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Le petit monde de Cocotine
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7 octobre 2010

Parée pour l'automne

Vu que ces derniers temps, le réveil chants-d'oiseaux-écorchés me réveillait sans ménagement à 6h20, je n'ai guère eu le loisir d'aligner des rangs devant mes émissions favorites. Ceci dit, cahin-caha, j'ai quand même fini un bonnet et une écharpe pour Miss Cocotine.

Réalisé avec 4 pelotes d'Alpaca Drops fushia foncé 3770 achetées chez Kalidou et des aiguilles n° 3,5.

Le bonnet :

Monter 114 mailles.

Faites 4 cm de point mousse.

Continuer pendant 18 cm en répétant ces 2 rangs :

1er rang : à l'endroit

2ème rang : 1 maille endroit, 3 mailles envers

Pour que la couture finale soit plus jolie, j'ai  commencé le 2ème rang par 1 maille endroit, 3 envers et terminé par 3 mailles envers, 2 endroit.

A 22 cm de hauteur totale, tricoter les mailles 2 par 2 à l'endroit et comme elles viennent à l'envers (en jersey donc). Répéter 2 fois et passer le fil dans les mailles restantes.

L'écharpe :

Monter 47 mailles.

Faire 4 cm de mousse.

Continuer avec le même point que le bonnet jusqu'à temps qu'il vous reste un peu de laine pour faire les derniers 4 cm en mousse.   

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29 septembre 2010

Je vais mal, tout va bien

Ce matin, je suis tombée sur Jean-Pierre Marielle et Raphaël qui discutaient sur les ondes. Ca donnait à peu près ça :

- Vous avez des points communs... un certain pessimisme...

- Oui... un désespoir joyeux.

- Vous dites que vous êtes pessimiste ?

- Oui... mais optimiste, c'est navrant...

- Vous dites "Je hais les optimistes et la religion du positivisme qui comptent tant d'adeptes. J'aime les désespérés, les hommes perdus, les orphelins. Les gens qui vont bien et le proclament fièrement sans cesse me désolent."

- Oui... c'est ignoble.

Au volant de ma décapotable, je buvais du petit lait.

Un désespoir joyeux.

Mais fichtre de fichtre, voilà qui me définit à merveille et résume fort bien mon état d'esprit quand je viens baratiner sur mon cahier virtuel.

Voudriez-vous que je vous assomme avec mes réussites apparemment exemplaires : un mari fantastique et pâtissier de surcroît, une petite fille à la tête d'ange et au coeur d'or, une maison charmante toute en camaïeu de roses, un jardin extraordinaire récemment doté d'un compost sans rats ?

Non, cet étalage n'aurait aucun sens. Surtout pour moi.

Je préfère de loin vous emmener sur le terrain de ce qui est beaucoup moins lisse, tout en gardant le sourire aux lèvres.

Que ceux qui ne viennent ici lire que quelques lignes et en repartent en concluant que je suis dépressive se rassurent.

JE VAIS BIEN.

Mon état neurologique est normal et je n'ai que faire de gourous en tout genre, de pilules vertes à pois rouges ou de guérisseurs aux mille pouvoirs supposés.

Je fais dans le désespoir joyeux et j'aime ça.

Seuls ceux qui me lisent de D à N, de K à P et parfois même de A à Z et sans me juger, l'ont compris, j'en suis sure.

Bonne soirée à tous !

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20 septembre 2010

Merci !

En rentrant ce soir, j'ai trouvé vos petits mots et ça m'a bien diverti après sept heures de litanie pâteuse la-collecte-a-lieu-une-seule-fois-par-semaine-depuis-le-13-septembre-et-non-votre-taxe-ne-baissera-pas-de-moitié-vous-m'en-voyez-d'autant-plus-navrée-que-j'habite-aussi-dans-l'agglo. Le moins qu'on puisse dire, c'est que mon sac à neurones n'est pas menacé de burn out.

Merci à ceux qui s'arrêtent ici

et qui y laissent une trace.


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18 septembre 2010

Une deuxième vie

Vous imaginez bien que ce n'est pas dans la gestion des déchets que je peux faire preuve de créativité. Alors, cette après-midi, pour me défouler, j'ai ratiboisé mon origan et au lieu d'expédier le tout à la déchetterie, j'en ai noué une brassée à la porte du jardin...

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et j'ai parsemé la maison de petits bouquets placés droits comme des i dans de vieux pots à confiture. Un pour le farinier...

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Trois pour la fenêtre...

