Yes, c'est fini ! Ce foutu stage est bouclé. Trois semaines interminables.
Arrivée pleine de bonne volonté et dans l'espoir de partager, j'ai vite compris que mon "statut" de stagiaire me donnait juste droit au port d'une cape d'invisibilité...
La demi-heure royalement accordée pour déjeuner m'a permis pendant deux jours de mesurer à quel point mes super collègues n'avaient, elles, aucune intention de jouer l'ouverture. Lassée d'être totalement ignorée et l'ego en berne, j'ai décidé de ne plus remettre les pieds à la cantoche et de manger dans les bois alentours, un tête-à-tête avec des arbres même nus me paraissant toujours plus excitant que de me colleter des tronches en biais. Et vous le croirez ou non, jai tenu le coup jusqu'au bout.
Malgré tout, au fil des jours et des besoins en photocopies, saisie bête et méchante et même agrafage (!), certaines ont réussi à mémoriser mon prénom et ma tutrice s'est même subitement intéressée à moi le 3ème jour en me lancant un : "Mais kes ta comme niveau d'études ?"... Là, je l'ai regardée en me demandant si c'était bien à cette fille que j'avais déjà envoyé mon CV quatre fois et puis, j'ai répondu docilement. Ce qui m'a valu un retour hilarant : "Ah ouais, t'as quand même des bagages !". Ben oui, ma chérie, j'ai beau être stagiaire, je n'en ai pas moins un cerveau.
La communication étant ainsi établie, il s'agissait de jouer serré et de veiller à maintenir le lien pour cohabiter en bonne intelligence pendant ces trois semaines. Et j'ai tellement bien manœuvré que j'ai même obtenu quelques confidences qui m'ont finalement permis de comprendre pourquoi l'ambiance était aussi glauque dans les couloirs.
Comme un refrain connu... Rachat par un groupe financier et changement de direction plutôt mal digérée. Le coeur du problème était là. Et quand un type a déboulé dans le bureau sans frapper, sans dire bonjour pour interroger brutalement ma collègue écarlate et tremblante et repartir aussi sec sans dire ni merci ni au revoir, j'ai réalisée que C'ETAIT LUI, le monstre qui terrorisait tout le monde.
Hyper décevant d'ailleurs. Même pas balèze ! Tout petit et insignifiant. Si seulement on m'avait livré une baguette magique avec la cape d'invisibilité, je l'aurais illico transformé en quelque chose d'horriblement humiliant...
La vie en entreprise est décidément toujours aussi captivante.
Bref, vendredi soir, je les ai tous quittés sans aucun état d'âme et rentrée à la maison, j'ai fait un bon gros cake pour fêter ça !
