Ca fait trois ans que j'erre sur la blogosphère et que je m'émerveille pour un oui, pour un non, tout en observant gentiment les us et coutumes des uns et des autres.
En mai 2007, je me suis lancée assez innocemment dans la fabrication de guirlandes de fanions et amusée par la naissance de mon premier blog, j'ai décidé d'en proposer un second dans la foulée, beaucoup plus axé sur mon nombril. Après tout, je n'étais pas pionnière en ce domaine.
Dans un premier temps, je suis restée relativement sage puis l'étalage et le paraître parsemés de redondants "amour" et "bonheur" ne reflétant pas assez, à mes yeux, les joies de la vraie vie, ma souris a commencé à frétiller et l'année dernière en mai, j'ai franchi le pas en laissant libre cours à ma nature profonde. Ainsi sont nés "Le baratin du lundi matin" et "L'herbe est plus verte ailleurs" avec pour unique but de faire de mes déboires un sujet de dérision.
Soucieuse de rester physiquement dans l'ombre, je n'ai jamais éprouvé le besoin de vous servir ma trogne en long, en large et en travers. A quoi bon ? Vous savez l'essentiel. Je suis jean-tee-shirt-all-stars en réflexion permanente, mue par une espèce de quête idiote de justice et d'équilibre. Très loin du bling-bling, de l'acide hyaluronique et de la bouteille de
champ' remplie de superficielles paillettes d'or, mon chemin miné m'a poussé à me battre le couteau entre les dents pour grappiller du bonheur ça et là et obtenir ce que j'ai aujourd'hui.
D'épreuves en challenges, j'ai fini par balancer à la poubelle toutes les théories culpabilisantes selon lesquelles "quand on veut, on peut" et "si on se plante, c'est juste parce qu'on le fait exprès" et je suis maintenant persuadée que très loin de l'arrogance, de la niaiserie et de la vulgarité qui s'étalent dans des pages douteuses ou sur des plateaux télé humiliants, la vraie héroïne, c'est celle qui se lève tous les matins à 5 heures, qui saute d'un RER à l'autre pour remplir ses contrats et réussit ainsi à faire pousser ses trois enfants toute seule, tout ça parce qu'un jour maudit, ce qu'on appelle "un accident de la vie" lui a brisé tous ses rêves.
Pratiquer ce monde débile a fait de moi une boule d'incertitudes saupoudrée de paradoxes et piquée de quelques valeurs non négociables. Et comme le dit si bien le proverbe "Qui se ressemble s'assemble.", ce sont rarement les vies-infiniment-trop-lisses ou les qui-savent-tout-et-qui-maîtrisent-tout qui émoustillent mon sac à
neurones.
Ce blog va son chemin sans objectif précis. Je n'ai pas l'âme d'un gourou, le prosélytisme qui me fait bondir ailleurs n'aurait aucune raison d'être de mise ici et exposer ses doutes mène plus souvent à la perte qu'à la gloire.
D'ailleurs, en un an, je ne compte plus les fois où j'ai failli tout envoyer paître tellement l'exercice m'est apparu comme vain certains matins de clairvoyance.
Et pourtant j'ai continué car d'une part, scruter la vie derrière un objectif me remplit de paix et d'autre part, cogiter tranquillement me maintient en vie dans cette relative traversée du désert. Ainsi, tenter de faire passer mes ressentis par l'image ou les mots m'apporte, au bout du compte, assez de satisfaction pour que j'ai envie de faire durer ce lien qui nous unit, fusse-t-il dramatiquement virtuel.
Une chose est sure. A chaque instant de doute, c'est toujours l'un ou l'une de vous qui, d'une phrase, m'a remise dans le droit chemin et m'a poussée à persévérer.
Du coup, ce petit blog
qui se sait futile et inutile
vivote depuis 3 ans...
Cependant, tout est éphémère et je ne peux promettre sa vie éternelle. Comme pour d'autres qui ont tout lâché ou qui ont été tentés de le faire, la lassitude pourrait avoir, un jour ou l'autre, raison de mon souffle épistolaire.
MERCI A VOUS,
les fidèles ou les infidèles qui, dans votre grande bonté, vous trouvez quelques atomes crochus avec mon tout petit monde et venez de temps en temps ou régulièrement me faire rire, aux éclats parfois, et m'émouvoir aussi.
Pour mon troisième anniblog,
je sors le champ' !
Ben oui, à quoi ça sert que la bouteille moisisse dans l'attente éperdue du job de mes cauchemars, celui qui me permettra de cotiser jusqu'à 72 ans ?
Et même que pour fêter l'évènement, je claquerais volontiers une durite dans le genre lâche-ton-costume-de-MAF-bien-propre-sur-elle-qui-se-tape-toutes-les-sorties-d'école-et-qui-fait-des-tartes-aux-poireaux-frôlant-le-divin-et-viens-passer-la-nuit-à-te-trémousser-gravement-en-boite-y'a-un-spécial-seventies-on-va-tout-péter... Je vous l'ai déjà confessé. Je suis en pleine CMV...
Mais somme toute, c'est ça la vie, non ?
Alors, qui aime la vie
continue à me suivre...
pour mon plus grand plaisir !