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et le dernier pour la chambre...

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19 août 2010

Rideau sur la Crète aux mille saveurs

Les meilleures choses ont une fin. C'est triste à pleurer mais c'est comme ça.

Merci pour vos messages

enthousiastes et réconfortants.

Toutes ces images sont destinées à vous faire revivre de doux souvenirs ou à faire naître en vous l'envie de poser, un jour, vos valises en Crète. A en lire certains, j'ai visé pile poil dans le mille. Tant mieux.

La Grèce est un pays magnifique et c'est toujours une joie immense, pour moi, de partager l'amour insensé que j'en ai.

Voyager, c'est ma raison d'exister. Ailleurs, on apprend tellement qu'à peine rentrée, je m'ennuie à mourir et j'ai aussitôt envie de repartir.

Mais là, force est de constater que le bas de laine est mort. Comme dit ma copine Dominique, difficile de faire mieux l'année prochaine à moins de prendre le-crédit-qui-tue chez Finaref.

Sauf si la fonction publique territoriale, dans sa grande mansuétude, décide de m'intégrer dans ses troupes. Allez savoir !

Kalispera !

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17 août 2010

Potager annexe

Etant donné la mine défaite de mes carrés potagers, je me suis enfin décidée à aller faire un tour à la Ferme de la Chasseloire à Saint-Herblain dont m'avaient parlé des copines chouettes et finaudes.

Donc , ce matin , au programme, cueillette de tomates et de courgettes avec la crevette qui a préféré mettre ses bottes plutôt que de risquer d'avoir un caillou dans les nu-pieds.

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17 août 2010

Un goût d'automne

Tant qu'à s'ennuyer ferme sous un ciel de plomb, autant préparer la collection automne-hiver de châles, à porter à l'envers évidemment, histoire de se la péter grave dans le bled.

Un Textured en Alpaca bleu jean mix 8120 (3 pelotes) et Kid Silk bruyère 05 (2 pelotes) de Drops, aiguilles circulaires 6,

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et un Baktus lace commencé en juin, en 5, avec de la Drops Alpaca sarcelle mix 7323 (3 pelotes) et Kid-silk gris 10 (2 pelotes), le tout acheté chez Kalidou.

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3 septembre 2010

Avec modération

J'en vois qui s'emballent en vantant les mérites d'un rangement supplémentaire. Qu'elles arrêtent tout de suite de se monter le bourrichon ! Le placard existait déjà, seules les portes sont neuves. Autrement dit, on n'a pas gagné le moindre cm2 de plus.

Ici, la bicoque est minuscule et personne ne peut pratiquer la politique du je-garde-tout-de-mon-premier-bavoir-brodé-à-la-main-par-Mémé-au-manteau-de-faux-lapin-acheté-un-jour-d'égarement-aux-puces-de-Montreuil.

Pour vous en donner la preuve, j'ouvre l'armoire ! Mon côté est à gauche. A droite, c'est pour l'homme. C'est certain qu'à côté des dressing de 8 m2 minimum régulièrement exhibés par Question Maison, nos 32 cintres font vraiment pale figure.

Que voulez-vous, je présente quelques bizarreries mais pas celle d'être shopalccolic et puis quoi de mieux qu'une bonne période de chômage pour couper court à toute tentation et prendre le chemin de la décroissance vestimentaire...

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2 septembre 2010

Affaire classée

De tongs trépignantes en charentaises déchaînées, la cage d'escalier a été complètement peinturlurée et mon-menuisier-préféré m'a enfin installé les portes du placard. Ne reste plus qu'à y apporter une petite touche de déco. Un petit before-after pour les accro du genre.

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VENDREDI MATIN : Je vous lancerais volontiers un...

A QUI LE TOUR, MOI, JE PASSE LE BLEU ?

mais figurez-vous que l'homme a prévu un plan carrelage pour demain...

12 août 2010

Hania la belle

La Canée est reconnue comme étant la plus belle ville de Crète. Revers de la médaille : elle est aussi remplie de toute la panoplie qui va habituellement avec le tourisme, du restaurant racoleur au repère de kitscheries, et ce n'est rien de dire que sortir des sentiers battus pour s'aventurer dans les rues désertes où les crétois étendent leur linge et balaient devant leur porte vaut vraiment le détour.

Pour avoir pénétré pour la première fois dans la vieille ville en fin d'après-midi, j'en ai déduit que c'était justement l'erreur grossière à ne pas commettre. Un repli à Vamos est d'ailleurs assez vite apparu comme vital.

