A l'heure où seule une voyante pourrait me dire où j'habiterai fin 2012, rapport à Léon qui n'en finit pas de tendre la joue pour se faire flatter - et d'ailleurs je peux vous annoncer officiellement que le retour de son étude grapho est positif - je ne manque jamais une occasion de me divertir.
Et lundi soir, à bout de nerfs, je me suis scotchée devant la téloche pour m'offrir un flash back du diable. J'en suis encore toute barbouillée.
C'est l'effet Cloclo.
Mes 10 ans, Courbevoie, mes parents, mon frère, mes rêves de gamine. Chaque chanson me rappelle une page de mon enfance et l'expérience est forcément troublante. Le mange disque qui tournait en boucle et la mini cassette branchée sur André Torrent, y'avait du matos. Et Podium que me refilait ma copine Isabelle et que je lisais en douce parce que mon père et ma mère trouvaient ça déviant.
Ca paraît inouï aujourd'hui mais à cette époque, c'était difficile de ne pas allumer la radio ou la télé sans l'entendre. Un sacré phénomène très bien décrit dans cet excellent documentaire que vous pouvez revoir ICI et dans lequel on apprend que ses influences, c'était Nat King Cole, Stevie Wonder, Sinatra et Elvis.
Ca vous arrive, à vous aussi, de vous faire un trip seventies populaire, et de partir pour un cocktail détonnant Cloclo-Sheila-Mike Brant-Johnny Hallyday-Gérard Lenormand-Sylvie Vartan ?
Quoi ?
Faut que je me reprenne, je fais trop ma Nadine Morano ?
Puisque c'est comme ça, je ne vous dirai plus rien.
Miss Cocotine m'ayant récemment attaquée d'un tout-le-monde-dit-que-le-Père-Noël-c'est-pas-vrai-c'est-les-parents-qui-paient - tout-le-monde représentant les quatre mioches qui se prennent pour des cadors dans la cour de récré - j'ai fini par me faire une raison en me disant que ma fille grandissait et qu'il n'y avait là rien d'anormal. Mais lorsque j'ai réalisé que derrière elle, il n'y avait pas d'autre petite tête brune pour croire à toutes ces joyeuses balivernes, j'ai d'abord noyé mon chagrin dans le thé, puis je l'ai emmenée voir ce film. Pour faire durer le plaisir et que sa petite lumière brille encore un peu. C'était merveilleux.
Vu avec ma fille sans avoir assez investigué avant, j'ai un peu regretté car l'histoire de ce petit garçon est relativement dure. Les parents sont violents et je n'ai pas compris quelle avait été leur motivation pour adopter des enfants. Voir un adulte fouetter un gamin, ça me glace le sang et je ne conseillerais pas ce film aux moins de 12-14 ans. Enfin, maintenant que c'est fait, ça donne une occasion de discuter de tout ça.
Quand lundi à 9h02, j'ai dégainé mon portable pour crier au secours, je n'ai pas imaginé une seule seconde les conséquences que le récit détaillé de mes mésaventures pourrait bien générer dans la tête de mon Léon.
A 12h33, il me téléphonait pour me déclarer tout de go :
Ca m'a foutu un coup, ton histoire.
Depuis que tu m'as appelé, je suis tout mou.
Ca m'a scotchée. Lui qui, habituellement, faisait dans le Parent Normatif voire horriblement Persécuteur et que j'appelais, les jours de gand vent, Monsieur Ifoyaka, venait de se vautrer dans la plus extrême faiblesse, là, au creux de mon oreille déglinguée.
Et le gars d'en rajouter une couche, et non des moindres :
Je rentrerais bien maintenant pour te soutenir.
Là, comme-dirait-l'une-de-mes-fidèles-lectrices, je me suis demandé si c'était du lard ou du cochon et le sourcil gauche en l'air, j'ai fini par prendre peur.
Mon Léon avait le bourdon.
L'accumulation peut-être.
Pleine d'émotion devant tant de sollicitude, je lui ai envoyé des mots d'amour auxquels il a répondu avec la ponctuation ad hoc, et dans un élan de lucidité, je lui ai ficelé une conclusion synthétique et mortellement prosaïque :
L'une des joies de ma vie de MAF, c'est de camper chez l'orthophoniste tous les mercredis après-midi. Trois ans déjà que tout est mis en oeuvre pour que Miss Cocotine fasse sienne la langue de Molière. Tout au début, j'y allais guillerette et confiante, persuadée que les efforts accomplis seraient bien vite récompensés en progrès faramineux.
