronter trop, ça pourrait me tuer.

Une offre Pôle Emploi qui me promettait un CDD d'un an pour 9,40 € bruts à multiplier par 39 heures hebdomadaires, soit 169 mensuelles - juste pour vous prouver que j'ai quand même de beaux restes en gestion de la paie - sur un poste bizarrement éclectique.

Pas de quoi être excitée comme une puce.

Une fois le bac attrapé de justesse, j'ai erré dans la pampa avec ma carte Michelin à la place du mort, mais sans panneaux et sans GPS, et je suis finalement arrivée pile poil à l'heure à mon rendez-vous abracadabrant.

Dire qu'une sorte de coup de foudre nous est tombé dessus au premier regard serait pur mensonge et de notre entretien cordial mais insipide, je suis ressortie encore plus flasque que je ne l'étais la veille au soir.

Les tâches de gestion commerciale s'étaient métamorphosées en prospection téléphonique et ordre m'était donné de convertir les contacts pris lors des salons en partenariats concrets et fructueux. L'objectif était lourd et les cibles infiniment variées. Il s'agissait d'attaquer l'Asie du sud-est, les USA, le Canada et le Brésil.

Sans aucun doute, j'avais face à moi une sorte de Napoléon du double-four.

Les 39 heures s'étaient transformées en 35 mais avec deux heures de pause obligatoire le midi et cette contrainte étonnante d'opérer le même décalage horaire que le boss, à savoir + ou - 6 heures selon qu'il serait en Amérique ou en Asie sinon-vous-comprenez-bien-ça-n'aurait-pas-de-sens-on-ne-pourrait-pas-communiquer.

Le tout pour un salaire de 10,48 € bruts de l'heure.

J'ai souri bêtement pour ne pas m'étrangler et j'ai abandonné là le grand homme et avec lui, ma brillante carrière de général bonapartiste.

Miss Cocotine valait bien toutes les campagnes d'Egypte.

Tout ça pour vous dire que lundi à minuit, force fût de constater que j'avais échoué lamentablement à tricoter les mots pour en sortir un quelconque baratin. Mieux valait attendre que mes neurones daignent sortir de leur léthargie.

Alors, dans votre grande mansuétude, acceptez, braves gens, que je vous serve un baratin du jeudi après-midi.

Ca ne rime pas mais c'est comme ça.

Bonne fin de semaine à tous !

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9 novembre 2010

Intox

Je ne sais pas ce qui m'arrive mais j'ai bouclé cette 44ème semaine de l'an 2010 avec une patate du diable.

Agacée par le peu d'entrain que mettait la FPT à m'accueillir, je me suis mise à bouder dans mon coin et de ruminations en stratégies de vengeance, j'ai échoué dans mon atelier à remuer chiffons et rubans.  Se défouler dès potron-minet sur une pédale de MAC, ça a ses vertus. Et puis, tout bien réfléchi, le fil emmêlé de mon karma allait peut-être me réserver de nouvelles surprises. Le tout, c'était de ne surtout pas en douter.

D'ailleurs, à en croire celle-qui-me-dit-tout-sur-ce-monde-débile, l'hexagone s'engageait, lui aussi, vers une période faste. Un nouveau premier ministre, c'était exactement ce qu'il fallait aux français grognons pour retrouver enfin la niaque. Des mois que je rongeais mon frein en attendant ce coup de théâtre prometteur. Là, c'était clair et net, le vent allait enfin tourner. Une nouvelle France était sur le point d'émerger.

A moins que.

Non, mon PDPA-bien-aimé ne décevrait pas ainsi son bon petit peuple en faisant du neuf avec du vieux.

Tout ça pour ça ?

Franchement, une fin si peu pimentée, ce serait d'un triste.

Ca m'a avachie. Heureusement que jeudi soir, je m'étais prévu un programme boite-à-Ferrari-aiguilles-n°7. Vous le croirez ou non mais Françoise et Guilaine m'ont servi la recette qu'il me fallait sur un plateau doré : LA DETOX. Me détoxifier, me détoxiner, me désintoxiquer, c'est exactement ce dont j'avais besoin.

Me purifier de l'intérieur pour avoir enfin l'esprit qui flotte dans la ouate.

Evidemment, mieux valait fermer les yeux sur tous ces scientifiques rabat-joie qui prétendaient que tout ça n'était que pures balivernes et se fier à toutes ces bonnes gens qui conjuguaient allègrement les verbes balayer, épurer, drainer et accumulaient  les pièces d'or dans le dos des à-bout-de-nerfs ou des trop-crédules.

J'ai examiné toutes les méthodes en détails, du mélange de thé si bien markété que son créateur s'en frotte les mains chaque matin au séjour spécial jeûne 10-kilomètres-de-marche-par-jour-en-pleine-pampa-tisane-à-volonté-un-bouillon-chaque-soir-et-that's-all-folks, transformant ses adeptes en défricheurs intimement persuadés qu'une vache tient du miracle et que s'allonger dans l'herbe pendant que le coach se cache derrière un arbre pour boulotter son casse-croute améliore la vue, ce qui ne les empêche pas de ponctuer leur expérience par une descente chez le charcutier du coin, et j'ai choisi...

...l'irrigation colonique.

Pas tout à fait nouveau comme pratique.

Mais côté sémantique, un pur bonheur.

Bonne semaine à tous !

27 septembre 2010

Vivre ensemble

Chaque lundi matin, j'espère pouvoir enfin vous annoncer que je suis sortie de la semaine écoulée aussi sereine et radieuse qu'une fille qui vient d'avaler les 365 méditations quotidiennes du Dalaï-Lama.

Autant croire au Père Noël.

Cette semaine number 38 de l'an 2010 m'a quasiment minée et à part une cure intensive de Sédatif PC, je ne veux pas comment je pourrais sortir de cette bourrasque mentale.

Observer ce monde invraisemblable dans lequel je reste persuadée que mon père et ma mère auraient pu s'abstenir de me lâcher, surtout quand on note la qualité discutable du service après-vente dont j'ai bénéficié, me laisse trop souvent muette d'horreur.

Après tout, comment l'humanité pourrait-elle évoluer vers la sagesse ? Quand il n'y a pas de foin dans le râtelier, les chevaux se battent, c'est bien connu.

Dans l'hexagone, force est de constater qu'actuellement, tout part en eau de boudin.

Perdu entre la phobie de virer cul de jatte dans une rame de métro, devant la vitrine d'un grand magasin ou au sommet de la Tour Eiffel, et la perspective de mourir de vieillesse dans les bras de son chef de service sans jamais avoir eu le loisir de plomber toutes les départementales avec un camping-car flambant neuf, nul ne peut assurer qu'il ne finira pas, un jour ou l'autre, par devoir aller cracher ses clous chez le Père Amorth.

Riches et déshérités, français et étrangers, patrons et salariés, croyants et athées, public et privé, jeunes et vieux, plus personne ne semble vouloir cohabiter en paix et je me demande ce qu'il va bien pouvoir émerger de ces continuelles et pathétiques parties de catch qui ne font que mettre en exergue les plus vils instincts des uns et des autres.

C'est moche.

A tel point qu'on serait sacrément tenté d'effectuer un repli sur soi-même en bâillonnant celle-qui-dit-tout-sur-ce-mode-débile et la-boite-à-Ferrari, histoire de sauver quelques neurones encore sains d'une décrépitude certaine.

C'est ce que, dans ma grande lâcheté, j'ai expérimenté.

Sauf que cette séance de nombrilisme n'a pas eu du tout l'effet escompté. A contempler ma piètre vie de 2ème classe, j'ai bien failli sombrer dans une neurasthénie foudroyante.

Après avoir aimablement supporté le chasseur précautionneux qui appelle pour savoir ce qu'il doit faire de ses viscères de lapin et de ses tripes de canard maintenant qu'il n'y a plus qu'une collecte hebdomadaire, et qui finit par répondre lui même en décrétant qu'il les entreposera au frigo, le noceur pédant qui a donné une réception et ne sait que faire de ses six sacs d'ordures, et d'ailleurs, si on ne lui propose pas de service personnalisé, il va les mettre dans la poubelle de son voisin parce que mercredi il aura autre chose à faire que de sortir son bac pour le ramassage et le délateur excédé qui m'explique qu'au numéro 67 de la rue des Bleuets, il y a un sale type qui ne rentre jamais sa poubelle et que vraiment il faut faire quelque chose car ça ne peut plus durer, voilà que ma mine d'or s'est peu à peu épuisée et que je me suis retrouvée devant mon téléphone brun astiqué par mes soins, sans la moindre réclamation à me coller sur l'oreille.

