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Le petit monde de Cocotine
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14 août 2012

La Crète sinon rien

Pas de crime au paradis quand Léon et moi avons abordé l'épineuse question qui refait inéluctablement surface chaque année au printemps : mais-qu'est-ce-qu'on-fait-cet-été-?. Lassé par des semaines de grisaille et de pluie, il m'a déclaré d'un souffle :

Je veux du soleil.

Mes yeux se sont mis à briller et en quelques secondes, j'ai perçu tout le bénéfice que je pourrais tirer d'une petite retraite plein sud, très loin du double-four, là où la température fait péter le mercure.

Il a ensuite suffi d'un et-si-on-retournait-là-bas-? pour que les dés soient jetés et que je me lance dans des recherches minutieuses pour dénicher des endroits d'exception bien cachés sur la plus grande des îles grecques :

Kriti,

là où, en 2010, nous avions déjà trouvé du bonheur à la pelle (à explorer LA, LA, LA, LA , LA, et encore LA).

Et au nom de notre amour inconditionnel pour les eaux translucides, les chapelles plantées en pleine nature, les kalitsounia fourrés à la mysithra et la sieste de 14h30 à 16h30, il fallait apporter un tant soit peu d'aide à cette Grèce qui sombrait petit à petit sous nos yeux et qui, si les touristes se mettaient, eux aussi, à la bouder, ne verrait certainement pas sa situation s'arranger.

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7 juillet 2012

Toutes mes envies

Il est 9h14, j'ai des cernes violets et mal au coeur.

A 22h12 hier soir, partant du constat que JoeyStarr ignorait visiblement l'existence du bled où je croupis gentiment depuis bientôt six ans - et je ne peux décemment pas lui en tenir rigueur -, j'ai décidé de sortir mon shaker argenté et ma boule à facettes pour vivre

une soirée de folie en solo.

Autrement dit, j'ai lancé ma bouilloire pour une tisane d'aubépines et j'ai attrapé la télécommande pour choisir avec quel acteur torride j'allais sauter du vendredi au samedi.

J'aurais pu faire dans la comédie romantique mais allez savoir pourquoi, je n'avais pas le coeur à ça. J'ai préféré, encore une fois, jeter mon dévolu sur Vincent Lindon pour ce film que je crevais déjà d'envie d'aller voir à sa sortie en salles.

Ce beau duo avec Marie Gillain m'a complètement séduite mais vu les sujets abordés, le surendettement et la fin de vie, au générique de fin, je n'étais plus qu'une pauvre loque écrasée dans un vieux fauteuil pas ciré.

Pour être à la hauteur de mes ambitions, il fallait enchaîner sur du plus festif.

Tous les dieux de la Terre étaient avec moi car, en m'acharnant sur ma boite à touches, je me suis soudain retrouvée à New York pour quatre épisodes de Sex and the city que je n'avais jamais vus.

Le but ultime de ma vie, depuis mon retour à la fonction de FAF, c'est d'interdire à mon disque dur de tirer un quelconque bilan de ma situation pour en arriver, comme Meg Ryan dans Quand Harry rencontre Sally, à cette conclusion terrifiante :

Et en plus, je vais avoir 50 ans.

Pourtant, à l'issue du troisième épisode, je me suis tout à coup détachée de mon corps pour me regarder sans compassion. Il était 1h24, le 7 juillet 2012 venait juste d'éclore et j'étais exactement devant la même série et dans la même position qu'en 2004, quand Léon s'était toqué d'être représentant de commerce dans la purée de fruits et courrait les routes de France, de Navarre et des Etats-Unis pendant que je crevais d'ennui toute seule et sans voiture dans un coin de Rhônes-Alpes où je ne connaissais absolument personne à part mon conseiller ANPE que je sollicitais régulièrement pour un poste de gestionnaire commerciale introuvable.

A cet instant précis, j'aurais pu faire ma Carrie Bradshaw et, avec une petite moue innocente, me lancer dans une liste de questions sans fin allant de mais-pourquoi-je-suis-encore-dans-le-même-scénario-8-ans-après à comment-prendre-enfin-mon-destin-en-main.

Lâchement, j'ai décidé de faire un sort au paquet de chips acheté pour les sorties scolaires de Miss Cocotine, et puis, rassasiée, je me suis chaudement félicitée d'être passée au rayon "Développement personnel" d'Amazon.

A la rentrée, croix-de-bois-croix-de-fer-si-je-meure-je-vais-en-enfer, tout allait changer, je me pencherais sérieusement sur toutes mes envies.

A propos,

et vous, vous l'avez vu, ça vous a plu ?

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15 juin 2012

Le pourquoi du comment de la page d'accueil

Je conçois tout à fait que je puisse être obscure pour certains lecteurs non avertis mais tout de même.

Serait-ce la normalité ambiante qui vous aurait assommés ? Ne me dites pas que même le petit crépage de chignons de ces derniers jours ne vous a pas titillé la paupière.

Debout là-dedans.

Dans l'optique de rendre mon petit monde virtuel plus convivial pour le novice qui débarquerait, j'ai gribouillé un "Welcome on board" et comme toute page d'accueil qui se respecte,

elle n'est plus censée bouger.

Voyant que quelques fidèles étaient visiblement déboussolés, j'ai cru bon d'expliquer ma démarche dans un post baptisé "Don't give up".

Malgré tout, j'ai l'impression que certains errent encore lamentablement et ne comprennent pas pourquoi le premier post est toujours le même depuis des lustres.

Y'a encore de la vie,

mais au-dessous de la page d'accueil.