Novice que j'étais.
Les mois et les années défilant, j'ai recueilli l'avis des spécialistes de l'enfance et de l'adoption que j'avais sous la main sans toutefois me mettre la rate au court bouillon. Au bout du compte j'ai d'ailleurs renoncé à chercher une réponse à la question fatale mais-pourquoi-c'est-comme-ça et décidé sagement de prendre mon mal en patience.
Les yeux voguant de la table de 8 à l'affiche vous-avez-Alzheimer-prenez-contact-avec-nous, je m'affaissai donc un petit peu plus à chaque séance sur la mauvaise copie d'Arne Jacobsen blanc gris dans l'attente du pic qui me ferait avaler les longues périodes de stagnation.
Le tout était de ne pas tomber dans la médiocrité en me gavant de pages people douteuses.
Pourtant, depuis son entrée en CP, et malgré les commentaires acerbes de cet oiseau de mauvais augure qu'était son enseignante de grande section, Miss Cocotine s'en sort avec les honneurs et collectionne les ronds verts de fin de semaine. Volontaire et disciplinée, elle n'a presque que des tb en mathématiques et sa maîtresse actuelle lui accorde volontiers de jolies appréciations.
Seulement, quand il s'agit de faire la conversation, c'est une pagaille monstre, et si le matin, je suis assez fraîche pour reclasser patiemment les mots et décrypter les messages parfois étranges qu'elle me délivre, le soir, c'est une autre paire de manches.
Heureusement, les alphas ont débarqué dans sa vie et dans la mienne par la même occasion, avec cette promesse en bandoulière : "Vous allez voir, ça va se décoincer tout seul."
C'était vite dit.
Je ne compte plus les paires de rames usées mais ici, contre vents et marées, pas question d'arrêter de lutter.
Ce matin, alors que je lui faisais écrire écolier :
Moi : co, c'est comment ?
Miss Cocotine : ...
Moi : C'est quelle lettre, le que dans les alphas. Tu te rappelles, les alphas ?
Miss Cocotine : Que...
Miss Cocotine, après intense réflexion : Ah oui, c'est le petit truc qui se mange... UN RADIS !
Moi : Sûr, que comme radis, évident ! Ca ne serait pas plutôt que comme cornichon, non ?
Miss Cocotine avec un grand rire : Me suis trompée !
Dans la famille Lamour, je demande le fils. Après avoir confié notre anniversaire de mariage à l'une des filles en 2007 avec quatre jours à La Chapelière, et ingurgité quatre potées et une bonne dizaine de crêpes chez l'autre, au Char à Banc, nous avons décidé, cette année, de dormir deux nuits chez Corentin et Liz, ou plus exactement dans la Maison de Jeanne, l'une des Petites Maisons dans la Prairie de Plélo. Si vous aimez la Bretagne, la déco et la potée, c'est là qu'il faut aller.
Tant pis si je radote. La Maison de Flore, c'est l'assurance d'un accueil chaleureux dans une très jolie maison au coeur de Cloucarnac, petit hameau adorable jouxtant Carnac et l'occasion de partager rires et bonnes adresses avec les autres hôtes autour d'un petit déjeuner tiré à quatre épingles. Alors, vous y allez quand ?
A l'issue de cette 1ère semaine de 2010, je suis vannée.
Et vous savez pourquoi ?
Non, ce n'est pas de regarder mes compatriotes continuer à s'étriper sur la définition de l'identité nationale,
ni d'avoir perdu la paire de sourcils la plus bankable et la plus dévouée de l'hexagone après celle d'Emmanuel Chain,
ni que ce ne soit pas notre PDPA qui ait eu cette idée brillante de construire une tour de 828 mètres de haut,
ni que le site de Pôle Emploi soit saturé,
ni même de ne pas pouvoir assister au come-back de Dutronc père
qui m'a tuée.
C'est l'école de la République du bled qui me pose problème et ces questions qui me turlupinent :
Pourquoi, en 2010, on demande à des enfants de cinq ans de relier un petit blanc à une maison, un petit noir à une hutte et un petit jaune à une pagode ?
