Le baratin du 28 juin 2012
Ma kiné est une fille douée. Après avoir subi le 276ème épisode de ma-vie-au-bled, elle a conclu sagement :
Faut que le temps passe.
En sortant de son cabinet, j'ai donc suivi ses conseils avisés et j'ai laissé les minutes s'égrainer.
A 19h58, hier soir, mes neurones les plus neurasthéniques avaient voté pour un abonnement à "Notre temps" et un saut chez Roc-Eclerc pour choisir mon urne éternelle.
Après tout, le bilan était affligeant. Le secteur privé m'avait définitivement classée dans les "périmés" et le public venait d'embaucher sous mes yeux hagards une blonde 25-ans-et-toutes-ses-dents qui avait, de surcroît, le bon goût d'étaler sur le Net une photo regardez-comme-je-m'aime-c'est-fou-et-plus-si-affinités.
Il fallait se rendre à l'évidence,
j'étais un vieux clou.
A deux doigts de refrapper aux Volets Rouges pour implorer Céleste de me trouver la corde adéquate au BHV, j'ai lâché mes 53 kilos dans le club faut-que-je-le-cire-celui-là, et j'ai remis mon destin entre les mains de David Pujadas.
J'ai bien fait.
Car en fin de journal (à 35:35 ICI), il s'est mis, tout à coup, à prononcer cette phrase inattendue :
L'âge de la plus grande capacité cérébrale,
ce n'est pas 20 ans,
ce n'est pas 30 ans,
mais 45 ans.
Une pierre dans le jardin de la blonde.
Et une à mon édifice.
A 20h37, j'ai convoqué les plus frondeurs de mes neurones, ceux qui me collent une pagaille monstre sous le chapeau et se sauvent en pavoisant sans jamais proposer de solutions, et je les ai flanqués au coin.
Ce matin, à 9h14, j'étais à la bibliothèque, absorbée par le dernier numéro de Psychologies dont l'accroche m'avait conquise :
Cultiver la joie de vivre.
et dans la foulée, je m'ingurgitais bravement la liste des il-faut censée mener à la
zen attitude
préconisée par le magazine Santé Naturelle.
Puis j'ai tourné les talons en ignorant le Canard Enchaîné.
Finalement, à quoi bon se nouer les boyaux ? Léon est mon assurance-vie, il fait 23° et c'est les soldes.
Faut vraiment que je réprime la bande de cellules rebelles qui tente de m'amadouer pour que la punition soit levée. Sinon, ça va dégénérer, cette affaire.
En tout cas, Moustaki, c'est fini.
A la recherche du temps perdu
Hier soir, je ne sais pas quelle mouche m'a piquée, j'ai décidé de regarder ce film si lent et si soporifique que j'ai fini la soirée avec un oeil définitivement fermé. Mais j'avais envie de voir la Chine et ces deux personnages qui reviennent chercher des débris de leur amour passé à deux pas du fameux barrage des Trois Gorges, ça promettait d'être captivant.
Et vous, vous l'avez vu, ça vous a plu ?
Le baratin du 26 juin 2012
Si vous avez la bravoure de suivre mes aventures ou si vous furetez de temps à autre dans le tag "job wanted", vous savez déjà que je suis l'heureuse titulaire d'un concours de catégorie C de la Fonction Publique Territoriale et que ce formidable sésame ne m'a absolument rien apporté à part trois petits contrats temporaires en deux ans.
En septembre 2010, j'ai d'abord récolté une embauche d'un mois pendant lequel j'ai gentiment répondu aux usagers exaspérés de voir leur collecte de poubelles passer de deux à une fois par semaine jusqu'à me faire traiter de sale-fonctionnaire, moi qui ne l'était même pas (à revivre ICI, LA, LA et LA pour le fun).
Mon travail a été loué et j'ai été chaudement remerciée.
Puis, j'ai végété en tentant de trouver mon bonheur dans la poignée d'annonces qui paraissaient sur le site du CDG et lorsque que, par miracle, l'une d'elles collait à mon parcours, je m'empressais de proposer ma candidature pour qu'elle soit au final refusée sans ménagement et sans explication. Sauf une seule fois où j'ai été reçue par un jury qui en a choisi une autre en me rassurant d'un si-ça-n'avait-pas-été-elle-ç'aurait-été-vous, ce qui m'a fait une belle jambe.
En juin 2011, j'ai fêté ma première année de recherche infructueuse dans la FPT et tout en gardant mon espoir de trouver un poste intact, j'ai commencé à m'interroger sur les méthodes de recrutement brumeuses qui avaient l'air d'y être pratiquées.