Comme je suis une brave fille et que j'ai été formée à la dure, j'ai réclamé l'impensable : du travail.

Mal m'en a pris de faire du zèle. J'ai bouclé ma semaine écartelée entre les archives dans lesquelles personne n'avait eu le courage de mettre le nez depuis 2001 et le standard déserté par sa locataire. L'occasion ultime de se fâcher définitivement avec le concept hautement fashion "Travailler plus pour gagner plus" et filer à l'anglaise dès mes sept heures réglementaires achevées.

L'objectif étant de parvenir à traverser le désert en jouant l'invincible afin de faire la nique aux boules-de-gomme-qui-font-voir-la-vie-en-rose-fuschia-prescrites-par-mon-toubib-bien-aimé. Après tout, le calendrier sur lequel je m'échinais à barrer soigneusement les jours était là pour attester qu'il ne m'en restait plus que neuf à tirer.

Dans cette ambiance morne, heureusement éclairée par un mail de ma copine Sarah, fonctionnaire territoriale de son état,  me conseillant ironiquement de lire la fausse Zoé Shepard, il ne restait plus qu'une chose essentielle à sauvegarder : le sens de l'humour.

Autant vous dire qu'il a fallu que je m'accroche.

Par bonheur, jeudi, je me suis retrouvée consignée à la maison pour cause d'école fermée, le coût d'une garde organisée au débotté dépassant largement mon salaire journalier et ma présence n'étant visiblement pas indispensable là où j'officie. Evitant donc de me mettre la rate au court-bouillon, j'ai tranquillement repassé mon tas de linge en écoutant Marlène Jobert raconter La Belle et la Bête à une Miss Cocotine subjuguée.

Au moment où la Bête s'est transformée en Prince et qu'a retenti le fallacieux ils-vécurent-heureux-dans-leur-royaume-pendant-de-très-très-longues-années, j'ai failli lui hurler que dans la vraie vie, la bonté, la compassion, la loyauté, l'abnégation, le courage n'étaient pas du tout des valeurs en vogue et qu'on avait beaucoup plus de risques de se traîner pléthore de monstres hideux jusqu'à la fin de ses jours plutôt que de voir surgir des farandoles de galants aux yeux doux.

Mais j'ai eu trop peur de finir en statue.

La mine penaude, j'ai discrètement noyé mes aigreurs dans la vapeur en me disant qu'avec un peu de chance, son ange-gardien serait moins flemmard que le mien.

Bonne semaine à tous !

23 août 2010

Les poubelles ou les pandas

Voyons, que m'a-t-elle apporté comme joies indicibles, cette 33ème semaine de 2010 ?

Rien de neuf côté ambiance de l'hexagone. C'est quoi, déjà, cet adjectif que ceux qui parlent haut et fort adorent employer à tire-larigot ? DELETERE. Voilà, c'est ça. Toujours aussi délétère, le climat.

Ca m'a collé une envie furieuse de rester cloitrée chez moi, EN SECURITE.

Du coup, j'ai gardé Miss Cocotine enfermée ici une semaine, bien au chaud dans la ouate. Elle me l'a fait payer. Jeudi, probablement pour fêter la fin proche de son incarcération, elle a chargé un CD de comptines allemandes emprunté à la bibliothèque et s'est mise à jouer du triangle sur un rythme démentiel. Et malgré mes suppliques, le tout a duré 3/4 d'heure.

La tête en vrac, je n'ai même pas entendu le téléphone sonner.

Et pourtant.

C'était un type charmant qui m'appelait pour un contrat d'un mois dans la FPT*. Ca m'a tellement étonnée, que le monde du travail s'intéresse soudainement à moi, que j'ai réécouté le message trois fois, la bouche en cul de poule et les sourcils au niveau des cheveux.

Voilà, le miracle tant attendu allait se produire. J'allais enfin trouver le poste correspondant à mes douces aspirations.

Vendredi matin, à 8h30, pendant que la petite musicienne dormait encore, j'ai décroché le combiné, pleine de bonne volonté et d'espoirs insolents. 1/3 de seconde a suffi à me faire chuter du nuage sur lequel je m'étais naïvement perchée.

En réalité, il s'agissait de rassurer les usagers déboussolés et crispés par le changement de jour et de fréquence de collecte de leurs ordures ménagères et pour remplir cette mission, je devrais, en plus, me rendre à l'extrémité opposée de l'agglo.

En raccrochant, j'ai repensé à un film vu récemment et qui démarrait comme ça :

Pour réussir dans la vie, il faut du talent, du travail et de la chance. On a beau avoir tout le talent du monde et travailler nuit et jour, si l'on n'a pas de chance, tout est vain.

Ce rendez-vous de lundi matin à 10h, c'était sûr, j'irais, je l'avais promis à mon interlocuteur, mais pas de gaîté de coeur. J'avais bien rêvé d'être princesse, infirmière, maîtresse d'école, à la rigueur expert-comptable ou avocate, mais jamais de bosser dans le déchet.

La mort dans l'âme, j'ai atteint péniblement mon dimanche soir en me demandant si je n'allais pas plutôt postuler comme gardienne de pandas. Quoi ? Vous n'êtes pas au courant ? En Chine, au Centre de Protection des Pandas, ils en cherchent six.

Bonne semaine à tous !

* Pour les vilains qui ne suivent pas ou les petits nouveaux, FPT veut dire Fonction Publique Territoriale

20 mai 2009

Chronique d'une fin de soirée ordinaire

16h35. Je récupère Miss Cocotine à l'école, échevelée, un brin cradouille et complètement à l'ouest. Deux Lu, deux pruneaux et un verre de lait suffisent à la remettre presque d'aplomb. D'un coup de ballon coccinelle, elle me décapite trois fleurs de rhodo puis se met à dépecer méticuleusement une branche d'arbre avant d'aplatir quelques fourmis avec une pierre. De mon poste d'observation, à savoir mon transat,  je me demande d'où elle sort toutes ces idées brillantes mais je reste calme. Faut que jeunesse se passe.

Au moment où elle saisit un bâton pour se lancer dans une partie effrénée d'arts martiaux, je me demande pourquoi je me suis ruinée chez Corolle et je l'attire dans sa chambrette pour la neutraliser. Une demi-heure plus tard, elle en ressort à pas feutrés, une mèche de cheveux à la main "Maman, zai fait une bêtise.". Il est grand temps de l'envoyer sous la douche se rafraîchir les idées.

Le résultat n'est pas à la hauteur de mes espérances. La frimousse pleine de mousse, elle me regarde soudain d'un air fripon et se met à hurler en boucle : "Zai toussé leu zizi à Thomas !" Bon sang de bois. Qu'est-ce-je peux répondre à ça ? Je sèche. J'essaie de me reprendre et je bredouille sans conviction : "Euh, quelle drôle d'idée, c'est pas bien, de faire ça..." Incontestablement, le moment est venu de se jeter à corps perdu sur le pavé d'Edwidge Antier pour vérifier si la petite se développe tout bien comme il faut.

Pendant que je révise, je décide de la coller devant Télétoon, histoire d'avoir la paix deux minutes. Le type qu'a inventé Bob l'éponge, c'est décidément mon meilleur pote.

Il est 19h20. Aucune trace de l'homme qui a pourtant quitté le domicile conjugal à 5h30 ce matin. Ca sent le dîner raté à plein nez. Je me traîne péniblement dans la cuisine où je décrète : "Des clous, ce soir, je fais rien." Et comme pour me justifier auprès des trois moucherons qui volent, j'ajoute : "Ah, puis flute, on peut pas être au top tous les soirs !"

Ca fait une heureuse. Jambon-pâtes-salade, Miss Cocotine, c'est pile-poil son créneau. Au moins, pas besoin de négocier habilement et de sortir ma phrase choc : "Pas de légumes, pas de dessert !" Tout roule ma poule quand brusquement, à 19h45, j'entends la clé dans la serrure. L'homme est de retour avec un "Salut, les filles" moins performant que celui du matin.

Là, d'un coup, j'ai un doute affreux qui m'assaille, rapport au film que j'ai vu mercredi. L'homme, il serait pas en train de développer l'international, par hasard ?

Bon, évidemmement, pour saisir toute mon angoisse, faut avoir lu le bouquin d'Anna Gavalda ou avoir vu le film de Zabou Breitman...

27 avril 2014

Le baratin du dimanche 27 avril 2014

Depuis que j'ai vu Gravity, j'ai renoncé à l'idée d'aller sur Mars.

Le souci, c'est que l'abandon de ce projet d'évasion m'a plongée dans un puits sans fond.

Normal, sur Terre, je n'ai rien trouvé de croustillant à me mettre sous la dent.