Pourquoi, en 2010, on leur demande de relier un petit blanc à une assiette, un petit arabe à un couscous mangé avec les doigts et un petit jaune à des baguettes ?
C'est pourtant ce que j'ai découvert dans le classeur de travail remis par l'instit' pendant les vacances de Noël, ce dont je ne me suis pas relevée.
Jusque-là, je faisais confiance à l'équipe enseignante et je n'ai jamais eu à me plaindre de cette école. Bien au contraire. Mais là, j'avoue que cet épisode associé à la vision du planisphère collé au mur une grande partie du premier semestre et présentant un petit blanc sur l'Europe, un petit noir sur l'Afrique et un petit jaune sur l'Asie me laisse extrèmement dubitative sur la représentation du monde qu'on propose à mon enfant cette année.
Lui bourrer le mou avec les différentes races définies par des hommes blancs, est-ce-bien raisonnable ?
L'amener à remarquer ce à quoi elle ne prêtait pas attention jusqu'alors, à savoir la différence physique, est-ce bien constructif ?
J'imagine que c'est fait dans le but de sensibiliser les enfants sur la diversité des cultures. Mais il me semble que c'est une approche assez simpliste et assez peu réaliste du monde qui nous entoure.
« Le mot « race » ne doit pas être utilisé pour dire qu'il y a une diversité humaine. Le mot « race » n'a pas de base scientifique. Il a été utilisé pour exagérer les effets de différences apparentes, c'est-à-dire physiques. On n'a pas le droit de se baser sur les différences physiques - la couleur de la peau, la taille, les traits du visage - pour diviser l'humanité de manière hiérarchique c'est-à-dire en considérant qu'il existe des hommes supérieurs par rapport à d'autres hommes qu'on mettrait dans une classe inférieure. Je te propose de ne plus utiliser le mot « race ». »
Bien sûr, j'ai réalisé que c'est ça qui a engendré les agressions verbales dont Miss Cocotine a été victime de la part de trois ou quatre enfants à l'automne et qui de surcroit, a débouché sur des échauffourées avec deux parents d'élèves que je ne suis pas prête de digérer.
Alors vivement fin juin parce que là, je suis au bout de ce que je peux supporter et je rêve de plus en plus
que le mot "race" disparaisse du paysage humain. Pas demain la veille manifestement !
Tiens, je m'offrirais bien une semaine de ski à Caen ou à Avignon !
Je n'ai rien vu venir et s'il n'y avait pas eu Miss Cocotine pour me rappeler à l'ordre, j'aurais oublié les 24 pochettes à remplir de petits bonheurs. Alors, dans la précipitation, j'ai repris les pochettes fabriquées en 2011 et je leur ai collé de nouveaux numéros. Demain, je finalise. Le tout est de savoir si je l'accroche au grillage ou à l'escalier, comme l'année dernière. La nuit porte conseil.
Je pense que je vais y traîner mes guêtres, vu la souffrance que j'ai à enchaîner mes journées dans la FPT du double-four.
Un calvaire,
je suis dans un brouillard plus épais que celui qui recouvrait la Grande Muraille le jour où j'y ai posé le pied.
Alors, vu que le thème, cette année, c'est le monde du travail, je serais bien sotte de laisser passer une occasion pareille, non ? (Un clic sur l'affiche et vous aurez le programme.)
Voilà ce que j'ai commencé à faire pour la party de demain.
Des pliages "comme à l'école" remplis de douceurs... (Vous vous souvenez ? Ce pliage-là, on s'en servait dans l'autre sens, on comptait, puis on choisissait la couleur et quand la copine lisait le petit mot écrit au-dessous, on savait enfin si on allait se marier avec Thierry ou avec Laurent...)
des petits sacs plein de chocolats pour faire plaisir aux bambinettes...
et des petits cadeaux rigolos pour remercier nos petites invitées...
La suite demain... Ouh, la, la, je suis hyper busy, moi !
Chacun et chacune d'entre nous a son nigaud, sa prétentieuse, son lourd, sa malpolie, son pédant, sa blonde, son vilain, sa snob, son tordu, sa fatigante, son geignard, sa névrosée, son tyrannique, sa ridicule, son égoïste, sa mégère, son machiavélique, sa fainéante, j'en passe et des meilleurs.