Un an plus tard, une collectivité m'appelait pour un autre contrat d'un mois où j'ai, dans les premiers jours, sorti six sacs de vieilleries que la fonctionnaire-propriétaire des lieux n'avait certainement pas eu le temps de trier depuis 2003 ou 2005, et dans ceux qui ont suivi, touché le fond (à revivre ICI, LA, LA et LA pour le fun).
Mon travail a été loué et j'ai été chaudement remerciée.
Et comme l'adage jamais-deux-sans-trois marche à tous les coups, en novembre 2011, les portes d'un eldorado s'ouvraient à moi sous la forme de six mois de précarité qui seraient en fait prolongés de deux, au même endroit, mais dans un service différent (à revivre ICI, LA, LA, LA, LA, LA et même LA, pour le fun).
C'est ainsi qu'à l'heure des tablettes et des smartphones, j'ai passé des heures interminables à reconstituer et remplir
à la main
les 267 dossiers qui n'avaient pas été touchés depuis parfois 30 ans, dans la bonne humeur certains jours où je faisais tourner la méthode Scarlett à plein régime, et dans un questionnement sans fin rempli de mais-qu'est-ce-que-je-fous-là et ils-vont-avoir-ma-peau-ces-cinglés, les autres.
Car la cerise sur le gâteau, c'est que je suis tombée dans une équipe dirigée par un trio explosif composé d'un big manitou qui déboule la gueule enfarinée le matin à 9h07 en disant génial-c'est-vendredi ou ouf-je-suis-bientôt-en-vacances et qui, vingt minutes plus tard, déserte en annonçant ben-moi-j'ai-besoin-d'un-café, et de ses deux sbires, l'un qui fait régulièrement dans la tragédie grecque et qui essaie de rallier les autres à sa lourde cause, et l'autre qui traîne son existence en pleurnichant j'en-peux-plus ou en clamant arbeit-macht-frei.
Autant vous dire que le xième degré était la condition sine qua non pour rester à peu près saine d'esprit et toucher mon SMIC mensuel.
Surtout que le lendemain même de mon entrée dans les lieux, j'étais informée que tout l'étage ou presque cherchait à se faire la malle.
Du plomb pour la motivation.
Pendant des mois, mon empathie naturelle et complètement niaise m'a porté vers les uns et les autres et j'ai vraiment livré bataille pour essayer de décoder leurs systèmes diaboliques. Certains enfants gâtés ont même poussé le culot jusqu'à venir pleurer dans mon giron sans apparemment se rendre compte que l'oreille attentive dont ils abusaient sortait de, et allait, elle, retourner à Pôle Emploi.
Le nombrilisme rend aveugle.
Pas étonnant, donc, que trois des agents ayant officié à l'étage aient pris la poudre d'escampette au bout de quelques mois pour aller voir ailleurs si l'air était plus sain.
Trois postes à pourvoir sont, du coup, passés sous mes yeux en neuf mois.
Mais juste passés.
Car sur trois dossiers de candidatures déposés, l'agité qui sert de recruteur en a écartés deux sans même avoir le courage de m'en informer directement - et alors que je planchais intra muros -, et de guerre lasse, j'ai décidé de retirer la troisième, l'ambiance pathétique qui régnait me semblant invivable à long terme.
Quand le premier crache sur le deuxième derrière son dos, le deuxième déblatère devant témoins sur le troisième et le troisième avoue en catimini son impuissance à maîtriser la situation. Ca n'empêche aucunement tout ce joli petit monde de se barrer bras-dessus bras-dessous à la machine à café en riant à gorge déployée. Situation absolument incompréhensible pour le zèbre que je suis.
Autant dire que dans ma quête d'honnêteté, di'ntégrité et de sincérité, j'ai salement morflé pendant ces longs mois à tenter de me faire accepter par ce groupe de titulaires ou de stagiaires qui pratique l'entre-soi et qui s'est allégremment moqué de moi et plus encore de mon pourrissement sur liste d'aptitude.
A chaque fois que j'ai demandé poliment des explications sur le fait qu'apparemment, mon concours n'avait aucune valeur à leurs yeux, arguant qu'au CDG et même au CCAS, on m'avait dit que même s'il ne signifiait pas recrutement, il devait, logiquement, me propulser sur le haut de la pile, j'ai essuyé des mais-je-me-moque-de-savoir-ce-qu'on-vous-a-dit-au-CDG-ou-au-CCAS et des on-vous-a-embauché-pour-une-mission-et-c'est-tout qui m'ont projetée plus bas que terre. Et le plus croustillant, je l'ai sans doute vécu le jour où dans un élan de grâce, le grand maître du service m'a assassinée d'un de-toute-façon-les-annonces-sur-Cap-Territorial-elles-sont-toutes-fausses.