A part les préoccupations existentielles de ma collectivité, bien évidemment.

Et là, tonnerre de Zeus, on peut dire que je traverse

une période faste.

Je n'avais jamais mesuré à quel point ce qui se trame dans les couloirs de la FPT juste après les élections peut être envoûtant.

Depuis que celui qui devait être réélu les doigts dans les nez ne l'a pas été - ô malédiction - BB (Big Boss) est blanc comme un linge et à mon humble avis, GB (Gentil Boss), lui, n'est pas loin de penser, certains jours d'agacement, que si tout le monde sautait, son quotidien s'en verrait peut-être miraculeusement transformé.

Autrement dit, pendant que ça spécule outrageusement dans les hautes sphères, la base, elle, continue à bosser bravement.

Dans ce marasme, je poursuis

mon chemin initiatique.

Pour repasser le concours en 2015, j'ai gentiment demandé la permission d'assister à la préparation organisée par le CNFPT. Lequel m'a récemment convoquée pour un test d'orientation censé mesurer mon aptitude à analyser, synthétiser et rédiger.

Le but étant, en cas de besoin, de participer à une remise à niveau avant l'entrée en formation.

C'est compliqué, mais c'est la spécialité des fonctionnaires, d'éradiquer toute simplicité.

Du coup, j'ai propulsé mon Bac+2 et mes décennies d'expérience aux oubliettes et je suis partie plancher trois heures dans un amphi sympathique, entourée de 230 personnes (les 230 autres étant conviées pour le même exercice l'après-midi).

A peine arrivée, j'avais déjà envie de repartir.

Il faut dire qu'au lieu de profiter pleinement de ces festivités scolaires, je me suis lancée dans de multiples interrogations du genre

mais-qu'est-ce-que-je-fiche-ici.

Passer un concours dans la territoriale, à quoi ça sert ? Ca donne accès à une catégorie, pas à un poste et encore moins à un métier. Ca ne donne pas d'emploi, et au bout de trois ans, on peut le perdre et entrer majestueusement dans la bande des reçus-collés.

De quoi virer à l'aquabonisme le plus aigü.

Ou à la révolte.

Un système lourdingue et soi-disant égalitaire qui permet mille dérogations et discriminations à l'embauche et qui met des bâtons dans les roues de ceux qui veulent évoluer, qui y croit encore ? Combien d'argent public gaspillé dans ces organisations de concours - sans parler des fois où, suite à une erreur interne, les candidats sont obligés de repasser les épreuves ? Une bonne refonte de leurs méthodes de recrutement archaïques, voilà ce dont ils auraient besoin, dans la Fonction Publique Territoriale (voir la Méthode d'autoévaluation proposée par Le Défenseur des Droits).

Mais vous me connaissez. Je me suis reprise.

Je suis restée dans les rangs et, tel un bon petit soldat, j'ai noirci mes copies.

Et puis je me suis sauvée en jurant : "Inch'Allah, si j'ai moins de 10, je laisse tout tomber."

Au risque de clamser devant la Canon à 72 ans, au 11ème échelon de ma grille miséreuse.

Après des années à supporter les regards lubriques vissés sur les fesses moulées de la blonde, les discours pitoyables de BB qui commencent d'un bon-j'ai-mon-organe-qui-n'est-pas-au-mieux-et-tout-le-monde-aura-compris-qu'il-s'agit-de-ma-voix et cette stupide machine à affranchir qui tuerait net le sourire du Dalaï Lama.

Pas glam'.

Heureusement,

je lis Happinez.

Et page 99, dans un article intutilé "Toi et moi", j'ai vu cette invitation :

"Tous les jours, nous sommes entourés de proches, de collègues, d'inconnus. Entrons-nous réellement en contact avec eux ? Essayons de donner le meilleur de nous-mêmes."

Vous pensez si ça m'a interpellée.

Donner le meilleur de moi même, c'est mon obsession.

Surtout avec mes collègues.

Et le magazine de me proposer ce rituel :

"Placez-vous debout l'un en face de l'autre, les deux pieds à plat sur le sol. Regardez-vous. Placez votre main gauche sur votre coeur et demandez à votre partenaire de placer sa main droite sur votre main gauche, de telle sorte que vos deux mains soient posées l'une sur l'autre, sur votre coeur."

Et caetera.

Foi de Cocotine, demain matin,

je mets l'exercice en application

avec le premier que je croise au bureau.

Le double-four est noyé sous les eaux, mais c'est drôle, une lueur d'espoir vient soudain d'illuminer mon ciel.

3 février 2014

Le baratin du lundi 3 février 2014

Pendant de longs mois, je me suis interdit de penser, et surtout d’écrire, que ce boulot pour lequel je m’étais battue pendant de si longues et sombres années me pompait franchement l’air.

Comment aurais-je pu me permettre cette audace quand autant de seniors frappaient à la porte de Pôle Emploi chaque matin ? Lucky me, malgré ma date de péremption avérée, j’étais enfin passée du bon côté de la barrière. Je n'allais tout de même pas, en plus, venir pleurnicher sur mon blog à deux balles.

Surtout que le gros risque, c'était d'y rencontrer de prétendues bonnes âmes toujours prêtes à distribuer du «Y’a pas de sots métiers ! ».

De quoi plonger encore plus profond.

Parce que le problème n’est pas là.

Il est dans ma tête.

Je ne suis pas fabriquée pour supporter des systèmes débilitants toute la journée,  passer d’une

tâche « à la con »

à l'autre et démêler des histoires de récré.

Je n’y trouve pas de sens.

Et Zeus sait que quand un pauvre zèbre ne trouve aucun sel dans ses journées, il peut vite s'emmêler les rayures.

Contrairement à certains de mes collègues qui sont tombés dedans quand ils étaient petits, Papa et Maman en étant de fervents adeptes, je n’ai jamais eu envie de travailler dans la Fonction Publique.

J’y suis par dépit.

Parce que son fonctionnement est bien souvent aberrant. Non pas à cause des agents qui y travaillent et qui le font, en grande partie, avec conviction et dévotion, mais à cause de ceux qui y font la pluie et le beau temps en freinant souvent des quatre fers, et qui, malencontreusement, parfois, confondent intérêts personnels et intérêts collectifs. Et ce ne sont certainement pas les reportages croustillants de Zone Interdite, hier soir, qui auraient pu me remonter le moral.

Comme une mouche scotchée au serpentin d'une masure, je me sens fichue.

A quoi je sers ?

A rien, je ne suis qu’un pantin.

Un moment, pourtant, j’étais persuadée qu’il existait des postes intéressants dans la FPT et que je pourrais, éventuellement, y avoir accès, mais depuis que je me suis ratatinée au concours et que je suis donc certaine de végéter dans ma catégorie pendant encore au moins deux ans, comme-qui-dirait, j’ai perdu la foi.

Alors que faire ?

Continuer à vivre par procuration en regardant des séries, claquer 30 € pour avoir l’illusion de me faire plaisir et m’enfiler ½ comprimé d’Alprazolam de temps à autre ou

partir définitivement avec Mars One ?

Si Bill Nighy ne vient pas m'enlever d'ici 2024, je grimpe dans le vaisseau. De gratte-papier, je passe à pionnier, et s'il faut en crever, au moins, ce sera avec panache.

16 novembre 2013

Le baratin du samedi 16 novembre 2013

Un soir de solitude, ma télécommande m'a projetée sur le plateau de La Grande Librairie et j'y ai rencontré Yasmina Khadra :

François Busnel, avec son intonation incomparable : Que signifie cette phrase prononcée à la toute fin du livre ? Sais-tu pourquoi nous n'incarnons plus que nos vieux démons ? C'est parce que les anges sont morts de nos blessures.

Yasmina Khadra : Pour moi, à chaque fois qu'une personne est blessée, un ange meurt et donne naissance à un démon. C'est lorsqu'on essaie d'aller vers les autres, lorsqu'on est généreux, lorsqu'on est bon, lorsqu'on est l'incarnation même d'une certaine honnêteté... et on est toujours malheureux parce que les autres ne nous comprennent pas, parce que les autres ne veulent pas nous comprendre, parce qu'on est dans l'exclusion... y'a un ange qui meurt, parce que cette générosité, elle va disparaître et elle va donner naissance peut-être à la colère, à la haine, l'aversion, l'animosité...

Là, je me suis sentie visée.

Des anges morts, j'en avais plein les poches...

...et donc mille bonnes raisons de jouer au zèbre balafré qui préfère rester tout seul chez lui à compter ses rayures en se demandant ce que veut vraiment dire le verbe aimer et s'il n'est pas pure supercherie...