Mais il ne fallait pas en rester là. La Canée méritait un bien meilleur sort. Le surlendemain, c'est à 10h (presque trop tard, venir y respirer la ville vers 7 ou 8 heures doit être parfait...) que nous avons flâné dans les ruelles de Topanas où les multiples bars et restaurants étaient encore fermés ou en plein ménage.

Une parenthèse singulière à la petite synagogue si jolie et si discrète, planquée dans une petite rue, et seule survivante du quartier juif, la communauté entière ayant été arrêtée en mai 1944, puis embarquée sur un bateau direction Le Pirée pour y être envoyée en déportation, bateau que les torpilles d'un navire britannique ont malencontreusement coulé.

L'occasion de méditer sur les dérives engendrées par les diverses religions depuis que le monde est monde et de souhaiter que tolérance et respect réussissent, un jour, à se faire une petite place au milieu de ce marasme. Bigrement utopique mais tant pis.

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25 août 2010

Coup de sang

Miss Cocotine ne veut rien jeter. Des emballages de gâteaux au vieux bouts de carton, elle garde tout comme des trésors. Sa chambre, certains jours de tempête, est un vrai carpharnaüm.

Alors, de temps en temps, il faut débouler là-dedans pour remettre la petite dans le droit chemin : celui du zen.

Et chez vos loupiots, c'est toujours aussi bien rangé que dans Côté Ouest ou Question maison ?

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25 août 2010

Nouveau chantier en cours

Quoi de mieux, pour essayer d'oublier mon infortune, que de poncer comme une forcenée ?

Après le couloir qui est désormais peint dans une couleur indéfinissable qui ne correspond que de loin à celle choisie avec fougue sur le nuancier et dans l'attente de la fixation de mes portes de placard par mon-menuisier-bien-aimé-qui-ne-vient-que-quand-il-l'a-décidé, j'ai attaqué la chambre de Miss Cocotine.

Ca m'a ruiné la manucure et déclenché une crise de sciatique. Un coup à être déclarée inapte au travail...

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10 août 2010

Le vieux village de Vamos

A l'est de La Canée, Vamos, réhabilité par ses habitants qui ont parié sur le tourisme pour le faire revivre, offre un hébergement traditionnel en maisons d'hôtes. On peut y boire un frappé au kafeneion, dévorer un breakfast géant au café Liakoto en regardant les montagnes blanches, se régaler d'un bureki à l'excellente taverne y Sterna tou Bloumosifi , aller acheter sa féta à la jolie épicerie peinte en vert et tenue par la même famille depuis trois générations ou fureter chez le très bon boulanger à la recherche du feuilleté de ses rêves. Impossible à rater, il a même choisi Obélix comme enseigne !

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21 août 2010

La bonne volonté ne suffit pas

Cette année, je suis fâchée avec mes carrés potagers.

Côté courgettes, ça n'a pas décollé et je n'en ai pas récoltées plus de 8. Mon essai de rondes est un fiasco total. Un seul légume cueilli et le pied a fini par mourir sans crier gare il y a quelques jours.

Quant aux deux pieds d'aubergines, c'est un échec sans nom. La première est morte en bas âge et la seconde pousse si lentement qu'on espère pouvoir la couper avant les premières gelées.

Même les tomates cerise ont du mal à voir le jour et l'une des deux grosses tomates commence à peine à rougir. La ciboulette me fait la tête et la coriandre est montée si vite à graines que seules quelques feuilles ont pu sauter dans mes salades. Un unique potiron est sorti sur les trois promis par l'horticulteur.

Heureusement, l'origan a connu son heure de gloire au printemps et mon persil a l'air de bien s'installer pour assurer ma popote d'hiver. On se console comme on peut.

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20 août 2010

L'amour n'est pas dans le pré

Celui qui, lassé par les grilles d'été suspectes, a fini, un soir d'ennui incommensurable, par échouer sur M6 pour assister, les yeux écarquillés, à un épisode de "L'amour est dans le pré" aura peut-être l'étrange impression, à la lecture de ce livre, d'un éième épisode de cette série si souvent surréaliste.

Désirée et Benny racontent tour à tour leur vision d'une aventure amoureuse qui se termine sur une note étonnante. Distrayant et pas compliqué. Une bonne lecture d'été.

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19 août 2010

De la vie

Sur une route crétoise, assise dans son petit coin, Miss Cocotine se met soudain à deviser sur le parcours terrestre du mouton :

Le mouton, d'abord, il est bébé, après, il devient de plus en plus grand, après, il est Papy et Mamy et après, il est de plus en plus mort.