Essaie de sortir la tête hors de l'eau et tu recevras une brique sur le crâne.
Dans ce service, aucun fonctionnaire de catégorie C n'avait le concours.
Pour corser le tout, le marteau piqueur a joué ses gammes juste au-dessous du lino 40-ans-d'âge, créant une panique générale et démontrant le manque d'efficacité de la direction et des élus à anticiper une situation prévue depuis des mois (il paraît qu'ils avaient juré leurs grands dieux qu'il n'y aurait pas de nuisances sonores) et que moi, dans mon registre nettement moins politiquement correct, j'appelle du foutage-de-gueule.
Après m'être fait insulter par l'hystérique de service, traiter de "vieille" par le provocateur limite pervers et aboyé dessus par le tellement-paralysé-par-ses-peurs qu'il serre les dents à tout bout de champ et devient violent,
j'ai fini par lâcher le morceau
et n'ai plus décroché un mot.
Vendredi dernier, alors que j'étais complètement seule à l'étage puisqu'ils étaient tous partis fêter la fuite prochaine de l'un d'entre eux - le troisième déserteur en un an - le marteau piqueur a soudain réapparu après des semaines de silence.
J'ai tenu un certain laps de temps avec des boules Quies vissées dans les oreilles, puis, n'ayant plus rien à perdre ni à gagner, je me suis sauvée aussi discrètement que j'étais arrivée.
Mon travail a été loué et je ne les ai pas remerciés.
Résultat des courses : comme-qui-dirait,
j'ai pris dix ans.
Alors, pour l'instant, et même si on m'a juré-craché que ce n'était pas comme ça partout et que je n'avais pas eu de chance - sans blague -, ne venez surtout pas me parler de Fonction Publique Territoriale.
J'en suis à digérer, à classer et à deleter les informations qui me polluent les hémisphères en attendant ma dernière feuille de paie et mon attestation Pôle Emploi, sans pour autant adhérer à ce que m'a lancé un collègue hier matin, alors que d'une mine décomposée, je lui annoncais que j'allais ficher le camp plus vite que mon ombre : "Ben au moins, t'auras gagné quelques mois d'Assedic".
En tout cas, je tiens là la preuve que
Bouddha veut ma peau.
A moins qu'il ne se tue à me faire comprendre que je ne serai jamais fonctionnaire et que du coup, je rejoindrai dans un an la liste des reçus-collés du double-four (15,19 % recensés en 2011).
D'ailleurs, pour me distraire, je lis le rapport de l'IGA (Inspection Générale de l'Administration) paru en mars 2012 et relatif à la situation des lauréats "reçus-collés" aux concours de la Fonction Publique Territoriale que m'a gentiment envoyé ma copinaute Eternalia, histoire d'être moins cruche et de voir écrit noir sur blanc qu'ils sont tous parfaitement conscients des dysfonctionnements du système, et ce, depuis très longtemps.
Vous savez quoi ?
A l'heure où je viens de renouveller mon inscription sur la liste d'aptitude pour la troisième et dernière année,
j'ai perdu trois kilos.
Ca tombe bien, pour le maillot de bain.
Bonne journée à tous !
Fleur de douceur
J'utilise les petits cotons des Tendances d'Emma depuis quelques mois et comme j'en suis très contente, j'ai décidé de m'offir la fleur de bain que j'avais vue chez Linda la tentatrice. Qui va la tester ce soir ? Peut-être bien Miss Cocotine qui louche dessus depuis son retour de l'école.
Mettre les choses au clair
Léon est créatif. Jusque-là, pas de sccop, il a déjà son fan club ici.
Figurez-vous que l'autre jour en rentrant déjeuner, j'ai trouvé trois suspensions maculées sur mes tomettes encrassées. Aussitôt, j'ai attrapé le téléphone pour poser cette question légitime au présumé coupable :
Mais d'où ça sort, ça ?
De ça-vient-d'un-chantier à on-me-les-a-mises-de-côté, mon ersatz de brocanteur n'a daigné me dévoiler ni ses indics, ni ses statagèmes pour récupérer de pareilles curiosités et s'est défilé d'un t'inquiète-je-vais-les-laver.