...mais de là à gâcher ce qu'il me reste de mon parcours terrestre en stagnant dans les ténèbres entourée de vieux démons...

J'avais mieux à faire.

Du coup, j'ai piétiné mes amours faisandées, mes amitiés ratées, ma famille tarée, mes jobs avariés et fourré toutes mes désillusions au fond d'un sac jaune gracieusement offert par la mairie du bled.

Puis j'ai jeté un clin d'oeil à mes Dr Martens noires et vernies.

Mon petit monde pourra toujours s'écrouler, je garderai

ma fille

et ma fucking envie de vivre.

Puis, je suis montée me coucher en psalmodiant tu-es-quelqu'un-de-bien.

Après tout, mon toubib me l'avait confirmé deux jours auparavant : "Vous êtes gentille... mais pas dans le mauvais sens du terme, hein..."

Il fallait juste que j'arrive à le croire et que je cesse de battre ma coulpe.

9 octobre 2013

Le baratin du mercredi 9 octobre 2013

Hier soir, à 20h40, je ne parlais pas toute seule sur un banc, mais bien calée dans mon canapé. Une soirée pimentée de plus à hésiter entre France 2, Arte ou M6 s'annonçait.

Bizaremment, le destin en a décidé autrement et je me suis soudain retrouvée sur France 5 face à ce titre aguichant :

"Dans la peau d'un chômeur de plus de 50 ans".

Animée du masochisme le plus aigü, j'ai suivi Gilles de Maistre, un journaliste de 52 ans qui, pendant neuf mois (seulement...), a cherché un job sous le pseudo de Gilles Lafon, responsable commercial.

Pour de faux.

Le bienheureux.

Plus les regards hagards et les vies brisées défilaient, plus je revivais mes sept années de lutte et je me disais que si je n'avais pas eu l'idée de venir faire ici mon coming out de demandeur d'emploi de longue durée un certain 28 septembre 2008 à 15h03, j'aurais certainement laissé davantage de plumes sur le chemin.

Job wanted,

84 billets pour vaincre l'humiliation,

l'ignorance ou le déni.

Cependant, si j'ai écrit, j'écris et j'écrirai encore, je me garde bien, en revanche, de parler de cette période à quiconque. La naïveté et l'incrédulité de ceux qui n'ont jamais connu cette descente aux enfers les poussent facilement à penser que j'en rajoute et je finis taxée d'adepte de la victimisation.

Les pauvres.

Un jour, ils pourraient bien tomber de haut, eux aussi.

Difficile, cependant, de vous conseiller ces 52 minutes de vraie vie.

A moins que vous n'ayez moins de 43 ans, l'âge auquel le vilain petit monde du travail français m'a collée cette étiquette de

senior.

Car mieux vaut être préparé à cette mise au rancart, mieux vaut savoir qu'on devra accepter un job qui ne correspond pas du tout à l'expérience acquise, mieux vaut savoir qu'on se retrouvera décalé dans un milieu professionnel étranger à ce qu'on a connu, mieux vaut savoir que le salaire des jours heureux, celui pour lequel on s'est battu et qu'on a largement mérité, sera salement amputé.

Dans le meilleur des cas.

Le mien.

Bon courage aux demandeurs d'emploi qui témoignent dans le reportage et qui cherchent, pour certains, depuis  10 ans, et à tous les autres qui s'en prennent plein la figure dans l'ombre.

21,6% des chômeurs ont plus de 45 ans.

Un tour, pour le fun, sur Service-Public.fr où l'on peut lire "Le départ à la retraite à partir de 62 ans s'applique donc uniquement si vous êtes né à partir du 1er janvier 1955."

Je vous laisse faire la soustraction : 62 - 45 (voire 43) = ?

Merci pour vos petits mots

qui m'ont indéniablement soutenue

pendant ces très longues années

que je ne parviens pas à oublier.

PS : Intéressant aussi, l'entretien qui suit le documentaire entre Carole Gaessler et ses invités : Gilles Mirieu de Labarre, président de "Solidarités nouvelles face au chômage" et le sociologue Serge Guérin.

9 novembre 2009

Un choix draconien

En cette semaine 45 de l'an 2009, j'ai appelé mon tailleur pour qu'il me colle la réplique de la robe de Marilyn à la peau. Fallait être à la hauteur de l'occasion : 2 ans et demi de règne de notre PDPA préféré (pour ceux qui débarquent la fleur aux dents et à qui je souhaite la bienvenue d'ailleurs, PDPA = Président Du Pouvoir d'Achat), ça se fête. Malgré le peu d'encouragements de ma fille m'intimant de me taire à coup de "Maman, tu chantes faux !", je m'essayai à rendre mon "Happy birthday Mr Président..." tout aussi torride que l'original.

J'en étais à réviser le deuxième couplet et à tenter de marcher sans bouger trop la fesse gauche quand tout à coup, le mur d'incompréhension qui me séparait de Mönchengladbach est tombé. Reuter Bathrooms, en ce lundi 2 novembre, m'annonçait que ma commande allait quitter leur entrepôt incessamment sous peu. Sous le coup de la nouvelle, je me suis assise brutalement, pétant net la couture arrière de mon déguisement. Peu m'importait. La mort de ma SDE (pour ceux qui débarquent la fleur aux dents et à qui je souhaite la bienvenue d'ailleurs, SDE = Salle D'Eau) supplantait l'anniversaire à venir.

Ainsi, les allemands n'étaient pas si vils que ça en affaire. Cette happy end promise m'a jetée dans un torrent d'émotions et toute ma quête éperdue pour trouver le fournisseur le moins cher tout en restant en éveil sur le rapport qualité-prix m'est revenue en mémoire. En farfouillant dans mon dossier "Projet Salle de Bain", j'ai consulté chaque devis et revécu avec tendresse toutes ces joyeuses rencontres avec les artisans du coin.

Quand soudain, une idée m'est venue. Après tout, que pourrait le plus apprécié mon PDPA, pour son anniversaire, qu'une liste de bons artisans pratiquant des prix honnêtes ? Le pauvre venait quand même de se faire escroquer 245772 € pour l'installation d'une salle d'eau au Grand Palais, tellement empreinte de banalité qu'elle n'aurait certes pas l'ombre d'une chance d'être repérée par Côté Paris. Alors, j'ai appelé de suite l'Elysée pour connaître son adresse mail.

Là, on m'a dit : "Le Président est occupé. Il se regarde dans le miroir." et effectivement, en tendant l'oreille, j'entendis sa voix : "Miroir, mon beau miroir, qui est le plus beau en ce pays ?" Et la réponse fusa : "Commande donc un sondage pour le savoir ! Tu as claqué 3 millions d'euros l'année dernière. Vas-y, pour 2009, t'as encore du crédit !". Sentant le vent sur le coup de tourner, je remballai mes bonnes intentions et je raccrochai.

Je finis la semaine dans l'espoir d'un dénouement joyeux. Pas pour le PDPA. Pour moi. J'allais enfin pouvoir palper mon beau lavabo Duravit Wondergliss, tripoter mon pommeau de douche Hansgröhe et caresser mon robinet de baignoire Gröhe.

Vendredi matin, la sonnerie tant attendue :

"Allo, c'est les Transports Graveleau. J'ai une palette pour vous mais je ne peux pas rentrer dans votre rue avec mon onze tonnes."

"Oh non, c'est pas possible. Vous êtes où ? Bougez-pas, j'arrive !"

Rien n'y a fait. Le livreur avait peur du panneau, de la police, de l'amende, de ma rue, de son ombre. Au cul de son camion, j'ai entre-aperçu mon énorme commande bien filmée puis intraitable, il a fermé boutique et ma palette est repartie aussi vite qu'elle était venue.

Je suis rentrée chez moi en m'insérant la disquette de secours : "T'inquiète. Tomorrow is forcément another day."

C'était vrai. Dimanche matin, j'avais enfin trouvé une parade. Pour oublier  mon chantier maudit et m'assurer un avenir resplendissant, il suffisait soit de lire tout Levi-Strauss, soit de m'engager corps et âme dans une formation de convoyeur de fond.

Fallait juste choisir.

Bonne semaine à tous !



26 septembre 2013

Le baratin du jeudi 26 septembre 2013

Si, lorsque j'ai pointé mon nez dans ce monde débile un jour d'automne à l'hôpital Foch de Suresnes, quelque cartomancienne m'avait avertie que bien des années plus tard, mon avenir se jouerait dans l'atmosphère improbable de la salle d'expo des Oudairies à la Roche-sur-Yon, je me serais vite fait hara-kiri avec le premier scalpel en vue.