Et chacun et chacune d'entre nous est à son tour, le nigaud, la prétentieuse, le lourd, la malpolie, le pédant, la blonde, le vilain, la snob, le tordu, la fatigante, le geignard, la névrosée, le tyrannique, la ridicule, l'égoïste, la mégère, le machiavélique, la fainéante, j'en passe et des meilleurs, d'un ou d'une autre.
Des heures, je pourrais vous faire l'article sur ceux auxquels je trouve du génie, de la finesse, de la classe, de l'humour, de la perspicacité, de l'humanisme, de la clairvoyance, du bon sens, de la force, de la compassion, de la générosité, de la profondeur...
...mais ne comptez pas sur moi pour que je vous donne les noms de mes cons préférés.
Non, pas question. C'est une affaire infiniment personnelle et j'ai bien trop de pudeur pour afficher, comme ça, ce qui mijote aux tréfonds de mon âme.
C'est en passant chez le libraire ces jours-ci que l'idée épouvantable mais néanmoins jouissive de voir mon-stock-de-cons-préférés réduit à néant m'a soudainement assaillie. La faute à Carl Aderhold et à son titre aguicheur et ô combien prometteur :
"Mort aux cons".
J'ai tout l'été pour examiner en détail la stratégie du héros...
et accessoirement, de me plonger dans les deux autres livres que j'ai choisis :
Pour le bien du chômeur qui comme chacun sait, surtout ceux qui n'ont jamais eu le bonheur de se faire ballotté de l'ANPE aux Assedic jusqu'à avoir envie de se passer la corde au cou, ne fait rien de ses journées et se la coule douce en palpant les indemnités, et pour éviter sa désocialisation, certains proposent vingt heures de travaux d'intérêt général. A mon avis, au café du commerce, ça va faire jaser et les ifoyaka les plus savants vont se gargariser de cette nouveauté apparemment piochée chez les anglais.
Si je ne fais pas d'erreur, c'est en sortant du tribunal qu'habituellement, on écope de travaux d'intérêt général. J'imagine qu'une agence de com' pourrait être grassement payée pour rebaptiser ce qui est à la base une punition et qui pourrait ainsi devenir, à force d'euphémisme ingénieux, un bienfait pour l'humanité.
Pas de chance, c'est juste ce moment idyllique que j'ai choisi pour me ré-inscrire à Pôle Emploi. L'avantage, c'est que moi, on ne peut pas m'accuser de vider les caisses de l'Etat mais on pourrait bien me mettre le même sac que les vauriens qui, eux, en profitent sans vergogne.
Un coup à se retrouver couverte de rayures, un boulet au pied et un tatouage sur le bras.
Ca m'a foutu un coup. Voir mon destin basculer comme ça et finir comme Ma Dalton.
Moi, ça m'a attirée comme un aimant. "Je commence demain !" C'est pile poil la phrase que j'aimerais pouvoir prononcer avec autant de dynamisme et de vitalité. En fait, mon grand rêve serait plutôt qu'on me dise "Tu commences demain !", histoire de ne plus jamais avoir à me colleter ces as du recrutement et prendre des dizaines de tartes en pleine poire. Finalement, les travaux d'intérêt général, ça pourrait peut-être m'aller...
J'ai erré une heure quinze sur le site de Pôle Emploi en me persuadant qu'il fallait absolument que je tourne la page sur un métier que je n'avais d'ailleurs jamais particulièrement aimé et que je passe les vingt prochaines années à m'épanouir dans un secteur EN DEMANDE. Un renversement radical des rapports de force, mon rêve absolu !
Le bonheur à portée de main. Y'a au moins une chose positive dans tout ça : Bonaldi a trouvé un boulot, lui, et pas au SMIC, j'parie. Ca en fait un de sauvé.
Quant à moi, je relis la liste pour chercher ma vocation et si rien ne m'inspire,
je me lance dans l'effeuillage en maison de retraite
ou j'opte pour une carrière de cougar.
Vive la reconversion et rendez-vous vendredi à 9h50 avec mon nouveau conseiller !
Ses belles demeures du quartier des confiseurs, sa Cave Sylla et ses bonnes bouteilles, ses volets baignés de lumière, son Fournil du Luberon dont les pains spéciaux m'ont comblée, en particulier celui aux figues, ses ruelles où l'on s'égare volontiers, son marché du samedi où l'on se ruine en banons, celui du mardi où la marchande de légumes du bout vend avec ses deux petits-enfants, ses boutiques de fruits confits aux belles couleurs, ses petites brocantes et surtout celle de Victor qu'on a retrouvé là-bas par hasard après avoir logé chez lui au Moulin de La Pleugère dans le Perche en 2003, son restaurant Thym te voilà qui chatouille les papilles... et bien sûr, La Madone et ses charmants apéros sous la verrière.