J'ai baratiné le 11 juin et depuis, j'ai mené à bien ma mission de simili fonctionnaire en bouclant mon 267ème dossier manuscrit, j'ai assisté à une réunion d'école assise sur un banc pour mômes de 4 ans, j'ai applaudi 170 gamins qui chantaient à tue-tête et dansaient avec entrain au Zénith du bled, je me suis tuée le pouce en SMS pour les beaux yeux de Léon et accessoirement, j'ai fait trois lessives, repassé 1h35, préparé 8 repas, passé le chiffon ça et là, bercé et houspillé Miss Cocotine.

Alors, je vous offre ces passeroses, mais pas de farandoles de mots ce soir,

j'ai la migraine.

Mais ce n'est pas pour ça que je ne vous aime plus. C'est pas mon genre.

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5 mai 2012

How to make bread

Chez Waterstones, à London, j'ai craqué sur ce livre d'Emmanuel Hadjiandreou que j'ai trouvé très clair et bien illustré (à feuilleter et acheter LA si vous le souhaitez). Aujourd'hui, j'ai enfin sorti

mon premier soda bread

et je trouve qu'il ressemble bien au modèle de la page 28 (wholegrain fruit soda bread).

Autrement dit, cette après-midi, je fais du gras. Et alors ? Dehors, il pleut comme vache qui pisse.

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9 juin 2012

Done

Vous ne pouvez pas avoir oublié cet épisode si palpitant de ma vie terrestre. Si oui, vous me décevez, c'est évident, mais, comme je suis finalement une brave fille - demandez confirmation à celui-à-qui-dans-un-instant-de-folie-j'ai-dit-oui-le-14-février-1997-à-Thessaloniki -, je choisis de fermer les yeux et vous rappelle que Léon, qui se disait peut-être que l'exercice aurait au moins la vertu de captiver une dizaine de mes neurones excités, m'avait commandé une sorte d'oeuvre d'art, n'ayons pas peur des mots, pour recouvrir le fil noir de sa lanterne magique.

Le serpent multicolore est tombé de mes aiguilles ce matin et voilà le résultat. A celles qui ne peuvent élargir leur palette que du blanc pur au crème clair, je conseille de très vite basculer leur écran en nuances de gris, et pour m'éviter tout procès fumant, je décline toute responsabilité quant aux éventuels malaises cardiaques qui pourraient découler de la découverte de ma version du yarn bombing.

Moi, j'assume total.

Mais qu'est-ce-que je vais faire de ma vie maintenant ? Peut-être prendre les dimensions de la caravane de Léon.

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31 mai 2012

Pas cap

Je voudrais ne pas être obsédée par la fin de mon contrat qui approche à grands pas.

Mais pas cap.

Je voudrais garder la tête haute.

Mais pas cap.

Je voudrais assumer les décisions de Léon.

Mais pas cap.

Je voudrais croire que même si le 1er juillet, c'est direction Pôle Emploi, ça ne durera pas.

Mais pas cap.

Je voudrais oublier que la vie à trois dans la bicoque du double-four, c'est fini forever.

Mais pas cap.

Je voudrais répondre sans faiblir à Miss Cocotine quand elle me dit : "Papa, il viendra pas à mon spectacle d'école."

Mais pas cap.

Je voudrais retrouver le sens de l'humour et dénouer tout ça pour en tirer un baratin à deux balles.

Mais pas cap.

Alors, mieux vaut que je reste planquée.

Je reviendrai quand je serai cap.

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15 avril 2012

Back from the 41

19 ans que Léon me fait le même coup : un CV posté, un déménagement gagné. Bien mieux que le Loto. A chaque coup, je décroche un ticket d'entrée immédiate et illimitée au Pôle Emploi dont le bled, où son employeur tout-nouveau-tout-beau a eu la sombre idée de s'implanter un jour, dépend.

Rien d'étonnant donc que, mue par un pressentiment profond, j'ai pris l'initiative, avant même que le tapis rouge ne lui soit déroulé, de prévoir une semaine de prospection dans le forty-one.

Fallait tâter le terrain.

Bien trop lâche pour aller traîner dans mon futur repère de demandeurs d'emplois aux abois, je me suis cantonnée à accepter tout ce que Bouddha avait programmé de jeter sur mon chemin entre le 7 et le 14 avril de l'an 2012. Et comme disait ma grand-mère qui n'était pas de ses adeptes mais qui, en bonne auvergnate de souche, connaissait parfaitement la valeur des choses :

Il ne s'est pas foutu de moi.

Des châteaux, des bois et des champs de colza en-veux-tu-en-voilà et surtout des rencontres époustouflantes qui, si je ne m'étais pas retenue, m'auraient volontiers fait chialer.

Pour autant, en traversant nombre de villages quasi désertiques, le doute m'a tordu l'estomac plus d'une fois et quand le négociateur d'un cabinet notarial dont j'ai croisé la route par hasard m'a brossé le portrait du 41 en ces termes peu rassurants :

Notre département est essentiellement rural,

j'ai décidé de revenir à la raison en renonçant définitivement à chercher toutes traces de mégalopole entre Contres et Oisly.

Rural, le mot était lancé, je devais l'avaler.

Et quoi de mieux, pour cela, que de tomber nez-à-nez avec la fameuse autochtone au fichu à carreaux et mi-bas couleur chair ? A l'image de ce que je serai peut-être dans 30 ans, j'ai maudit Philippe le mage et les yeux exorbités, j'ai failli hurler alentour :

Mais à qui j'ai dit, moi,

que j'avais envie de vivre à la campagne ?