Malheureusement, ça ne s'est pas passé comme ça et Bouddha s'est encore joué de moi en m'envoyant là-bas pour un nouvel exercice.

En janvier 2013, après avoir décortiqué avec méthode les possibilités extravagantes d'avancement que m'offrait ma nouvelle carrière dans la FPT du double-four, j'ai capté que, si je ne pratiquais pas, encore une fois, la politique

du BTF (ou Bouge Tes Fesses)

je mettrais quelques bonnes dizaines d'années à gravir péniblement les échelons en grattant un ou deux ou trois points à 4 € et des cacahuètes bruts tous les un ou deux ou trois ans.

Pas de quoi m'acheter cash la cahute crêtoise de mes rêves.

Sans compter que, même en faisant preuve d'un optimisme débridé, je pouvais affirmer sans risque que des décennies, devant moi, je n'en avais pas à la pelle.

Ce constat pitoyable m'a aussitôt poussée à m'inscrire pour passer un autre concours, histoire de me donner l'illusion d'avancer. Puis, j'ai procrastiné et même essayé d'oublier que j'avais eu la prétention de choisir l'épreuve de finances, budgets et intervention économique des collectivités territoriales. En dernier ressort, pétrie de lâcheté, j'ai fui.

A Chypre.

La suite, vous la connaissez.

Enfin, en partie seulement.

Car la face cachée de l'iceberg est nettement moins glamour : des soirées à me goinfrer d'articles de La Gazette des Communes, des pauses déjeuners heures à disséquer le site gouvernemental des collectivités locales et des week-ends à stabilobosser mon Foucher de chevet en tentant d'imaginer à quelle sauce j'allais être mangée le jour J.

Et ce fameux jour J,

c'était hier.

Avec toute la bravoure dont je peux faire preuve mes jours de just-do-it, j'ai sauté dans ma décapotable à 9h00 pour un rendez-vous à La Roche-sur-Yon à 13h30. Deux fois quatre gouttes de Rescue sur la langue et j'étais assise bien droite devant ma copie, prête à en découdre avec le sujet qui me faisait de l'oeil à travers sa belle enveloppe dûment cachetée.

Le tout était d'ignorer mes centaines de voisins bien alignés en blocs d'internes, d'externes ou de 3ème voie.

Tout ça pour vous expliquer que l'affaire est bouclée, voire baclée, et que je peux donc reprendre une vie normale.

D'ailleurs, je vais me coucher sans mon Foucher.

Demain, qui, paraît-il, est toujours un autre jour, je bosse dans ma catégorie poids plume, et vu le niveau glauque de ma prestation, c'est sûrement pour un bail.

A bientôt pour de nouvelles aventures,

et merci pour vos petits mots !

1 mars 2010

Revigorée... ou presque

A vrai dire, je n'étais pas sure de trouver la force nécessaire pour vous baratiner ce matin et récapituler les 6ème, 7ème et 8ème semaines de l'an 2010 d'un coup. Pourtant il est 1h18 et je suis là, les doigts frétillants. Finalement, mon coup de mou n'aura pas duré si longtemps et j'espère que vous me pardonnerez cette incartade. Mon nouveau régime pancakes, à coup sûr.

Pendant ces trois semaines, j'ai tout mis en oeuvre pour retrouver le goût de vivre. Ainsi que je vous l'avais annoncé, j'ai d'abord adhéré à La Ferme des Célébrités et son suspens insoutenable, puis j'ai suivi l'aventurier de l'amour à travers sa quête déchirante de l'âme soeur, priant pour que ce garçon si doué trouve enfin chaussure à son pied. Peu à peu, mon traitement de choc a commencé à porter ses fruits mais pas question de revenir trop brutalement sur France Inter. La différence aurait été bien trop violente.

Alors, moi qui suis une fanatique des jeux d'hiver, je me suis mise à l'heure de Vancouver et j'ai rêvassé devant le patinage artistique, ses costumes affriolants, ses portées impressionnantes et ses commentaires si exquis. Je me suis sentie incroyablement mieux. Ce Candeloro, quand même, quel boute-en-train. Des réparties insensées, une verve extraordinaire. Tenez, je ne résiste pas à vous faire profiter de ses remarques tellement fines et désopilantes :

Je débarque de l’avion là donc tout va bien ! Je suis frais comme un gardon“, a-t-il déclaré... En effet, il l'était... “Sur la glace, ils se voient bien, alors peut-être parce qu’ils sont d’une couleur différente de nous Nelson, mais je trouve qu’ils vont bien ensemble, et je trouve que sur la glace ils ressortent très bien“, a -t-il lancé en parlant des patineurs français Vanessa James et Yannick Bonheur.

Vous avouerez qu'il est tordant, ce type, quand même. Ca m'a flanqué une bonne humeur indestructible et pour continuer à voir la vie en rose et en douceur, j'ai décidé de m'intéresser au curling. Définitivement mieux qu'un Imovane. Quel que soit l'état de ton canapé, tu es sure de ne pas mettre plus de quinze minutes à voir le marchand de sable te saluer.

Incontestablement, ma cure d'oubli a été bénéfique. Je n'ai rien capté de la vraie vie, du chômage qui flambe, du déficit qui atteint des records historiques ni même de la baisse vertigineuse de notre-PDPA-préféré dans les sondages. Heureusement. Moi qui suis trop sensible et trop émotive pour ce monde furieux, ça m'aurait renvoyée direct au fond du trou.

D'autant que je dois vous confier un secret d'envergure. Je planche sur un concours de la fonction publique territoriale. Je sens bien que vous allez me rire au nez : "Eh, t'as pas remarqué qu'un fonctionnaire sur deux n'est pas remplacé et que ça fait belle lurette que ce n'est plus la planque ! Regarde, même leur sacro-sainte sécurité de l'emploi est sur la sellette !" C'est vrai mais au moins, tout le monde est à la même enseigne côté recrutement. Aucune discrimination. La copie reste anonyme. Evidemment, après, faudra voir, parce qu'au final, même si j'ai la chance d'être reçue, je me repositionnerai exactement là où je suis actuellement, à savoir la case départ. Un coup à se taxer d'un : "Pauvre cruche. Même une puce saute plus loin."

Cette perspective glorieuse n'est donc pas synonyme de motivation extravagante. Et pour cause. Je ne vise par la catégorie A mais la C. Adjoint administratif 1ère classe, comme ils disent. En clair, je peux juste rêver d'un poste subalterne au SMIC. Comme-qui-dirait une absolue reconversion. J'ai une copine sympathique qui pense que ça pourrait me remettre le pied à l'étrier. C'est vrai, ça. J'avais oublié que j'étais un jockey has been et que ma vie, mon oeuvre étaient réduites à peau de chagrin. Et la même copine me préconise de rester positive. Après tout, elle a sans doute raison. Puisque ma génération travaillera sûrement jusqu'à 75 ans, j'aurai tout le temps de bûcher tous les concours internes pour finir haut fonctionnaire et enfin plaire à mon père. Vu sous cet angle, ça prend tout de suite une autre dimension.

Quoiqu'il en soit, pour décrocher le cocotier, savez-vous de quels talents il faut faire étalage ?

Côté maths, de la maîtrise du calcul de surfaces de trapèzes et de parallélogrammes, de volumes de tétraèdres et de parallélépipèdes, de distances  sur une carte au 1/200000ème, et côté français, de l'habileté à manier le subjonctif. Je passe donc mes journées à résoudre des problèmes de primaire du style :

Quelle est la longueur réelle (en m) qui sépare 2 fermes distantes de 50 mm sur une carte au 1/25000ème ?

ou...

Quelle est la forme verbale du verbe seoir au présent du subjonctif ?

1- qu'elle siet
2- qu'elle sied
3- qu'elle siée
4- aucune réponse ne convient

Aïe, je sens une attaque imminente d'aquabonisme me retomber sur le paletot.

Vite, une rasade de Candeloro.

Bonne semaine à tous !

LUNDI 10H47  : Qu'il n'y ait pas d'ambigüité. Comme dit Mariejo à juste titre, il n'y a pas de sot métier. D'ailleurs, relisez-bien les deux exercices et vous verrez qu'un 1er adjoint administratif de catégorie C, ça doit être capable de gamberger sec. Et je ne suis pas du tout sure de faire partie des élus. La petite sauterie ayant lieu à La Beaujoire, je m'attends à quelques milliers de spectateurs ! Va falloir être bigrement forte.

1 juin 2010

L'embarras du choix

A vrai dire, hier matin, je n'avais pas envie de baratiner sur quelque sujet que ce soit. Alors, j'ai courageusement remis l'exercice au lendemain en me disant que la nuit me porterait conseil.