Ce qui fut dit fut fait.
Quel ne fut pas mon bonheur, alors, de découvrir que j'étais désormais l'heureuse propriétaire de trois lampes industrielles en émail de couleur noire.
Emballée par l'idée d'en voir une pendre au plafond de ma cuisine, je suis vite fait partie enquêter sur la façon dont il fallait procéder pour en voir jaillir la lumière. Dire que cette recherche m'a posé problème est un euphémisme. D'études élaborées de culots en réflexions poussées sur le fonctionnement des ampoules sodium haute pression, j'ai fini par abandonner l'idée de trouver une ampoule en E 40 à 100 W.
Ce soir, après trois échecs cuisants pour échapper à la tristesse de cette journée de crachin (barbecue raté, tour de Bretagne bondée et thé à La Cigale refusé), j'ai suggéré à Léon-mon-champion de prendre l'affaire de la lampe en main.
Pas le moins du monde intimidée par son non-la-semaine-prochaine, j'ai insisté et j'ai réussi à lui vendre mon projet d'utiliser le matériel existant au lieu de vouloir à tout prix acheter une ampoule à gros culot mais non adaptée à un usage domestique.
Ca a marché du feu de Dieu.
La France d'en face
A l'heure où le soleil préfère encore briller ailleurs qu'ici, Léon tond et moi, je suis en pleine addiction. Je viens de décrouvrir
Et je me demande à quel étage la Cocotine's family pourrait bien s'installer.
Pas loin de Corinne Dumond, j'espère. Pour qu'elle me donne des nouvelles des States.
Amusez-vous bien et bon dimanche !
Pif, pouf, crac
A défaut de soleil
J'ai une dent contre Nantes, principalement parce que je n'ai pas choisi d'y habiter, ni d'ailleurs d'y rester scotchée alors que Léon s'est carapaté à 300 bornes, que cela fait pile poil - bougez pas, je compte sur mes doigts - 7 ans que j'y cherche à rebondir professionnellement sans succès, mais aussi parce que j'y attends patiemment - ou pas - l'été jusqu'à début septembre.
Au bout de cinq ans à regarder le jardin régulièrement détrempé alors que j'aime les températures supérieures à 25°, surtout en juin, juillet, août, j'en suis à envisager d'aller vivre ce qu'il me reste à vivre dans
une petite bicoque blanche
perdue en mer Egée.
Au moins, je n'y paierai pas d'impôts fonciers.
Tout le monde n'est pas Allan Karlsson* et à mon âge, le compte à rebours m'indique qu'il y a urgence à faire ce qu'il me plaît, ou, en tout cas, à essayer.
Autrement dit, je n'aurai aucun regret lorsque je tournerai le dos au double-four pour aller enfin vivre très au sud de la Loire. En attendant ce jour béni où le soleil viendra enfin frapper à ma porte, je profite des très rares éclaircies qui transforment mon lopin de terre bien-aimé en coin de paradis et du dynamisme culturel incontestable de cette ville qui propose cette année la 3ème édition d'Estuaire et Le Voyage à Nantes.
Rêver, ça sauve.
* Allan Karlsson est "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire", une histoire extravagante dans laquelle je me plonge actuellement pour rire à gorge déployée.
Source d'inspiration
A 20h03 hier soir, Léon-le-guerrier raccrochait après m'avoir raconté à quel point la vie était douce et chaude dans le mas sublime où il était cordialement invité, à 900 km au sud de cette maudite Loire.
A 20h04, je jetais un oeil écoeuré à mon imper accroché à la patère et ressentais le besoin urgent de m'infliger un incentive.
Et qui dit incentive dit cinéma.
Allez savoir pourquoi, j'ai choisi ce film.
Le hasard sûrement.
Toujours est-il que ça m'a déclenché un bouillonnement neuronal.
Bien sûr, l'eau arrive au bled et aux yeux de certains et même des miens (sauf quand je suis à Pôle Emploi, bizarremment), je suis pourrie gâtée, mais le poil hautement symbolique ne justifierait-il pas à lui seul que je fasse, moi aussi,
la grève de l'amour ?
Une idée à creuser.
En attendant de fignoler ma stratégie, je résiste et prouve que j'existe. Demain matin, c'est Léon qui ira remplir le caddie et pour qu'il n'oublie pas combien la vraie vie peut être enivrante, je lui ai laissé un tout petit tas de linge à repasser.
Et vous, vous l'avez vu, ça vous a plu ?














