Une vie meilleure
Changement de décor, il n'est pas question, ici, de disserter sur la truffe.
C'est la vraie vie.
Celle qui n'épargne pas, celle qui met à terre, celle qui en rajoute, celle dans laquelle le formidable concept "Travailler plus pour gagner plus" n'a pas vraiment de sens.
L'audace, la prise de risques, la bonne volonté, la persévérance, la hargne ne rapportent pas à celui qui a les poches vides si la chance ne s'en mêle pas.
Des années à courir après une vie meilleure et à goûter au parcours chaotique qui en découle lorsqu'on ne peut compter que sur soi-même font que je n'ai eu aucun mal à tomber dans l'empathie pour les deux héros. Ceci dit, leur inconscience et leur naïveté m'ont un peu intriguée et je trouve qu'il n'était pas nécessaire de charger la mule à ce point à la fin.
Tous ceux qui veulent avancer ne tombent pas non plus dans une telle spirale mais, même si on peut toujours trouver de rares exceptions qui réussissent dans leurs projets sans un sou et sans Papa et Maman derrière, ce que j'ai goûté de la création d'entreprise m'a appris que l'argent reste évidemment le nerf de la guerre.
En tout cas, cette histoire m'a rappelé ce type sympathique rencontré dans une chambre d'hôtes, qui, probablement gêné de croiser un demandeur d'emploi en chair et en os, m'a crédité avec force condescendance d'un mais-pourquoi-vous-ne-montez-pas-une-boite qui m'a laissé sans voix.
Aujourd'hui, en y repensant, je me dis que j'aurais pu arguer du fait qu'en digne fille de banquier, je n'avais jamais eu cette idée extravagante de souscrire six crédits revolving pour me constituer un apport personnel et que depuis des années, donc, je m'évertuais à rebondir sur un trampoline aux ressorts déglingués.
Exercice épuisant qui m'amènerait, quelques années plus tard, à ramper pour un contrat au SMIC dans la FPT, destin extrèmement moins glamour que celui d'un pseudo chef d'entreprise certes, mais moins casse-gueule.
Mais le bougre n'aurait certainement pas saisi toute la dimension de mon problème. Pour certains
la quête d'une vie meilleure,
ça équivaut à trouver un 28 m2 quand on dort à l'arrière de sa vieille Twingo et qu'on se rase dans le rétroviseur avant d'aller travailler, pour d'autres, ça signifie mandater un architecte pour construire une maison secondaire de 700 m2 à Bali parce que 200 m2 à Paris, ça devient décidément trop étouffant.
Et vous, vous l'avez vu, ça vous a plu ?










