A personne.

Puis j'ai découvert Amboise et ses 12000 habitants.

12000,

douze mille, douze mille, douze mille. Des zéros plein la tête, j'ai enfin respiré en me martelant :

tant qu'il y a de la vie,

y'a de l'espoir.

Et tant pis si, en plus du dos, j'ai aussi mal au ventre maintenant.

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1 mai 2012

Enquête en cours

Pendant le dîner, Miss Cocotine aborde un sujet d'actualité pour elle, vu qu'elle vient de s'enfermer 35 minutes dans les toilettes avec une tonne de catalogues de jouets :

Miss Cocotine : Les autres, y disent tous que le Père Noël, c'est pas vrai ?

Léon : Et toi, t'en penses quoi ?

Miss Cocotine, avec un air accusateur : En tout cas, je sais que la voiture*, c'est pas vrai, hein ? C'est toi qui a donné les clés au Père Noël ! Maman, elle aurait rien dit, si ç'avait été lui.

Léon jubilant : Ben, tu vois qu'il existe alors ! Y'a bien quelqu'un qui a fait le paquet.

Moi, le sourcil gauche en l'air (Triskell, le droit n'est bon à rien) : C'est clair, que j'aurais rien dit, s'il avait payé le crédit.

* Léon le garçon s'est offert une voiture en décembre 2010 et l'a fait passée pour un cadeau du Père Noël. 

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27 avril 2012

Pub

Comme moi, vous avez l'impression d'être en octobre et vous êtes à deux doigts de planifier une virée chez Toys R us pour remplir la hotte du Père Noël. Désolée d'être brutale mais vous êtes complètement à côté de la plaque.

Dans deux mois, c'est l'été.

Enfin, le tout, c'est d'y croire. Tout ça pour vous dire que si vous voulez passer de jolies vacances, il va falloir vous secouer un peu.

Alors, j'ai décidé - ne me remerciez pas, c'est fait avec amour - de vous refiler mes vraies bonnes adresses (celles qui sont déjà depuis un bail dans la colonne de droite sous le titre prometteur "Où trouver le bonheur ?"). Certaines sont bien connues, d'autres beaucoup moins, mais elles le méritent tout autant.

Attrappez votre gros téléphone en bakélite et réservez vite !

PLEIN NORD, VERS LILLE - LA FERME DU TILLEUL

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PLEIN SUD, DANS LE LUBERON - LA MADONE

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CAP SUR CARNAC - LA MAISON DE FLORE

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AU SUD DE TOURS - LA VIGENNA, SWEET HOME

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EN BRETAGNE SUD - LE CLOS DES SIMPLES

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DANS LES CEVENNES - LE MAS LOU ABEILHS

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DANS LE DOUBS, A MORTEAU - LE PRE OUDOT

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EN NORMANDIE - LE PRESBYTERE
DE LA-CHAISE-DIEU-DU-THEIL

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EN BAIE DE SOMME - LE PRESBYTERE DE SAIGNEVILLE

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VERS LYONS-LA-FORET - L'EPICERIE DU PAPE

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A BRUXELLES - URSULE LA LIBELLULE

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16 avril 2012

Séjour à la gendarmerie

Non, je n'ai rien fait de répréhensible. C'est juste que grâce à Florence de L'oeil et la main que je remercie chaleureusement, j'ai découvert ce superbe gîte situé au sud de Tours dans l'ancienne gendarmerie du village des Ormes :

La Vigenna sweet home

Un bâtiment amusant, une déco recherchée, de petites attentions dans chaque pièce et un accueil tellement chaleureux que cette bonne adresse figure maintenant dans notre top ten.

Et si vous en profitiez, vous aussi ?

Merci, Anne et Victor !

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12 mars 2012

Souvenirs, souvenirs

Au rayon jeunesse de Waterstone's, j'ai craqué pour ces deux livres sur Londres que j'ai plaisir à relire avec Miss Cocotine en souvenir de sa première escapade là-bas. Et par bonheur, j'en ai eu un gratuit mais celui-là, je vous en parlerai un autre jour. Et c'est très facile de les acheter LA et LA. Je dis ça, je dis rien.

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5 mars 2012

Entre filles

Vendredi soir, Léon était invité à une petite sauterie à l'Atelier des Chefs, pour la deuxième fois en trois mois.

Le pauvre.

Jalouse à crever, j'ai pris ma fille sous le bras et je l'ai emmenée chez l'Hippopotame avantageusement flanqué dans la zone d'Atlantis, histoire de cramer les tickets resto du déserteur.

Non sans avoir auparavant rempli le caddie pour éviter toute surchauffe du culpabilitomètre.

L'occasion de discuter de la vie du monde avec elle et de me répandre en onomatopées face aux scènes d'horreur auxquelles cette enfant innocente est régulièrement confrontée dans la cour de récré : eh-ben-Théo-il-a-écrasé-les-lunettes-de-Salomé, Hugo-tu-sais-pas-il-a-craché-sur-Marie et même-que-Nathan-il-a-donné-un-coup-de-pied-dans-les-fesses-de-Sandra-oui-c'est-vrai.

Moi en train de siroter tranquillement ma sangria tout en me gavant de chips trop grasses : Et avec Alexandra, ça va mieux maintenant ?

Miss Cocotine, l'air sérieux : Ben, ça roule ma poule !