Deux jours plus tard, à la taverne :

Miss Cocotine, le visage défait par l'angoisse :
Maman, je veux pas être grande.

Moi, tentant de la recadrer et d'éviter le syndrome Tanguy :
C'est normal, de grandir, mon chaton. C'est super. On peut faire de plus en plus de choses. Pourquoi tu veux pas grandir ?

Miss Cocotine, pas du tout convaincue par l'argumentation et redoublant de mimiques anxieuses
: Je veux pas être morte Maman !

Moi, prenant un air détaché et mon courage à deux mains : Ben, c'est normal, de mourir. C'est comme une fleur. Elle naît, elle vit, elle se fane et ensuite, elle meurt et devient toute sèche.

Miss Cocotine, visiblement décidée à plomber l'atmosphère : Et toi, et Papa, vous allez être morts ?

Moi et l'homme, bien plus occupés par des considérations horriblement terrestres du genre "Trop bonne, cette moussaka et goûte les courgettes frites, une tuerie !" : Oui, mais c'est normal, tout ça, mon coeur, c'est dans l'ordre des choses.

Miss Cocotine, concluant d'un air déterminé : Ben, c'est triste.

Moi et l'homme, essayant de remettre un peu d'ambiance : Bon, écoute, pour l'instant, on est bien vivants et on est en vacances. Tout va bien. Alors mange, mon chaton, fais-toi plaisir.

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10 août 2010

La bonne blague

Mercredi 28 juillet 2010, 9h30. Heureux de cette semaine à Enagron et nageant dans une insouciance crasse, on plie bagages et on saute dans la Clio pour partir à l'ouest, direction Vamos, notre prochaine étape. L'homme déclare : "Faut que je prenne de l'essence. J'ai plus que 90 bornes." Une petite phrase qui me semble, sur le coup, bigrement anodine.

A Axos, curieusement, les deux pompes sont fermées. Bizarre, mais on n'y accorde pas plus d'importance que ça. Dans le village suivant, une banderole rouge et blanche barre l'accès à la station service. On commence à avoir la puce à l'oreille. Le temps de dénicher un type qui parle anglais et on apprend que les transporteurs font grève. Résultat : plus une goutte d'essence disponible en Crète.

Le mouvement a apparemment commencé deux jours auparavant. Personne ne nous a prévenu et comme on s'est volontairement déconnectés, la nouvelle nous tombe dessus comme une grosse pierre. Malgré tous les milliers de kilomètres parcourus à droite et à gauche, c'est une grande première.

Mesurant toute l'étendue du problème, je dégaine ma carte, vérifie minutieusement l'échelle et me plonge dans des calculs d'apothicaire pour étudier le nombre de kilomètres à parcourir.

A ce moment, la Clio, toute guillerette, se met à carillonner. L'aiguille de la jauge tombe dans le rouge et le décompte s'évanouit instantanément, laissant la place à trois charmants petits traits.

La tension monte.

L'homme s'accroche au volant, déclenche un plan de secours provenant sûrement d'un vieux Manuel des Castors Juniors et se lance dans des envolées en roues libres qui me font transpirer à grosses gouttes.

La bonne dizaine de pompes à essence désertiques qu'on croise ne nous laisse plus aucun espoir. Une sorte de fin du monde.

Passé Georgioupolis, Vamos, notre destination, n'est pas si loin mais je ne peux m'empêcher d'imaginer la voiture débordant de valises hoquetant et s'arrêtant net sur cette route improbable, nous laissant nous dessécher lentement sous un cagnard du diable, et ce jusqu'à la fin de cette foutue grève. Un coup à rentrer au pays les pieds devant dans un avion affrété spécialement par IMA.

Accrochée à ma carte, je constate soudain avec angoisse que les panneaux indiquent désormais La Chanée. Pas normal. Impossible qu'on ait pu rater le panneau indiquant Vamos. La gorge sèche, je panique. L'homme s'arrête illico sur le bas côté et entreprend de faire un demi-tour qui va nous sauver la vie. Le panneau suivant, tout en grec, indique bien la ville. Comme quoi, une bonne menace de panne d'essence et toute la bande des alpha, béta, oméga n'a plus de secrets pour personne.

Lentement mais sûrement, on déboule à Vamos, conscients de la chance incroyable qu'on a eue d'échapper à la panne sèche.