Pourtant force est de constater qu'il est déjà 12h23 et que mes pensées flottent et s'effilochent sans que je puisse en dégager un quelconque fil conducteur pour vous résumer ces semaines 20 et 21 de l'an 2010.

Il faut dire que je suis rentrée fourbue de mon épopée à la capitale. C'est que de traîner de Ladurée à Dalloyau en passant par Mulot et Hermé pour reluquer les entremets multicolores, ça use la femme du pâtissier-chocolatier-glacier-traiteur qui, du coup, n'aura pas trop d'une ou deux semaines pour se remettre de ces sept heures quotidiennes à tuer de la gomme sur le bitume parisien.

Alors, depuis mon retour, je campe sous le cerisier en tout en me gavant de manière absolument odieuse, je gamberge sur mon petit séjour à la ville avec vue imprenable sur le périph', côté Porte de Charenton.

Quand je pense qu'en cherchant la crise du Fouquet's au Crillon, j'ai poussé jusqu'au faubourg Saint-Honoré et que gourde comme pas deux, je n'ai même pas osé sonné à la porte de mon-PDPA-bien-aimé pour lui avouer à quel point son dernier slogan me mettait en transes :

"Le sport est une réponse à la crise."

L'opium du peuple. Pendant que tous ces braves sont au stade à s'époumoner, à se cracher dessus, voire plus si inimitié incontrôlée, d'autres peuvent enfin goûter une paix royale. C'est quand même loin d'être bête, comme idée.

Allez, moi, je lui fais confiance et je mets le concept en pratique tout de suite en remplissant mon fridge de Leffe. Et accessoirement, je vais cogiter sévèrement sur la manière dont je vais bien pouvoir séduire le jury qui va bientôt m'accueillir à bras ouverts...

car je suis admise aux oraux !

Fichtre, je n'ai même pas eu le peps de boire une grenadine pour fêter ça. Attendez, ce n'est pas un exploit. Je ne vais quand même pas en faire un fromage.

Quoique.

Tout bien réfléchi, désormais, mon avenir est comme-qui-dirait radieux.

Entre ça et m'imbiber de bière devant vingt-deux millionnaires en culottes courtes qui se font tour à tour encenser et insulter, c'est sûr, j'ai deux voies enchantées pour sortir du marasme.

Bonne semaine à tous !

15 janvier 2014

Le baratin du mercredi 15 janvier 2014

Je n'ai pris aucune bonne résolution le 1er janvier.

Je continuerai à manger du saucisson et à détester les cons.

A quoi bon se mettre la barre trop haut ?

Il faut se faire plaisir.

Oublions ceux du haut qui, pour certains, se débrouillent fort bien pour éviter l'impôt et pestent contre ceux du bas qui, pour certains, abusent allègremment du système social français, pendant que ceux du milieu se font plumés par le Trésor en silence, et offrons-nous

une bonne balade en scooter.

Depuis que tous les journalistes de France et de Navarre passent leur journée à nous expliquer que la vie privée devrait être protégée, mon coeur balance entre une Vespa rose bonbec et un Mojito rouge sang.

Moi aussi, sitôt mes 8 heures bouclées, je veux partir cheveux au vent pour aller rejoindre Bill Nighy.

Ils peuvent tous bavasser,  mon-PN-bien-aimé a trouvé la recette pour redonner de l'espoir au peuple. Et dans ce cas précis, PN ne signifie pas Pervers Narcissique ou Personnel Navigant, mais Président Normal.

En tout cas, moi, cette historiette m'a donné un coup de fouet.

Heureusement, car j'étais au bout du rouleau et prête à aller raconter ma vie à deux balles sur le site de Pierre Rosanvallon, un type épatant que j'ai entendu le 9 janvier chez Patrick Cohen :

Raconter la vie

"De nombreux français se trouvent oubliés, incompris. Ils se sentent exclus du monde des gouvernants, des institutions et des médias. Donner la parole, rendre visibles, c'est aider les individus à retrouver leur dignité, à résister et à mieux conduire leur existence, c'est leur permettre de rassembler leurs vies dans un récit qui fait sens, de l'insérer dans une histoire collective. Raconter la vie est une entreprise indissociablement intellectuelle et citoyenne. Raconter la vie a également une dimension morale car il encourage l'intérêt pour autrui. Par les livres et Internet, Raconter la vie a l'ambition de créer l'équivalent d'un parlement des invisibles."

Remarquez, c'est exactement ce que je fais ici depuis plusieurs années.

En attendant de trouver un sens à mon existence en rejoignant cette sympathique communauté, je continue à travailler bravement pour la collectivité, même si l'ambiance, dans mon bâtiment flambant neuf, est explosive depuis le début de l'année. Rien d'étonnant à cela quand la base se demande ce que fait la pointe de la pyramide, à part s'écouter parler et aller déjeuner.

Mais comme il faut toujours regarder le verre à moitié plein, je me concentre sur la sonnerie de portable de mon chef de secteur.

Vous ne devinerez jamais pourquoi.

Il a eu cette idée démente de choisir la musique sur laquelle le Premier Ministre se déhanche dans Love actually. Imaginez juste, à chaque fois que son téléphone sonne, virtuellement,

j'ai Hugh Grant qui déboule dans mon bureau.

C'est toujours ça.

16 novembre 2013

Bouddha m'a tuer

20h46. En me baladant sur le blog de ma copinaute Vivrealendroit, je lis :

"Si tu ne trouves pas d’ami sage, prêt à cheminer avec toi, résolu, constant, marche seul, comme un roi après une conquête ou un éléphant dans la forêt." (Bouddha)

"Trois choses ne peuvent être cachées éternellement: Le soleil, la Lune, et la Vérité" (Bouddha).

Quand je vous dis que Bouddha ne me lâche pas.

C'est du harcèlement.

25 août 2013

J'ai testé les urgences chypriotes

Miss Cocotine a cette particularité d'avoir la peau qui attire des hordes de moustiques voraces et je ne pars jamais sans mes huiles de géranimum rosat et de lavandula spica.

Mais cette année, ça n'a pas suffit.

Le lendemain de notre arrivée à Lofou, elle avait déjà été attaquée massivement et l'enquêtre que j'ai faite pour retrouver les coupables ne m'a menée qu'à cette conclusion : les specimens du double-four que j'aspire facilement avec mon Black & Decker n'étaient que des petits joueurs, j'avais affaire là à

l'élite du moustique,

quasi invisible et diablement sournois.

A grand renfort de prises toxiques et de moustiquaires de fortune, on a alors tenté de protéger Miss Cocotine. Peine perdue, le troisième jour, la pauvre petite avait encore davantage de piqûres et le quatrième, on en comptait facilement une centaine.

Consulter un médecin devînt, d'un coup d'un seul, la priorité du jour.

Armés de nos jolies

cartes de sécurité sociale européennes,

nous nous sommes donc pointés à l'hôpital de Lemesos et après avoir été bringuebalés de service en service, nous avons échoué aux urgences, là où une quinzaine de personnes attendaient déjà dans un silence éloquent.

Une heure après, rien n'avait bougé.

Une heures plus tard, quelques chypriotes commençaient à montrer des signes d'impatience et les plus agaçés se sont finalement mis à cogner dans la porte verrouillée menant à la salle de soins. De l'autre côté de la cloison, l'une des infirmières a répondu en hurlant.

A ce moment-là, j'ai amèrement regretté de n'avoir pas persévéré dans mon aprentissage du grec et avide de savoir qui allait tuer l'autre, j'ai sollicité mon voisin d'un do-you-speak-English-what's-happening-?.

It's-busy-we-have-to-be-patient,

m'a-t-il refourgué en résumé.

Une heure supplémentaire et la salle était proche de l'émeute, tout le monde mettant son grain de sel dans l'histoire, y compris les policiers en poste dans le bureau flanqué au sein des urgences.

Au bout de trois heures et demie d'attente, l'ambiance était devenue surréaliste, Léon était proche de l'hypoglycémie et Miss Cocotine m'avait déjà assommée de 357 Maman-ça-me-gratte.

Comme j'avais remarqué que de vraies urgences arrivaient régulièrement sur brancard par une autre porte et que je sentais qu'on n'était pas sorti de l'auberge, j'ai décidé de sauver la famille.

On a levé le camp.

Après avoir erré dans Lemesos à la recherche d'une pharmacie ouverte à 14h30, on a fini, fourbus, au kebab du coin, histoire de garder le pater familias en vie. Une fois son estomac rempli et son taux de sucre ragaillardi, je me suis repenchée sur le cas épineux de l'allergie probable de ma fille et c'est là que la providence nous a menés chez un pharmacien qui nous a expédiés à la polyclinique.