J'ai cru que c'était l'effet de l'alcool et puis, j'ai eu un accès de lucidité et je me suis dit que si sa mère n'employait pas toutes sortes d'expressions alambiquées et fleuries, on n'en serait pas là.

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23 février 2012

Eat

Faire des infidélités à mon bien-aimé Pret A Manger et déjeuner chez Eat après avoir outrageusement reluqué Barbecoa et sa belle boucherie en me disant que le jour où je serai nommé attachée, je viendrai fêter ça ici en m'offrant une belle table face à St Paul. En attendant que ma carrière explose et que mon salaire atteigne celui du trader le plus pauvre de la City, j'ai croqué à pleines dents dans mes sublimes sandwiches et ça m'a apporté tout le bonheur du monde. Oui, au moins ça.

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22 février 2012

Divin tiramisu et autres délices

Jamie Oliver est mon antidote depuis 1998 et regarder l'une de ses émissions me redonne instantanément de l'énergie. Autant vous dire que depuis que je n'ai plus Cuisine TV, ma vie n'est pas drôle tous les jours. Pas question donc de remettre les pieds à Londres sans booker une table à Covent Garden chez

Jamie's italian

Comment vous dire ?

On y est retournés le samedi.

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7 février 2012

Le baratin du mardi 7 février 2012

Grâce aux conseils judicieux glanés ça et là, ce soir,

ça va beaucoup mieux.

Je sens que je vais pouvoir esquiver la psychothérapie obligatoire qui me guette si Léon s'offre une garçonnière dans le forty one et sauver ainsi les 235 € que j'aurai réussi à planquer dans le cochon rose à l'issue de mes 6 mois de contrat.

Car à force de réfléchir à la façon dont je pourrais survivre à Contres avec 81 km à parcourir pour aller à Orléans et 89 à abattre avant d'atteindre Tours, j'ai enfin trouvé la solution.

Vous savez à quel point je raffole des ifoyaka, ces petites gourmandises qui ne viennent absolument pas du Japon mais de la bouche de ma copine Catherine ou de celles de joyeux lurons croisés au hasard de mes pérégrinations.

T'as qu'à faire chambres d'hôtes.

Voilà l'idée brillante qui m'a été refilée en cadeau Bonux il y a peu et que j'ai accueillie avec tout l'enthousiasme dont je peux faire preuve devant ce genre de réflexion désopilante.

Complètement conquise par la reconversion proposée, je suis partie à la recherche du bien immobilier de mes rêves deux-chambres-pour-la-famille-et-trois-chambres-pour-mes-futurs-hôtes-avec-au-total-quatre-salles-de-bain et figurez-vous que, montre en main, il ne m'a pas fallu plus de 14 minutes pour le dénicher. Franchement, quand on voit toute la mauvaise volonté que j'ai mis, ces derniers jours, à regarder ce formidable projet de déménagement avec béatitude, ça fait de la peine.

566 800 €

Une belle longère comme dans Question Maison et Côté Ouest. Je ne touche plus terre. Dès demain matin, j'appelle ma banque pour boucler le financement en espérant que mon conseiller fermera les yeux sur le montant ridicule que je pourrai récupérer de ma bicoque actuelle et mes six mois annuels de SMIC en période faste. Et après, je prendrai mes crayons de couleur et comme Stéphane Marie, je me dessinerai un jardin extraordinaire puis j'irai dépenser une tonne de pognon dans le super Gamm'Vert que Chouchenn a eu la grande bonté de m'indiquer.

Vous savez quoi ?

Comme je commence à fumer des oreilles, je vais m'offrir

une énorme tranche de politique-de-l'autruche

et passer la frontière de ce pays magique où j'ai raté l'ascenseur social.

Après tout, au retour, Léon se fera peut-être taclé. Allez, c'est décidé, j'oublie les mails enflammés qu'il vient d'échanger avec les prédateurs du forty one.

Merci pour vos com' qui me surprennent, me boostent, me font rire. Et ça, c'est l'essentiel.

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26 décembre 2011

A trois

Mesurer le poids d'un Noël à trois, parce que ça n'a pas toujours été le cas, et que ces moments-là, on peut dire qu'on ne les a pas volés. 

Voir ses yeux briller et lui dire que les paquets sous le sapin, on s'en fiche comme de notre première chaussette parce que

notre plus beau cadeau,

c'est elle.

La regarder s'émerveiller d'un rien, prier pour que mon Léon ne me fasse pas le coup des six Christmas précédents en balançant ce refrain d'Halliday

Tu es mon plus beau Noël
Celui que je n'ai jamais eu
Tu es l'amour, la vie, et le soleil
Ce à quoi je ne croyais plus

histoire de garder mon stock de Lotus intact, et me dire qu'une fête réussie, c'est juste ça.

Penser aux autres, à ceux qui attendent un enfant, parfois désespérément, et leur souhaiter de vivre des instants pareils, eux aussi, un jour.

Puis atrapper un chocolat et pour rigoler, parce qu'il le faut, encore et toujours, clamer :

Mais qui a dit qu'on s'en moquait, des cadeaux ?

Pas moi en tout cas.

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27 novembre 2011

Mon calendrier de l'Avent 2011

Les week-end défilent à la vitesse de la lumière et je m'efforce d'enfiler mes panoplies de boulangère-du-dimanche, perle-du-plumeau-et-du-savon-de-Marseille, bricoleuse-hors-pair, mère-au-top-du-top, cuisinière-aux-petits-soins-pour-les-copains et épouse-digne-de-ce-nom avec un maximum de stoïcisme, tout en gardant cet espoir débile d'avoir, à un moment ou un autre, 4 minutes de répit pour

faire ce qu'il me plaît.