Deux jours après, finalement, le gouvernement grec oblige les transporteurs à réalimenter les pompes qui du coup, restent ouvertes une ou deux heures et pratiquent un rationnement : 20 € à chaque passage, c'est le régime de celles de Vamos, sachant qu'il faut faire la queue 45 minutes à chaque fois. Bon an mal an, l'homme s'en sort et moyennant trois tours patients, revient avec le réservoir rempli et le pompiste comme pote.

Quelle aventure !

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10 août 2010

Au coeur du sujet

Le choix de mes voyages est souvent motivé par le besoin de goûter d'autres cuisines et ce sont mes petites papilles avides de curiosité qui m'ont menée vers cette fabuleuse Crète aux mille saveurs.

La cuisinière d'Enagron, Stavroula, n'a pas de formation technique mais c'est un vrai cordon bleu qui fait la popote comme à la maison. Ces sept jours passés à fréquenter son restaurant resteront mon plus joli souvenir gourmand de l'île. Et puis quand les légumes arrivent tout frais sur la table en provenance directe du potager, on mesure dans quel luxe on nage.

Le 27 juillet, la Cocotine's family a participé à son cours de cuisine et grâce à elle, j'ai enfin compris pourquoi les différentes recettes de moussaka dégotées dans Elle à table ou Saveurs n'ont jamais été à la hauteur de mes espérances.

Stavroula fait la plus divine des moussaka, très loin des ersatz douteux qu'on peut trouver au rayon surgelés des hyper ou même dans certains restaurants et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer en voyant sa préparation, elle n'est pas grasse du tout dans l'assiette.

Evidemment, c'est inutile d'avoir l'idée saugrenue de compter le nombre de calories qui s'y cachent. Il vaut bien mieux se laisser porter par sa gourmandise et ainsi, profiter pleinement de la vie.

Voici la vraie recette de la moussaka

vue par une fine cuisinière crétoise :

- Faire frire les aubergines découpées en lamelles dans de l'huile d'olive pendant 5 minutes.

- Même chose pour les pommes de terre coupées de la même manière.

- Egouter tout ça sur du papier absorbant. Ca rassure...

- Réduire les tomates en purée à la râpe.

- Dans une cocotte, faire frire les oignons dans l'huile d'olive.

-  Ajouter de la viande (moitié boeuf, moitié mouton), 1/2 litre de vin rouge, la purée de tomates, un bâton de cannelle, des feuilles de laurier, du poivre vert, du persil. Saler, poivrer.

- Dans un plat allant au four, mettre une couche d'aubergines, puis une de pommes de terre, une de viande en sauce, une nouvelle d'aubergines, une de pommes de terre .

- Préparer la béchamel. Faire fondre 36 cs de beurre fondu.

- Mélanger 36 cs de farine, 1 cs de sel, 1 cc de poivre, 1 cc de muscade et ajouter le beurre fondu.

- Mettre ce mélange dans 2,5 litres de lait et cuire la béchamel.

- Y ajouter 7 oeufs et 200 grammes de fromage de brebis rapé.

- Verser sur la préparation et saupoudrer de rapé.

- 45 minutes à 200°.

Un pur bonheur ! 

A noter : Les crétois n'utilisent pratiquement jamais de beurre sauf pour faire la béchamel. Stravoula a recours à son instinct et son expérience et ne pèse jamais les ingrédients. Aucune balance dans la cuisine. Il a fallu la tarabuster gentiment pour obtenir quelques règles et ça a donné des mesures assez drôles comme les 36 cuillères à soupe.

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14 août 2010

Aux fourneaux

A Vamos, la Cocotine's family s'est embarquée pour une cooking lesson avec Koula Barydakis. Un vrai coup de coeur.

Dans le vieux moulin à huile du village partiellement en ruines, délicieux écrin à ciel ouvert, notre petit groupe n'a pas chômé. Sous l'oeil bienveillant de notre chef et les rayons d'un soleil s'évanouissant lentement, nous avons mitonné, pas à  pas, un vrai repas de fête :

- dolmades (feuilles de vignes farcies)

- kalitsounia (chaussons au fromage Myzithra)

- kolokithokeftedes (boulettes de courgettes à la feta)

- tzatziki

- pâtes au poulet à la tomate à et à la cannelle

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7 juillet 2010

Un cahier rien que pour elle

Je garde toutes sortes de papiers, de cartons, de ficelles, de raphia et de rubans au cas où. Ne trouvant rien à mon goût dans les magasins, j'ai décidé de plonger dans mon stock de récup' pour fabriquer un cahier d'été à Miss Cocotine. Pour la reliure, je suis partie farfouiller chez Hélio Nantes où j'ai dégoté des anneaux brisés qui font très bien l'affaire.