En deux temps trois mouvements, Miss Cocotine a bénéficié d'un accueil VIP et une pédiatre l'a examinée de la tête aux pieds puis imbibée de cortisone.

On frôlait l'happy end quand la doctoresse s'est mise à m'expliquer que la nuit qui venait serait déterminante :

"Je souhaite la garder en observation cette nuit. Elle peut avoir la gorge qui gonfle et s'étouffer. On ne sait pas avec une allergie. Si vous la gardez, vous devez vous relayer et la veiller toute la nuit pour voir comment ça évolue. Si elle a de la fièvre, il faut l'amener d'urgence à l'hôpital, vous aurez 20 minutes, pas plus. Et comme vous êtes à Lofou..."

Le sourcil gauche en l'air,  j'ai tout de suite analysé l'information. Lofou-Lemesos, c'était 30 minutes et Léon ne maîtrisait pas encore la conduite à gauche, surtout en pleine nuit. Ca sentait le roussi.

Pour m'achever, elle a ajouté :

"I have to tell you."

Là, j'ai regardé Léon qui, pas angoissé pour un sou, m'a crédité d'un mais-non-ça-va-aller auquel j'ai répondu d'un oeil foudroyant. Sa fille était potentiellement mourante et ça ne le bouleversait pas plus que ça. Remettant à plus tard l'intention de lui règler son compte, j'ai filé à l'accueil pour m'enquérir du coût d'une nuit à la clinique et essayé, sans espoir, de leur refiler ma carte toute neuve. Evidemment, ça n'a pas marché.

J'ai payé la consultation, salué le service en promettant de rappeler deux heures après pour donner des news, filé acheter les médicaments et remballé ma gamine à pois pour lui prodiguer les soins préconisés, là-haut sur ma colline bien-aimée.

En fin de soirée, le médicament ayant fait son effet, Miss Cocotine avait cessé de se gratter et recommencé à faire les 400 coups. J'ai téléphoné, comme promis, au médecin qui m'a rassurée. Ca ne m'a pas empêchée tout de même de me lever toute la nuit pour vérifier son état.

Léon, lui, a dormi comme un plomb.

Au petit matin, les cernes creusés, je l'ai interpellé d'un eh-ça-t'a-pas-trop-ému-les-recommandations-du-toubib-? et sans l'ombre de la moindre gêne, il m'a rétorqué ben-je-me-suis-levé-aussi-ben-si-!. Je lui ai lancé un sans-blague et j'ai soupiré en me disant Zeus-seul-sait-si-c'est-vrai.

Le temps de se remettre de ces émotions et les vacances ont vraiment commencé.

16 avril 2013

Le baratin du mardi 16 avril 2013

Force est de constater que c'est la grosse désertion de l'autre côté de l'écran et que je ne peux donc pas compter sur vous pour m'aiguiller dans mon choix. Qu'à cela ne tienne, je vais me débrouiller toute seule. Tout bien réfléchi, j'ai l'impression que c'est sur

Jumbo Jim

que je vais jeter mon dévolu.

Comment résister à un tel argumentaire :

"Perte de poids, remise en forme ou même préparation à une épreuve sportive, Jim est le Hubot du dépassement de soi. Il vous guidera sur le chemin de la performance grâce à un programme adapté à vos envies et vos besoins."

C'est pile poil ce dont j'ai besoin pour préparer le concours auquel je me suis inscrite dans un moment d'inconscience.

Evidemment, 10340 €, c'est bien plus dispendieux qu'une formation au CNED ou à la Documentation Française, mais ça aura l'avantage de traiter en plus la fesse flasque, conséquence inévitable des longues heures passées clouée derrière mon bureau en contreplaqué roux.

Et une fois le titre en poche, je pourrai toujours filer un coup de Kärcher à mon Hubot et le coller sur le Bon Coin pour récupérer une partie de ma mise.

Un bon deal, finalement.

Et au diable l'avarice. Retrouver le niveau que j'avais déjà en 1981, ça n'aurait vraiment pas de prix.

Le drôle de zèbre que je suis

sans avoir demandé à l'être

vous souhaite une bonne après-midi.

7 avril 2013

Le baratin du dimanche 7 avril 2013

Qu'il est loin, le bon temps où, fraîche et guillerette,  je venais ici baratiner le lundi matin.

Faire sonner mon réveil-bruit-de-l'eau-qui-n'a-rien-de-la-nature-mais-dont-la-découverte-m'a-traumatisée pour rejoindre courageusement mes GC (Gentils Collègues) et faire les quatre volontés de mon GB (Gentil Boss) m'a ôté toute envie de vous livrer mon analyse si fine et si fouillée de ce monde débile dans lequel je n'évolue plus.

L'atmosphère apparemment normale qui s'est abattue sur l'état-major de ce doux pays ne m'a pas encouragée, de toutes manières, à sortir de la léthargie dans laquelle mes 7h42 de tâches, souvent abêtissantes, mais néanmoins lucratives, me jettent chaque jour.

Jusqu'au mardi 2 avril 2013.

Ce soir-là, enfoncée dans mon tas de plumes encore plus râpé, j'ai failli m'évanouir en entendant David Pujadas m'expliquer que celui qui avait pour mission de combattre âprement la fraude fiscale y baignait lui-même en douce.

13 minutes plus tard, en me brossant les dents, j'ai soudain pris conscience le tous-pourris avait de beaux jours devant lui et que ces dérives écoeurantes pourraient très  bien nous mener à un duel extrême-gauche-extrême-droite en 2017.

L'heure était grave. 

Remettant à plus tard la question de savoir comment les Aztèques avaient pu passer à côté d'un tel séisme, je me suis vautrée dans l'individualisme le plus forcené.

Il fallait à tout prix que j'ouvre un compte dans l'un des 96 paradis fiscaux que mon PDPA (Président Du Pouvoir d'Achat) bien-aimé avait heureusement oublié d'éradiquer pour y planquer les 4,5 € gagnés vendredi dernier en cochant des cases, le tout sans parler à quiconque de ma décision d'aller, moi aussi, danser chez les Tchétchènes dans 4 ans.

Quoi ?

Vous ne trouvez pas que l'ambiance est trop morose ici ? Certains n'ont même plus envie d'aller aux urnes. Que cette société archaïque qui, au fond, n'a guère évolué depuis le Moyen-Age ne les enchante plus me dévaste le moral.

Vous imaginez bien que la nuit qui a suivi ce constat alarmant n'a pas été des plus réparatrices. Harcelée par de méchantes sorcières au teint vert qui me poursuivaient en hurlant

personne-ne-savait-rien,

je répondais crânement

mon-oeil

et m'enfuyais en ajoutant et-c'est-pas-juste-600000-euros.

Au petit matin, en sueur et échevelée, je repris doucement conscience et traînai mes angoisses nocturnes jusqu'au moment béni où Patrick Cohen se mit à m'expliquer que la Corée du Nord était à deux doigts de déclencher une troisième guerre mondiale.

Rassurée par cette lueur d'espoir inattendue, je suis partie bosser pour l'intérêt général.

Le drôle de zèbre que je suis

sans avoir demandé à l'être

vous souhaite une bonne semaine.

1 avril 2013

Le baratin du 1er avril 2013

Je n'en reviens toujours pas. D'ailleurs, depuis vendredi soir, je suis terrée chez moi. Je ne bois plus, je ne mange plus, je ne dors plus. Je ne fais que potasser

"Voyage entre deux mondes",

le bouquin que m'a gracieusement refilé la FDJ pour m'aider à passer en douceur d'une vie déprimante de pseudo fonctionnaire de catégorie C à celle de 257ème fortune de France.

Asseyez-vous, c'est mieux.

Des mois, des années, voire des décennies que vous voudriez bien, vous aussi, répondre à cette question agaçante :

A qui le tour ?

d'un hystérique :

A moi !

Ben voilà, pour moi, c'est plié. Les 132 486 744 € vont bientôt renflouer mon PEA sinistré.

3,3 tonnes d'or.

Quand je pense que je viens juste de boucler ma formation d'intégration dans la FPT du double-four. Cinq jours à décortiquer pieusement les us et coutumes de cet univers impitoyable. Heureusement entourée de stagiaires au sens de l'humour affuté et présentant l'avantage indéniable d'avoir bourlingué dans le privé, condition sine qua non pour ne jamais attraper cette mentalité de fonctionnaire que j'ai encore eu l'occasion de déplorer quand l'un de mes GC (Gentils Collègues) m'a attaquée d'un c'est-vrai-t'es-stagiaire-tu-peux-pas-dire-merde-à-la-direction.