En attendant de pouvoir lire plus de trois pages la semaine sur la vraie vie de Mao ou m'enfermer dans une salle de cinéma avec Vincent Lindon, j'ai peaufiné mon calendrier de l'Avent, version 2011, et je m'empresse de vous livrer mes secrets de fabrication à deux balles.

Une fois que vous aurez fixé votre grillage de poule avec trois ou quatre clous, vous remplirez vos cornets avec amour, les fermerez avec leur numéro collé par du masking tape (acheté chez Happy Home) et les suspendrez avec un soupçon d'harmonie sur le susnommé.

Si, comme moi, vous avez cette envie folle d'inviter la nature à Noël et que vous vendriez père et mère pour une poignée de champignons clinquants, vous pouvez courir chez Casa, et en accrochez à vos clous.

Bon bricolage, bon dimanche,

et merci pour vos petits mots !

Au voleur ! Elle, son nombril, elle m'a piqué mon calendrier. Si c'est pas un monde, ça, quand même ! Abracadacraft, je la transforme en cornet de l'Avent. Scotchée au lustre pendant quatre semaines, ça va la calmer.

Et pendant qu'elle se morfond au plafond,

courez-vite sur son site,

il y a des idées déco à foison !

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31 octobre 2011

Se souvenir des grandes dates

Vous vous souvenez du 13 août 2011 ?

Moi, je ne risque pas de l'avoir oublié.

C'est le jour où j'ai accepté un nouveau chantier rien que pour pouvoir offrir du Léon-en-action à toutes celles qui bavent comme des bouledogues - je sais, je l'ai déjà faite, celle-là, mais je l'aime bien (ne peuvent comprendre que ceux qui ont vu Rio) - devant mes plans charentaises et qui, dans la foulée, mettent une telle pression sur leurs amoureux qu'ils en viennent tous, et je les comprends, à vouloir ma peau pour se tailler des chaussons dedans.

Et du 25 août, vous vous en rappelez ?

C'est là que j'ai rappliqué ici pour classer le dossier en punaisant mon écoeurant before-after accompagné du mode d'emploi ad hoc. D'ailleurs, à part Lodulot, qui a attrapé le bleu que j'ai lancé en l'air ?

Eh bien, hier soir, 30 octobre 2011, à 21h54 et alors que Miss Cocotine était plongée en plein Shrek pendant que son père s'enfonçait un peu plus à chaque minute dans le club rapé, je me suis chaleureusement félicitée d'avoir sacrifié plusieurs week-end à peindre ce foutu escalier.

J'ai pas fait ça pour des prunes

mais pour des potirons.

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7 novembre 2011

Le fameux goûter d'automne

Lancer des invitations en masse, j'aime ça, mais quand il s'agit de caser tout le monde dans les quelques mètres carrés de la bicoque, c'est là que l'affaire se corse.

Même pas peur.

La table du jardin associée à celle du quotidien, le tout planqué sous la-grande nappe-de-Mémé, il n'y avait plus qu'à réquisitionner toutes les chaises existantes et le tour était joué. Après tout, rien de mieux pour dégager de la chaleur que d'être quatorze à table.

Côté déco à deux balles :

- des feuilles ramassées juste avant et collées au mur avec du masking tape,
- des étiquettes amusantes pour décorer les bouteilles de jus de fruits et de limonade,
- les noms des invités accrochés aux tasses,
- ceux des enfants écrits par Miss Cocotine et masking tapés sur les verres,
- du tulle et du papier peint sur les buffets,
- des sachets remplis de bonbons et fermés par une image vintage collée sur du carton et accrochée avec du raphia,
- assiettes cartons grande distrib', verres et tasses suédois, argenterie de Mémé,
- des têtes d'hortensia dans des vieux pots à confiture,
- des boites anciennes pour présenter les bonbons,
- et une guirlande évidemment.

Côté gourmandises à deux balles :

- une tarte aux pommes et une normande avec the famous pâte brisée,
- deux cakes bananes-chocolat, dont un en forme de coeur,
- des litchis avec une pointe de confiture d'orange et un demi raisin sec,
- de la panna cotta vanille avec segments d'orange et perles de chocolat,
- et des macarons évidemment.

Et au fait, si vous voulez garder vos amis, oubliez les bananes enrobées de chocolat que j'avais testées LA. Ca nous a tellement retourné le coeur à Miss Cocotine et à moi qu'on a décidé de les enlever de la carte. C'est lourd comme un sketch de Bigard.

Je vous passe la main,

le week-end prochain, je ne fais rien.

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28 novembre 2011

Passé comme une lettre à la poste

Hier après-midi, alors qu'on savourait tranquillement notre dimanche :

Miss Cocotine, plongée dans ses catalogues de jouets : Tout le monde dit c'est faux, il vit pas dans la nuit.

Mon Léon et moi, les oreilles soudainement dressées et sentant la-question-qui-tue pointer son nez : De quoi tu parles ?

Miss Cocotine sans ménagement : C'est les parents !

Moi, fanfaronne : C'est pas possible, on n'est pas assez riches.

Mon Léon essayant de limiter les dégâts de la cour de récré : Et toi, tu en penses quoi ?

Miss Cocotine vaincue : Que c'est pas vrai, ce qui disent.

Mon Léon et moi, on a rigolé en catimini mais on a bien assimilé que l'année prochaine, les carottes seraient définitivement cuites.