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8 août 2010

Et rebelote

Quatre jours seulement qu'on a réinvesti le double four...

Alors que je nage paisiblement en pleine nostalgie, l'hyper-actif qui me sert de mari a déjà trouvé d'autres chats à fouetter.

Ce matin, pendant que je me bagarrais avec mes gamelles en hurlant "Mon Dieu que j'aime ce port du bout du monde..." sans aucun complexe, l'homme en profitait pour ravager ma penderie, sortir son monstrueux pot d'enduit et s'agiter en ponçage extravagant.

Ca y est. Le couloir du premier est en passe de subir un relooking sévère... et dès demain matin, je pourrai aller chercher jupes et pantalons dans le cabanon.

Désolée pour les fétichistes des charentaises. La version été 2010, c'est la tong...

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7 août 2010

Un jour à Héraklion #1

Héraklion n'est certes pas la plus jolie ville de Crète mais une fois qu'on l'a capté, on peut aussi lui trouver certains charmes : flâner à Odos 1866, son marché, dévorer un feuilleté feta-épinards en regardant déambuler les passants à la fontaine Morosini et surtout sortir des flux touristiques pour aller respirer la vraie vie des crétois dans les ruelles retirées.

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10 août 2010

Un bijou d'église

L'église, en Grèce, est omniprésente. A chaque coin de rue, on y croise un pope et de multiples chapelles sont disséminées sur le territoire.

Pour une laïque convaincue comme moi, le mélange état-église est assez surprenant et le fait que les autres religions ne soient quasiment pas représentées relativement étrange.

Pourtant, depuis toujours, je suis folle de toutes ces magnifiques églises orthodoxes que je trouve gaies, chaleureuses, vivantes et donc très loin de l'austérité glaciale de leurs homologues catholiques. Bizarrement, j'y rencontre une sorte de sérénité et cela m'arrive souvent d'y traîner longtemps en rêvassant devant les sublimes icônes, bercée par le parfum apaisant de l'encens.

A Margaritès, j'ai eu un véritable coup de coeur pour cette église si mignonne et si pimpante, noyée dans l'exubérance des fleurs et bordée d'un petit cimetière si paisible.

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9 août 2010

La ferme Enagron

Mon dada, pour trouver un hébergement en vacances, c'est l'agro-tourisme. De jolis villages réhabilités dans le respect de la tradition locale, bien souvent perdus au milieu de nulle part. A Chypre, je n'avais eu aucun mal à choisir mais en Crète, ça n'a pas été si facile.

La perle rare, je l'ai finalement dénichée entre Réthymnon et Héraklion, au pied du Mont Psiloritis, en contrebas d'un petit village nommé Axos. A Enagron, la vie est douce et calme.

On y mange divinement bien, Stravoula, la cuisinière émérite fait son marché au potager et passe de longues heures à mitonner des merveilles dans son four à bois.

Des randonnées sont organisées avec ou sans ânes, on peut assister à la traite des chèvres, apprendre comment on fait le fromage, participer aux vendanges quand c'est la saison et assister à un cours de cuisine.

Vivre là une semaine, c'est une expérience, à mon sens, unique, et l'occasion de se plonger avec délices au coeur de la vie crétoise. Si vous passez par là un jour, pensez-y !

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9 août 2010

Baignade au nord-est

Comme me l'indiquait mon-Routard-tant-aimé à juste titre, la fameuse plage de Vaï est une vaste blague. D'une langue de sable étrangement bordée de palmiers, certains ont fait un tiroir-caisse. A peine le capot pointé, un type sort de sa guitoune pour réclamer les 3,50 € obligatoires pour se garer.

A 11h déjà, une jolie petite foule se presse pour accéder à ce mini paradis qui doit vite se transformer en enfer. Il faut dire que des cars entiers viennent y déverser leurs gentils touristes assoiffés de transats et de parasols à louer.

Demi tour et tant pis pour les palmiers.

Comme bien souvent, à quelques kilomètres au nord, une superbe crique où quelques grecs se distraient tranquillement. A Itanos, il faut être un peu malin et courageux, observer les gens du coin qui grimpent sur la colline pour disparaître avec leur parasol et leur glacière...

De l'autre côté, éberlué, on découvre une plage de sable sublime aux eaux transparentes. Ma plus douce baignade en Crète.

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