Pour pimenter notre tout petit séjour cévennol, Miss Cocotine s'est fait attaquer par une guêpe qui s'est défoulée sur sa main droite.
3 piqûres
C'était un samedi soir au fin fond du Gard et sur le coup, j'ai naïvement cru que la bouteille de vinaigre Amora du voisin serait à coup sûr l'antidote idéale à la mésaventure.
Mais la pauvre pitchounette était bien chamboulée et le lendemain matin, sa main avait tellement enflé qu'elle avait pris l'allure douteuse d'un gant Mapa rempli d'eau. Un peu inquiète, j'ai gentiment écouté les conseils des uns et des autres et à 13h00, n'y tenant plus et préférant m'adresser au Bon Dieu qu'à ses Saints, j'ai composé le 15, histoire d'avoir le point de vue avisé d'un véritable homme de sciences.
Selon lui, l'affaire allait bien traîner 3 ou 4 jours. La main devait, autant que faire se peut, rester en l'air, et dans le but de faire circuler le sang, il fallait la masser doucement à partir du bout des doigts. Toutefois, si de la fièvre apparaissait ou que le bras commence à prendre la même allure, il serait alors judicieux de consulter d'urgence.
Rassurée, je mis tout en oeuvre pour appliquer les consignes à la lettre et aidée par mon Léon, passais ma journée à caliner et apaiser Miss Cocotine, qui, de son côté, ne voyait aucune amélioration venir mais n'en demeurait pas moins brave.
Lundi matin, rien n'avait évolué dans le sens espéré. Le bras semblait lui aussi un peu gonflé et le tout avait tourné au violacé des plus suspects. Moi qui m'étais juré de profiter à fond de mon dernier petit déjeuner dans les Cévennes, j'ai commencé ma journée par soudoyer la secrétaire du médecin le plus proche pour qu'elle accepte de nous glisser entre deux patients. Puis, une tartine et un yaourt rapidement avalés, les bagages jetés pêle-mêle dans le coffre et les dents brossées mais-pas-trois-minutes, la famille a dû quitté le slieux précipitamment, le gyrophare en action.
L'occasion inespérée de flinguer deux heures de congés payés en moisissant d'ennui dans la salle d'attente d'un généraliste jusque-là totalement inconnu. La main de Miss Cocotine se retrouva finalement emberlificotée dans une bande, elle-même copieusement aspergée d'alcool à 70° pendant qu'un antihistaminique était prescrit.
Ravie d'avoir évité l'amputation, je dégainai ma Carte Vitale avec le sourire pendant que la petite sortait du cabinet médical fière comme Artaban, son bras bien en évidence.
D'arrosages en cuillères à soupe, sa main a doucement retrouvé son état originel mais le souvenir du bandage, lui, sera probablement impérissable.
A la question mais-docteur-qu'est-ce-qu'on-aurait-dû-faire-parce-que-le-vinaigre-ça-n'a-rien-fait, le toubib nous a expliqué qu'à part la chaleur qui détruisait les molécules du poison, à ses yeux, il n'y avait rien de très convaincaint.
Et la chaleur, où on la trouve ?
Au bout d'une cigarette ou d'un allume-cigare.
Comme deux ronds de flan, on en est restés.
NB : Attention, il ne s'agit pas de cramer le bébé à coup de mégo, ni d'attaquer l'ado au chalumeau, ainsi que FD en a eu l'idée un instant. C'est la chaleur dégagée qui va tuer les molécules mais pas question d'approcher sa source à moins de 5 mm ou 1 cm de la peau. Je sentais que ça méritait un éclaircissement, histoire de ne pas être à l'origine de scènes de torture sur mineurs.
Pour faire briller encore un peu plus ses yeux, j'ai couru emprunter ce film à la boite à DVD. Eh bien, figurez-vous que le grand méchant Gru m'a donné une idée glauque mais atrocement efficace. Si j'ai un nouvel entretien d'embauche, un jour, je déboule avec mon pistogel et je fige toutes mes concurrentes, histoire de m'offrir le podium.