De multiples coups de ciseaux plus tard :

Miss Cocotine, paradant : Ca y est, j'ai fait ma lettre au Père Noël ! Je peux avoir une lettre pour mettre dedans ?

Moi rectifiant le tir : Tu veux dire une enveloppe ?

Son collage bien plié, elle a cacheté sa missive en prenant bien garde de ne rien me dévoiler.

Puis, elle m'a demandé de la poster quand je suis partie seule au cinéma.

Evidemment, je lui ai juré mes grands dieux que je l'avais fait.

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29 octobre 2011

Goûter d'automne en prévision

Dans le dernier Elle à table, quelques idées pour Halloween dont je vais sûrement m'inspirer pour le goûter d'automne que je prépare pour ma bande de copains. Des rondelles ou des moitiés de bananes mariées à des pics et plongées dans une couverture chocolat, puis parsemées de noix de coco ou de copeaux de chocolat oranges. On verra à quatre heures si l'essai est transformé.

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18 août 2011

Clair et net

Lors de cette douce parenthèse, je n'ai pas rencontré que des vieilles pierres, des auberges divines et des paysages époustouflants.

J'ai aussi croisé des êtres humains.

Je sais, je suis une fille étonnante.

De vieux copains, des bouts de famille, des gens que j'aime et que je ne peux pas voir aussi souvent que je le souhaiterais. Et puis d'autres, des petits nouveaux avec qui j'ai senti qu'on pourrait accrocher les wagons si nos chemins ne faisaient pas que se croiser pour quelques jours d'été.

Trop dommage.

Parmi eux, cette prof d'histoire qui nous a enchantés à la table d'hôtes du Mas Lou Abeilhs et qui, en aparté, est venue me dire que ma fille lui faisait penser à la sienne, adoptée en Corée il y a 24 ans.

En aparté.

Car rien ne m'ennuie plus que de me sentir pointée du doigt et obligée de déballer mon histoire d'adoption devant un auditoire avide de détails croustillants.

Heureusement, mis à part ce rustre à qui on a acheté des abricots sur le marché de Souillac et qui nous a lancé votre-fille-elle-est-très-typée et ce père de famille qui s'est approché du banc où l'on écoutait tranquillement du jazz pour nous lâcher elle-vient-d'où et qui, comme je lui jetais le nom de mon bled du 44 en pitance, a cru judicieux de se tourner vers Miss Cocotine pour lui reposer la même question, la plupart des personnes cotoyées cet été nous ont traités comme les autres, ce dont je leur sais gré, car nom d'un chien,

être traitée comme les autres,

c'est vraiment ce que, considérant ce cas précis, je trouve le plus exaltant.

La nouveauté dans tout ça, car nouveauté il y a, c'est que Miss Cocotine commence à affronter la situation seule et à répondre aux curieux sans notre aide. Ce qui signifie que ce qu'on lui a expliqué - après avoir ingurgité des années de psy spéciale adoption -, à savoir que son histoire n'appartenait qu'à elle, qu'elle ne devait pas se sentir obligée de l'étaler sur la place publique à chaque fois qu'un inconnu l'interpellait et qu'elle en parlait seulement si elle le désirait, à qui elle voulait et quand elle le choisissait, a pris racines.

Il s'agit juste de lui apprendre à jauger la situation pour qu'elle souffre le moins possible de ces agressions qui, en montrant sa différence physique du doigt, la ramènent certainement ou, en tout cas, peuvent la ramener, dans son coeur, à son abandon. Ce qui, apparemment, passe complètement au-dessus de tous ceux qui s'accordent tout pouvoir pour l'interroger.

Et, hier soir, après quelques jours de centre de loisirs, elle m'a raconté qu'elle avait eu de petits soucis :

Miss Cocotine, visiblement fatiguée : Y'a une grande de 8 ans, elle me demande tu-viens-d'où, t'es-chinoise, t'as-des-frères-et-soeurs, t'es-la-seule-chinoise, toute la journée, Maman, elle dit ça.

Moi tâtant le terrain : Et alors, tu lui réponds ?

Miss Cocotine avec une diction on ne peut plus parfaite, pour une fois : Ben, oui, je lui ai dit

tu me pompes l'air.

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22 septembre 2011

Messages de mères inconnues

Peut-on rire de tout ? Je n'en suis pas sure. Chacun a ses limites et ce soir, le sujet que j'ai choisi d'aborder, vous allez le découvrir, ne fait pas dans la légèreté. Que ceux qui ne sont pas concernés, pas intéressés ou pas disposés veuillent bien m'en excuser, je leur promets la parution prochaine d'un radiateur ré-accroché, de folies crochetées ou d'asters nouveaux-nés... et peut-être même de charentaises éventrées.

Depuis ce jour gris où un médecin de Bordeaux, consulté non par plaisir mais par obligation (étape exigée pour débuter la procédure d'adoption), m'a jeté sans ménagement qu'un enfant adopté pouvait être né d'un viol, ce qui m'a fait bugger le cerveau pendant trois bons mois, je me demande régulièrement s'il vaut mieux

savoir ou ne pas savoir.

En choisissant la Chine comme pays d'origine de mon enfant, j'ai vite été mise au parfum car les limites ont été bien posées dès le départ. Aucune information ne pourrait être obtenue sur le passé du bébé. L'abandon étant un délit, les raisons qui l'avaient provoqué demeureraient définitivement inconnues pour les parents adoptants, et surtout pour les enfants adoptés.

Mais ce n'est pas parce qu'on est informé qu'on accepte et qu'on le vit bien.