Enfin, tout ça, grâce à Zeus, c'est à coller aux oubliettes. J'aurais bien mieux fait de m'inscrire à un stage de domotique.

Le bonheur, c'est simple finalement.

Maintenant, il va falloir que je prenne mon courage à deux mains et que j'affronte mon joyeux destin. J'ai déjà fabriqué le masque avec Miss Cocotine. Des années que je répète, je suis au taquet. Reste plus qu'à me mettre en caleçon et à débouler au prochain comité en chantant

"Au revoir Président".

Moyennant quoi, je pourrai enfin sauter dans ma Fiat 500 et tailler la route plein sud.

Que votre Lundi de Pâques soit aussi gai que le mien !

16 mars 2013

Le baratin du samedi 16 mars 2013

Même si j'ai décroché le Graal en signant un arrêté à deux balles, il faut bien avouer que je sors de cet hiver gris, gelée et prostrée, avec une mine à la Bacri.

L'esprit pollué par mes petites histoires de bureau somme toute sans intérêt et le moral détrempé par les trombes d'eau, je ne parviens même plus à venir baratiner ici pour défouler mes neurones mal embouchés.

Des années que j'erre péniblement dans des open spaces plus ou moins bien famés et je n'ai toujours pas résolu cette équation douteuse : comment s'épanouir intellectuellement quand on saisit, photocopie, mets sous pli pendant 8 heures, encerclée d'une poignée d'humains - ou d'inhumains - qu'on n'a pas choisit et qui sont convaincus que Stéphane Guillon est trop méchant ?

J'ai eu beau me triturer encore le cerveau cette semaine pour m'obliger à trouver une quelconque saveur à ma brillante carrière tricotée de jobs alimentaires, rien à faire. Mardi,

une horrible fumée noire

s'est mise à sortir de mon oreille droite.

Impossible de parvenir à un consensus sous le chapeau. C'était la débandade.

Il fallait redynamiser mes hémisphères. Après tout, j'avais mille raisons de bouillir de joie. Pourquoi n'arrivais-je pas à profiter gentiment de tous ces petits instants simples que m'offrait my new life ?

Deux de mes GC (Gentils Collègues) qui se lancaient avec force détails dans leurs souvenirs respectifs de coloscopie, une pause-café culturelle - une fois n'est pas coutume - où une bonne dizaine de personnes nageaient manifestement en plein désarroi parce qu'elles n'avaient pas la moindre idée de ce qu'était un jésuite, ou cette chère Anne-Sylvie qui me demandait systématiquement tous les midis comment je pouvais bien me suffire d'une monodiète de Barilla, si ce n'était pas ça, le bonheur, ça y ressemblait bigrement.

Mercredi, pourtant, c'est mon oreille gauche qui s'est soudainement mise à exhaler de magnifiques arabesques brunes.

Mon état s'aggravait. A zapper d'une soutane à l'autre, j'en étais à psalmodier des aide-toi-le-ciel-t'aidera sans même avoir conscience qu'il était plus prudent d'y adjoindre l'adverbe peut-être.

Et là, vous le croirez ou non, c'est encore M6 qui m'a sauvé du marasme de l'endoctrinement.

Si, je vous jure.

Pour survivre à ce quotidien insipide de bureaucrate, il fallait tout simplement que je m'invente une sorte de challenge à la Top Chef. Rien que pour avoir l'opportunité, moi aussi, de clamer haut et fort :"J'vais tout donner, toutes façons, j'ai plus droit à l'erreur."

D'un coup d'un seul,

une épaisse fumée blanche

s'est échappée de mes naseaux et niant tout ce qu'avait pu s'évertuer à m'enseigner Madame David, ma prof de latin de 6ème B, j'ai marmonné :

Habemus une idée.

C'était plié, pour ne pas moisir jusqu'à 72 ans dans cette panade, je devais préparer un autre concours.

Soyez braves, priez pour moi.

Le zèbre que je suis

sans avoir demandé à l'être

vous souhaite un bon week-end.

14 février 2013

Le baratin du mercredi 13 févrer 2013

Depuis que vous m'avez interdit d'acheter le bouquin d'Hallyday, j'erre comme une âme en peine. Même pas droit à ses révélations croustillantes de cour d'école pour égayer mon quotidien plan-plan dans la FPT, vous êtes trop dures avec moi.

A croire que vous n'avez pas la moindre compassion pour la brebis égarée que je suis. Franchement, si je pouvais vous dévoiler les secrets bien étalés de ma collectivité, vous compriendriez que j'en vienne à considérer la misanthropie comme seule issue.

Mais n'en déduisez pas trop vite que mon ennui résulte du fait que je passe mes journées à me faire les ongles. Là où je suis,

tout le monde travaille dur

et c'est bien cette volonté affichée de faire tourner la structure comme une entreprise qui m'a séduite lors de mes entretiens d'embauche.

D'ailleurs, mon propos n'est certainement pas de cracher dans la soupe en jetant l'opprobre sur tous les fonctionnaires de France et de Navarre. Mes petites histoires à deux balles ne sont pas destinées à verser dans un manichéisme bas de gamme, mais plutôt à rire de tout et de rien, et surtout de la nature humaine.

Vous le savez, j'ai déboulé dans les murs avec un passif lourd. Sept années d'humiliation à Pôle Emploi, ça pousse à voir les choses sous un angle neuf et pour tout vous dire, pendant quelques mois, j'aurais volontiers baisé les pieds de la direction tellement je baignais dans l'euphorie d'avoir enfin une feuille de paie à la fin du mois.

Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, je me suis vite rendue compte que certains de mes GC (Gentils Collègues) ne consommaient pas les mêmes champignons hallucinogènes que moi et qu'ils traînaient un chapelet de frustrations et de rancoeurs à faire peur. Et depuis parfois plus de dix ans.

Un peu abattue par ma découverte, j'ai fini par reculer de dix pas pour mieux observer les dommages collatéraux de la sacro-sainte sécurité de l'emploi dans le public, et j'ai décidé de manger toute seule, à l'abri des médisances diverses et variées. 

Pour respirer.

Depuis, j'en suis là, à me demander comment éviter que tel ou telle ne vienne pourrir mes journées de bureau en vociférant, jurant, pestant à tout bout de champ et en campant sur ses positions comme un enfant de huit ans. Ce qui demeure un mystère à mes yeux, c'est qu'ils préférent végéter là en plombant l'ambiance plutôt que d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

Le manque de courage probablement. Et j'avoue que, dans mes délires les moins avouables, j'en enverrais bien quelques-uns en stage commando à Pôle Emploi, histoire de leur démontrer qu'ils ne sont pas non plus les plus malheureux de l'hexagone.

Faire fi de la mauvaise volonté qui court parfois dans les couloirs n'est pas forcément inné chez moi qui ne rêve que d'évoluer au milieu d'adultes responsables et solidaires recherchant l'efficacité. Oui, je sais, je suis monstrueusement naïve.

Enfin, grâce à Zeus, au milieu de ce marasme, M6 est venu, hier soir, me sauver la vie. Ca s'est passé à 21h24 quand, las de chercher un programme qui nous fasse vibrer, Léon et moi sommes partis replayer à fond sur Orange. Une chance incroyable nous a menés direct vers une émission au titre prometteur :

j'ai décidé d'être heureux

Pile poil ce dont j'avais besoin. Six personnes déprimées comme vous et moi, sont, en huit semaines et quatre émissions, métamorphosées par trois coachs spécialisés dans la culture du bonheur.

Quand je pense qu'ils ont tourné ça à Nantes, la ville où, paraît-il, il fait si bon vivre, et qu'ils n'ont même pas pensé à m'appeler !

En tout cas, vous me connaissez, j'ai bu ça comme du petit lait.

Un clic sur le titre et grâce à la magie de la rediffusion, vous allez enfin pouvoir, vous aussi, hurler "je suis heureux" à tout-va. Enfin, seulement si vous acceptez de pratiquer les exercices proposés. Il faut bien mouiller un peu sa chemise.

Mon passage favori : l'un des professionnels de la bonne humeur, une sorte de dieu du sport au sourire resplendissant, demande aux candidats de percer une pomme de terre avec une paille et Stéphane Plazza, le huitième volontaire caché, est également mis à l'épreuve.

Le but : leur démontrer ce qu'est le lâcher-prise.

A 22h37, je suis montée me coucher totalement conquise par cette démonstration foudroyante.

Ni une ni deux, demain matin, je débarque au boulot avec douze kilos de patates et un lot de pailles volé à Miss Cocotine. Ca en calmera peut-être certains,

de défoncer de la bintje.

Me voilà heureuse d'un coup.

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