Une après-midi joyeuse avec de petites stylistes en herbe bourrées d'idées et un défilé de mode devant les Mamans. Léon avait fait des brownies et de la glace vanille, moi, un cake à l'orange et de la panna cotta. Et devinez sur quelle musique les filles ont décidé de faire leur show ? Alexandrie, Alexandra. D'ailleurs, Léon a lâché son match deux minutes pour descendre mettre l'ambiance. Ce soir, tout le monde est rétamé. Rétamé mais heureux.
Le meilleur cru depuis au moins 15 bonnes années et tout ça grâce à ce petit blog à deux balles. Rappelez-vous, quand Ninon's mum a déboulé ici pour remettre les pendules à l'heure au sujet du forty-one. Plus personne n'a moufté après ça.
Toujours est-il que, de clic en clic, on s'est trouvé plein de points communs. D'où chasse aux oeufs, gigot, pâté de Pâques et bon vin pour fêter la rencontre. Après le dessert, elle m'a prêté ses mi-bas, sa blouse à carreaux, son fichu à pois, m'a expliqué comment se dessiner un faux poireau sur le nez et m'a embarqué sur son porte-bagage pour faire le tour vignobles en mobylette (non, je n'ai pas de photos, c'est ballot, ça...).
Vendredi soir, en ramenant mes sacs de courses, j'ai écouté France Culture et suis tombée sur les témoignages de quelques-uns des 17,90 % d'électeurs de dimanche dernier. Pour avoir dû supporter ce genre de propos dans des réunions familiales pendant des années, rien ne m'a étonnée.
Le jour où le Tonton couillon, très content de son trait d'humour, m'a déclaré de ne pas vouloir que je lui serve de riz parce qu'il avait peur que ça lui colle des yeux bridés, alors qu'il savait pertinnement qu'on était en procédure d'adoption en Chine, j'ai touché le fond, et depuis, je refuse de fréquenter ceux qui se plaisent à classer les humains par couleur de peau.
Autant vous dire que tout le fatras qu'on nous sert depuis des mois me tourne les sangs et me pousse à réfléchir encore davantage.
Le week-end dernier, je suis allée faire un tour à Nantes au Mémorial de l'abolition de l'esclavage et cette après-midi, j'ai enfin vu ce film touchant sur le Mississippi des années 60.
Tout cela n'est finalement pas si vieux. Aujourd'hui, il n'y a plus de foin dans le ratelier. Alors les chevaux se battent et la tentation de trouver des coupables est grande.
Moi, j'ai choisi mon camp.
J'essaie de faire dans la modération car plus je vieillis et moins j'ai l'impression de savoir. La seule chose dont je suis à peu près certaine, c'est que la valeur d'une femme ou d'un homme n'a pas grand chose à voir avec ses tâches de rousseurs ou ses oreilles poilues.
Allez savoir quelle mouche m'a piquée, hier soir, j'ai eu envie de regarder ce film. Le titre peut-être ? Quoi qu'il en soit, c'était assez drôle et j'ai complètement craqué sur Gaspard Proust que j'ai trouvé très drôle. Si je me laissais aller à faire ma teigne - ce qui n'est pourtant pas mon genre, vous le savez -, je dirais que c'est un cadeau d'adieu rêvé pour Léon.
De l'époustouflant et du qui-glace-le-sang à travers trois villes et 2400 kilomètres en train : Pékin, 20 millions d'habitants, Pingyao 500000, et Xi'an, 8 millions.
Le berceau de la Chine.
Des milliers de regards croisés, si proches et si lointains.
Une superbe comédie musicale au Châtelet, un déjeuner gourmand chez Boco, un saut à Versailles par grand vent, le goût de la Chine au Pays de Confucius et l'Arc-de-Triomphe en feu le 31. Et mon qi gong tous les jours au parc de Bécon pour réussir à affronter ce que tout le monde a à vivre un jour ou l'autre : la maladie d'un proche.
Déjà repérée et sélectionnée en 2010, cette taverne familiale est épatante. Accueil chaleureux, table excellente (agneau fondant) et coucher de soleil à tomber.
et une très belle découverte cette année, grâce au Lonely Planet :
Robinson taverna
Au bord de la mer, un restaurant plein de charme qui a comme spécialité des tourtes cuites au feu de bois. C'est vraiment très bon et l'accueil y est excellent.