Le jour où j'ai ouvert cette enveloppe kraft en provenance directe des services d'adoption chinois et que mon regard s'est arrêté sur ces mots succincts qui expliquaient que ma fille avait été trouvée devant un orphelinat à deux jours avec un biberon, ma gorge s'est serrée et pas une seule fois depuis, je ne suis parvenue à maîtriser l'émotion qui me submerge lorsque j'imagine ce tout petit bout de fille abandonnée en pleine rue.

Comment peut-on en arriver à se séparer de son bébé ?

J'avais bien quelques idées sur la question, nourries d'explications basiques fournies par l'association qui traitait notre dossier, et de données évidentes comme la politique de l'enfant unique, très spécifique à la Chine. Mais cela n'a jamais assouvi mon désir d'en savoir plus car la vraie bonne question, ce n'était guère celle évoquée ci-dessus mais bien celle que ma fille ne manquerait pas de se poser un jour :

Pourquoi ma mère chinoise n'a-t-elle pas voulu de moi ?

Dans mon esprit, c'était limpide. Si un jour elle voulait savoir d'où elle venait, je me devais de lui répondre du mieux possible.

Il m'arrive très souvent de m'arrêter pour la regarder, éberluée, et je me dis toujours : "Tu te rends compte, c'est ta fille. Elle est géniale. Trop de chance.". Elle m'envoie un sourire lumineux en m'appelant "Maman, viens !" et là, comme à tous ses anniversaires, je sais pertinnement ce que je dois à sa mère naturelle.

Cette femme, je me sens liée à elle. Peut-être pense-t-elle à sa fille, devenue la mienne, et se demande-t-elle si elle est heureuse ?

Pas question, à mes yeux, de dissimuler quoi que ce soit à cette enfant ou de lui mentir. Pour moi, elle aura toujours deux mères et deux pères et des racines chinoises que je lui aurais volontiers laissées plus ancrées si la double nationalité avait été autorisée par la loi chinoise.

De ces 9 mois et deux jours, je n'ai rien. Pas même la tenue qu'elle portait à deux jours ni le fameux petit biberon.

Aucun lien.

Lors de notre voyage soigneusement organisé en Chine et très réjouissant par ailleurs, nous avons été conviés à visiter un orphelinat mais ce n'était pas celui de ma fille, ni d'aucune des autres petites filles du groupe d'ailleurs. L'opacité était de mise et nos questions sur l'orphelinat où notre fille avait réellement passé ses 18 premiers mois se sont heurtées à un mur. La permission d'y aller seuls nous a été refusée et ce choc de cultures m'a beaucoup contrariée même si j'y étais préparée.

Je n'avais aucunement l'intention d'offenser les autorités chinoises. Ce que je voulais, c'était juste avoir quelques éléments à livrer à ma fille le jour où elle me regarderait et qu'elle me dirait : "Maman, qu'est-ce-qu'il m'est arrivé ?".

Et lorsqu'elle tente aujourd'hui d'en savoir plus sur ses premiers mois, je suis très contente d'avoir passé des heures à enquêter toute seule sur Internet et pu miraculeusement récolter une poignée de détails et quelques images sur sa vie passée. Aujourd'hui, j'ai quelques éléments en ma possession pour étayer les conversations que nous avons sur son quotidien à l'orphelinat. Et cela, apparemment, la satisfait.

Mais quand elle me questionne sur ses parents avec cette interrogation sous-jacente "Pourquoi n'ont-ils pas voulu de moi ?", je lui réponds que je ne sais pas ce qui s'est passé en lui proposant, comme il y a peu, de lire ensemble le rapport qui nous a été transmis lors de l'apparentement. Même s'il est pratiquement vide.

Au fond de moi, cette histoire bouillonne depuis toujours.

Et les questions abruptes ou les déclarations qui arrivent souvent comme un cheveu sur la soupe ravivent mon sentiment de frustration. Il y a peu, au dîner, elle nous a dit soudainement "Je veux aller en Chine voir ma Maman et mon Papa morts". Bizzaremment, surpris par sa formulation, on a éclaté de rire, et elle aussi du coup. Cependant, c'était loin d'être drôle et il a fallu ensuite se débrouiller pour répondre correctement et la tranquilliser.

Alors, c'est peu de dire

que mettre la main sur ce livre

a changé ma vie.

J'avais déjà lu Chinoises et Funérailles céleste de Xinran mais en regardant la quatrième de couverture de ce livre-là, je n'en ai pas cru mes yeux.

Une fois de plus, Xinran nous emmène au coeur de la vie des femmes chinoises - étudiantes, femmes d'affaires, sages-femme, paysannes - toutes hantées par des souvenirs qui ont marqué leur vie d'une empreinte indélébile. Que ce soit à cause de la politique de l'enfant unique, de tradition séculaires destructrices ou de terribles nécessités économiques, des femmes ont été contraintes de donner leurs filles en adoption, d'autres ont dû les abandonner - dans la rue, aux portes des hôpitaux, dans les orphelinats ou sur des quais de gare -, à d'autres, encore, on a enlevé leurs petites filles à peine nées pour les noyer.

Ces récits, Xinran n'avait jusqu'à présent jamais pu se résoudre à les rapporter - ils étaient trop douloureux et la touchaient de trop près. A toutes les petites Chinoises qui ont été adoptées à l'étranger, ce livre adresse un message poignant, pour leur montrer ce que leurs mères ont réellement vécu et pour leur dire qu'elles ont été aimées et ne seront jamais oubliées.

L'histoire de ma fille

était dans ce livre

et la mienne avec.

Ce que j'avais toujours eu en tête, à savoir que si jamais, un jour, ma fille, une fois adulte, voulait rechercher ses origines, peut-être et sûrement le pourrait-elle grâce à cet outil formidable qu'est Internet, devenait presque palpable.

Je ne l'ai pas lu d'une traite. Certains passages imposent un temps de repos et de réflexion.

J'y ai trouvé ce que j'attendais : des réponses à certaines de mes questions et en cela, je ne remercierai jamais assez Xinran pour ce livre extrèmement émouvant que je vais garder pour le remettre à ma fille lorsqu'elle sera en âge de comprendre et de supporter la réalité de son histoire, si elle le souhaite.

Très touchée par le fait que Xinran laisse, dès son introduction, une place aux mères adoptives, j'ai mieux compris son implication au chapitre 10 en découvrant son parcours poignant.

Je me suis longtemps interdit de divulguer mes sentiments profonds sur cette procédure d'adoption en Chine, procédure que j'ai avant tout choisie par évidence et que j'ai eu beaucoup de chance de mener à bien, mais dont les règles draconiennes m'ont amené et m'amènent encore à des questionnements sans fin.

Le livre de Xinran m'a libéré d'un poids.

Mon seul but étant de transmettre à ma fille la force nécessaire pour accepter au mieux son histoire et trouver une certaine forme de bonheur.

XMMI

16 août 2011

Du bonheur dans l'assiette

Se faire plaisir à table dans le Luberon, c'est beaucoup plus ardu qu'en Crète, et j'ai maintes fois regretté les repas pantagruéliques et gouteux des tavernes dans lesquelles, chaque soir l'année dernière, on faisait bombance sans un gramme de culpabilité.

Dans le sud, trouver un restaurant digne de ce nom et abordable s'est avéré être, certains soirs, un parcours du combattant. A tel point que de guerre lasse, on a parfois fini au camion à pizzas et les repas à l'appartement on été plus nombreux que prévu.

A Apt, c'est Thym te voilà qui nous a séduits par la qualité des menus proposés, la déco intérieure et la terrasse aménagée sur une petite place calme qui fleure bon le sud et comme l'adresse est excellente, on n'a pas poussé les recherches beaucoup plus loin.

Thym te voilà
59 place Saint-Martin
84400 Apt

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27 août 2011

Nirvana ou pas

Toute apparition du Dalaï Lama dans ma-boite-à-Ferrari me rappelle combien mes tentatives d'adhésion au bouddhisme, entreprises dans l'une des périodes les plus pathétiques de mon existence, se sont avérées douloureuses et infructueuses. Et Le livre tibétain de la vie et de la mort qui prend la poussière sur une étagère depuis que je l'ai lâchement abandonné en page 34 est là pour en témoigner.

C'est qu'à force de gamberger, j'ai fini par capter que mes multiples souffrances ne pourraient s'aténuer que si j'acceptais de renoncer à tout désir et tout plaisir, et, du coup, j'ai définitivement lâché le morceau. Croqueuse de vie comme je l'étais, c'était le type même de concept que je ne parvenais pas à avaler à 26 ans.

Ce chemin initiatique avorté démarra pourtant sur les chapeaux de roue un jour d'août 1989, alors que je m'embarquai dans un périple d'un mois en car de Paris à Paris en passant par Istanbul et que Bouddha, apparemment prêt à mettre le paquet pour m'enrôler, me poussa à m'asseoir à côté d'une fille qui faisait partie de ses adeptes. C'est ainsi qu'en plein pays musulman, j'en appris plus sur lui que sur Allah.

Outre la particularité délicieuse d'obliger la chambrée à assister à ses exercices intestinaux puisqu'elle ne pouvait s'y adonner que la porte grande ouverte, ma nouvelle copine bouddhiste avait un don inénarrable pour me tirer les vers du nez et m'expliquer avec conviction pourquoi ma vie terrestre n'était qu'un odieux bazar.

C'est comme ça, qu'après lui avoir fait part de mes déboires sentimentaux en long, en large et en travers, son diagnostic me tomba dessus, imparable :

toi, c'est sûr, t'as dû leur en faire baver,

aux hommes,

dans ta vie précédente

Aujourd'hui, en refermant ce livre conseillé par l'une de mes copinautes (Merci Dominique !), je ne peux m'empêcher de repenser à cette rencontre amusante qui m'aura au moins permis de justifier, un temps, mon karma douteux. Car quelques années après, j'allais tomber sur un psy qui, vous l'imaginez, me mènerait vers une toute autre analyse, nettement moins poilante.

Après le coup des pépins, ce roman rigolo m'a détendue et surtout, grâce à lui, aujourd'hui,

je n'ai plus peur de la mort.

En effet, pour avoir soigneusement décortiqué les pages 216 et 217, je sais maintenant tout ou presque sur l'organisation de l'au-delà. Pendant que chaque responsable religieux s'occupe de trier ses ouailles, c'est Bouddha qui récupère les athées de tout poil et qui se charge de les ré-aiguiller vers une nouvelle vie.

Du coup, j'ai décidé de me tenir à carreau.

Quoi ?

Vous croyez peut-être que j'ai envie de passer ma prochaine vie à cavaler sur six pattes pour satisfaire les caprices du caporal Krttx pendant que la reine se la coule douce avec ses prétendants, et supporter ainsi l'exploitation de la fourmi par la fourmi après avoir enduré son équivalent chez l'homme ?

MK

Et vous, vous l'avez lu, ça vous a plu ?

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